Amendement de M. Potier (SOC) · art. 62

78 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 18 voix non atteint. 2 abstentions.
Majoritaire
Participation 6 %

Amendement n° 2812 · ART. 62, déposé par M. Potier SOC +29 cosignataires.

L'essentiel : Le nombre d’administrateurs et de membres du conseil de surveillance représentant les salariés aurait augmenté par paliers selon cet amendement, avec un minimum relevé au tiers des sièges à compter du 1er janvier 2022.

Texte exact de l'amendement

Rédiger ainsi cet article : « I. – Le code de commerce est ainsi modifié : « A. – Le premier alinéa du II de l’article L. 225‑27‑1 est ainsi rédigé : « II. – Le nombre des administrateurs représentant les salariés est au moins égal : « - à trois administrateurs dans les sociétés dont le nombre d’administrateurs mentionnés aux articles L. 225‑17 et L. 225‑18 est supérieur à huit, et au moins égal à un si le nombre total des administrateurs est égal ou inférieur à huit jusqu’au 31 décembre 2021. « - au tiers du nombre total des administrateurs dans les sociétés dont le nombre d’administrateurs mentionnés aux articles L. 225‑17 et L. 225‑18 est supérieur à huit, et au moins égal à deux si le nombre total des administrateurs est égal ou inférieur à huit à compter du 1 er janvier 2022. » « B. – Le premier alinéa du II de l’article L. 225‑79‑2 est ainsi rédigé : « II. – Le nombre des membres du conseil de surveillance représentant les salariés est au moins égal « - à trois dans les sociétés dont le nombre de membres désignés selon les modalités mentionnées à l’article L. 225‑75 est supérieur à huit, et au moins égal à un si le nombre total des administrateurs est égal ou inférieur à huit jusqu’au 31 décembre 2021. « - au tiers du nombre total des membres dans les sociétés dont le nombre de membres désignés selon les modalités mentionnées à l’article L. 225‑75 est supérieur à huit, e…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L’article 62 du présent projet de loi entend développer la place de l’actionnariat salarié dans l’entreprise. Il s’agit d’une démarché favorable mais encore très frileuse. En effet, d’autres pays européens font de la codétermination un élément central du fonctionnement de l’entreprise. Ainsi en Allemagne, pays très souvent érigé en modèle lorsqu’il s’agit d’évoquer les questions économiques, la codétermination de la gouvernance des entreprises est obligatoire, sous conditions de seuils, dans les sociétés anonymes (SA) et les sociétés à responsabilité limitée (SARL). Les salariés sont représentés au conseil de surveillance (Aufsichtsrat) : - dans les sociétés de plus de 2 000 salariés, et les entreprises du secteur du charbon et de l’acier de plus de 1 000 salariés, la moitié du conseil de surveillance doit être composée de représentants des salariés (codétermination paritaire). - dans les sociétés de 500 à 2 000 salariés, le tiers du conseil de surveillance doit être composé de représentants des salariés (codétermination au tiers). Dans l’esprit de la proposition de loi du groupe Nouvelle gauche « entreprise nouvelle et nouvelles gouvernances », le présent amendement propose, tout en conservant les seuils prévus par l’article 62, de porter le nombre d’administrateurs salariés à 2 en deça du seuil de 8 administrateurs et dans les structures de 50 à 999 salariés, et au tiers des…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 19 juin 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 12 février 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 21 février 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 9 avril 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 16 mai 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Ce projet de loi complète le code de commerce par une section consacrée aux formalités administratives des entreprises et abroge l'article L. 123-9-1. Il autorise le Gouvernement à légiférer par ordonnance afin de simplifier les démarches des entreprises, de réduire les coûts et les délais de traitement et d'améliorer l'accès aux informations. Il ouvre la publication des annonces judiciaires et légales aux publications de presse et aux services de presse en ligne, et non plus aux seuls journaux, et réécrit l'article 2 de la loi du 23 décembre 1982 relative à la formation professionnelle des artisans, qui régit l'immatriculation au répertoire des métiers ou, dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, au registre des entreprises. Il prévoit que toute personne physique souhaitant exercer une activité professionnelle en nom propre procède à une déclaration lors de la création de l'entreprise. L'extrait disponible s'arrête aux premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Guichet unique électronique de création d'entreprise Adopté

    Mise en place d'un guichet unique en ligne centralisant les formalités de création d'entreprise, en remplacement des multiples réseaux de centres de formalités.

    En vigueur (déploiement progressif jusqu'en 2023).

  • Simplification et relèvement des seuils d'effectifs Adopté

    Regroupement et relèvement des seuils sociaux et fiscaux liés aux effectifs, avec un délai avant que le franchissement d'un seuil ne produise ses effets, pour alléger les obligations des entreprises en croissance.

    Maintenu dans la loi promulguée.

  • Réforme de l'épargne retraite (plan d'épargne retraite) Adopté

    Création d'un plan d'épargne retraite unifié et portable d'un emploi à l'autre, avec davantage de liberté pour récupérer l'épargne sous forme de capital.

    En vigueur.

  • Raison d'être et intérêt social élargi des sociétés Adopté

    Modification des articles 1833 et 1835 du Code civil pour que les sociétés prennent en considération les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité et puissent se doter d'une raison d'être.

    En vigueur.

  • Autorisation de privatisations (Française des jeux, Aéroports de Paris) Adopté

    Autorisation de céder la participation majoritaire de l'État dans la Française des jeux et dans Aéroports de Paris.

    Autorisation votée ; la privatisation de la Française des jeux a eu lieu fin 2019, celle d'Aéroports de Paris a été abandonnée.

  • Fin des tarifs réglementés du gaz et de l'électricité Censuré

    Articles mettant fin aux tarifs réglementés de vente du gaz et de l'électricité.

    Articles 213 à 215 censurés comme cavaliers législatifs par la décision n° 2019-781 DC.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC46MODEM309LREM32UDI104LR22NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés200
Mouvement Démocrate et apparentés120
La République en Marche0251
UDI, Agir et Indépendants010
Les Républicains000
Non inscrit001
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

  • Mounir Belhamiti NI Vote enregistré Abstention Position déclarée ne pas prendre part au vote

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit lors de cette discussion

Le compte rendu a ouvert une seule discussion pour cet amendement et les amendements nos 743, 744 : les propos ci-dessous portent sur l'ensemble, et peuvent nommer un autre de ces numéros que celui de ce vote. Ils sont repris tels quels du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où ils ont été prononcés.

