Amendement de M. Bernalicis (FI) · art. 20 TER

88 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 55 voix non atteint. 3 abstentions.
NetClivage gauche-droite
Participation 19 %

Amendement n° 751 · ART. 20 TER, déposé par M. Bernalicis FI +16 cosignataires.

L'essentiel : Les caméras de surveillance dans les transports SNCF et RATP ne devaient pas voir leur usage étendu, selon cet amendement de suppression qui dénonçait l’absence d’étude d’impact et un contrôle de l’État jugé illusoire.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement de suppression, le groupe de la France insoumise considère que le dispositif présenté par le gouvernement au cours des débats ne présente pas tous les éléments permettant de se prononcer sur l’extension de l’usage de la vidéo-surveillance dans le cadre des transports SNCF et RATP. Le Gouvernement parle de « strict contrôle des services de police et de gendarmerie nationale », mais il n’en est rien, car en l’état des effectifs le contrôle de l’Etat risque d’être réduit à sa plus simple expression. Le Gouvernement d’ailleurs le sait parfaitement, car il ne présente aucune garantie à l’effectivité de ce contrôle. En outre, se passant de toute étude d’impact, une telle mesure visant à étendre le nombre de personnes pouvant être habilitées à effectuer de la surveillance vidéo dans les transports en commun ne fait l’objet d’aucune étude au soutien d’une telle extension prouvant leur efficacité en terme de sécurité. Au contraire, des études montrent leur inefficacité partielle, dont le recours devenu systématique est inversement proportionnel à la diminution du nombre d'agents en présence physique auprès des usagers.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 20 octobre 2020 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 18 mars 2021 1re lecture Sénat Modifié
  3. 12 avril 2021 Commission mixte paritaire Accord
  4. 15 avril 2021 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 20 avril 2021 Conseil constitutionnel saisi

Ce que change ce texte

Ce texte de loi vise à renforcer la sécurité en modifiant certaines dispositions légales relatives à l’organisation et aux missions des forces de sécurité. Il prévoit des expérimentations concernant l’emploi des agents de police municipale dans certaines communes, ainsi que des modifications des règles applicables à la gestion des contrôles et des examens médicaux. Il introduit également des dispositions relatives au recrutement des gardiens de police municipale et à la sous-traitance dans le secteur de la sécurité.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Pouvoirs de police judiciaire pour la police municipale Censuré

    Habiliter à titre expérimental les policiers municipaux à constater certains délits.

    Censuré par le Conseil constitutionnel (2021-817 DC) : la police judiciaire doit rester sous la direction et le contrôle de l'autorité judiciaire (article 66 de la Constitution).

  • Encadrement de la sécurité privée Adopté

    Renforcer les conditions d'exercice et de moralité du secteur (agents, sous-traitance).

    Validé par le Conseil constitutionnel (articles 21 et 23 notamment).

  • Drones (caméras aéroportées) Censuré

    Autoriser la captation d'images par des aéronefs sans personne à bord au profit des forces de l'ordre.

    Censuré (2021-817 DC) : atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée, faute de garanties suffisantes (article 47).

  • Caméras embarquées Censuré

    Équiper de caméras les véhicules et moyens des forces de l'ordre.

    Censuré pour les mêmes motifs de vie privée, faute d'encadrement suffisant (article 48).

  • Vidéosurveillance en garde à vue Censuré

    Placer sous vidéosurveillance des personnes en cellule de garde à vue ou en rétention.

    Censuré (2021-817 DC) : encadrement insuffisant au regard du droit au respect de la vie privée (article 41).

  • Caméras-piétons des agents Adopté

    Généraliser et élargir les modalités d'usage des caméras individuelles portées par les agents.

    Validé, sous réserve d'interprétation sur l'intégrité des enregistrements (article 45).

  • Délit de diffusion d'images des forces de l'ordre (« article 24 ») Censuré

    Créer un délit de provocation à l'identification d'un policier ou d'un gendarme en opération.

    Devenu l'article 52, censuré (2021-817 DC) car l'infraction n'était pas définie avec assez de précision (principe de légalité des délits et des peines). Jamais entré en vigueur.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOCdivisé18LT56DEM271LREM20AGIR18UDI105LR25NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise500
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés202
Libertés et Territoires000
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés0141
La République en Marche0640
Agir ensemble020
UDI et Indépendants020
Les Républicains0130
Non inscrit130
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 751 en séance (Sécurité globale), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Ugo Bernalicis FI
« Il traduit une fois encore notre opposition, rappelée par mon collègue Éric Coquerel, au fait d’étendre à l’infini, sans se poser de questions, l’accès à des dispositifs de vidéosurveillance. En l’occurrence, il s’agit d’en ouvrir l’accès aux services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP, sous prétexte qu’il faut bien qu’ils puissent discuter avec la police de ce qu’il en est… C’est sans limite. Si on avait une police nationale de proximité digne de ce nom, on se ferait moins de nœuds au cerveau. Nous nous opposons, donc, à ce que des agents des services internes de sécurité aient accès en temps réel aux images fournies par les systèmes de vidéosurveillance. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécurité globale), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Hervé Saulignac SOC
« Ce rappel sur l’organisation des débats sera rapide. Nous en arrivons à l’article 24 : il est important d’avoir des débats sereins et de nature à permettre l’expression de chaque groupe, sur un sujet à la fois sensible et complexe. »
M. Ugo Bernalicis FI
« Je tiens à m’associer à la demande de M. Saulignac. Des incidents, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’hémicycle, ont provoqué l’examen aujourd’hui à quinze heures de l’article 24. Nous avons besoin de temps pour expliciter un propos construit et complet. »
M. Alexis Corbière FI
« Nous voici donc à l’article 24, qui suscite depuis des semaines tant de contestations, à juste raison. Que ce soit sa formulation actuelle ou l’éventuelle prochaine rédaction que vous proposerez durant les débats, aucune ne modifiera notre opinion. »
M. Stéphane Mazars LREM
« L’article 24, mes chers collègues, c’est – et ce n’est que ça – l’interdiction de capter une image pour identifier un policier ou un gendarme et de diffuser cette image dans le but – et dans ce but seulement – de lui porter atteinte physiquement ou psychiquement. »
M. Erwan Balanant DEM
« Je vais essayer de résumer une partie de la position du groupe Mouvement démocrate et démocrates apparentés, puisqu’il est divisé. Je pense qu’il est honnête de dire qu’il n’est pas unanime sur la question. Cet article est en réalité très politique. »
Mme Valérie Petit LREM
« Rarement depuis le début de la législature, le contenu et l’intention d’un article auront été aussi commentés, voire dévoyés, au risque, que j’espère infondé, de confisquer à cette assemblée la possibilité d’en débattre de façon raisonnée et raisonnable, ce qui est, vous le savez, notre rôle – comme… »
M. Jean-Christophe Lagarde UDI
« Nous voilà donc parvenus à l’article qui fait couler tant d’encre depuis plusieurs jours et pousser partout des cris de fureur et de stupéfaction, certains sans doute sincères, d’autres feints, avec des objectifs qui ne paraissent pas raisonnables. Effectivement, le débat devrait être raisonnable. »
Mme Marine Le Pen NI
« Je ne cache pas que l’avocate que je suis aurait préféré que sa rédaction soit un peu plus claire, parce que je crains que les magistrats aient des difficultés à cerner le concept d’intégrité psychique. »
M. Guillaume Larrivé LR
« Avant que nous n’en venions à la discussion des amendements, je voudrais, sur le fondement de l’article 40 du règlement, souligner trois difficultés, qu’il conviendrait de lever pour que le débat soit pleinement rationnel. »
M. Stéphane Peu GDR
« Je présente à mon tour un amendement de suppression de l’article 24. Je m’efforcerai de ne pas reprendre les arguments déjà avancés, que je partage pour l’essentiel. »
M. Jean-Michel Fauvergue (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« J’ai connu des flics et des gendarmes qui sont morts pour la nation, qui sont morts pour la République, qui sont morts pour vous, qui sont morts pour nous. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue