Proposition de loi visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales

Proposition de loi Protection de l'enfance Initiative parlementaire Rapporteure : Isabelle Santiago SOC
100 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 56 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 19 %

Le parcours du texte

  1. 15 décembre 2022 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 21 mars 2023 1re lecture Sénat Modifié
  3. 13 novembre 2023 2e lecture Assemblée Modifié
  4. 6 février 2024 2e lecture Sénat Modifié
  5. 15 février 2024 Commission mixte paritaire Accord
  6. 11 mars 2024 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  7. 12 mars 2024 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Le texte vise à renforcer la protection et l'accompagnement des enfants victimes ou co-victimes de violences intrafamiliales. Il s'agit d'une proposition de loi adoptée en deuxième lecture.

  • SuspensionSuspend de plein droit l'exercice de l'autorité parentale et les droits de visite du parent poursuivi, mis en examen ou condamné, même non définitivement, pour un crime sur l'autre parent, une agression sexuelle incestueuse ou un crime sur son enfant. art. 1er
  • Retrait obligatoireOblige la juridiction pénale à ordonner le retrait total de l'autorité parentale en cas de condamnation pour ces faits, sauf décision contraire spécialement motivée ; à défaut, elle ordonne un retrait partiel ou le retrait de son exercice. art. 2
  • Code pénalRegroupe dans un chapitre nouveau du code pénal les règles de retrait de l'autorité parentale, en abrogeant les dispositions éparses qui les portaient. art. 3
  • DélaiInterdit toute demande de rétablissement moins de six mois après que le jugement de retrait est devenu irrévocable. art. 2 ter
  • SuiviDemande au Gouvernement, dans un délai d'un an, un rapport sur le repérage, la prise en charge et le suivi psychologique des enfants exposés aux violences conjugales ou intrafamiliales. art. 4

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 13 novembre 2023 : 111 voix pour, aucune contre. Dix groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE30HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1400
Gauche démocrate et républicaine - NUPES300
Écologiste - NUPES200
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)900
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Démocrate (MoDem et Indépendants)1300
Renaissance4100
Horizons et apparentés400
Les Républicains600
Rassemblement National1700
Non inscrit100

Les avis, pour et contre

L'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales. Ce texte, discuté en deuxième lecture, a reçu l'appui unanime des groupes politiques présents. Tous les groupes (RE, RN, LFI-NUPES, LR, DEM, SOC) se sont prononcés pour le vote. Aucun groupe n’a voté contre ou s’est abstenu. Le scrutin reflète un consensus sur l’importance de renforcer les mesures de protection pour ces enfants.

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Les avis des experts indépendants

C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.

synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 4 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Protection des enfants victimes de violences intrafamiliales), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Charlotte Caubel (secrétaire d’État chargée de l’enfance)
« Qui peut encore minimiser l’ampleur des violences commises sur les enfants ? Qui peut encore nier leur impact sur leur vie, leur développement et sur leur vie d’adulte ? Qui peut, en conséquence, minimiser l’impérieuse nécessité d’agir ensemble ? »
Mme Isabelle Santiago (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Je suis ravie de vous retrouver pour l’examen en deuxième lecture de cette proposition de loi visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et covictimes de violences intrafamiliales, que j’avais déposée dès le début de la nouvelle législature. »
Mme Claudia Rouaux SOC
« Je tiens d’abord à souligner l’engagement et la persévérance de ma collègue socialiste Isabelle Santiago, qui est à l’origine de cette proposition de loi ; à ses yeux, le combat en faveur des enfants a toujours été une priorité. »
Mme Anne-Cécile Violland HOR
« Victor Hugo écrivait que « toutes les violences ont un lendemain » : il avait raison. On estime à 160 000 le nombre d’enfants victimes d’inceste chaque année, et 400 000 enfants vivent dans un foyer marqué par les violences conjugales. »

Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

50 amendements examinés en commission, dont 16 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 50 amendements y ont été déposés, dont 16 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 16 adoptions qui est arrivé en séance, où 72 amendements de plus ont été discutés.

16 adoptés1 rejetés26 tombés2 retirés5 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI-NUPES 1 sur 3 33 %
  • GDR-NUPES aucun sur 1 0 %
  • SOC 7 sur 7 100 %
  • LIOT aucun sur 2 0 %
  • DEM aucun sur 7 0 %
  • RE 5 sur 9 56 %
  • HOR 2 sur 2 100 %
  • LR 1 sur 9 11 %
  • RN aucun sur 9 0 %
  • ECOLO aucun sur 1 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

7 articles · 3 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 800 ↗le rapport de commission n° 1697 ↗

Les 7 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 3 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Description : Réécrit la suspension de plein droit de l'exercice de l'autorité parentale et des droits de visite et d'hébergement pour infractions intrafamiliales : cas, durée, saisine, rétablissement. 3216 com. / 16 séance

    Description : Réécrit la suspension de plein droit de l'exercice de l'autorité parentale et des droits de visite et d'hébergement pour infractions intrafamiliales : cas, durée, saisine, rétablissement.

    32 amendements déposés sur cet article : 16 en commission, dont 5 adoptés, puis 16 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(86 pour, 0 contre, 7 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 9 Mme Roullaud RN rejeté Cet amendement voulait élargir les cas de suspension automatique de l’autorité parentale aux violences volontaires ayant causé plus de huit jours d’incapacité de travail à l’enfant, son autrice invoquant une meilleure protection des mineurs maltraités.
  • Article 2art. adopté Gradue le retrait pénal de l'autorité parentale, imposé sauf motivation spéciale pour crime sur l'enfant ou l'autre parent ou agression incestueuse, examiné ou facultatif pour certaines autres infractions. 3520 com. / 15 séance

    Gradue le retrait pénal de l'autorité parentale, imposé sauf motivation spéciale pour crime sur l'enfant ou l'autre parent ou agression incestueuse, examiné ou facultatif pour certaines autres infractions.

    35 amendements déposés sur cet article : 20 en commission, dont 6 adoptés, puis 15 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(94 pour, 0 contre, 1 abstention).

    Amendements mis aux voix sur cet article (2)

    • n° 35 M. Balanant DEM adopté Le code civil permet désormais de déléguer de force l’autorité parentale lorsqu’un parent, seul titulaire de cette autorité, est poursuivi, mis en examen ou condamné pour un crime ou une agression sexuelle incestueuse sur son enfant.
    • n° 2 Mme Santiago SOC adopté La demande de restitution de l’autorité parentale ne renvoie plus qu’à l’article 378 du code civil, la référence à l’article 378-1 étant supprimée pour s’en tenir au cadre pénal du retrait.
  • Article 2 terart. adopté Description : Substitue à l'article 381 du code civil le retrait partiel au retrait de droits et interdit 6 mois les demandes de l'article 373-2-13 après certains retraits pénaux irrévocables. 31 com. / 2 séance

    Description : Substitue à l'article 381 du code civil le retrait partiel au retrait de droits et interdit 6 mois les demandes de l'article 373-2-13 après certains retraits pénaux irrévocables.

    3 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, puis 2 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(94 pour, 0 contre, 1 abstention).

    Amendements mis aux voix sur cet article (2)

    • n° 35 M. Balanant DEM adopté Le code civil permet désormais de déléguer de force l’autorité parentale lorsqu’un parent, seul titulaire de cette autorité, est poursuivi, mis en examen ou condamné pour un crime ou une agression sexuelle incestueuse sur son enfant.
    • n° 2 Mme Santiago SOC adopté La demande de restitution de l’autorité parentale ne renvoie plus qu’à l’article 378 du code civil, la référence à l’article 378-1 étant supprimée pour s’en tenir au cadre pénal du retrait.
  • Article 2 quaterart. adopté 2amendements

    Adopté conforme. Les deux chambres l'ont voté dans les mêmes termes lors d'une lecture précédente : il est acquis, et le texte soumis à ce vote ne le réimprime pas.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(94 pour, 0 contre, 1 abstention).

    Amendements mis aux voix sur cet article (2)

    • n° 35 M. Balanant DEM adopté Le code civil permet désormais de déléguer de force l’autorité parentale lorsqu’un parent, seul titulaire de cette autorité, est poursuivi, mis en examen ou condamné pour un crime ou une agression sexuelle incestueuse sur son enfant.
    • n° 2 Mme Santiago SOC adopté La demande de restitution de l’autorité parentale ne renvoie plus qu’à l’article 378 du code civil, la référence à l’article 378-1 étant supprimée pour s’en tenir au cadre pénal du retrait.
  • Article 3non mis aux voix Gradue le retrait de l'autorité parentale du parent condamné pour certaines infractions : imposé sauf décision motivée, examiné ou permis, possible envers ses autres enfants, avec exécution provisoire. 152 com. / 13 séance

    Gradue le retrait de l'autorité parentale du parent condamné pour certaines infractions : imposé sauf décision motivée, examiné ou permis, possible envers ses autres enfants, avec exécution provisoire.

    15 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 2 adoptés, puis 13 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 bisconforme

    Adopté conforme. Les deux chambres l'ont voté dans les mêmes termes lors d'une lecture précédente : il est acquis, et le texte soumis à ce vote ne le réimprime pas.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4non mis aux voix Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 1 an sur le repérage et le suivi psychologique des enfants exposés aux violences conjugales ou intrafamiliales, et l'accompagnement parental. 33 com. / 0 séance

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 1 an sur le repérage et le suivi psychologique des enfants exposés aux violences conjugales ou intrafamiliales, et l'accompagnement parental.

    3 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue