Amendement de M. Davi (LFI-NUPES) · après art. 2

48 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 46 voix non atteint. 50 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 24 %

Amendement n° 166 · APRÈS ART. 2, déposé par M. Davi ECOS.

L'essentiel : L’extension de la « pratique avancée » à toutes les spécialités infirmières aurait fait l’objet d’un rapport gouvernemental sous six mois, selon cet amendement qui souhaitait généraliser cette voie de spécialisation.

Texte exact de l'amendement

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur l’opportunité d’étendre la pratique avancée à toutes les spécialités infirmières.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement demande la remise d’un rapport étudiant l’opportunité d’étendre la pratique avancée à l’ensemble des spécialités infirmières, afin de généraliser cette voie de spécialisation. Concrètement, cette spécialisation s’effectuerait via deux années d’études supplémentaires après l’obtention du diplôme d’État d’infirmier (bac +3). Ainsi, un cursus de pratique avancée serait accessible pour chaque spécialité infirmière : infirmier de bloc opératoire, anesthésiste, puéricultrice, infirmier hygiéniste, pathologies chroniques, oncologie, santé mentale, urgences, etc. L’objectif est double : harmoniser les formations de spécialisation et élargir l’accès à la pratique avancée pour davantage d’infirmiers. Cela permettrait de mieux reconnaître l’évolution de leurs missions tout en garantissant un niveau de qualification adapté aux exigences de chaque spécialité. Bien entendu, cela doit s’accompagner de rémunérations plus importantes afin de garantir l’attractivité de cette profession.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 3 décembre 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 mars 2025 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 5 mai 2025 1re lecture Sénat Modifié
  4. 10 juin 2025 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Accord
  5. 19 juin 2025 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Ce texte de loi modifie le code de la santé publique afin de préciser les responsabilités et les obligations des infirmiers dans certaines situations. Il supprime une mention relative aux infirmiers dans un article concernant les vaccinations, et ajoute une disposition relative à l'information du conseil départemental par les infirmiers titulaires de certains diplômes. En outre, il introduit des dispositions concernant le rôle des infirmiers au sein d'une équipe pluridisciplinaire dans un service départemental de protection maternelle et infantile.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensemble
  • Sortir la consultation infirmière du champ de l'exercice illégal de la médecine

    Au dernier alinéa de l'article L. 4161-1 du code de la santé publique, les mots « ou aux infirmiers » sont supprimés et une mention est insérée pour les infirmiers qui effectuent des consultations infirmières dans des conditions prévues par décret en Conseil d'État, ou qui prescrivent les produits de santé et examens ou effectuent les actes et soins figurant sur les listes prévues à l'article L. 4311-1.

  • Réécrire la définition légale du métier

    L'article L. 4311-1 du code de la santé publique est réécrit : l'infirmier exerce son activité dans le respect du code de déontologie, en application de son rôle propre.

  • Élargir les terrains d'exercice de la pratique avancée

    À l'article L. 4301-1 du code de la santé publique, des 2° bis et 2° ter sont insérés pour l'équipe pluridisciplinaire d'un service départemental de protection maternelle et infantile coordonnée par un médecin et pour l'équipe pluridisciplinaire en santé scolaire, et un 5° est ajouté pour l'assistance d'un médecin référent au sein d'un service départemental de l'aide sociale à l'enfance ou en établissement d'accueil du jeune enfant.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM94EPR33HOR47DR16UDR123RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire306
Gauche Démocrate et Républicaine200
Écologiste et Social500
Socialistes et apparentés1300
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires020
Les Démocrates030
Ensemble pour la République0380
Horizons & Indépendants0120
Droite Républicaine081
UDR014
Rassemblement National0139
Non inscrit030

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 166 en séance (Profession d’infirmier), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Hendrik Davi ECOS
« Il est important, même s’il s’agit d’une demande de rapport, car il touche à la philosophie du texte. L’article 2 prévoit de créer trois nouvelles spécialisations de pratique avancée. Il me paraît intéressant que l’on puisse commencer sa carrière en tant qu’infirmière non spécialisée, et que petit à petit, par la validation d’acquis, une formation ou un master, l’on puisse devenir IPA. J’ai longtemps travaillé dans des laboratoires de recherche. Les techniciens sortaient d’une formation de niveau bac + 2 ou bac + 3 et finissaient ingénieur après un master ou une validation d’acquis – c’était le parcours classique. »
Mme Nicole Dubré-Chirat (rapporteure)
« Comme vous, je suis très attachée à la formation des infirmières de soins généraux et aux formations de spécialité pour reconnaître des compétences et les valider – c’est tout aussi important. Les infirmières de pratique avancée ont choisi de suivre et de valider une formation complémentaire. Permettre à des infirmières spécialisées de pratiquer, sans validation ou certification, des actes de pratique avancée mérite réflexion, car il ne faudrait pas « déshabiller » une profession au profit d’une autre. »
M. Yannick Neuder (ministre)
« Il est important de combiner la pratique avancée avec celle des infirmiers spécialisés, mais, si j’émets un avis défavorable à votre demande de rapport, c’est qu’il existe déjà un rapport de l’Igas, datant de 2023, sur la pratique infirmière avancée. L’article 2 donne des pistes pour envisager d’ouvrir la pratique avancée aux infirmiers spécialisés. Il me semble qu’il est préférable de préciser ces pistes plutôt que de demander la rédaction d’un nouveau rapport. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Initialement, nous avions bien proposé l’ouverture de la pratique avancée à davantage de disciplines, mais nos amendements ont été déclarés irrecevables. D’où la demande de rapport. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 5 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Profession d’infirmier), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Nicole Dubré-Chirat (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« C’est avec beaucoup de plaisir et d’émotion que je défends un texte attendu depuis longtemps. Cette proposition de loi apporte une réponse aux 650 000 infirmières qui font fonctionner notre système de soins dans tous leurs lieux d’exercice, que ce soit à l’hôpital, en ville, en Ehpad, dans les école… »
M. Yannick Neuder (ministre)
« Ce sera avant l’été. Ensuite, si l’expérimentation autorisant les infirmiers à signer des certificats de décès est encore en cours jusqu’au 25 avril, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 a inscrit cette extension de compétence dans la loi et l’a étendue à l’ensemble du territoire. »
M. Jean-François Rousset EPR
« Je tiens à remercier notre collègue Nicole Dubré-Chirat, qui a placé au cœur de nos débats le sujet de la profession d’infirmier. Ayons bien en tête que les infirmières et les infirmiers offrent souvent aux patients leur premier et leur seul contact avec le monde du soin. »
Mme Karen Erodi LFI
« Je salue les infirmiers et infirmières présents ce soir en tribune. Les quelque 600 000 infirmières que compte notre pays ont été présentées comme des soldates. Il s’agit surtout de femmes, qui sont en effet des combattantes de la santé. »
Mme Sandrine Runel SOC
« Soigner, prendre soin, accompagner, soutenir, prévenir : le métier d’infirmière est essentiel. Les infirmières jouent un rôle central dans la prise en charge des patients, du fait des soins préventifs, curatifs, palliatifs qu’elles dispensent. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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