Amendement de Mme Firmin Le Bodo (UDI_I) · après art. 2 BIS

57 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 59 voix franchi. 11 abstentions.
DisputéBloc fracturé
Participation 22 %

Amendement n° 98 · APRÈS ART. 2 BIS, déposé par Mme Firmin Le Bodo UDI_I.

L'essentiel : Un rapport d’évaluation sur l’accès des femmes à l’interruption volontaire de grossesse devra être remis au Parlement par le Gouvernement dans l’année suivant la promulgation de la loi.

Texte exact de l'amendement

Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport d’évaluation du dispositif sur l’accès des femmes à l’interruption volontaire de grossesse.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cette demande de rapport vise à évaluer, dans un délai d’un an, les effets sur l’amélioration de l’accès à l’IVG des dispositions de cette proposition de loi.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 25 août 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 8 octobre 2020 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 20 janvier 2021 1re lecture Sénat Rejeté
  4. 19 janvier 2022 2e lecture Sénat Rejeté
  5. 20 janvier 2022 Commission mixte paritaire Accord
  6. 16 février 2022 Nouvelle lecture Sénat Rejeté

Ce que change ce texte

Ce texte de loi modifie les dispositions légales relatives à l'avortement en France. Il prolonge le délai légal pour accéder à une interruption volontaire de grossesse, en modifiant la limite de la grossesse à partir de laquelle l'avortement est autorisé. Il précise également les obligations des professionnels de santé concernant l'information des patientes en cas de refus de pratiquer une IVG. Enfin, il prévoit une compensation financière pour les organismes de sécurité sociale, afin de couvrir les coûts liés à la prise en charge de ces interventions.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Allongement du délai légal de l'IVG de 12 à 14 semaines Adopté

    Le délai pendant lequel une IVG peut être pratiquée passe de 12 à 14 semaines de grossesse.

    En vigueur depuis la promulgation.

  • IVG instrumentale par les sages-femmes Adopté

    Autorisation, pour les sages-femmes, de pratiquer des IVG instrumentales (par voie chirurgicale) sous anesthésie locale, jusque-là réservées aux médecins.

    Mesure maintenue, encadrée par la loi.

  • Suppression du délai de réflexion de deux jours Adopté

    Suppression du délai de réflexion de deux jours imposé après un entretien psychosocial préalable à l'IVG.

