Amendement de Mme Wonner · art. 1er

90 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 103 voix non atteint. 10 abstentions.
NetClivage gauche-droite
Participation 37 %

Amendement n° 725 · ART. PREMIER, déposé par Mme Wonner.

L'essentiel : L’expérimentation ouvrant à certaines communes la possibilité de confier des compétences de police judiciaire à leurs policiers municipaux aurait été supprimée par cet amendement, comme la saisie d’objets ou la mise en fourrière de véhicules.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L’article premier propose qu’à titre expérimental, les communes employant au moins vingt agents de police municipale dont au moins un directeur de police municipale ou un chef de service de police municipale peuvent, pour une durée de trois ans demander à ce que leurs agents de police municipale exercent les compétences de police judiciaire, c’est à dire : - adresser sans délai leurs rapports et procès‑verbaux simultanément au maire et, par l’intermédiaire des directeurs de police municipale ou des chefs de service de police municipale dûment habilités, au procureur de la République ; - faire procéder à l’immobilisation et à la mise en fourrière du véhicule en cas de constatation d’un délit ou d’une contravention de la cinquième classe prévus par le code de la route ou le code pénal pour lesquels la peine de confiscation du véhicule est encourue ; - procéder à la saisie des objets ayant servi à la commission des infractions ou qui en sont le produit et pour lesquelles la peine de confiscation de l’objet ou du produit est prévue pour les infractions commises sur la voie publique et qu’ils sont compétents pour constater ; - constater par procès‑verbaux, dès lors qu’ils sont commis sur le territoire communal et qu’ils ne nécessitent pas de leur part d’actes d’enquête différents types de délits et constater par procès‑verbaux, lorsqu’elles sont commises sur le territoire communal…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 20 octobre 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 18 mars 2021 1re lecture Sénat Modifié
  3. 12 avril 2021 Commission mixte paritaire Accord
  4. 15 avril 2021 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 20 avril 2021 Conseil constitutionnel saisi

Ce que change ce texte

Ce texte de loi vise à renforcer la sécurité en modifiant certaines dispositions légales relatives à l’organisation et aux missions des forces de sécurité. Il prévoit des expérimentations concernant l’emploi des agents de police municipale dans certaines communes, ainsi que des modifications des règles applicables à la gestion des contrôles et des examens médicaux. Il introduit également des dispositions relatives au recrutement des gardiens de police municipale et à la sous-traitance dans le secteur de la sécurité.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Pouvoirs de police judiciaire pour la police municipale Censuré

    Habiliter à titre expérimental les policiers municipaux à constater certains délits.

    Censuré par le Conseil constitutionnel (2021-817 DC) : la police judiciaire doit rester sous la direction et le contrôle de l'autorité judiciaire (article 66 de la Constitution).

  • Encadrement de la sécurité privée Adopté

    Renforcer les conditions d'exercice et de moralité du secteur (agents, sous-traitance).

    Validé par le Conseil constitutionnel (articles 21 et 23 notamment).

  • Drones (caméras aéroportées) Censuré

    Autoriser la captation d'images par des aéronefs sans personne à bord au profit des forces de l'ordre.

    Censuré (2021-817 DC) : atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée, faute de garanties suffisantes (article 47).

  • Caméras embarquées Censuré

    Équiper de caméras les véhicules et moyens des forces de l'ordre.

    Censuré pour les mêmes motifs de vie privée, faute d'encadrement suffisant (article 48).

  • Vidéosurveillance en garde à vue Censuré

    Placer sous vidéosurveillance des personnes en cellule de garde à vue ou en rétention.

    Censuré (2021-817 DC) : encadrement insuffisant au regard du droit au respect de la vie privée (article 41).

  • Caméras-piétons des agents Adopté

    Généraliser et élargir les modalités d'usage des caméras individuelles portées par les agents.

    Validé, sous réserve d'interprétation sur l'intégrité des enregistrements (article 45).

  • Délit de diffusion d'images des forces de l'ordre (« article 24 ») Censuré

    Créer un délit de provocation à l'identification d'un policier ou d'un gendarme en opération.

    Devenu l'article 52, censuré (2021-817 DC) car l'infraction n'était pas définie avec assez de précision (principe de légalité des délits et des peines). Jamais entré en vigueur.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC18LT56DEM271LREM20AGIR18UDI105LR25NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise800
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés009
Libertés et Territoires201
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés2250
La République en Marche01230
Agir ensemble070
UDI et Indépendants030
Les Républicains0290
Non inscrit050
Mises au point de vote 2

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 725 en séance (Sécurité globale), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Martine Wonner EDS
« Cet amendement de suppression me permet d’exprimer une forme de colère : en pleine crise sanitaire, nous voilà à discuter d’un texte sécuritaire. L’article 1 er prévoit d’attribuer, à titre expérimental, des compétences de police judiciaire à la police municipale. Une telle extension de pouvoirs ne me semble ni utile ni souhaitable. Elle n’est pas utile car le code de procédure pénale suffit à appréhender les situations que rencontrent les policiers municipaux. Elle n’est pas souhaitable car ce n’est pas d’une police municipale aux pouvoirs étendus que la société a besoin, mais bien d’une police nationale disposant des moyens humains lui permettant de répondre aux besoins des citoyens. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécurité globale), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-Michel Fauvergue (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« La sécurité des Français en tout temps et en tout lieu : voilà ce qui nous anime et voilà le sens de la démarche qu’entreprend aujourd’hui la majorité. En trois décennies, le paysage sécuritaire de la France a changé. »
Mme Alice Thourot (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Après l’excellente présentation de mon corapporteur Jean-Michel Fauvergue, j’exposerai quelques considérations complémentaires sur deux sujets majeurs. Nos propositions concernant la sécurité privée sont abordées au titre II du texte. »
M. Gérald Darmanin (ministre de l’intérieur)
« Nous commençons une semaine de discussion sur la proposition de loi de vos collègues du groupe La République en marche visant à renforcer ce qu’on appelait encore, il y a quelque temps, le continuum de sécurité – que vous avez choisi, monsieur le rapporteur, d’appeler la sécurité globale –, en vue d… »
M. Jean-Luc Mélenchon FI
« Il est certain que cette proposition de loi est davantage qu’un petit événement sur un parcours dont on pourrait détourner les yeux. C’est un texte d’initiative parlementaire, si bien qu’il n’y a pas d’étude d’impact, alors que tel est le cas pour les projets de loi, présentés par le Gouvernement. »
M. Paul Molac LT
« Absolument tout le monde est d’accord pour protéger les forces de l’ordre, mais cela ne peut se faire à n’importe quel prix. Or, si les deux premiers titres de la proposition de loi sont relativement bien cadrés, ce n’est pas le cas du troisième. »
Mme Laurence Vichnievsky DEM
« La sécurité est l’un des sujets principaux ; elle est à la fois une attente très forte de la part de nos concitoyens et l’objet de la volonté du Gouvernement d’assurer le mieux possible l’amélioration des conditions dans lesquelles les forces de sécurité interviennent. »
M. Hervé Saulignac SOC
« Tout d’abord, permettez-moi de souhaiter que la tonalité de nos échanges sur la motion de rejet préalable ne préjuge pas de la suite de nos débats… Le sujet est extrêmement complexe et hautement sensible ; il appelle à la responsabilité, et non pas à la provocation – cela vaut pour tout le monde, y… »
M. Jean-Christophe Lagarde UDI
« Mais j’ai été choqué par deux assertions que vous avez avancées en défendant votre motion de rejet préalable. La première, sans doute la plus inacceptable, consiste à considérer que ceux qui intègrent la police municipale seraient moins engagés pour la sécurité de nos concitoyens que les autres memb… »
M. Ugo Bernalicis FI
« …et pour quoi faire ? Tout le reste est anecdotique. Or ce projet de loi – pardon, cette proposition de loi, mon lapsus est sans doute révélateur –… »
M. Éric Diard LR
« Nous allons débattre jusqu’à la fin de la semaine de cette proposition de loi de nos collègues Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue relative à la sécurité globale, aboutissement de leur rapport « D’un continuum de sécurité vers la sécurité globale », rendu au Premier ministre en septembre 2018 pui… »
M. Dimitri Houbron LREM
« Nous poursuivons les débats entamés la semaine dernière, en commission des lois, sur une grande loi de sécurité, attendue de longue date par les acteurs de terrain. Elle sera l’un des principaux marqueurs du quinquennat. »
M. Ludovic Pajot NI
« La première des libertés, c’est la sécurité. La conjonction d’événements que nous vivons collectivement doit nous conduire à nous interroger sur la pertinence des dispositifs actuels de sécurité. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue