L'article premier de la proposition de loi créant l'homicide routier et visant à lutter contre la violence routière

89 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 40 voix franchi. 9 abstentions.
Quasi unanime
Participation 15 %

Le parcours du texte

  1. 17 octobre 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 27 mars 2024 1re lecture Sénat Modifié
  3. 1er juillet 2025 2e lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

Ce texte de loi modifie le code pénal afin de créer une nouvelle infraction appelée « homicide routier », punie par une peine d'emprisonnement de cinq ans et une amende. Il introduit également une peine complémentaire d'obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière en cas de condamnation pour certains délits liés à la conduite. Des dispositions sont également prises dans le code de la route pour encadrer les sanctions en cas d’homicide routier ou de blessures routières par mise en danger.

Les principaux moyens du texte

  • Créer les atteintes à la vie par mise en danger

    Le second alinéa de l'article 221-6 du code pénal est supprimé et une section 2 bis intitulée « Des atteintes à la vie par mise en danger » est insérée après lui, comprenant l'article 221-6-1 réécrit autour de la violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité.

  • Allonger la peine d'interdiction liée à l'activité

    Au I de l'article 222-44 du code pénal, seule la durée de l'annulation du permis de conduire peut être prononcée dans les cas prévus à la section 1 du chapitre, et la durée de l'interdiction y est portée à dix ans au plus.

  • Imposer un examen médical sous 72 heures

    Un nouvel article L. 232-4 du code de la route prévoit qu'en cas d'homicide routier ou de blessures routières par mise en danger, lorsque les circonstances laissent présumer que l'état du conducteur peut être incompatible avec le maintien du permis, celui-ci doit se soumettre à un examen médical à ses frais dans un délai de soixante-douze heures.

  • Mieux informer la partie civile en appel

    Au dernier alinéa de l'article 502 et à l'article 512 du code de procédure pénale, la partie civile est avisée par le parquet de la déclaration d'appel portant sur l'action publique et de la date de l'audience, même en l'absence d'appel sur les intérêts civils, avec un droit à traduction lorsqu'elle ne comprend pas le français.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC22LIOT51DEM170RE28HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale007
Gauche démocrate et républicaine - NUPES000
Écologiste - NUPES102
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)110
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Démocrate (MoDem et Indépendants)800
Renaissance4200
Horizons et apparentés100
Les Républicains700
Rassemblement National1500
Non inscrit100
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis des experts indépendants

Au 1er juin 2025, 84 447 personnes étaient détenues en France pour 62 566 places opérationnelles, soit un taux d'occupation d'environ 135%, un niveau record. Sur un an, le nombre de personnes détenues a augmenté de plus de 6%. Cette saturation des prisons pèse sur toute mesure qui alourdit le recours à l'emprisonnement ou allonge les peines, faute de places disponibles pour les exécuter dans des conditions dignes.

Statistique mensuelle de la population écrouée et détenue, 2025

La vidéosurveillance de voie publique est associée à une baisse modeste mais significative de la délinquance. L'effet est le plus net dans des contextes précis (parkings, zones résidentielles), quand les caméras sont activement visionnées et combinées à d'autres mesures, et il reste faible sur les violences : la vidéosurveillance ressort comme un outil d'appoint plutôt qu'une réponse à elle seule.

2019 (revue systématique et méta-analyse, 40 ans d'évaluations, « Criminology & Public Policy »)

Braga et al. ↗ Sujet connexe

La concentration des moyens policiers sur les petites zones à forte criminalité (police des « points chauds ») réduit modestement mais réellement la délinquance, sans simplement la déplacer ailleurs : on observe plutôt une diffusion des bénéfices aux alentours, et les approches de résolution de problèmes y font mieux que la seule présence policière accrue.

revue systématique et méta-analyse de criminologie expérimentale, 2014

C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.

synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 3 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Création du délit d’homicide routier et lutte contre la violence routière), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Philippe Schreck RN
« Il est six heures, treize heures ou vingt-deux heures ; il pleut ou il fait chaud ; vous êtes au sport, au travail ou en famille. Un appel va déchirer votre journée et mutiler votre existence. Un gendarme, un médecin, un pompier, un infirmier vous demande de vous rendre à l’hôpital. »
M. Antoine Léaument LFI
« En 2022, plus de 230 000 personnes ont été blessées dans un accident de la route, dont près de 16 000 grièvement ; 3 267 personnes ont perdu la vie. Ces drames brisent des vies. Des familles en sont anéanties de tristesse et de douleur. »
Mme Sylvie Bonnet LR
« Tout d’abord, je salue l’excellent travail transpartisan mené par nos collègues Éric Pauget et Anne Brugnera sur ce texte. Nous espérons qu’il recueillera le large consensus qu’il mérite, au nom de l’intérêt général et pour la sécurité de tous. »

Le passage en commission

191 amendements examinés en commission, dont 37 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 191 amendements y ont été déposés, dont 37 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 37 adoptions qui est arrivé en séance, où 130 amendements de plus ont été discutés.

37 adoptés12 rejetés51 tombés19 retirés1 non soutenus71 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI-NUPES aucun sur 8 0 %
  • LFI aucun sur 5 0 %
  • SOC aucun sur 2 0 %
  • DEM 1 sur 9 11 %
  • RE 30 sur 46 65 %
  • LR aucun sur 11 0 %
  • RN aucun sur 88 0 %
  • NI aucun sur 9 0 %
  • DR 6 sur 11 55 %
  • ECOLO aucun sur 2 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

11 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2104 ↗le rapport de commission n° 1354 ↗

Les 11 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

Le texte reproduit ici est celui que l’Assemblée a adopté le 31 janvier 2024, en première lecture, c’est-à-dire lors d’une séance postérieure à ce vote. Son contenu peut donc différer de la version soumise aux députés ce jour-là.

  • Article 1er Crée les délits d'homicide et de blessures routiers, commis par un conducteur dans certaines circonstances, punis jusqu'à 10 ans, avec peines complémentaires parfois obligatoires, dont l'annulation du permis. 186129 com. / 57 séance

    Crée les délits d'homicide et de blessures routiers, commis par un conducteur dans certaines circonstances, punis jusqu'à 10 ans, avec peines complémentaires parfois obligatoires, dont l'annulation du permis.

    186 amendements déposés sur cet article : 129 en commission, dont 19 adoptés, puis 57 en séance, dont 18 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er bis Fixe une liste de délits du code de la route, complétée d'un délit du code pénal, traités comme une même infraction au regard de la récidive. 10 com. / 1 séance

    Fixe une liste de délits du code de la route, complétée d'un délit du code pénal, traités comme une même infraction au regard de la récidive.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er ter Description : Fixe à 10 ans au plus, dans les cas de la section 1 du chapitre, une suspension et une interdiction du I de l'article 222-44 du code pénal. 96 com. / 3 séance

    Description : Fixe à 10 ans au plus, dans les cas de la section 1 du chapitre, une suspension et une interdiction du I de l'article 222-44 du code pénal.

    9 amendements déposés sur cet article : 6 en commission, dont 1 adopté, puis 3 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er quater Charge le service pénitentiaire d'insertion et de probation de prévenir la récidive routière, et au besoin la consommation de stupéfiants, des condamnés pour homicide ou blessures routiers. 51 com. / 4 séance

    Charge le service pénitentiaire d'insertion et de probation de prévenir la récidive routière, et au besoin la consommation de stupéfiants, des condamnés pour homicide ou blessures routiers.

    5 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, dont 1 adopté, puis 4 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er quinquies Punit de prison et d'amende l'excès de vitesse d'au moins 50 km/h, confiscation obligatoire en récidive, amende forfaitaire possible, et étend aux délits une obligation routière sanctionnée. 104 com. / 6 séance

    Punit de prison et d'amende l'excès de vitesse d'au moins 50 km/h, confiscation obligatoire en récidive, amende forfaitaire possible, et étend aux délits une obligation routière sanctionnée.

    10 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, dont 1 adopté, puis 6 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er sexies Oblige le représentant de l'État à suspendre le permis pour état alcoolique, stupéfiants ou refus de contrôle, et double certaines durées de suspension des transporteurs de personnes. 20 com. / 2 séance

    Oblige le représentant de l'État à suspendre le permis pour état alcoolique, stupéfiants ou refus de contrôle, et double certaines durées de suspension des transporteurs de personnes.

    2 amendements déposés sur cet article : 2 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er septies Porte à 3 ans de prison et 9 000 euros d'amende la conduite sous alcool ou stupéfiants, alourdit d'autres sanctions et rend obligatoire, sauf motivation, une confiscation. 20 com. / 2 séance

    Porte à 3 ans de prison et 9 000 euros d'amende la conduite sous alcool ou stupéfiants, alourdit d'autres sanctions et rend obligatoire, sauf motivation, une confiscation.

    2 amendements déposés sur cet article : 2 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er octies Rend de plein droit l'immobilisation et la mise en fourrière du véhicule d'un conducteur positif au dépistage de stupéfiants et ivre ou en état alcoolique établi. 40 com. / 4 séance

    Rend de plein droit l'immobilisation et la mise en fourrière du véhicule d'un conducteur positif au dépistage de stupéfiants et ivre ou en état alcoolique établi.

    4 amendements déposés sur cet article : 4 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Étend aux délits d'homicide routier et de blessures routières plusieurs règles pénales, fiscales, routières et de transport, et retire aux délits involontaires les peines complémentaires réservées aux conducteurs. 105 com. / 5 séance

    Étend aux délits d'homicide routier et de blessures routières plusieurs règles pénales, fiscales, routières et de transport, et retire aux délits involontaires les peines complémentaires réservées aux conducteurs.

    10 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, dont 3 adoptés, puis 5 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 Oblige sous sanction le conducteur présumé inapte après homicide ou blessures routières à un examen médical, permis retenu jusque-là puis, si inapte, suspendable un an au plus. 197 com. / 12 séance

    Oblige sous sanction le conducteur présumé inapte après homicide ou blessures routières à un examen médical, permis retenu jusque-là puis, si inapte, suspendable un an au plus.

    19 amendements déposés sur cet article : 7 en commission, dont 1 adopté, puis 12 en séance, dont 6 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4 Rend applicables en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna les dispositions pénales et de procédure pénale issues de la loi créant l'homicide routier.

    Rend applicables en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna les dispositions pénales et de procédure pénale issues de la loi créant l'homicide routier.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue