Amendement de Mme Brulebois (LAREM) · art. 40

56 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 60 voix franchi. 2 abstentions.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 21 %

Amendement n° 469 · ART. 40, déposé par Mme Brulebois EPR.

L'essentiel : L’article sur les violences sexistes et sexuelles au travail ne vise plus que celles commises dans le cadre professionnel, l’amendement adopté retirant celles « ayant un impact sur celui-ci », formule jugée trop large par ses auteurs.

Texte exact de l'amendement

I. – A la fin de l’alinéa 1, supprimer les mots : « ou ayant un impact sur celui-ci ». II. – En conséquence, à la fin de la première phrase de l’alinéa 5, supprimer les mots : « ou ayant un impact sur celui-ci ». III. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 6, supprimer les mots : « ou ayant un impact sur celui-ci ». IV. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 7, supprimer les mots : « ou ayant un impact sur celui-ci ». V. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 8, supprimer les mots : « ou ayant un impact sur celui-ci ». VI. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 10, supprimer les mots : « ou ayant un impact sur celui-ci ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La version proposée en commission spéciale, qui vise les violences sexistes et sexuelles « ayant un impact sur le cadre professionnel », introduit une définition si large qu’elle pourrait englober des situations très diverses, qu’il s’agisse de faits commis dans un contexte professionnel ou relevant de la vie privée des salariés. Une telle formulation tend à estomper la distinction entre les actes eux-mêmes et leurs éventuelles répercussions sur la sphère professionnelle, et, partant, entre les obligations spécifiques de l’employeur et les responsabilités partagées en matière de soutien aux victimes. Pourtant, cette préoccupation est déjà couverte par le droit actuel. D’un côté, les effets des violences sexistes et sexuelles survenant en milieu professionnel sur l’environnement de travail peuvent déjà être traités dans le cadre des négociations obligatoires existantes, notamment en matière de santé, de sécurité au travail, de prévention des risques professionnels et de qualité de vie au travail, conformément aux articles L. 2241-1 et L. 2242-17 du code du travail. De même, les conséquences professionnelles de violences issues de la vie privée sont déjà prises en compte dans le cadre de l’égalité professionnelle, de la qualité de vie et des conditions de travail, ainsi que de l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle (article L. 2242-17 du code du travail). Pl…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 11 août 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. à venir Adoption définitive
  3. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  4. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte propose de modifier le code pénal pour définir plus précisément les violences intrafamiliales. Il crée une Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales, chargée d’évaluer les dispositifs de prévention et de lutte. Il renforce les règles de procédure pénale pour garantir une enquête minimale dans les affaires de violences sexuelles, sexistes ou intrafamiliales. Un tribunal correctionnel spécifique est institué pour traiter ces types de crimes. Enfin, des dispositions sont prises pour assurer une expertise adaptée dans les cas de danger liés à ces violences.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS67SOC23LIOT37DEM90EPR34HOR47DR17UDDPLR118RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0100
Gauche Démocrate et Républicaine030
Écologiste et Social0100
Socialistes et apparentés0230
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires010
Les Démocrates131
Ensemble pour la République1810
Horizons & Indépendants201
Droite Républicaine800
Union des droites pour la République100
Rassemblement National3700
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 469 en séance (Réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Danielle Brulebois EPR
« La rédaction issue de la commission spéciale inclut les violences sexistes et sexuelles « ayant un impact » sur le cadre professionnel. Cette définition est si large qu’elle pourrait englober des situations très diverses, aussi bien des faits commis dans le contexte professionnel que ceux relevant de la vie privée des salariés. Une telle formulation tend à estomper la distinction entre les actes et leurs éventuelles répercussions sur la sphère professionnelle et, partant, entre les obligations spécifiques de l’employeur et les responsabilités partagées en matière de soutien aux victimes. Soulignons que la préoccupation exprimée est déjà couverte par le droit en vigueur. »
M. Karim Benbrahim (rapporteur)
« Madame la députée, je peine à comprendre votre amendement. L’article 40 concerne exclusivement le monde du travail. Le champ de la négociation qu’il fixe comprend les violences sexistes et sexuelles survenues dans le cadre professionnel et celles qui ont des conséquences sur l’activité professionnelle. Connaissez-vous une entreprise qui n’aurait pas intérêt à traiter les effets sur le travail des violences sexistes et sexuelles commises au sein de la sphère familiale ? […] Connaissez-vous un employeur qui aurait intérêt à fermer les yeux sur ce phénomène ? […] Connaissez-vous un salarié qui aurait intérêt à fermer les yeux sur cela ? Pour ma part, je n’en connais pas. Vous l’avez dit d’aille… »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre)
« À la différence du rapporteur, je juge cet amendement utile : il évite d’étendre le champ de la négociation obligatoire à des situations relevant de la sphère privée et rend les choses plus claires. De plus, les conséquences professionnelles de ces violences peuvent déjà être prises en compte dans le cadre des négociations obligatoires relatives à l’égalité professionnelle, à la qualité de vie, aux conditions de travail ou à la santé au travail. Des dispositifs similaires s’appliquent à la fonction publique. En supprimant la mention en cause, l’amendement apporte une clarification utile et renforce la sécurité juridique du dispositif. Le gouvernement y est donc favorable. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Je tiens à donner l’alerte avant que nous ne passions au vote : cet amendement constitue un énorme recul par rapport à ce que nous avons adopté en commission spéciale, où nous avons estimé que les violences sexistes et sexuelles vécues par les femmes en dehors du travail avaient un impact sur celui-ci. Cet amendement revient à dire que ce n’est pas sûr, que cela dépendra des cas, sans qu’on sache qui aura à en juger ni comment. Le geste fort de la commission qui était de souligner la responsabilité des entreprises en la matière se trouve donc remis en question. Franchement, cela ressemble beaucoup à un amendement du Medef ! »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Élise Leboucher LFI
« Alors que nous commençons l’examen du titre VI, sachez que je me réjouis de ce débat. Il est bienvenu que l’Assemblée se penche sur les conséquences des violences sexistes et sexuelles (VSS) au travail, alors que la suppression, il y a quelques années, des comités d’hygiène, de sécurité et des condi… »
M. Thomas Ménagé RN
« Prévenir, protéger et accompagner les victimes de violences sexuelles et sexistes, y compris sur leur lieu de travail : cette ambition anime d’ores et déjà nombre d’employeurs, de salariés et de leurs représentants. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Permettez-moi de vous dire d’emblée dans quel état d’esprit je rejoins votre discussion. Que les choses soient claires, catégoriques : tolérance zéro pour les violences sexistes et sexuelles au travail. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Il s’agit du même amendement, visant à fixer une obligation de résultat à la négociation collective. Tenant compte des discussions en commission spéciale, nous avons tâché de ne pas être trop exhaustifs quant aux objectifs visés et de ne pas préciser exactement quelles mesures doivent être prises, a… »
M. Karim Benbrahim (rapporteur de la commission spéciale)
« Au préalable, permettez-moi de m’exprimer brièvement sur l’article 40. En insérant cet article dans le titre VI, nous avons souhaité placer la question des VSS au cœur du dialogue social des entreprises et faire confiance aux partenaires sociaux – représentants des organisations syndicales et représ… »
Mme Clémentine Autain ECOS
« Je suis sidérée ! L’adoption de l’amendement n o 469 est un scandale. Elle marque un recul incompréhensible par rapport au texte initial et aux travaux de la commission spéciale : elle revient à tourner complètement le dos à l’accord que nous pensions avoir trouvé. »
Mme Sandrine Lalanne EPR
« L’article 40 renforce le rôle du référent chargé des violences sexuelles et sexistes au sein du comité social et économique ; encore faut-il lui donner le temps d’exercer sa mission. L’article L. 2315-9 du code du travail permet aux élus du personnel de mutualiser leurs heures de délégation. »
M. Jérôme End DR
« Pour les raisons exposées par les deux collègues qui viennent de s’exprimer, cet amendement vise à rétablir la possibilité de réaliser à distance cette sensibilisation. »

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Le décryptage du créateur du site avis personnel

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