Amendement de Mme Lepvraud (LFI-NUPES) · art. 2

60 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 38 voix non atteint. 16 abstentions.
Majoritaire
Participation 16 %

Amendement n° 7 · ART. 2, déposé par Mme Lepvraud LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : Aucun accompagnant d’élèves en situation de handicap n’aurait dû perdre de revenu du fait de la reprise par l’État du financement de la pause méridienne, le revenu de référence restant celui perçu avant la réforme.

Texte exact de l'amendement

Compléter cet article par les deux alinéas suivants : « Avant le dernier alinéa de l’article L. 917‑1 du code de l’éducation, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « La prise en charge par l’État de la rémunération des accompagnants des élèves en situation de handicap des heures de travail effectuée lors du temps de pause méridienne ne doit pas entraîner de perte de revenu pour ces derniers. Le niveau de revenu de référence pris en compte pour chaque accompagnant d’élève en situation de handicap est celui qui était effectif à la date d’entrée en vigueur de cette prise en charge par l’État. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, le groupe LFI-Nupes souhaite s’assurer que l’entrée en vigueur de cette réforme visant à la prise en charge par l’Etat des heures de travail effectuées par les accompagnants (AESH) sur le temps de pause méridien ne s’accompagne pas d’une baisse de revenu pour celles et ceux dont la rémunération par des collectivités territoriales était plus élevée. Si cette réforme répond en partie aux besoins des collectivités territoriales ou encore des AESH, elle n’est pas exempte de difficultés. En effet, dans le système actuel de financement des heures de travail effectuées sur le temps de pause méridien, les collectivités territoriales étant libre de fixer le niveau de rémunération qu’elles versent aux AESH, certaines d’entres elles versent des rémunérations aux AESH supérieures à celles que versera l’Etat après la réforme. Alors même que la situation économique et sociale des AESH reste très précaire avec des niveaux de rémunération moyens très faibles (autour de 800 € en moyenne par mois, soit inférieure au SMIC), il est donc inacceptable que cette réforme puisse au final précariser davantage la situation économique et sociale de certain·es AESH.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 5 juillet 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 23 janvier 2024 1re lecture Sénat Adopté
  3. 8 avril 2024 1re lecture Assemblée Modifié
  4. 15 mai 2024 2e lecture Sénat Modifié

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte de loi prévoit que l’État prenne en charge la rémunération des accompagnants des élèves en situation de handicap sur le temps scolaire ainsi que sur le temps de pause méridienne. Il modifie le code de l’éducation pour insérer une disposition relative à la rémunération de ce personnel. L’alinéa ajouté précise que les accompagnants sont rémunérés par l’État durant ces deux périodes. Ces modifications visent à encadrer financièrement l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR21EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LR88RN7NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1400
Gauche démocrate et républicaine - NUPES300
Écologiste - NUPES100
Socialistes et apparentés200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires030
Démocrate (MoDem et Indépendants)0110
Renaissance0360
Horizons et apparentés040
Les Républicains004
Rassemblement National0012
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 7 en séance (Accompagnement humain des élèves en situation de handicap), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Murielle Lepvraud LFI
« Par cet amendement, nous souhaitons nous assurer que l’entrée en vigueur de cette réforme ne s’accompagne pas d’une baisse de revenus pour les AESH. En effet, les collectivités territoriales étant libres de fixer le niveau de rémunération, certaines d’entre elles rémunèrent les AESH davantage que ce que l’État versera après la réforme. Comme nous ne cessons de vous le répéter, la situation économique et sociale des AESH reste très précaire avec des niveaux de rémunération très faibles – entre 800 euros et 1 000 euros en moyenne, soit un niveau inférieur au Smic mensuel. Il est inacceptable que cette réforme puisse précariser davantage la situation économique et sociale de certaines AESH. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accompagnement humain des élèves en situation de handicap), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Nicole Belloubet (ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse)
« Je suis heureuse d’évoquer devant vous des personnels essentiels au fonctionnement de l’éducation nationale et dont je tiens à saluer l’engagement : les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). »
Mme Virginie Lanlo (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Je suis particulièrement heureuse de vous présenter, en tant que rapporteure, la proposition de loi visant la prise en charge par l’État de l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap sur le temps méridien. Cette proposition de loi est importante. »
M. Jean-Claude Raux ECOS
« « Le service public de l’éducation […] veille à la scolarisation inclusive de tous les enfants, sans aucune distinction. » Ce principe fondamental d’une école inclusive, inscrit dans le code de l’éducation, nous l’approuvons. »
Mme Cécile Rilhac RE
« Ce texte du sénateur Cédric Vial, que je salue, nous donne la possibilité de concrétiser ce qui est autant un engagement fort de notre majorité en faveur du renforcement de l’inclusion qu’une demande du terrain – particulièrement des collectivités locales. »
M. Roger Chudeau RN
« Cette proposition de loi d’origine sénatoriale vise à combler opportunément une lacune législative concernant l’emploi des AESH, en assurant la continuité de la prise en charge des élèves souffrant d’un handicap dans l’enseignement public, y compris pendant la pause méridienne. »
Mme Murielle Lepvraud LFI
« Sandrine, AESH dans le second degré – et qui a la chance, dit-elle, d’être employée à trois-quarts temps –, m’a écrit : « Je suis AESH depuis février 2009, en CDI depuis 2015, et je m’insurge contre cette mutualisation systématique, contre la logique des pouvoirs publics consistant à réduire encore… »
Mme Sophie Mette DEM
« Le groupe Démocrate remercie à nouveau Mme la rapporteure d’avoir défendu la proposition de loi du sénateur Olivier Vial, présent dans les tribunes du public. Dans la chambre haute, ce texte a été conçu, travaillé et adopté dans un esprit de consensus. »
Mme Béatrice Bellamy HOR
« Je me réjouis d’être devant vous ce soir. En janvier 2024, à l’initiative de notre collègue sénateur Cédric Vial, la Chambre haute a voté à l’unanimité cette proposition de loi permettant la prise en charge par l’État de l’accompagnement humain des enfants en situation de handicap pendant la pause m… »
Mme Fatiha Keloua Hachi SOC
« Combien d’AESH manque-t-il en France pour accompagner nos élèves en situation de handicap ? Chaque année, au moment de l’examen du projet de loi de finances (PLF), l’État transmet dans le bleu budgétaire un indicateur important en matière d’inclusion : le taux de couverture des notifications MDPH. »
Mme Soumya Bourouaha GDR
« La proposition de loi que nous examinons ce soir pose une première question : quelle est notre ambition pour une école réellement inclusive ? Elle en soulève une autre, corollaire : comment permettre aux personnes en situation de handicap de prendre toute leur place dans notre société ? »
Mme Béatrice Descamps LIOT
« Depuis 2006, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a quadruplé, passant de 118 000 à plus de 470 000 à la rentrée 2023. Leurs accompagnants ont vu leurs effectifs croître dans le même temps, c’est indéniable, et constaté quelques améliorations, bienvenues. »
Mme Emmanuelle Anthoine LR
« Le handicap est un combat quotidien pour plusieurs millions de Français. Et pour accompagner les enfants en situation de handicap au sein de l’institution scolaire, les AESH sont essentiels. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue