Amendement de M. Naegelen (UDI-AGIR) · art. 33

76 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 61 voix non atteint.
Majoritaire
Participation 21 %

Amendement n° II-1327 · ART. 33, déposé par M. Naegelen UDI-AGIR +13 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement d’appel proposait de consacrer un milliard d’euros à la revalorisation salariale du Ségur de la santé pour les soignants des EHPAD territoriaux, gagé sur les concours financiers aux collectivités.

Texte exact de l'amendement

Amendement de crédits. Mouvements par programme : Concours financiers aux collectivités territoriales et à leurs groupements : -1 000 000 000 € ; Concrétisation des annonces du Ségur de la Santé : +1 000 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Bien qu’ait été annoncée l’éligibilité des professionnels des EHPAD publics territoriaux à l’augmentation de salaire prévue par le Ségur de la santé de 2020, tant attendue, la question du financement de cette augmentation interroge. En effet, l’intégration des professionnels publics territoriaux des EHPAD dans la revalorisation salariale du Ségur était une mesure de justice, nécessaire afin de supprimer l’inégalité salariale entre soignants. À l’instar des soignants de la fonction publique hospitalière, les soignants publics territoriaux des EHPAD ont été en première ligne face au coronavirus, dans lequel tout le personnel de santé est engagé et dont l’investissement est à saluer. Pourtant, aucune aide spécifique aux collectivités n’a été mise en place afin qu’elles puissent assurer le financement de cette revalorisation salariale. Cet amendement a pour objet d’appeler l’attention du Gouvernement sur le financement de cette revalorisation salariale. Afin de financer cette revalorisation salariale tant méritée pour ce personnel, il est proposé d’attribuer 1 milliard d’euros de crédits supplémentaires vers le nouveau programme « Concrétisation des annonces du Ségur de la Santé ». Il réduit en conséquence d’autant les crédits de l’action 1 « Soutien aux projets des communes et groupements de communes » au sein du programme 119 « Concours financiers aux collectivités territoriales…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 28 septembre 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 8 décembre 2020 1re lecture Sénat Modifié
  3. 9 décembre 2020 Commission mixte paritaire Accord
  4. 16 décembre 2020 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 28 décembre 2020 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte autorise la perception, pendant l'année 2021, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus de 2020 ainsi que les grilles de taux par défaut du prélèvement à la source. Il baisse la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises à hauteur de la part affectée aux régions et ajuste le taux du plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée. Il modernise les paramètres de la méthode d'évaluation de la valeur locative des établissements industriels et modifie le coefficient de revalorisation de cette valeur. Il neutralise fiscalement la réévaluation libre des actifs, permet l'étalement de la plus-value réalisée lors d'une cession-bail d'immeuble, supprime progressivement la majoration de 25 % des bénéfices des entreprises qui n'adhèrent pas à un organisme de gestion agréé et aménage le crédit d'impôt recherche et le crédit d'impôt innovation.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC18LT56DEM271LREM20AGIR18UDI105LR25NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés600
Libertés et Territoires300
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés0110
La République en Marche0790
Agir ensemble020
UDI et Indépendants200
Les Républicains1500
Non inscrit000

Ce qui s'est dit lors de cette discussion

Le compte rendu a ouvert une seule discussion pour cet amendement et l'amendement no 1326 : les propos ci-dessous portent sur l'ensemble, et peuvent nommer un autre de ces numéros que celui de ce vote. Ils sont repris tels quels du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où ils ont été prononcés.

M. Christophe Naegelen UDI
« Ces amendements ne portent pas sur le même sujet, mais ont la même finalité. Le premier concerne la prime « grand âge » qui, aux termes du premier décret d’application, n’a pas été versée aux personnels soignants de la fonction publique territoriale. Un deuxième décret a permis aux collectivités d’allouer cette prime aux personnels des CCAS – centres communaux d’action sociale – et de la fonction publique territoriale, mais sans qu’elles reçoivent de compensation de la part de l’État. La logique est la même en ce qui concerne les revalorisations salariales issues du Ségur de la santé, objet de mon deuxième amendement. »
M. Christophe Jerretie (rapporteur spécial)
« Ces deux amendements ont une logique proche de ceux relatifs au RSA. Nous parlons ici d’une prime et de revalorisations salariales qui relèvent, à mon avis, plutôt du PLFSS pour 2021. Cela étant, j’estime sincèrement qu’il revient aux collectivités de prendre en charge les statuts de leurs fonctionnaires. La prime « grand âge » a été créée en janvier 2020 pour les fonctionnaires hospitaliers. Le Conseil national de la fonction publique avait été consulté sur le projet de décret et il s’était prononcé en faveur de l’octroi de la prime aux personnels soignants territoriaux, à la charge des collectivités. »
Mme Jacqueline Gourault (ministre)
« J’adhère aux arguments de M. le rapporteur spécial et donne également un avis défavorable sur ces amendements. S’agissant du premier, le Gouvernement ne souhaite pas rendre la prime « grand âge » obligatoire, afin que les collectivités décident de leur éventuelle institution en fonction de leur contexte local. Vous savez ce que c’est : on nous dit toujours qu’on ne donne pas assez de libertés à l’échelon local, mais quand on le fait, les collectivités demandent que l’on fasse autrement… Si, c’est comme ça ! »
M. Pascal Brindeau UDI
« Je ne veux pas croire que vous n’ayez pas conscience que les collectivités territoriales ne pourront pas ne pas verser la prime « grand âge », même si elles en ont la liberté. Sous la pression des partenaires sociaux, par simple reconnaissance du métier exercé par les personnels soignants au sein des CCAS et pour défendre l’attractivité de ces professions, elles n’auront pas le choix : ce sera une nécessité. »
M. Thibault Bazin LR
« Vous dites que la revalorisation de ces métiers relève du PLFSS, mais lorsque nous l’avons examiné celui qui nous a été soumis pour l’année 2021, nous avons pointé le problème de la concurrence entre le médical et le médico-social et entre les établissements et les services d’aide à domicile. À cet égard, vous avez, madame la ministre, défendu un amendement pour l’allocation de 200 millions d’euros supplémentaires pour la revalorisation des services d’aide à domicile. Mais nous savons bien que cette somme ne correspond qu’au tiers de la promesse de revalorisation salariale de 15 % qui a été faite à leur endroit. Il reviendra aux conseils départementaux de financer les deux tiers restants. »
Mme Bénédicte Taurine FI
« Ces derniers temps, nous avons tous loué, à juste titre, le travail des soignants, mais ce n’est pas suffisant. Le groupe La France insoumise ne comprend pas pourquoi les personnels du secteur public territorial, qui travaillent notamment dans les EHPAD, ne pourraient pas bénéficier de la revalorisation salariale initiée par le Ségur de la santé. Nous avons été alertés par les services de soins infirmiers à domicile, qui en seraient également exclus. Pouvez-vous nous le confirmer et, si c’est le cas, comment peut-on y remédier ? Il n’est pas acceptable que certains personnels de santé, qui se sont pleinement investis pendant la crise, n’aient pas accès à cette revalorisation. »

7 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue