Amendement de M. Ruffin (FI) · art. 33

84 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 49 voix non atteint. 4 abstentions.
NetClivage gauche-droite
Participation 17 %

Amendement n° II-796 · ART. 33, déposé par M. Ruffin FI +16 cosignataires.

L'essentiel : Un budget de 700 millions d’euros aurait préservé les emplois du secteur aéronautique pendant la crise, le temps selon l’auteur de planifier la reconversion de la filière vers d’autres secteurs.

Texte exact de l'amendement

Amendement de crédits. Mouvements par programme : Compétitivité : -700 000 000 € ; Cohésion : +700 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

« Face à la crise sanitaire dans le court terme, et à la crise écologique maintenant et demain, le secteur de l’aéronautique est amené à décroître. Pour autant, laisser faire le marché seul, sans prévoir, préparer serait une double erreur. Une erreur pour des milliers de salariés qui se retrouveraient sans emplois, et une erreur stratégique pour notre pays qui perdrait ainsi des compétences exceptionnelles accumulées par ces salariés et qui pourraient être utiles à d’autres secteurs. Syndicats de salariés comme étudiants de Supaéro ont fait entendre leur voix en ce sens au cours de l’année écoulée. Par cet amendement, nous proposons de mettre en place un budget - à l’aide d’une part des 17,6 milliards d’euros débloqués pour le plan de sauvetage du secteur - destiné à préserver les emplois des salariés le temps de la crise économique mais également le temps de planifier la reconversion de la filière. En ce sens, le présent amendement vise ouvrir 700 millions d’euros supplémentaires pour l’action 01 « Sauvegarde de l’emploi » du programme 364 « Cohésion » en gageant via l’annulation au sein de la mission « Plan de relance », 700 millions d’euros de crédits de l’action 01 « financement des entreprises » du programme 363 « Compétitivité ». Les règles de recevabilité nous obligent à gager via un transfert de crédits provenant d’un autre programme de la mission. Nous appelons néanmo…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 28 septembre 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 8 décembre 2020 1re lecture Sénat Modifié
  3. 9 décembre 2020 Commission mixte paritaire Accord
  4. 16 décembre 2020 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 28 décembre 2020 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte autorise la perception, pendant l'année 2021, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2020 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. Il baisse la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises à hauteur de la part affectée aux régions et ajuste le taux du plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée. Il modernise les paramètres de la méthode d'évaluation de la valeur locative des établissements industriels et modifie le coefficient de revalorisation de cette valeur. Il neutralise fiscalement la réévaluation libre des actifs, permet l'étalement de la plus-value réalisée lors d'une cession-bail d'immeuble, supprime progressivement la majoration de 25 % des bénéfices des entreprises qui n'adhèrent pas à un organisme de gestion agréé et aménage le crédit d'impôt recherche et le crédit d'impôt innovation.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC18LT56DEM271LREM19AGIR18UDI105LR26NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise300
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés600
Libertés et Territoires101
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés090
La République en Marche0650
Agir ensemble020
UDI et Indépendants002
Les Républicains071
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 796 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. François Ruffin FI
« Il s’inscrit dans la continuité du précédent. Pour préserver les savoir-faire et faire en sorte qu’un cluster aéronautique puisse se transformer en cluster écologique, il ne suffit pas de dresser un CV de site répertoriant les compétences des machines et des hommes : il faut aussi préserver les emplois le temps de la crise et de la reconversion. »
M. Éric Woerth (rapporteur spécial)
« Comme l’a souligné Laurent Saint-Martin, des aides ont été accordées au secteur aéronautique dès la deuxième LFR et un plan de soutien à la filière – comme à quelques autres – a été déployé. Je suis aussi attentif que vous à l’évolution de la situation dans la région de Méaulte. Des dispositifs sociaux de préservation de l’emploi ont aussi été créés, comme l’activité partielle de longue durée, qui correspond mieux aux besoins de ce secteur en crise profonde. L’effort est donc fait. Avis défavorable. »
M. François Ruffin FI
« Vous consacrez certes 15 milliards d’euros à la filière aéronautique, mais cette aide ne concerne pas les sous-traitants, qui se trouvent dans la plus grande galère. Vous m’avez invité à me rendre au Pôle Emploi de Chantilly. Je vous invite à mon tour à venir rencontrer les sous-traitants de Méaulte. Pour eux, pas de ruissellement ! L’argent versé à Airbus ne parvient pas jusqu’aux licenciés de la sous-traitance, lesquels – j’aurai l’occasion d’en reparler – se retrouvent désormais en slip. »
M. Dominique Potier SOC
« Notre collègue Ruffin pose une question qui peut devenir de plus en plus aiguë tout au long de la crise que nous allons vivre. Pour avoir affronté moi-même ce type de situation en tant que président d’une communauté de communes, lors de la suppression de 850 emplois au sein d’une multinationale spécialisée dans les pneumatiques et dont le siège est à Paris – je veux parler de Michelin –, je peux vous dire que, malgré les lois qui ont été adoptées sur les plans de revitalisation et les PSE, il y a au moins trois écueils. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue