Projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne

87 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 21 voix franchi. 6 abstentions.
Quasi unanime
Participation 8 %

Le parcours du texte

  1. 3 octobre 2018 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 6 novembre 2018 1re lecture Sénat Adopté
  3. 10 décembre 2018 1re lecture Assemblée Modifié
  4. 18 décembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  5. 16 janvier 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  6. 17 janvier 2019 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Le texte vise à autoriser le Gouvernement à prendre des mesures par ordonnances en vue de la préparation du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Il s'agit d'une première lecture d'un projet de loi habilitant le Gouvernement dans ce cadre.

  • Ordonnances sans accordAutorise le Gouvernement à légiférer par ordonnances, dans les conditions de l’article 38 de la Constitution, pour tirer les conséquences d’un retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne « sans accord conclu conformément à l’article 50 du traité sur l’Union européenne ». art. 1er
  • Séjour, emploi, professionsCouvre le droit d’entrée et de séjour des ressortissants britanniques, l’emploi des salariés britanniques en France, l’exercice des activités et professions dont l’accès est subordonné à des conditions, la situation des agents titulaires et stagiaires de la fonction publique de nationalité britannique, les droits et prestations sociales, les contrôles de marchandises et de passagers et le transport routier. art. 1er
  • Qualifications reconnuesPrévoit que « Les qualifications professionnelles et l’expérience professionnelle acquises au Royaume-Uni sont immédiatement reconnues » dès lors que leurs titulaires exercent leur activité en France à la date du retrait. art. 1er
  • Fonctionnaires britanniquesCharge les ordonnances de définir les conditions du maintien des agents titulaires et stagiaires de nationalité britannique dans leurs conditions de statut et d’emploi, « sans qu’une condition de nationalité puisse leur être opposée ». art. 1er
  • Clause de réciprocitéPermet de prévoir que les mesures accordant aux ressortissants ou personnes morales britanniques un traitement plus favorable que celui des pays tiers « cesseront de produire effet si le Royaume-Uni n’accorde pas un traitement équivalent ». art. 1er
  • Droits sociaux et diplômesHabilite le Gouvernement à faire prendre en compte, pour l’ouverture des droits sociaux, les périodes d’assurance, d’activités ou de formation professionnelle effectuées au Royaume-Uni « jusqu’à six mois après la date de son retrait » de l’Union européenne, ainsi que les diplômes et qualifications acquis ou en cours d’acquisition. art. 2
  • Matériels de défensePermet aux titulaires de licences et d’autorisations de transfert de produits et matériels à destination du Royaume-Uni délivrées avant le retrait de poursuivre ces fournitures « jusqu’à l’expiration du terme fixé par ces licences et autorisations ». art. 2
  • Services financiersCouvre l’accès des entités françaises aux systèmes de règlement interbancaire et de règlement livraison des pays tiers, la supervision de la titrisation, la gestion de placements collectifs, la continuité des conventions-cadres et la sécurisation des contrats conclus avant la perte de reconnaissance des agréments britanniques. art. 2
  • Tunnel sous la MancheVise la continuité des flux de passagers et de marchandises « à travers le tunnel sous la Manche », afin que la France respecte ses engagements en tant que concédant. art. 2
  • Chantiers en urgenceAutorise un régime procédural simplifié pour la construction ou l’aménagement en urgence des locaux, installations et infrastructures portuaires, ferroviaires, aéroportuaires et routiers requis par le rétablissement des contrôles. art. 3
  • Dérogations d’urbanismePermet à ces ordonnances de prévoir des adaptations ou des dérogations en matière d’aménagement, d’urbanisme, d’expropriation pour cause d’utilité publique, de préservation du patrimoine, de commande publique, de participation du public et d’évaluation environnementale. art. 3
  • Contrôle du ParlementImpose que l’Assemblée nationale et le Sénat soient informés « sans délai et de manière circonstanciée » des mesures prises, qu’ils puissent requérir toute information complémentaire et qu’un projet de loi de ratification soit déposé dans un délai de six mois à compter de la publication de chaque ordonnance. art. 4

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 10 décembre 2018 : 41 voix pour, aucune contre, 6 abstentions. Cinq groupes ont voté pour et trois se sont abstenus.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM309LREM28UDI104LR12NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise002
Gauche démocrate et républicaine001
Socialistes et apparentés001
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate et apparentés400
La République en Marche2800
UDI, Agir et Indépendants100
Les Républicains701
Non inscrit001

Les avis, pour et contre

Projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre des ordonnances pour préparer le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne a été adopté le 10 décembre 2018. Le vote a reçu le soutien des groupes LAREM et LR, avec 41 voix pour, 0 contre et 6 abstentions. Ce texte concernait la mise en place de mesures législatives nécessaires à la préparation du Brexit. Aucun autre groupe n’a exprimé de position sur ce vote. Le scrutin a eu lieu en première lecture.

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Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

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Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Nathalie Loiseau (ministre chargée des affaires européennes)
« Cette séance publique se tient dans un moment qui illustre particulièrement bien une des caractéristiques principales du Brexit au Royaume-Uni : je veux bien sûr parler de l’incertitude. »
M. Alexandre Holroyd (rapporteur de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne)
« Le 23 juin 2016, le Royaume-Uni décidait par voie référendaire de quitter l’Union européenne. Un peu plus de deux ans plus tard, nous voici réunis pour préparer notre pays aux conséquences qu’aura cette séparation si elle se fait sans accord. »
M. Jean-Louis Bourlanges (président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne)
« Alexandre Holroyd vient de vous présenter les résultats des travaux de notre commission spéciale. Je ne vais pas dupliquer son travail : je me contenterai de préciser ici l’esprit dans lequel la commission a abordé la mission qui lui était confiée. »
M. Vincent Bru MODEM
« Le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne est certes une décision des Britanniques, que nous respectons. Pour autant, nous la regrettons profondément. »
Mme Agnès Firmin Le Bodo UDI
« Je tiens en préambule à remercier notre président Jean-Louis Bourlanges pour sa direction des travaux de cette commission spéciale et à saluer le travail de notre rapporteur Alexandre Holroyd. »
M. Michel Larive FI
« C’est dans l’urgence d’un processus non anticipé que se dénouera ces prochains mois le sort de millions de citoyens, qu’ils soient britanniques ou qu’ils appartiennent aux autres pays de l’Union européenne. L’impréparation française est flagrante. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« C’est avec gravité que nous devons examiner ce projet de loi visant à habiliter le Gouvernement à prendre les ordonnances destinées à organiser le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. »
M. Michel Castellani LT
« La volonté de paix et de progrès économique et social ont toujours présidé au projet européen qui a conduit à l’avènement de l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui. Des six États qui ont fait de cette idée européenne une réalité, nous sommes passés à vingt-huit. »
M. Pierre-Henri Dumont LR
« Le 29 mars prochain, à minuit, le Royaume-Uni sortira de l’Union européenne, en application de l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Pour la première fois dans l’histoire commune de la construction politique récente de notre continent, nous effectuons un pas en arrière. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« L’Union européenne vivra dans les jours ou les semaines à venir un tournant décisif de son histoire. Le parlement britannique devrait sceller définitivement le sort du pays. »

Le passage en commission

61 amendements examinés en commission, dont 27 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Commission spéciale. 61 amendements y ont été déposés, dont 27 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 27 adoptions qui est arrivé en séance, où 71 amendements de plus ont été discutés.

27 adoptés15 rejetés5 tombés5 retirés2 non soutenus7 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • FI aucun sur 10 0 %
  • GDR aucun sur 1 0 %
  • DEM 6 sur 15 40 %
  • LR aucun sur 7 0 %
  • LAREM 11 sur 13 85 %
  • AGIR-E 7 sur 11 64 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

4 amendements de plus ne sont rattachés à aucun groupe identifiable, dont 3 adoptés.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 380 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 149 amendements et 33 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

4 articles · 3 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé

Les 4 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 3 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Habilite le Gouvernement à légiférer par ordonnances, sous 12 mois, face à un retrait britannique sans accord, notamment sur le séjour, l'emploi et les droits sociaux des Britanniques. 6839 com. / 29 séance

    Habilite le Gouvernement à légiférer par ordonnances, sous 12 mois, face à un retrait britannique sans accord, notamment sur le séjour, l'emploi et les droits sociaux des Britanniques.

    68 amendements déposés sur cet article : 39 en commission, dont 16 adoptés, puis 29 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(56 pour, 4 contre, 2 abstentions).

  • Article 2non mis aux voix Habilite le Gouvernement, pour 12 mois, à régler par ordonnances, en cas de Brexit sans accord, droits sociaux, diplômes, transferts de défense, finance et tunnel sous la Manche. 3312 com. / 21 séance

    Habilite le Gouvernement, pour 12 mois, à régler par ordonnances, en cas de Brexit sans accord, droits sociaux, diplômes, transferts de défense, finance et tunnel sous la Manche.

    33 amendements déposés sur cet article : 12 en commission, dont 5 adoptés, puis 21 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (2)

    • n° 66 M. de la Verpillière rejeté L’agriculture et la pêche auraient été explicitement citées, avec ce sous-amendement, parmi les intérêts économiques que la France doit défendre face au Royaume-Uni, son auteur insistant sur l’accès aux eaux britanniques pour les pêcheurs.
    • n° 67 M. de la Verpillière rejeté La « gestion des flux migratoires » aurait figuré, avec ce sous-amendement, parmi les intérêts que la France entend défendre dans ses futures négociations avec le Royaume-Uni, son auteur jugeant l’accord de Sandhurst insuffisant.
  • Article 3non mis aux voix Autorise le Gouvernement à fixer par ordonnance, sous 6 mois, un régime simplifié et dérogatoire pour les travaux urgents requis par les contrôles rétablis avec le Royaume-Uni. 228 com. / 14 séance

    Autorise le Gouvernement à fixer par ordonnance, sous 6 mois, un régime simplifié et dérogatoire pour les travaux urgents requis par les contrôles rétablis avec le Royaume-Uni.

    22 amendements déposés sur cet article : 8 en commission, dont 4 adoptés, puis 14 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 15 M. Jacob rejeté La consultation des élus locaux directement concernés aurait été garantie, avec cet amendement, sur les projets d’aménagement liés au rétablissement des contrôles de marchandises et de passagers entre la France et le Royaume-Uni.
  • Article 4non mis aux voix Oblige le Gouvernement à informer sans délai le Parlement, qui peut demander davantage, des mesures prises par ordonnances, et à déposer leur projet de ratification sous 6 mois. 72 com. / 5 séance

    Oblige le Gouvernement à informer sans délai le Parlement, qui peut demander davantage, des mesures prises par ordonnances, et à déposer leur projet de ratification sous 6 mois.

    7 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 2 adoptés, puis 5 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue