Amendement de Mme Bellay (SOC) · art. 4

31 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 59 voix franchi. 78 abstentions.
Très serréClivage gauche-droite
Participation 34 %

Amendement n° 472 · ART. 4, déposé par Mme Bellay SOC +8 cosignataires.

L'essentiel : Les cotisants des outre-mer dont l’activité est touchée par un cyclone, une inondation, un séisme ou une autre catastrophe naturelle exceptionnelle peuvent obtenir, sur arrêté ministériel, une suspension de leurs cotisations sans pénalité, puis un plan d’apurement adapté.

Texte exact de l'amendement

I. – Après l’alinéa 13, insérer les deux alinéas suivants : « Dans les collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie, le bénéfice de la suspension prévue au présent I peut également être ouvert, par arrêté conjoint des ministres chargés de la sécurité sociale, du budget et des outre-mer, aux cotisants dont l’activité est directement affectée par un cyclone, une tempête, une inondation, une submersion marine, un mouvement de terrain, une éruption volcanique, un séisme, une sécheresse exceptionnelle ou tout autre événement naturel d’une intensité exceptionnelle. « L’arrêté détermine les territoires, les secteurs d’activité et les périodes concernés. La suspension ne donne lieu à aucune majoration, ni pénalité de retard. À son terme, les organismes de recouvrement proposent, à la demande du cotisant, un plan d’apurement adapté à sa capacité contributive. » II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant : « IX. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale résultant du I est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à créer un bouclier social permanent en cas de catastrophe dans les outre-mer. Les économies insulaires et ultramarines sont particulièrement exposées aux événements naturels majeurs. Lorsque l’activité est interrompue, l’étroitesse du marché local, l’éloignement et les difficultés logistiques réduisent les possibilités de redéploiement immédiat. L’article 4 du PLFSS pour 2027 lui-même proroge des mesures exceptionnelles prises après le cyclone Chido à Mayotte ; cette succession de réponses ad hoc plaide pour un cadre permanent. Le présent amendement crée donc une faculté pérenne d’activation territoriale d’un bouclier social : suspension temporaire des prélèvements, absence de pénalités et possibilité d’un plan d’apurement. Il ne crée pas une exonération automatique et générale : l’activation demeure encadrée par arrêté et ciblée selon les territoires, secteurs et périodes effectivement affectés. Dans les outre-mer, la catastrophe naturelle devient trop souvent une catastrophe économique. Nous proposons de cesser de légiférer après chaque cyclone : créons un bouclier social permanent, activable rapidement, ciblé et compensé par l’État. Tel est l’objet du présent amendement.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDRdivisé38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire2100
Gauche Démocrate et Républicaine202
Écologiste et Social1300
Socialistes et apparentés2200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires310
Les Démocrates0110
Ensemble pour la République0241
Horizons & Indépendants081
Droite Républicaine0111
Union des droites pour la République008
Rassemblement National0064
Non inscrit011

Ce qui s'est dit lors de cette discussion

Le compte rendu a ouvert une seule discussion pour cet amendement et l'amendement no 35 : les propos ci-dessous portent sur l'ensemble, et peuvent nommer un autre de ces numéros que celui de ce vote. Ils sont repris tels quels du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où ils ont été prononcés.

Mme Béatrice Bellay SOC
« En effet, seule la position de ces amendements est différente : ils ont vocation à avoir les mêmes effets. Dans les économies insulaires et ultramarines, nous sommes particulièrement exposés aux événements naturels majeurs. Vous le savez. Ils ne visent pas à créer une dépense supplémentaire ; nous proposons de cesser de légiférer après chaque cyclone et après chaque catastrophe naturelle en créant un bouclier social permanent, activable rapidement, ciblé et compensé par l’État. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Madame Bellay, vous nous aviez déjà sensibilisés en commission à la situation que vous avez décrite. Cela va vous permettre d’interpeller le gouvernement de manière que nous disposions les mesures d’accompagnement nécessaires. Comme je vous l’ai expliqué en commission, il me semble que le dispositif tel que vous le proposez pose quelques questions de rédaction, avec une liste très large. Il me semble surtout qu’il existe d’autres dispositifs plus adaptés. Je laisse la parole au gouvernement afin que ces dispositifs puissent vous être présentés. J’émets donc une demande de retrait des deux amendements ; à défaut, avis défavorable. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre)
« Je partage bien évidemment votre constat : les économies ultramarines sont particulièrement exposées aux catastrophes naturelles. Leurs conséquences économiques peuvent aussi être aggravées par l’insularité, l’éloignement et l’étroitesse des marchés locaux. La solidarité nationale doit pouvoir s’exercer rapidement et efficacement dans ces circonstances. Les organismes de recouvrement disposent déjà d’instruments immédiatement mobilisables en cas de catastrophe naturelle, sans qu’il soit nécessaire d’attendre l’adoption de dispositions législatives spécifiques. »
Mme Béatrice Bellay SOC
« Je maintiens ces amendements. La réalité de ce que vivent nos entreprises est très éloignée de ce que M. le ministre a décrit quant aux délais et à l’application des mesures. Si d’aventure il voulait apporter une modification à ces amendements, il en a le loisir. J’espère que nos territoires ne seront pas concernés. Cela dit, ces amendements, travaillés avec les organismes sociaux, nous semblent cibler correctement les difficultés rencontrées dans le cadre de catastrophes naturelles par les entreprises des territoires ultramarins. »
Mme Karine Lebon GDR
« L’île de La Réunion a été touchée par le cyclone Belal en 2024 puis par le cyclone Garance en 2025. Quand les agriculteurs ont subi les pertes liées au cyclone Garance, ils n’avaient toujours pas été indemnisés pour celles liées au cyclone Belal l’année précédente. Cette année, la plus grosse ville de ma circonscription a été frappée par un phénomène climatique inattendu, une sorte de mini-tempête, qui a tout dévasté sur les exploitations agricoles. L’autre député de cette ville et moi-même avons écrit à la ministre de l’agriculture pour lui demander une action envers les agriculteurs. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Nous ouvrons aujourd’hui l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, dans un moment grave pour notre pays et notre République. Permettez-moi de revenir quelques instants sur les événements de samedi dernier. »
Mme Stéphanie Rist (ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées)
« Dans ses Mémoires parus en 1976, Jean Monnet nous alertait : « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». Il poursuivait : « à vouloir gagner du temps », les hommes politiques « risquent de perdre tout ». »
M. David Amiel (ministre de l’action et des comptes publics)
« Les violences de ce week-end ne doivent pas faire de nouvelles victimes en nous faisant oublier le cri d’alarme des jeunes de ce pays. S’il faut des mesures et des compromis dans le cadre de cette discussion budgétaire – PLF et PLFSS –, elles doivent être au bénéfice de la jeunesse. »
Mme Camille Galliard-Minier (ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées)
« « La perte d’autonomie est […] incontestablement un risque social. Le couvrir fait écho à la philosophie de notre système de protection sociale : donner aujourd’hui et recevoir lorsque le risque survient. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, qui a été déposé dans les délais – ça change ! –, envisage un déficit passant de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards d’euros en 2027. »
Mme Christine Loir (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« À la suite des violences et des pillages insupportables du 17 octobre, le président de la République s’est adressé aux Français. Il a parlé de colère, de honte, promis la transparence et de nouvelles concertations, mais les Français n’attendent plus des annonces : ils attendent des actes. »
M. Frédéric Valletoux (président de la commission des affaires sociales)
« Nous entamons la discussion d’un texte que la commission des affaires sociales a, de fait, rejeté vendredi, puisqu’elle a supprimé tous les articles de la première partie et rejeté la deuxième. En commission, M. le rapporteur général a employé une formule très juste : nous aurions « tiré à blanc ». »
M. Hadrien Clouet LFI
« La Macronie n’a pas réussi à vendre la maison, elle tente de partir avec les meubles : c’est le sens réel de cet ultime texte de braquage de la sécurité sociale. Alors que l million de personnes défilaient ce week-end contre la vie chère, vous proposez – tenez-vous bien ! »
Mme Béatrice Bellay SOC
« La vie chère, la vie chère ! Cela fait bientôt dix ans qu’Emmanuel Macron gouverne. Ce PLFSS porte la marque de sa politique : demander toujours plus à celles et ceux qui vivent de leur travail, qui vivent de leur retraite ou que la maladie fragilise. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Deux minutes, c’est trop court pour lister toutes les raisons de voter cette motion de rejet préalable du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Première raison : l’illégitimité du gouvernement. »
M. Philippe Vigier DEM
« Ce choix s’explique par plusieurs raisons. D’abord, lorsque M. Boyard s’est exprimé tout à l’heure, il n’a pas dit un mot de la sécurité sociale, préférant parler d’autre chose. »
M. Édouard Bénard GDR
« Madame la ministre de la santé, vous avez évoqué à cette tribune votre confiance dans le travail du Parlement. Quelle audace, alors que nombre des mesures relevant de ce budget, et non des moindres, ont été imposées au cours de l’été par décret ! »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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