Le parcours du texte
- 3 octobre 2018 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
- 6 novembre 2018 1re lecture Sénat Adopté
- 10 décembre 2018 1re lecture Assemblée Modifié
- 18 décembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
- 16 janvier 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 17 janvier 2019 Commission mixte paritaire Adopté
- 19 janvier 2019 Promulgation loi n° 2019-30
Ce que change ce texte
Le texte vise à autoriser le gouvernement à prendre des mesures par ordonnances en vue de la préparation du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Il s'agit d'un projet de loi habilitant le gouvernement à agir dans ce contexte.
- Ordonnances sans accordAutorise le Gouvernement « à prendre par ordonnances les mesures relevant du domaine de la loi pour tirer les conséquences d’un retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », en matière de droit d’entrée et de séjour, d’emploi, d’exercice d’une activité ou d’une profession, de fonction publique, de droits sociaux, de contrôles et de transport routier ; ces ordonnances sont prises « dans un délai de douze mois à compter de la publication de la présente loi ». art. 1er
- Britanniques déjà installésLes ordonnances définissent les conditions « du maintien en France des ressortissants britanniques résidant légalement sur le territoire national au moment du retrait du Royaume-Uni » ; les qualifications et l’expérience professionnelles acquises au Royaume-Uni sont « immédiatement reconnues » dès lors que leurs titulaires exercent en France à la date du retrait. art. 1er
- Agents publics britanniquesPermet le maintien des agents titulaires et stagiaires de la fonction publique de nationalité britannique recrutés avant le retrait, « dans les conditions de statut et d’emploi qui sont les leurs sans qu’une condition de nationalité ne puisse leur être opposée ». art. 1er
- Clause de réciprocitéPrévoit que les mesures accordant aux ressortissants britanniques un traitement plus favorable que celui des ressortissants de pays tiers « cesseront de produire effet si le Royaume-Uni n’accorde pas un traitement équivalent ». art. 1er
- Droits sociaux et diplômesHabilite le Gouvernement à faire prendre en compte, pour l’ouverture et la détermination des droits sociaux, les « périodes d’assurance, d’activités ou de formation professionnelle exercées ou effectuées au Royaume-Uni jusqu’à six mois après la date de son retrait », et les diplômes et qualifications acquis ou en cours d’acquisition « jusqu’à cinq ans après la date de son retrait de l’Union européenne ». art. 2
- Contrats et marchés financiersCouvre aussi « l’accès des entités françaises aux systèmes de règlement interbancaire et de règlement livraison des pays tiers, dont le Royaume-Uni », « la continuité de l’utilisation des conventions-cadres en matière de services financiers » et la sécurisation des contrats conclus avant « la perte de la reconnaissance des agréments des entités britanniques en France ». art. 2
- Tunnel sous la MancheVise « la continuité des flux de transport de passagers et de marchandises entre la France et le Royaume-Uni à travers le tunnel sous la Manche », pour assurer le respect par la France de ses engagements en tant que concédant. art. 2
- Travaux d’urgence aux frontièresAutorise un « régime procédural simplifié et temporaire » pour construire ou aménager en urgence les locaux et infrastructures « portuaires, ferroviaires, aéroportuaires et routiers » requis par le rétablissement des contrôles, avec des dérogations possibles en matière d’urbanisme, d’expropriation, de commande publique et « de participation du public et d’évaluation environnementale » ; ces ordonnances sont prises dans un délai de six mois. art. 3
- Contrôle du ParlementImpose que « L’Assemblée nationale et le Sénat sont informés sans délai et de manière circonstanciée des mesures prises » par ordonnance, et qu’un projet de loi de ratification soit déposé « dans un délai de six mois à compter de sa publication ». art. 4
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
Adopté le 16 janvier 2019 : 63 voix pour, 1 contre, 4 abstentions. Six groupes ont voté pour, un a voté contre et un s’est abstenu.
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 0 | 1 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 0 | 0 | 3 |
| Socialistes et apparentés | 3 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | 2 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 7 | 0 | 0 |
| La République en Marche | 43 | 0 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | 2 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 6 | 0 | 1 |
| Non inscrit | 0 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 1
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Ugo Bernalicis FI Vote enregistré Contre Position déclarée s'abstenir
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Les avis, pour et contre
Le texte concernait l'adoption d’un projet de loi habilitant le gouvernement à prendre des mesures par ordonnances en prévision du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Le vote a eu lieu le 16 janvier 2019 et a été adopté avec 63 voix pour, 1 contre et 4 abstentions. Les groupes LAREM, LR et MODEM se sont prononcés en faveur du texte. Ce scrutin reflète un accord large entre les principales forces politiques sur la nécessité de préparer le Brexit.
Les avis des experts indépendants
Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Nous voici réunis pour la dernière étape du parcours législatif du projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. »
« Hier soir, la Chambre des communes s’est prononcée clairement contre la ratification de l’accord de retrait, à une très nette majorité de 230 voix. »
« Nous arrivons au terme du parcours parlementaire d’un projet de loi qui doit permettre au Gouvernement d’anticiper toutes les conséquences d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne, hypothèse qui est, hélas, de moins en moins improbable. »
« Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni a notifié au Conseil européen son intention de se retirer de l’Union européenne, déclenchant ainsi formellement l’application de l’article 50 du traité sur l’Union européenne. »
« Le Parlement britannique a émis hier un vote bien évidemment souverain. Le résultat en est spectaculairement clair : l’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, âprement discuté entre Theresa May et le négociateur européen, a été rejeté, obligeant à l’ouverture de nouvelles discussions ou à… »
« Hier soir, sans surprise, les députés britanniques ont massivement rejeté l’accord de Brexit négocié avec Bruxelles par la Première ministre Theresa May. »
« Nous sommes saisis d’un texte dont la ministre Loiseau annonçait ce matin sur les ondes du service public qu’il allait être voté ; je vais tout de même tenter de faire entendre une autre voix. »
« La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est pour moi un véritable crève-cœur. Les liens qui nous unissent au Royaume-Uni, nous autres de l’Ouest de la France, en particulier les Bretons, sont très forts. Ils sont culturels, musicaux notamment – je songe au festival interceltique de Lorient. »
« La Chambre des communes, hier, à une écrasante majorité, a rejeté l’accord de sortie négocié entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ce vote nous oriente vers un « no deal », une sortie sans accord, le 29 mars prochain à minuit, heure de Paris. »
Le passage en commission
61 amendements examinés en commission, dont 27 adoptés.
Rapporteur·e·s de ce texte
Commissions : Commission mixte paritaire · Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne
Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Commission spéciale. 61 amendements y ont été déposés, dont 27 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 27 adoptions qui est arrivé en séance, où 71 amendements de plus ont été discutés.
Qui dépose, et qui fait adopter
- FI aucun sur 10 0 %
- GDR aucun sur 1 0 %
- DEM 6 sur 15 40 %
- LR aucun sur 7 0 %
- LAREM 11 sur 13 85 %
- AGIR-E 7 sur 11 64 %
4 amendements de plus ne sont rattachés à aucun groupe identifiable, dont 3 adoptés.
Où la commission a le plus changé le texte
Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.
- Article 1er Habilite le Gouvernement à prendre sous 12 mois des ordonnances face à un retrait britannique sans accord, notamment sur séjour et emploi des Britanniques, réciprocité pouvant être exigée. 16 adoptés sur 39
- Article 2 Habilite le Gouvernement, sous 12 mois, face à un Brexit sans accord : droits sociaux, diplômes jusqu'à 5 ans après, transferts de défense, finance, tunnel sous la Manche. 5 adoptés sur 12
- Article 3 Habilite le Gouvernement à fixer par ordonnance, sous 6 mois, un régime simplifié, temporaire et dérogatoire pour les travaux urgents d'infrastructures nécessaires aux contrôles rétablis avec le Royaume-Uni. 4 adoptés sur 8
- Article 4 Fait informer le Parlement sans délai des ordonnances prises et régulièrement de leur préparation, avec droit à tout complément, et impose leur projet de ratification sous 6 mois. 2 adoptés sur 2
Pour situer : sur les 380 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 149 amendements et 33 adoptés.
Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).
Le texte en détails
4 articles · 3 amendementsLes documents officiels de ce texte :
le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé
Les 4 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 3 amendements au total.
Article 1erart. adopté Habilite le Gouvernement à prendre sous 12 mois des ordonnances face à un retrait britannique sans accord, notamment sur séjour et emploi des Britanniques, réciprocité pouvant être exigée. 6839 com. / 29 séance
Habilite le Gouvernement à prendre sous 12 mois des ordonnances face à un retrait britannique sans accord, notamment sur séjour et emploi des Britanniques, réciprocité pouvant être exigée.
68 amendements déposés sur cet article : 39 en commission, dont 16 adoptés, puis 29 en séance.
Vote sur l'article : adopté(56 pour, 4 contre, 2 abstentions).
Article 2non mis aux voix Habilite le Gouvernement, sous 12 mois, face à un Brexit sans accord : droits sociaux, diplômes jusqu'à 5 ans après, transferts de défense, finance, tunnel sous la Manche. 3312 com. / 21 séance
Habilite le Gouvernement, sous 12 mois, face à un Brexit sans accord : droits sociaux, diplômes jusqu'à 5 ans après, transferts de défense, finance, tunnel sous la Manche.
33 amendements déposés sur cet article : 12 en commission, dont 5 adoptés, puis 21 en séance.
Amendements mis aux voix sur cet article (2)
- n° 66 M. de la Verpillière rejeté L’agriculture et la pêche auraient été explicitement citées, avec ce sous-amendement, parmi les intérêts économiques que la France doit défendre face au Royaume-Uni, son auteur insistant sur l’accès aux eaux britanniques pour les pêcheurs.
- n° 67 M. de la Verpillière rejeté La « gestion des flux migratoires » aurait figuré, avec ce sous-amendement, parmi les intérêts que la France entend défendre dans ses futures négociations avec le Royaume-Uni, son auteur jugeant l’accord de Sandhurst insuffisant.
Article 3non mis aux voix Habilite le Gouvernement à fixer par ordonnance, sous 6 mois, un régime simplifié, temporaire et dérogatoire pour les travaux urgents d'infrastructures nécessaires aux contrôles rétablis avec le Royaume-Uni. 228 com. / 14 séance
Habilite le Gouvernement à fixer par ordonnance, sous 6 mois, un régime simplifié, temporaire et dérogatoire pour les travaux urgents d'infrastructures nécessaires aux contrôles rétablis avec le Royaume-Uni.
22 amendements déposés sur cet article : 8 en commission, dont 4 adoptés, puis 14 en séance, dont 1 adopté.
Amendements mis aux voix sur cet article (1)
- n° 15 M. Jacob rejeté La consultation des élus locaux directement concernés aurait été garantie, avec cet amendement, sur les projets d’aménagement liés au rétablissement des contrôles de marchandises et de passagers entre la France et le Royaume-Uni.
Article 4non mis aux voix Fait informer le Parlement sans délai des ordonnances prises et régulièrement de leur préparation, avec droit à tout complément, et impose leur projet de ratification sous 6 mois. 72 com. / 5 séance
Fait informer le Parlement sans délai des ordonnances prises et régulièrement de leur préparation, avec droit à tout complément, et impose leur projet de ratification sous 6 mois.
7 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 2 adoptés, puis 5 en séance, dont 1 adopté.
Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.