Amendement n° 83 · ART. 7, déposé par M. Barbier et M. Sommer +1 cosignataire.
L'essentiel : Les retraités dont le revenu fiscal se situe entre 14 375 et 16 800 euros par part auraient, avec cet amendement, conservé le taux actuel de CSG de 6,6 % sur leurs pensions, sans subir la hausse prévue.
Texte exact de l'amendement
Après l’alinéa 9, insérer les quatre alinéas suivants : « d bis ) Après le III, est inséré un III bis ainsi rédigé : « III bis . – Par dérogation au I et au II, sont assujettis à la contribution sociale au taux de 6,6 % les pensions de retraite et les pensions d’invalidité perçues par les personnes dont les revenus de l’avant-dernière année, définis au IV de l’article 1417 du code général des impôts : « 1° D’une part, excèdent 14 375 € pour la première part de quotient familial, majorée de 3 838 € pour chaque demi-part supplémentaire. Pour la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion, les montants des revenus sont fixés à 15 726 € pour la première part, majorés de 4 221 € pour la première demi-part et 3 838 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la deuxième. Pour la Guyane et Mayotte, ces montants sont fixés, respectivement, à 16 474 €, 4 414 € et 3 838 €. « 2° D’autre part, sont inférieurs à 16 800 € pour la première part de quotient familial, majorée de 4 485 € pour chaque demi-part supplémentaire. Pour la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion, les montants des revenus sont fixés à 18 379 € pour la première part, majorés de 4 933 € pour la première demi-part et 4 485 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la deuxième. Pour la Guyane et Mayotte, ces montants sont fixés, respectivement, à 19 253 €, 5 159 € et 4 485 €.
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 prévoit que l’augmentation de la CSG de 1,7 point ne s’applique pas aux retraités assujetties au taux réduit de 3,8 %. Elle s’appliquera toutefois aux 60 % de retraités restants, dont le revenu fiscal de référence (RFR) est égal ou supérieur à 14 375 € par part, c’est-à-dire à celles et ceux dont la pension ne dépasse pas 1 200 € nets/mois. Or, les retraités français perçoivent ont en moyenne un revenu fiscal de 15 396 euros par part, soit un revenu médian de 1 500 € nets/mois. Nombreux sont ceux qui ont exercé l’ensemble de leur carrière professionnelle dans l’industrie, un des secteurs les plus concurrentiel ces trente dernières années. Aussi, après 41, 42 voire 43 ans d’un travail aux tâches et horaires pénibles, ils se voient accorder une pension de retraite basse, loin du résultat de leur travail et de leurs efforts. L’amendement propose donc de maintenir le taux actuel de la CSG perçue sur les pensions de retraite et d’invalidité (6,6 %) pour les personnes dont le revenu fiscal de référence (RFR) se situe entre 14 375 € et 16 800 €, c’est-à-dire pour celles qui perçoivent une pension comprise entre 1 200 € et 1 600 € nets par mois. Ce niveau de revenu est légèrement supérieur au revenu médian des retraités (1 500 €/mois) et permettrait à la moitié d’entre eux de ne pas subir la hausse de CSG. L’amendement p…
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 11 octobre 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 31 octobre 2017 1re lecture Assemblée Adopté
- 21 novembre 2017 1re lecture Sénat Modifié
- 22 novembre 2017 Commission mixte paritaire Accord
- 29 novembre 2017 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 1er décembre 2017 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 4 décembre 2017 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 21 décembre 2017 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 30 décembre 2017 Promulgation loi n° 2017-1836
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte approuve, pour l'exercice 2016, les tableaux d'équilibre par branche de l'ensemble des régimes obligatoires de base de sécurité sociale ainsi qu'un rapport retraçant leur situation patrimoniale au 31 décembre 2016. Il rectifie, pour 2017, les prévisions de recettes, les objectifs de dépenses et les tableaux d'équilibre par branche, de même que l'objectif national de dépenses d'assurance maladie et ses sous-objectifs. Il relève plusieurs taux de prélèvement inscrits au code de la sécurité sociale, notamment de 9,5 % à 11,2 % et de 12 % à 13,7 %. Il réduit de 6 points le taux des cotisations dues pour les salariés dont l'employeur relève d'un champ défini par le texte. L'exposé des motifs indique que le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse est passé de 10,8 milliards d'euros en 2015 à 7,8 milliards d'euros en 2016.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 5 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 5 | 0 | 0 |
| Nouvelle Gauche | 4 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 4 | 4 | 4 |
| La République en Marche | 5 | 82 | 2 |
| Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants | 14 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 17 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 1 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 2
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Laurianne Rossi LREM Vote enregistré Contre Position déclarée ne pas prendre part au vote
Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.
- Anne-Laurence Petel LREM Vote enregistré aucun Position déclarée voter contre
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 83 en séance (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet amendement est représentatif de la suite dans les idées évoquée par Denis Sommer. Nous sommes tous les deux députés du Doubs, un territoire où, comme mon collègue l’a rappelé, les gens ont travaillé excessivement dur. Je le dis avec franchise : remonter le seuil de 1 400 à 1 600 euros ne coûte pas cher – le groupe MODEM avait d’ailleurs déposé le même amendement. Entre la première et la deuxième lecture, on a le temps de réfléchir. Vous êtes certainement nombreux avoir été, comme moi, sollicités, dans vos circonscriptions par des gens dont les revenus sont inférieurs à 1 600 euros et qui trouvent cette mesure, je vous le dis, madame la ministre, fortement injuste. »
« Même avis qu’en première lecture. Monsieur Barbier, je vous rappelle que, dans le programme sur lequel nous avons fait campagne, le seuil était fixé à 1 200 euros. Et – divine surprise ! – au moment d’examiner le PLFSS, ce seuil est passé à 1 440 euros pour les personnes âgées de soixante-cinq ans et plus. Il y a donc eu une avancée par rapport à la mesure que nous avions présentée pendant la campagne, avancée que rien ne nous obligeait à faire. […] Au demeurant, un seuil reste un seuil. Le projet de loi fixe ce seuil à 1 440 euros ; vous proposez de le porter à 1 600 euros, et d’autres, en première lecture, avaient proposé 1 700 euros et au-delà. »
« Monsieur le député, pour compléter ce que vient de dire le rapporteur général, il faut tenir compte de l’ensemble des mesures, celles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et celles du projet de loi de finances. Ces mesures sont cohérentes : nous allons supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des foyers aux revenus les plus faibles. Les retraités, jusqu’à un seuil de 2 500 euros, seront bénéficiaires de cette double mesure. […] Jusqu’à 2 500 euros de revenus nets pour chaque retraité par mois, il y aura donc un gain de pouvoir d’achat, si l’on additionne la hausse de la CSG et la disparition de la taxe d’habitation. »
« Monsieur le rapporteur général, le seuil était fixé à 1 200 euros de revenu fiscal, soit 1 400 euros nets. Mes chers collègues, nous allons voter par scrutin public, et l’on regardera dans quel sens vous aurez voté. Encore une fois, les retraités qui perçoivent jusqu’à 1 600 euros par mois sont des gens qui ont travaillé dur. Nous leur devons bien ça ! Je propose ce geste parce que l’économie est en train de repartir. Je suis un élu responsable, je ne l’aurais pas fait sans cela. C’est pourquoi j’en appelle à votre sagesse, chers collègues : sur ce scrutin public, ne vous trompez pas. »
« J’appuie les propos tenus par M. Barbier. Monsieur le rapporteur général, il faut être honnête jusqu’au bout : lorsque nous parlions d’un seuil à 1 200 euros, il s’agissait du revenu fiscal de référence, ce qui correspond à 1 400 euros nets de retraite. Là-dessus il n’y a pas de changement, c’est la même chose exprimée par rapport à une référence différente. Je crois vraiment qu’une mesure juste serait de maintenir le taux à 6,6 % pour les retraites inférieures à 1 600 euros mensuels, et de n’appliquer l’augmentation de 1,7 point qu’à partir d’un revenu fiscal de référence supérieur à 1 600 euros. »
« Le seuil de 1 600 euros, notre collègue Frédéric Barbier ne l’a pas sorti de son chapeau : comme il est précisé dans l’exposé sommaire, « ce niveau de revenu est légèrement supérieur au revenu médian des retraités », à savoir 1 500 euros par mois. Cette proposition est donc tout à fait fondée. Par ailleurs, madame la ministre, vous ne pouvez nous opposer l’argument de la taxe d’habitation. […] Il ne vaut pas, car il n’y a pas un taux unique de taxe d’habitation en France. J’ai été maire de mon village pendant trente-deux ans. Savez-vous quel est le montant moyen de taxe d’habitation pour l’ensemble de la communauté de communes ? Il est de 150 euros ! Vous ne compenserez donc rien du tout ! »
5 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Madame la ministre, monsieur le rapporteur, vous avez donné un intitulé bien étrange au chapitre I er : il s’agirait, selon vous, du chapitre comportant des mesures en faveur de la hausse du pouvoir d’achat des actifs. »
« La commission a émis un avis défavorable sur cet amendement, qui vise à remplacer l’intitulé : « Mesures relatives au pouvoir d’achat des actifs » par l’intitulé : « Mesures relatives à la baisse du pouvoir d’achat des actifs ». »
« Nous avons maintenant au banc Mme la ministre des solidarités et de la santé, mais nous n’avons plus le ministre de l’action et des comptes publics. »
« Nous avons débattu longuement de la CSG. Le débat s’est trop souvent cristallisé sur la prétendue injustice de cet article, sans prendre en compte l’ensemble des mesures qui y sont associées afin de redonner du pouvoir d’achat aux Français. »
« …que constituent les prélèvements de CSG et de CRDS – contribution pour le remboursement de la dette sociale – sur les revenus du patrimoine des non-résidents. La situation est non seulement injuste, mais également absurde et contraire au droit de l’Union européenne. »
« Cet article 7 est un pilier fort du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 et, plus généralement, de l’action du Gouvernement et de la majorité. »
« La hausse de la CSG inscrite dans cet article 7 et la baisse des cotisations se traduiraient par un solde positif pour le salaire des salariés et des ouvriers : d’après M. Darmanin, cela représenterait 150 euros de gain de pouvoir d’achat par an, soit 12,5 euros par mois en 2018. Waouh ! »
« Je n’ai pu convaincre mes collègues de la commission des affaires sociales, mais je pense pouvoir convaincre ceux qui sont présents ce soir. À son origine, le financement de la Sécurité sociale a été imaginé pour que les efforts soient socialisés. »
« Nous soutenons la proposition de M. Lurton, que nous trouvons plus juste et plus équilibrée. Nous avons eu ce débat en première lecture : l’activité des aidants familiaux représente l’expression d’une solidarité familiale très forte, qui évite une dépense publique puisque, grâce aux aidants, les per… »
« J’appuie les propos tenus par M. Barbier. Monsieur le rapporteur général, il faut être honnête jusqu’au bout : lorsque nous parlions d’un seuil à 1 200 euros, il s’agissait du revenu fiscal de référence, ce qui correspond à 1 400 euros nets de retraite. »