Amendement n° I-1279 · APRÈS ART. 8, déposé par M. Woerth +103 cosignataires.
L'essentiel : Le dispositif d’exonération de droits de mutation pour les dons d’argent investis dans une PME aurait été prolongé jusqu’à fin 2021 et sa condition d’activité professionnelle du donataire supprimée.
Texte exact de l'amendement
I. - L’article 790 A bis du code général des impôts est ainsi modifié : 1° Le troisième alinéa du a du I est supprimé ; 2° À la fin du II, la date : « 30 juin 2021 » est remplacée par la date : « 31 décembre 2021 ». II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits mentionnés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Cet amendement des députés Les Républicains vise à assouplir le dispositif d’exonération de droits de mutation à titre gratuit pour les dons de somme s d’argent investi e s au profit des PME, qui a été introduit dans la troisième loi de finances rectificative pour 2020. En effet, Olivia Grégoire avait présenté et fait adopter un amendement au troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020, ce printemps, afin de permettre un don de somme d’argent, dans la limite de 100 000€, exonéré de droits de mutation à titre gratuit, au profit d’un membre de la famille jusqu’au troisième degré, dès lors que cet argent est investi dans une souscription au capital initial ou aux augmentations de capital d’une petite entreprise. Mais ce dispositif n’est applicable que jusqu’au 30 juin 2021. Cet amendement propose de l’appliquer tout au long de l’année 2021. Cet amendement supprime par ailleurs, la condition trop stricte qui imposait, pour pouvoir en bénéficier, que le donataire exerce dans l’entreprise son activité professionnelle principale pendant trois ans à compter de la souscription.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 28 septembre 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 17 novembre 2020 1re lecture Assemblée Adopté
- 8 décembre 2020 1re lecture Sénat Modifié
- 9 décembre 2020 Commission mixte paritaire Accord
- 15 décembre 2020 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 16 décembre 2020 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 17 décembre 2020 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 28 décembre 2020 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 29 décembre 2020 Promulgation loi n° 2020-1721
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte autorise la perception, pendant l'année 2021, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2020 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. Il baisse la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises à hauteur de la part affectée aux régions et ajuste le taux du plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée. Il modernise les paramètres de la méthode d'évaluation de la valeur locative des établissements industriels et modifie le coefficient de revalorisation de cette valeur. Il neutralise fiscalement la réévaluation libre des actifs, permet l'étalement de la plus-value réalisée lors d'une cession-bail d'immeuble, supprime progressivement la majoration de 25 % des bénéfices des entreprises qui n'adhèrent pas à un organisme de gestion agréé et aménage le crédit d'impôt recherche et le crédit d'impôt innovation.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 0 | 2 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 0 | 2 | 0 |
| Écologie Démocratie Solidarité | 0 | 4 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 0 | 2 | 0 |
| Libertés et Territoires | 1 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés | 2 | 3 | 0 |
| La République en Marche | 0 | 32 | 0 |
| Agir ensemble | 4 | 0 | 0 |
| UDI et Indépendants | 0 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 8 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 1 | 0 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1279 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet amendement d’Éric Woerth, repris depuis par l’ensemble du groupe Les Républicains, ne développe pas du tout le même argumentaire que les amendements précédents. Il fait aussi l’objet d’un scrutin public que nous avions demandé dès mercredi soir, lors de la suspension de séance. Nous proposons d’apporter deux améliorations à ce dispositif, adopté lors du PLFR 3, qui nous semble bon. Premièrement, nous pensons qu’il ne doit pas prendre fin au 30 juin 2021 comme prévu, mais durer pendant toute l’année 2021, de manière à pouvoir être évalué et éventuellement pérennisé. Pour être efficace, la mesure doit s’appliquer au moins un an. »
« Je ne vous cacherai pas qu’à titre personnel, ma position se rapproche davantage de celle de Mme Pires Beaune que de celle de Mme Dalloz. Cela étant, un équilibre avait été trouvé une fois l’amendement adopté, contre mon avis et celui du Gouvernement, lors de la CMP – ce qui avait permis d’aboutir à une solution d’ensemble à une époque où il était nécessaire de travailler, de légiférer et de promulguer dans l’urgence. Par respect pour la volonté des sénateurs et des députés d’aboutir à un texte commun à l’époque, je ne souhaite pas revenir sur ce dispositif. J’émets donc un avis défavorable à ces amendements. »
« La position du Gouvernement est la même que celle exprimée par le rapporteur général. Le dispositif avait été adopté contre notre avis. Rappelons, comme l’a fait Mme Dalloz, que son application est soumise à des conditions : le don doit être investi dans la création ou le développement d’une entreprise. C’est aussi un dispositif provisoire – il s’éteindra à la fin du mois de juin 2021 –, adapté à la période du plan de relance. Par respect des équilibres trouvés au moment de l’examen du PLFR 3, notamment lors des travaux de la CMP, nous ne souhaitons ni supprimer ni modifier – que ce soit en termes de calendrier ou de périmètre –ce dispositif. Avis défavorable aux trois amendements. »
« Il faudrait allonger la durée de vie de ce dispositif au-delà du 30 juin 2021 car, contrairement à nous, certains Français ignorent son existence. Si nous voulons que la mesure soit opérationnelle, nous devons laisser aux Français le temps de se l’approprier. Par le biais de l’un de mes amendements, adopté avant-hier, le dispositif a même été élargi puisque le montant exonéré a été porté à 200 000 euros pour aider les petites et les moyennes entreprises. »
« Comme cela a été rappelé, le rapporteur et le Gouvernement étaient opposés à cet amendement adopté en CMP à un moment où, dans le cadre d’une loi d’urgence, il fallait absolument trouver un accord avec le Sénat. Nous ne sommes plus du tout dans le même contexte. Il est hors de question de trouver un accord en CMP sur un projet de loi de finances. Nous aurons évidemment des désaccords avec le Sénat, car j’espère qu’il y a encore une limite entre LaREM et LR. S’il y avait accord en CMP sur ce projet de loi de finances, cela voudrait dire que les lignes politiques sont complètement brouillées en France. »
« Il faudrait vraiment que nous prenions, un jour, le temps de parler de la fiscalité des transmissions, par exemple à l’occasion d’une proposition de loi. Laisser croire que notre fiscalité en la matière serait confiscatoire, comme je l’ai entendu, est proprement scandaleux. Savez-vous qu’il y a un abattement de 100 000 euros par enfant décédé pour chaque enfant héritier ? Savez-vous qu’il existe des systèmes de donation du vivant : tous les quinze ans, chaque parent âgé de moins de 80 ans peut donner 132 000 euros sans payer d’impôts ? Savez-vous qu’il existe un abattement de 152 000 euros sur les contrats d’assurance vie, si le souscripteur a moins de 70 ans ? »
4 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.