M. Dominique Potier SOC
« Sans entrer dans le détail, nous proposons différentes variantes. Il s’agit, je l’ai dit, de procéder par étapes, avec un calendrier et des modalités d’adaptation, le saut étant important pour la France. Nous proposons effectivement un tiers d’administrateurs salariés dans les entreprises de plus de 1 000 salariés et une moitié d’administrateurs salariés dans les entreprises de plus de 5 000 salariés. »
Mme Coralie Dubost (rapporteure)
« Nous sommes particulièrement fiers de renforcer, avec l’article 62, la présence des administrateurs salariés dans les conseils d’administration des entreprises. Nous pensons que cela va bien évidemment favoriser les meilleurs modes de gouvernance. Toutefois, il convient d’être raisonnable, de prendre le temps : le premier administrateur salarié a été introduit récemment, en 2015 ; nous allons en ajouter un deuxième, et c’est une bonne chose. Je ne suis absolument pas favorable à ces amendements, qui visent à abaisser les seuils ou à étendre la mesure à certains types de société. D’une part, il ne faut pas dénaturer certains statuts, notamment celui de la société par actions simplifiée. »
M. Roland Lescure (rapporteur)
« Je souhaite compléter la réponse de Mme la rapporteure et réagir à l’intervention de M. Potier. Vous avez dit, mon cher collègue, que la majorité des pays européens avaient instauré une forme de codétermination. La loi a rendu obligatoire la présence d’administrateurs salariés dans treize pays européens, parfois seulement dans les entreprises du secteur public. Dans les faits, le modèle et son application dépendent évidemment de la réalité économique et sociale des pays en question. Je sais que vous êtes un ardent défenseur de la codétermination à l’allemande, monsieur Potier, mais l’histoire économique et sociale de l’Allemagne est très différente de la nôtre. »
Mme Delphine Gény-Stephann (secrétaire d’État)
« Je tiens à répéter ce qu’a dit Bruno Le Maire en commission spéciale : le Gouvernement considère que la loi Rebsamen de 2015 constitue une avancée. Nous nous inscrivons pleinement dans la philosophie de ce texte, qui est relativement récent, et nous souhaitons en étendre les principes à l’ensemble des entreprises. Telle est notre ligne rouge. L’universalité nous semble l’élément clé de la réforme. S’agissant des entreprises de plus de 1 000 salariés, nous élargissons la présence des administrateurs salariés à toutes les entreprises, y compris aux organismes régis par le code de la mutualité et aux sociétés mères holdings cotées. »
M. Dominique Potier SOC
« J’admets, monsieur le rapporteur général, qu’il conviendrait d’affiner la comparaison européenne à laquelle je me suis livré, un peu à la serpe, il est vrai, faute de temps. Ce sont effectivement parfois les entreprises privées qui sont concernées et parfois les entreprises publiques. J’en viens à un point plus sensible : il y a en effet une distorsion entre la France et l’Allemagne en matière de représentation syndicale. Ce serait d’ailleurs un beau sujet pour un travail législatif que nous pourrions engager au cours de cette législature ; nous serions favorables au dialogue sur cette question. […] Oui, monsieur le président. »
Mme Olivia Gregoire (présidente de la commission spéciale)
« Au nom de l’ensemble des membres de la commission spéciale, je souhaite vous remercier très sincèrement, monsieur Potier, pour votre intervention et, plus largement, pour votre état d’esprit et celui de votre groupe, ainsi que pour l’expertise que vous avez apportée sur ces questions. Je pense pouvoir dire – sous le contrôle de Mme la secrétaire d’État –… […] …que notre ambition est de progresser ensemble et que l’état d’esprit dont vous avez fait preuve nous a permis d’avancer posément. Ce n’est pas toujours le cas, et c’est tout à l’honneur de ce projet de loi. Cela nous engage à poursuivre ce travail dans les mois qui viennent. Je vous adresse sincèrement un grand merci. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 6 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Croissance et transformation des entreprises), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Gisèle Biémouret SOC
« Cet amendement a pour objet l’introduction d’un article dans le code de commerce pour instaurer une forme de transparence sur les écarts de salaires dans l’entreprise. »
Mme Coralie Dubost (rapporteure de la commission spéciale)
« Je vais faire une présentation générale qui devrait répondre en grande partie aux questions soulevées par les auteurs des amendements portant sur ce sujet important. »
Mme Delphine Gény-Stephann (secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances)
« Madame la députée, j’ajoute que le droit français impose une transparence totale sur l’intégralité des éléments de rémunération des dirigeants des sociétés cotées. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Nous discutons d’un amendement important, qui vise à instaurer une véritable transparence sur les écarts de rémunération dans les entreprises. Vous le savez, les députés communistes se battent de longue date pour l’instauration d’une échelle des salaires. »
Mme Laure de La Raudière LC
« Le salaire moyen représente peu de chose ; le salaire médian est beaucoup plus parlant. Par ailleurs, dans votre amendement n o 2588, vous proposez de remplacer le mot « dirigeant » par ceux de « mandataire social », ce qui est beaucoup plus précis juridiquement – j’avais moi-même déposé un amendeme… »
M. Philippe Bolo MODEM
« Cet amendement est issu de l’important travail mené par mon collègue Erwan Balanant sur le sujet. L’intention du Gouvernement est bonne, mais son ambition pourrait être plus élevée. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue