Proposition de loi visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne

98 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 43 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 15 %

Le parcours du texte

  1. 17 janvier 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 2 mars 2023 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 23 mai 2023 1re lecture Sénat Modifié
  4. 21 juin 2023 Commission mixte paritaire Accord
  5. 28 juin 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  6. 29 juin 2023 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Le texte vise à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne. Il s'agit d'une proposition de loi qui traite des enjeux liés à l'internet et à la régulation des contenus en ligne.

  • DéfinitionDéfinit dans la loi le service de réseaux sociaux en ligne : une plateforme permettant de se connecter, de communiquer, de partager des contenus et de découvrir d'autres utilisateurs. art. 1er
  • Majorité numériqueOblige ces services à refuser l'inscription des mineurs de quinze ans sans l'autorisation des titulaires de l'autorité parentale, et interdit cette autorisation en dessous de treize ans, sauf pour les services dûment labellisés. art. 2
  • HarcèlementÉtend les obligations de coopération des plateformes à la vie privée, à la sécurité des personnes et à la lutte contre le chantage et le harcèlement, en visant nommément les infractions concernées. art. 1er bis
  • PréventionImpose de rendre visibles des messages de prévention contre le harcèlement et d'indiquer aux auteurs de signalement les structures d'accompagnement. art. 1er ter
  • DélaisFixe à dix jours le délai de réponse aux demandes des autorités, ramené à huit heures en cas de risque imminent d'atteinte grave aux personnes ou aux biens. art. 3
  • RapportsDemande deux rapports : sur les effets des plateformes, de la surinformation et des fausses informations sur la santé et l'apprentissage des jeunes, et sur la fusion des plateformes d'appel destinées aux victimes de harcèlement scolaire et en ligne. art. 4

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 2 mars 2023 : 82 voix pour, 2 contre. Dix groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
74LFI22GDR22EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE29HOR61LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale600
Gauche démocrate et républicaine - NUPES200
Écologiste - NUPES200
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)100
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires300
Démocrate (MoDem et Indépendants)710
Renaissance1800
Horizons et apparentés2500
Les Républicains210
Rassemblement National1500
Non inscrit100
Mises au point de vote 4

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

3 autres mises au point émanent de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

L'Assemblée nationale a adopté, le 2 mars 2023, une proposition de loi visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne. Le texte a reçu un large soutien, avec 82 députés pour et 2 contre. Les groupes RE, RN, LFI-NUPES, DEM et HOR se sont alignés sur le même avis. Le vote reflète un consensus large sur la nécessité de réguler les réseaux sociaux et de renforcer la lutte contre les contenus haineux. Le sujet traite des enjeux de la démocratie numérique et de la sécurité en ligne.

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Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

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Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Instaurer une majorité numérique et lutter contre la haine en ligne), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Laurent Marcangeli (rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Je suis très heureux de vous présenter cette proposition de loi adoptée à l’unanimité, le 15 février dernier, lors de son examen devant la commission des affaires culturelles. »
M. Jean-Noël Barrot (ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications)
« « Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire, / Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, / Ses pleurs vite apaisés, / Laissant errer sa vue étonnée et ravie, / Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie. »
Mme Charlotte Caubel (secrétaire d’État chargée de l’enfance)
« Un enfant a besoin de communiquer, de jouer, de toucher, d’observer, de découvrir, de sentir, parfois même de s’ennuyer. Il a besoin de sécurité, de stabilité et de sérénité. Surtout, un enfant a besoin d’être protégé. Ses droits doivent être respectés. »
Mme Agnès Carel HOR
« Lorsqu’un parent ou un proche offre un smartphone à un enfant, le plus souvent de moins de 10 ans, il ne mesure guère les dangers auxquels il l’expose. »
Mme Francesca Pasquini ECOS
« Des jeunes enfants sont laissés seuls face aux risques du numérique – je parle même ici de très jeunes enfants, puisque la première inscription sur un réseau social intervient en moyenne à 8 ans et demi. »
Mme Karine Lebon GDR
« En inscrivant cette proposition de loi dans sa niche parlementaire, le groupe Horizons et apparentés pointe un sujet majeur, sur lequel il est temps d’avancer : l’usage par les mineurs d’internet et des réseaux sociaux. »
M. Stéphane Lenormand LIOT
« L’utilisation des réseaux sociaux est très répandue et comporte de multiples dangers, comme cela a été rappelé. Ce texte du groupe Horizons a l’avantage d’aborder ce domaine, qui, en raison de sa complexité technique et de sa dimension sociale, est imparfaitement encadré par la loi. »
Mme Béatrice Piron RE
« Je tiens à remercier Laurent Marcangeli, rapporteur du texte, de s’être emparé de la question de la protection des jeunes sur les réseaux sociaux. »
M. Julien Odoul RN
« Depuis une vingtaine d’années, les réseaux sociaux ont envahi nos vies et conquis notre quotidien, quelquefois pour le meilleur, il est vrai – l’accès illimité à l’information, la communication facile pour tous ou encore l’ouverture au monde –, et quelquefois pour le pire – la haine et la violence. »
Mme Ségolène Amiot LFI
« Je fais partie de la dernière génération à avoir connu la vie sans internet. En une vingtaine d’années, cette connexion entre les gens a pris une place immense dans nos vies. Chaque jour voit naître son lot d’innovations et de nouveautés pour le meilleur et parfois pour le pire. »
M. Maxime Minot LR
« L’émergence des réseaux sociaux depuis plusieurs années a fortement transformé les relations humaines, notamment chez les adolescents. Nous ne pouvons freiner cette évolution numérique même si cette perte de contrôle inquiète nombre d’entre nous, à commencer par les parents. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Le constat dressé par le rapporteur est accablant : en quelques années seulement, l’apparition des réseaux sociaux et la généralisation de leur usage ont profondément bouleversé nos vies et, plus singulièrement, celles de nos enfants et des jeunes générations. »

Le passage en commission

50 amendements examinés en commission, dont 11 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires culturelles et éducation. 50 amendements y ont été déposés, dont 11 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 11 adoptions qui est arrivé en séance, où 116 amendements de plus ont été discutés.

11 adoptés16 rejetés19 tombés3 retirés1 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI-NUPES aucun sur 11 0 %
  • LIOT aucun sur 2 0 %
  • DEM 1 sur 2 50 %
  • RE 4 sur 9 44 %
  • HOR 4 sur 4 100 %
  • LR 1 sur 6 17 %
  • RN 1 sur 16 6 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

7 articles · 2 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 859 ↗

Les 7 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 2 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix Définit le service de réseaux sociaux en ligne comme toute plateforme permettant, sur plusieurs appareils, de se connecter, communiquer, partager des contenus et découvrir utilisateurs et contenus. 54 com. / 1 séance

    Définit le service de réseaux sociaux en ligne comme toute plateforme permettant, sur plusieurs appareils, de se connecter, communiquer, partager des contenus et découvrir utilisateurs et contenus.

    5 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, dont 1 adopté, puis 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er bisnon mis aux voix Étend notamment au chantage, au harcèlement et aux atteintes à la vie privée une liste d'infractions dont certains prestataires en ligne doivent concourir à combattre la diffusion. 30 com. / 3 séance

    Étend notamment au chantage, au harcèlement et aux atteintes à la vie privée une liste d'infractions dont certains prestataires en ligne doivent concourir à combattre la diffusion.

    3 amendements déposés sur cet article : 3 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er ternon mis aux voix Oblige les hébergeurs et fournisseurs d'accès à rendre visibles à leurs utilisateurs des messages de prévention du harcèlement et à indiquer aux auteurs de signalement les structures d'accompagnement.

    Oblige les hébergeurs et fournisseurs d'accès à rendre visibles à leurs utilisateurs des messages de prévention du harcèlement et à indiquer aux auteurs de signalement les structures d'accompagnement.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2non mis aux voix Soumet à l'accord parental l'inscription des mineurs de 15 ans aux réseaux sociaux, l'interdit sous 13 ans hors labellisation, ouvre aux parents la suspension et sanctionne le manquement. 8620 com. / 66 séance

    Soumet à l'accord parental l'inscription des mineurs de 15 ans aux réseaux sociaux, l'interdit sous 13 ans hors labellisation, ouvre aux parents la suspension et sanctionne le manquement.

    86 amendements déposés sur cet article : 20 en commission, dont 3 adoptés, puis 66 en séance, dont 17 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 51 Mme Amiot LFI-NUPES rejeté Les réseaux sociaux auraient été tenus, avec cet amendement, de confier à une personne, et non à un algorithme, le traitement de tout contenu signalé par un mineur ou le concernant.
  • Article 3non mis aux voix Description : Ajoute à la loi de 2004 un délai de réponse de 10 jours, ou 8 heures en cas de risque imminent d'atteinte grave aux personnes ou aux biens. 104 com. / 6 séance

    Description : Ajoute à la loi de 2004 un délai de réponse de 10 jours, ou 8 heures en cas de risque imminent d'atteinte grave aux personnes ou aux biens.

    10 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, dont 1 adopté, puis 6 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4non mis aux voix Impose au Gouvernement, sous 1 an, un rapport au Parlement sur les conséquences des plateformes en ligne et des fausses informations sur la santé et l'apprentissage des jeunes. 1911 com. / 8 séance

    Impose au Gouvernement, sous 1 an, un rapport au Parlement sur les conséquences des plateformes en ligne et des fausses informations sur la santé et l'apprentissage des jeunes.

    19 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, dont 4 adoptés, puis 8 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 62 M. Arenas LFI-NUPES rejeté Le rapport prévu par le texte aurait dû, selon cet amendement, comporter un audit des associations spécialisées dans l’éducation aux médias et à l’information, en vue de les habiliter à intervenir dans les établissements scolaires.
  • Article 5non mis aux voix Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, sous 6 mois, sur l'opportunité de fusionner les plateformes d'appel destinées aux victimes de harcèlement scolaire et de harcèlement en ligne. 10 com. / 1 séance

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, sous 6 mois, sur l'opportunité de fusionner les plateformes d'appel destinées aux victimes de harcèlement scolaire et de harcèlement en ligne.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue