Amendement de M. Potier (SOC) · après art. 28

86 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 14 voix non atteint. 1 abstention.
Net
Participation 5 %

Amendement n° 1631 · APRÈS ART. 28, déposé par M. Potier SOC +29 cosignataires.

L'essentiel : Un droit de vote triple aurait pu, selon cet amendement, récompenser les actionnaires fidèles détenant depuis au moins cinq ans des actions nominatives entièrement libérées, ce droit devenant automatique dans les sociétés cotées sauf clause contraire.

Texte exact de l'amendement

La section 3 du chapitre V du titre II du livre II du code de commerce est ainsi modifiée : 1° L’article L. 225‑123 est complété par trois alinéas ainsi rédigés : « Un droit de vote triple de celui conféré aux autres actions, eu égard à la quotité de capital social qu’elles représentent, peut être attribué, par les statuts à toutes les actions entièrement libérées pour lesquelles il est justifié d’une inscription nominative, depuis cinq ans au moins, au nom du même actionnaire. « En outre, en cas d’augmentation du capital par incorporation de réserves, bénéfices ou primes d’émission, le droit de vote triple peut être conféré, dès leur émission, aux actions nominatives attribuées gratuitement à un actionnaire à raison d’actions anciennes pour lesquelles il bénéficie de ce droit. « Dans les sociétés dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé, les droits de vote triple prévus au premier alinéa sont de droit, sauf clause contraire des statuts adoptée postérieurement à la publication de la loi n° du relative à la croissance et à la transformation des entreprises, pour toutes les actions entièrement libérées pour lesquelles il est justifié d’une inscription nominative depuis cinq ans au nom du même actionnaire. Il en est de même pour le droit de vote triple conféré dès leur émission aux actions nominatives attribuées gratuitement en application du deuxiè…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La proposition de Loi du groupe Nouvelle gauche intitulée « Entreprise nouvelle et nouvelles gouvernances » et qui a fait l’objet d’un examen en 1 ère lecture en début d’année 2018, souhaite notamment développer une « codétermination à la française ». Il s’agissait en particulier, de renforcer la présence des salariés dans les conseils d’administration et les conseils de surveillance, dans le prolongement des lois de 2013 et 2015 qui ont prévu la présence d’un ou deux administrateurs salariés dans les grandes entreprises privées (c’est-à-dire celles ayant plus de 1 000 salariés en France ou 5 000 dans le monde). La proposition prend acte du fait que la présence d’administrateurs salariés existe dans la majorité des États membres de l’Union européenne et s’applique à compter de seuils allant de 35 salariés (au Danemark, avec un tiers d’administrateurs salariés dans les conseils) à 2 000 salariés (en Allemagne, avec une moitié de représentants salariés dans les conseils). Dans la même logique, consistant à privilégier les parties constituantes qui ont un investissement et un intérêt pérenne dans l’entreprise, la proposition de loi propose d’introduire des droits de vote triple au profit des actionnaires détenant leurs actions depuis au moins cinq ans. L’article 62 du présent Projet de loi va dans le sens d’un renforcement de cet actionnariat salarié ce que nous saluons, bien que…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 19 juin 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 12 février 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 21 février 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 9 avril 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 16 mai 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Ce projet de loi complète le code de commerce par une section consacrée aux formalités administratives des entreprises et abroge l'article L. 123-9-1. Il autorise le Gouvernement à légiférer par ordonnance afin de simplifier les démarches des entreprises, de réduire les coûts et les délais de traitement et d'améliorer l'accès aux informations. Il ouvre la publication des annonces judiciaires et légales aux publications de presse et aux services de presse en ligne, et non plus aux seuls journaux, et réécrit l'article 2 de la loi du 23 décembre 1982 relative à la formation professionnelle des artisans, qui régit l'immatriculation au répertoire des métiers ou, dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, au registre des entreprises. Il prévoit que toute personne physique souhaitant exercer une activité professionnelle en nom propre procède à une déclaration lors de la création de l'entreprise. L'extrait disponible s'arrête aux premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Guichet unique électronique de création d'entreprise Adopté

    Mise en place d'un guichet unique en ligne centralisant les formalités de création d'entreprise, en remplacement des multiples réseaux de centres de formalités.

    En vigueur (déploiement progressif jusqu'en 2023).

  • Simplification et relèvement des seuils d'effectifs Adopté

    Regroupement et relèvement des seuils sociaux et fiscaux liés aux effectifs, avec un délai avant que le franchissement d'un seuil ne produise ses effets, pour alléger les obligations des entreprises en croissance.

    Maintenu dans la loi promulguée.

  • Réforme de l'épargne retraite (plan d'épargne retraite) Adopté

    Création d'un plan d'épargne retraite unifié et portable d'un emploi à l'autre, avec davantage de liberté pour récupérer l'épargne sous forme de capital.

    En vigueur.

  • Raison d'être et intérêt social élargi des sociétés Adopté

    Modification des articles 1833 et 1835 du Code civil pour que les sociétés prennent en considération les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité et puissent se doter d'une raison d'être.

    En vigueur.

  • Autorisation de privatisations (Française des jeux, Aéroports de Paris) Adopté

    Autorisation de céder la participation majoritaire de l'État dans la Française des jeux et dans Aéroports de Paris.

    Autorisation votée ; la privatisation de la Française des jeux a eu lieu fin 2019, celle d'Aéroports de Paris a été abandonnée.

  • Fin des tarifs réglementés du gaz et de l'électricité Censuré

    Articles mettant fin aux tarifs réglementés de vente du gaz et de l'électricité.

    Articles 213 à 215 censurés comme cavaliers législatifs par la décision n° 2019-781 DC.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC46MODEM311LREM32UDI103LR21NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés100
Mouvement Démocrate et apparentés020
La République en Marche0201
UDI, Agir et Indépendants010
Les Républicains010
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1631 en séance (Croissance et transformation des entreprises), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Dominique Potier SOC
« Monsieur le rapporteur général, vous avez dit lors de la présentation du texte, au cours d’une intervention de très grande qualité, que la durée moyenne de détention d’une action était de huit ans en 1960, de trois ans en 1980, d’un an en 2005, et d’à peine sept mois en 2017. Selon le leader de Veolia, elle serait de six mois en 2018. Je ne sais de qui il tient l’information. Quoi qu’il en soit, ce temps moyen ne cesse de décroître. La réalité, c’est qu’aujourd’hui, les grands problèmes du monde, celui de l’alimentation, de l’énergie, de la biodiversité, des ressources et des matières premières exigent qu’on s’inscrive dans un temps long. »
M. Jean-Noël Barrot (rapporteur)
« Il va de soi qu’il faut encourager le capitalisme ou du moins l’investissement de long terme. C’est du moins ce que fait notre majorité, comme d’autres l’ont fait avant elle, quand elle encourage le PEA PME comme instrument de détention longue des actions, au lieu d’accorder une prime aux allers-retours incessants sur les marchés financiers. Toutefois, l’octroi de vote double, triple ou quadruple n’est pas la seule solution possible. »
Mme Delphine Gény-Stephann (secrétaire d’État)
« Même avis. Les distorsions de gouvernance qu’introduisent ces régimes de droit de vote peuvent devenir problématiques. En effet, ils confèrent un avantage important aux actionnaires historiques, ce qui risque de réduire largement l’attractivité de nos entreprises aux yeux des investisseurs internationaux. Défavorable. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Croissance et transformation des entreprises), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Valéria Faure-Muntian LREM
« Il s’agit d’un amendement de cohérence. Le visa octroyé par l’Autorité des marchés financiers – AMF – aux acteurs émettant des offres initiales de jetons – ou initial coin offering , ICO – est optionnel, si bien qu’il est difficile pour l’Autorité d’interdire de futures émissions de jetons. »
Mme Marie-Christine Dalloz LR
« Cet amendement, déposé par Éric Woerth, président de la commission des finances, est inspiré par le même esprit que celui présenté à l’instant par ma collègue. »
M. Jean-Noël Barrot (rapporteur)
« Ces amendements défendent deux idées qui permettent de clarifier ce qui se produit quand l’émetteur, après avoir reçu le visa optionnel et être apparu sur la liste blanche que l’AMF tiendra à jour, ne respecte plus les conditions du visa. »
Mme Delphine Gény-Stephann (secrétaire d’État)
« Je suis du même avis que le rapporteur, c’est-à-dire que je soutiens l’amendement n o 2475, qui promeut un régime équilibré entre la protection du consommateur et l’incitation à l’innovation responsable, et demande le retrait du n o 1715. »
Mme Laure de La Raudière LC
« Avec Jean-Michel Mis, j’ai effectué une visite en Suisse il y a quelques semaines. En matière de développement de l’écosystème de la blockchain , nous sommes en concurrence avec ce pays, mais notre voisin possède dix mois d’avance sur le nôtre, notamment en termes de régulation. »
M. Dominique Potier SOC
« Cet amendement est le premier d’une série qui vise à protéger les droits des consommateurs. Celui-ci est peut-être le plus important puisqu’il vise à élargir la liste des cas dans lesquels l’emprunteur ne doit aucune indemnité au prêteur lorsqu’il rembourse par anticipation son crédit à la suite de… »
M. Jean-Hugues Ratenon FI
« Cet amendement vise, afin de les limiter, à fixer un plafond annuel maximum de frais bancaires. L’an dernier, l’association 60 millions de consommateurs relevait que les banques avaient ponctionné plus 6,5 milliards d’euros de frais bancaires à leurs clients, ce qui leur a permis de dégager un bénéf… »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue