Amendement de Mme Genevard · avant art. 4 QUATER

57 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 84 voix non atteint. 9 abstentions.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 30 %

Amendement n° 384 · AVANT ART. 4 QUATER, déposé par Mme Genevard +19 cosignataires.

L'essentiel : L’intitulé du titre II du projet de loi aurait reçu, avec cet amendement, la mention « suicide assisté et euthanasie », son autrice jugeant l’expression « aide à mourir » trop vague.

Texte exact de l'amendement

Compléter l’intitulé du titre II par les mots : « : suicide assisté et euthanasie ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La loi adoptée par les Pays-Bas le 12 avril 2001 traite « du contrôle de l’interruption de la vie sur demande et de l’aide au suicide ». Le Gouvernement doit assumer publiquement et sans subterfuges oratoires que l’objet du présent projet de loi est de légaliser l’euthanasie. L’inventivité sémantique, qu’elle concerne le « secourisme à l’envers » d’une ancienne version du texte, ou l’aide à mourir dans la présente version ne respecte pas l’éthique du soin qui ne peut se satisfaire d’opérations de communication. La décision du Gouvernement d’opter pour une expression délibérément vague et consensuelle interroge par son ambiguïté. Cette formule est apparue dans les sondages réalisés par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dans les années 1980‑1990 selon le professeur Michel Castra, notamment parce qu’elle ne précise ni l’auteur, ni la nature, ni les modalités de l’acte pratiqué. Cette euphémisation de la réalité ne doit pas occulter la réalité de l’acte posé, comme l’indique le Conseil d’État au sein des observations préalables de son avis relatif à ce projet de loi. Il souligne que ce texte a pour « objet principal de créer une ‘aide à mourir’ entendue comme la légalisation, sous certaines conditions, de l’assistance au suicide et, dans l’hypothèse où la personne n’est pas en mesure physiquement de s’administrer elle-même la substance létale, de l’eutha…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 avril 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte de loi vise à renforcer l'accompagnement des personnes en fin de vie en clarifiant les droits des patients en matière de refus de soins, de directives anticipées et de sédation profonde. Il prévoit la création de maisons d’accompagnement pour mieux répondre aux souhaits des personnes souhaitant mourir à leur domicile. Il institue un plan personnalisé d’accompagnement après un diagnostic grave. Il établit des conditions précises pour l’aide à mourir, qui nécessite une demande formulée par une personne majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, et vérifiée par un médecin indépendant. L’aide à mourir consiste à mettre à disposition une substance létale, sous certaines conditions, afin que la personne puisse s’administrer elle-même ce produit.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR21EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LR88RN7NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale0210
Gauche démocrate et républicaine - NUPES230
Écologiste - NUPES090
Socialistes et apparentés160
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires011
Démocrate (MoDem et Indépendants)2142
Renaissance2413
Horizons et apparentés130
Les Républicains1410
Rassemblement National4313
Non inscrit100
Mises au point de vote 2

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

  • Pierre Vatin LR Vote enregistré Contre Position déclarée ne pas prendre part au vote

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 384 en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Annie Genevard LR
« Je voudrais revenir sur la question des mots, car ce n’est pas qu’une question sémantique : cela va évidemment bien au-delà. Monsieur le rapporteur général, vous nous avez dit que le mot « euthanasie » avait été sali par l’histoire. Je ne suis pas convaincue par votre explication : si tel était le cas, personne ne l’utiliserait jamais. Or nombre de pays l’ont utilisé et l’utilisent encore. […] Pourquoi donc le terme « suicide » vous dérange-t-il ? Nous ne lâcherons pas l’affaire, qui ne se réduit pas à une question de sémantique ; elle touche au fondement même de votre texte. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Patrick Hetzel LR
« Cet amendement de notre collègue Thibault Bazin vise à harmoniser, conformément aux préconisations de la mission d’évaluation de la loi Claeys-Leonetti, les définitions de la personne de confiance données par le code de la santé publique et par le code de l’action sociale et des familles. »
M. Didier Martin (rapporteur de la commission spéciale)
« Vous proposez une réécriture très large de l’article L. 311-5-1 du code de l’action sociale et des familles. Votre amendement me semble satisfait dans la mesure où la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie a apporté des précisions quant à la dési… »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« Avec ces amendements, nous proposons qu’à la signature du contrat d’hébergement dans un Ehpad, on informe la personne accueillie sur ses droits en matière de soins d’accompagnement et de fin de vie, et sur la possibilité de rédiger ses directives anticipées ou de les actualiser. »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Cet amendement du groupe Socialistes va dans le même sens. Il s’agit de prévoir que la signature du contrat d’hébergement dans un Ehpad donnera systématiquement lieu à une information sur la possibilité de rédiger des directives anticipées ou de les actualiser. »
Mme Catherine Vautrin (ministre)
« Même avis. D’abord, il existe déjà des obligations d’information concernant les directives anticipées, à destination des personnels des Ehpad, qui doivent pouvoir échanger avec les personnes qui entrent dans l’établissement. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Il est des mots qu’il faut éviter, chers collègues ! J’abonderai dans le sens de Mme Genevard. Il est extrêmement compliqué d’entrer en Ehpad. »
Mme Caroline Fiat LFI
« S’il faut pouvoir parler de tout avec les résidents en Ehpad, je ne trouve pas opportun d’évoquer ce sujet au moment de la signature du contrat de séjour. »
Mme Sandrine Dogor-Such RN
« Rappelons que les directives anticipées existent depuis la loi Leonetti de 2005 et que près de 18 % des Français en ont formulé. Pendant l’étude du texte, ils se sont aperçus de l’existence de ces directives. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« L’amendement nous a été proposé par le collectif Handicaps, qui regroupe cinquante-quatre associations nationales défendant les droits des personnes handicapées et de leurs proches. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Dans ces moments difficiles, les proches se sentent investis de la mission de faire respecter les volontés de la personne, et il arrive qu’ils estiment, à juste titre ou non, que la décision prise collégialement n’est pas en adéquation avec lesdites volontés. »
M. Laurent Panifous LIOT
« Au vu de ces avis de sagesse, je serai bref. Je soutiendrai cette série d’amendements identiques, qui ne feront pas de ce texte une loi bavarde. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue