Amendement de M. Delaporte (SOC) · art. 1er

92 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 48 voix non atteint. 2 abstentions.
NetVote transpartisan
Participation 17 %

Amendement n° 6 · ART. PREMIER, déposé par M. Delaporte SOC +30 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement socialiste proposait de repousser du 15 décembre 2024 au 30 novembre 2025 la date limite des prochaines élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, afin de laisser davantage de temps pour préparer ce scrutin.

Texte exact de l'amendement

À la fin de la première phrase de l’alinéa 1, substituer à la date : « 15 décembre 2024 » la date : « 30 novembre 2025 ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement du Groupe "Socialistes et apparentés" et défendu par les sénateurs socialistes, tend à laisser davantage de temps afin d'organiser au mieux les prochaines échéances électorales en Nouvelle-Calédonie. La date des prochaines élections provinciales de la Nouvelle-Calédonie au plus tard le 15 décembre 2024 envisagée par le présent projet de loi organique conjointement au dépôt du projet de loi constitutionnelle relatif à l’évolution du corps électoral spécial pour l'élection des représentants aux assemblées de province et au congrès de la Nouvelle-Calédonie est manifestement inappropriée. En faisant le choix de lier le report des prochaines élections provinciales au débat entourant la réforme du corps électoral de ces mêmes élections, l’approche gouvernementale suscite des réserves méthodologiques et soulève de sérieuses inquiétudes. Les garanties données par le ministre de l’intérieur sur les capacités de mobilisation des services de l’État pour assurer la tenue régulière du scrutin à la date retenue par le projet de loi organique sont gagées sur l’adoption éventuelle d’un texte constitutionnel virtuel qui n’a pas vocation à s’appliquer. La mise en œuvre de l’ensemble des mesures préparatoires à l’organisation des élections provinciales sur le fondement d’une liste révisée par application de ladite révision constitutionnelle avant le 15 décembre est plus qu’aléatoi…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 29 janvier 2024 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 27 février 2024 1re lecture Sénat Adopté
  3. 18 mars 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  4. 11 avril 2024 Conseil constitutionnel Conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi organique reporte le renouvellement général des membres du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie au plus tard le 15 décembre 2024, en dérogation à l'article 187 de la loi organique n° 99-209. La loi entre en vigueur le jour suivant sa publication au Journal officiel. Elle prévoit la mise en place d'une liste électorale spéciale et d'un tableau annuel, sans préciser leur contenu. Aucun détail supplémentaire sur les modalités de ces listes n’est fourni.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale0220
Gauche démocrate et républicaine - NUPES000
Écologiste - NUPES001
Socialistes et apparentés600
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires001
Démocrate (MoDem et Indépendants)040
Renaissance0440
Horizons et apparentés050
Les Républicains010
Rassemblement National0130
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 6 en séance (Report du renouvellement général des membres du Congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Marietta Karamanli SOC
« Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés a trait à la date des prochaines élections provinciales de Nouvelle-Calédonie, que nous avons déjà évoquée tout à l’heure. Celle du 15 décembre 2024 n’est selon nous pas la bonne et nous souhaitons lui substituer celle du 30 novembre 2025 – au plus tard –, suivant ainsi la préconisation formulée par le Conseil d’État qui, dans son avis du 7 décembre 2023, indiquait qu’un « report pour une durée de […] dix-huit mois ne se heurterait à aucun obstacle d’ordre constitutionnel ou conventionnel », et que ce report constituerait la condition sine qua non de la réussite des négociations. »
M. Philippe Dunoyer (rapporteur)
« Vous avez raison, ma chère collègue, de citer l’avis du Conseil d’État publié le 7 décembre dernier, qui précise en effet qu’il n’y aurait pas d’obstacle constitutionnel ou conventionnel à reporter de douze à dix-huit mois la date des prochaines élections provinciales. Il n’en fait cependant pas une recommandation : il en fait une faculté. Sur ce fondement, le Gouvernement a fait un choix, nous le savons, en fixant la date limite au 15 décembre 2024, ce qui permettrait d’organiser les élections – mais nous attendons tous qu’un consensus se fasse jour et mette fin, par un accord global, aux discussions sur le sujet. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Report du renouvellement général des membres du Congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Gérald Darmanin (ministre de l’intérieur et des outre-mer)
« Permettez-moi de dire ma satisfaction d’échanger avec la représentation nationale au sujet de la Nouvelle-Calédonie, magnifique archipel qui se trouve au cœur des évolutions politiques et institutionnelles françaises depuis très longtemps. »
M. Philippe Dunoyer (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Par les accords de Matignon-Oudinot des 26 juin et 20 août 1988, et par l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, la Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans un processus unique, négocié et constitutionnalisé ensuite, de décolonisation et d’émancipation au sein de la République française. »
Mme Sabrina Sebaihi ECOS
« Le temps des colonies étant heureusement terminé depuis plusieurs décennies, nous devrions nous interroger collectivement sur le temps qu’il aura fallu pour ouvrir celui de la négociation, du dialogue et de l’écoute. »
M. Jean-Victor Castor GDR
« Il nous est demandé de nous prononcer sur un projet de loi organique reportant les élections du congrès et des assemblées de provinces de Nouvelle-Calédonie – mais revenons-en aux fondamentaux, en nous questionnant sur notre légitimité à nous prononcer sur cette question. »
M. Max Mathiasin LIOT
« « Pour le peuple colonisé, la valeur la plus essentielle, parce que la plus concrète, c’est d’abord la terre : la terre qui doit assurer le pain et, bien sûr, la dignité. » Ce ne sont pas mes mots, ce sont ceux de Frantz Fanon. »
M. Yoann Gillet RN
« La Nouvelle-Calédonie est un territoire français, empli de richesses, qui rayonne. Ses cultures, ses traditions, ses paysages en font l’un des joyaux de notre pays. Ses importantes ressources, parfois rares dans le monde, en font une terre d’enjeux et de convoitises. »
M. Bastien Lachaud LFI
« Dans les années 1980, la Nouvelle-Calédonie a connu une situation d’extrême violence, avec pour paroxysme la prise d’otages dans la grotte d’Ouvéa. Il a fallu un long processus pour sortir de ce cycle de violences, pour retrouver la paix civile. »
M. Maxime Minot LR
« Une génération après le lancement d’un long processus d’autodétermination engagé par l’accord de Nouméa sous l’égide d’hommes de bonne volonté, la Nouvelle-Calédonie doit se tourner vers l’avenir et construire un projet consensuel qui rassemble ses différentes composantes culturelles. »
Mme Aude Luquet DEM
« « Soyons unis, devenons frères, plus de violence ni de guerre. Marchons confiants et solidaires, pour notre pays. » Ce sont les mots du refrain de l’hymne de la Nouvelle-Calédonie. »
Mme Marietta Karamanli SOC
« Le présent projet de loi organique a été adopté par 307 voix, contre 34, par nos collègues du Sénat. Son article principal prévoit que les prochaines élections des membres du Congrès et des assemblées de province de Nouvelle-Calédonie auront lieu au plus tard le 15 décembre 2024. »
Mme Naïma Moutchou HOR
« Au sein du groupe Horizons, nous sommes très attachés à l’esprit de responsabilité qui a toujours présidé à nos discussions juridiques sur la Nouvelle-Calédonie. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue