Amendement de Mme Runel (SOC) · après art. 7

58 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 28 voix non atteint.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 10 %

Amendement n° 56 · APRÈS ART. 7, déposé par Mme Runel SOC +67 cosignataires.

L'essentiel : Stock-options : le taux de la contribution patronale qui les frappe, assimilée par ses auteurs au forfait social, serait passé de 30 % à 40 %, sans supprimer leur exemption d’assiette.

Texte exact de l'amendement

La première phrase du 1° du II de l’article L. 137‑13 du code de la sécurité sociale est ainsi modifiée : 2° Au début, le taux : « 30 % » est remplacé par le taux : « 40 % » ; 2° Après le mot : « et », sont insérés les mots : « 30 % sur les options consenties dans les conditions prévues aux articles ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à augmenter de 30 % à 40 % le taux du forfait social aux stock-options. Selon un rapport récent du Conseil des prélèvements obligatoires « Faut-il rapprocher les assiettes de la contribution sociale généralisée et des cotisations sociales ? », l’exemption d’assiette applicables aux stock-options font partie des exemptions les plus inefficaces. Cette exemption a pourtant un coût de 900 millions d’euros par an. Dans un souci de compromis, il est proposé ici de ne pas mettre fin à cette exemption mais d’augmenter le taux de forfait social de 30 à 40 %, afin de financer correctement la Sécurité sociale.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire800
Gauche Démocrate et Républicaine100
Écologiste et Social700
Socialistes et apparentés600
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Les Démocrates040
Ensemble pour la République090
Horizons & Indépendants040
Droite Républicaine020
Union des droites pour la République000
Rassemblement National0130
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 56 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Sébastien Saint-Pasteur SOC
« Une stock-option, c’est le droit d’acheter une action à un prix fixé à l’avance. Si elle vaut 80 euros et que vous l’achetez à 50 euros, vous bénéficiez d’un avantage de 30 euros par action. C’est une forme de rémunération pour certains salariés et dirigeants. Il y a ainsi presque deux systèmes parallèles : le salaire, soumis aux cotisations ordinaires, et les stock-options, qui bénéficient d’un régime dérogatoire pouvant être plus favorable pour l’entreprise, même si elles sont soumises à des prélèvements. Cette situation appelle davantage d’équité. L’amendement propose de porter de 30 % à 40 % la contribution patronale sur les stock-options tout en préservant le dispositif. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Ce taux de 30 % n’est pas fixé au hasard. Il est calqué sur des dispositifs comparables ; c’est notamment le taux applicable aux attributions d’actions gratuites. Une hausse pourrait entraîner un déplacement vers d’autres formes de rémunération, une manœuvre dont les conséquences limiteraient considérablement l’effet recherché. J’émets donc un avis défavorable, à l’instar du rapporteur général. »
M. Sébastien Saint-Pasteur SOC
« Je ne pense pas trahir la pensée de mon collègue Monnet, qui demandait lui aussi la parole, en disant que vous demandez des efforts aux plus modestes, aux malades, aux retraités, aux familles et que, lorsqu’on vous propose d’augmenter la contribution patronale sur les stock-options, vous semblez refuser. Pourquoi l’effort serait-il incontournable pour les plus vulnérables et négociable pour certaines formes de rémunération ? […] L’équilibre des comptes est une nécessité ; le partage de l’effort est un choix politique. Nous vous demandons de faire celui de la justice. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Madame la présidente, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, chers collègues, ce dont notre société a besoin, c’est d’ordre – nous l’avons vu – mais aussi de liberté. Il faut notamment que chacun soit valorisé à sa juste mesure lorsqu’il fait l’effort de travailler. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Il me semble que les ministres vont rarement jusqu’au terme de la minute qui leur est impartie depuis le début de nos débats. Madame Gruet, vous souhaitez revenir sur le régime socio-fiscal du cumul emploi-retraite. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Je suis très gêné par cet amendement, et même par le sous-amendement, d’abord en raison de leurs conséquences financières. Nous essayons de construire un budget de la sécurité sociale aussi équilibré que possible. »
M. Vincent Rolland DR
« Cet amendement prévoit que la location d’un meublé par un retraité d’un bien issu de son propre patrimoine, situé en station classée de tourisme, n’entraîne plus son affiliation au régime des travailleurs indépendants. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Nous, députés du groupe La France insoumise, sommes pour l’abrogation de la réforme injuste des retraites. Nous soutenons donc l’amendement de la camarade Rousseau. Cette réforme a fait souffrir les gens et il faudra l’abroger. »
Mme Annie Vidal EPR
« Nous commençons la journée très fort, avec une forme d’abrogation de la réforme des retraites, qui pèserait sur les entreprises et qui ne mènerait à rien, la disposition prévue n’étant pas opérationnelle. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Les hôpitaux publics et les collectivités territoriales doivent faire face à une forte hausse de leurs dépenses : les rémunérations, l’énergie, le fonctionnement des services et des investissements. »
M. Sébastien Saint-Pasteur SOC
« Tout n’est pas prévisible, mais le mur démographique l’est au moins un peu. Le vieillissement de la population va accroître les besoins d’accompagnement et les rendre plus complexes, notamment dans le cas des maladies neurodégénératives, alors que les métiers du social et du médico-social peinent dé… »
M. Yannick Monnet GDR
« Cet amendement de suppression est incompréhensible. Madame Corneloup, comment pouvez-vous prétendre défendre la sécurité sociale si vous lui supprimez des ressources ? Vous êtes même en contradiction avec votre collègue Justine Gruet, qui a déclaré hier que ce qui n’a pas de coût n’a pas de valeur. »
M. Christophe Bentz RN
« Je ne parlerai pas de cotisations ou de charges, mais de prélèvements. Depuis tout à l’heure, chers collègues de gauche, vous cherchez par tous les moyens à en ajouter. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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