    Maintenu dans la loi promulguée.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR15EDS30SOC17LT56DEM270LREM19AGIR17UDI104LR15NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise500
Gauche démocrate et républicaine003
Écologie Démocratie Solidarité291
Socialistes et apparentés006
Libertés et Territoires010
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés610
La République en Marche18331
Agir ensemble300
UDI et Indépendants600
Les Républicains2800
Non inscrit500
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 98 en séance (Renforcement du droit à l’avortement), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Agnès Firmin Le Bodo UDI
« Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la proposition de loi, le Gouvernement doit remettre au Parlement un rapport d’évaluation du dispositif d’accès des femmes à l’interruption volontaire de grossesse. Vous pensez que votre texte améliorera l’accès à l’IVG pour les femmes : je ne demande qu’à être convaincue. Aussi je souhaite que nous puissions évaluer le dispositif d’ici à un an, sachant que nous avons précédemment constaté que l’allongement du délai de dix à douze semaines n’avait produit aucun effet. »
M. Maxime Minot LR
« Si je ne suis pas en accord avec le vote final de Mme Firmin Le Bodo, je le suis avec cet amendement : le rapport qu’elle propose serait une bonne chose pour éclairer le Parlement. Ce n’est pas parce que ce débat suscite des passions, des controverses et des questions, que nous devons refuser d’y réagir froidement, et d’apporter une réponse réfléchie et conforme aux exigences de notre temps. Puisqu’il n’y aura pas d’explications de vote personnelles, puisque nous ne sommes pas en temps programmé, cette intervention en fera office. »
M. Patrick Hetzel LR
« Agnès Firmin Le Bodo fait ici une proposition tout à fait cohérente. Elle demande un comité de suivi en rappelant que, lors d’un précédent texte, le délai avait été porté de dix à douze semaines, sans rien changer. Alors qu’il est désormais question de passer à quatorze semaines, elle propose de vérifier l’effet de la mesure un an après son entrée en vigueur. Et, madame la ministre déléguée, madame la rapporteure, votre seule réponse est un « Défavorable » ? N’avez-vous pas l’impression qu’il y a un décalage abyssal entre les enjeux véritables que notre collègue a mentionnés et la manière dont vous traitez cette question ? »
M. Bruno Millienne MODEM
« Pour ma part, je suis venu ce matin sans aucune idée préconçue. Mon opinion n’était pas faite. À la fin des débats, je dois avouer que je n’ai été convaincu ni par les arguments d’un côté, ni par ceux de l’autre. À ce stade, je ne sais pas si cette prolongation de douze à quatorze semaines apportera l’effet escompté. Je vous le dis sincèrement, du fond du cœur. En tout cas, il me semble bizarre de balayer d’un revers de main l’idée d’un comité de suivi alors que nous en avons créé d’autres pour des textes peut-être moins importants que celui-ci qui engage le droit des femmes à disposer de leur corps. »
M. Raphaël Schellenberger LR
« Deux choses m’interpellent. Premièrement, que nous défendions le statu quo ou l’idée qu’il faille ajouter deux semaines de délai, il me semble que nous considérons tous que la décision que nous prendrons ce soir est importante. Dans ces conditions, pourquoi le Parlement se dessaisirait-il du contrôle de cette décision, de ses conséquences, de ses effets quels qu’ils soient – car l’amendement de notre collègue Firmin Le Bodo ne présume pas du résultat du travail de suivi ? Deuxièmement, je suis étonné de l’avis de rapporteure sur l’amendement précédent, qui fait écho à celui-ci. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Renforcement du droit à l’avortement), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Albane Gaillot (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« Rien n’est plus précaire que les droits des femmes. La mort de la grande Ruth Bader Ginsburg est un énième signal d’alarme. Les lois liberticides en matière d’avortement adoptées ces dernières années aux États-Unis mais aussi en Europe, en sont autant d’autres. »
M. Olivier Véran (ministre des solidarités et de la santé)
« Avec cette proposition de loi, nous abordons un thème sensible, qui mobilise des convictions aussi ancrées que diverses ; nous prolongeons un débat qui a résonné dans cet hémicycle il y a quarante-cinq ans et qui compte parmi ceux qui ont fait avancer la société française. »
Mme Delphine Bagarry LREM
« Une semaine après un travail intense et transpartisan en commission, cette séance est l’occasion, pour l’Assemblée nationale, de voter un texte ambitieux et attendu, et d’envoyer un signal fort sur l’exercice effectif du droit des femmes. »
Mme Cécile Muschotti LREM
« « J’ai beaucoup pleuré cette nuit-là. Assise sur un banc de l’hôpital, prostrée, anéantie, j’avais découvert l’oppression sous la forme la plus barbare. Un traumatisme. Mais je ne regrette rien. La biologie m’avait tendu un piège ; je l’avais déjoué. »
Mme Geneviève Levy LR
« Simone Veil, Françoise Giroud, Gisèle Halimi : autant de femmes qui se sont illustrées ces dernières décennies, chacune avec ses mots et sa sensibilité propre, mais aussi avec le même courage, pour que l’intervention volontaire de grossesse ne soit plus une pratique illégale, honteuse, inaccessible. »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Le 26 novembre 1974, Simone Veil montait à cette tribune pour défendre son projet de loi visant à dépénaliser l’avortement. Elle ouvrait la voie à ce qui deviendra l’une des plus grandes avancées sociétales et sociales de notre pays. »
Mme Agnès Firmin Le Bodo UDI
« Le 26 novembre 1974, ici même, Simone Veil concluait son discours par ces mots : « Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir. »
Mme Valérie Six UDI
« Face au sujet qui nous occupe aujourd’hui, l’interruption volontaire de grossesse, nous devons faire preuve d’humilité. Le droit à l’avortement, entériné par la loi Veil, fut le fruit d’un combat difficile, et nous devons rester vigilants sur son effectivité. »
Mme Caroline Fiat FI
« Nous abordons un sujet grave, qui touche à l’intimité la plus profonde des femmes qui, aujourd’hui encore, ne sont pas pleinement reconnues par la République dans leur droit à disposer de leur corps. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Quarante-cinq ans après la loi Veil, fruit de longues luttes féministes, des avancées ont été progressivement obtenues en matière d’IVG au Parlement pour assurer une plus grande effectivité au droit à l’avortement : remboursement par la sécurité sociale puis gratuité, allongement du délai de recours… »
M. Nicolas Meizonnet NI
« …nous voici de nouveau réunis pour parler d’un sujet qui, non seulement me semble tout à fait éloigné des préoccupations majeures de nos concitoyens, mais qui va raviver des douleurs et qui va inutilement rouvrir des plaies. »

Pour aller plus loin

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