Proposition de loi visant à garantir le respect du droit à l'image des enfants

100 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 98 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 34 %

Le parcours du texte

  1. 19 janvier 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 mai 2023 1re lecture Sénat Modifié
  3. 1er juin 2023 Commission mixte paritaire Accord
  4. 6 février 2024 Lecture définitive Assemblée Adopté

Ce que change ce texte

La proposition de loi visant à garantir le respect du droit à l’image des enfants a été votée TROIS FOIS par l’Assemblée, et aucun groupe ne s’y est jamais opposé.

  • Adoption définitive195 pour, aucune contre, aucune abstention. Les onze groupes ont voté pour aux deux lectures (204-2 en octobre 2023).
  • Droit à l'image partagéLe droit à l'image d'un enfant s'exerce en commun par ses deux parents, dans le respect de sa vie privée.
  • Contre les deux parentsSi la diffusion par ses deux parents porte gravement atteinte à la dignité ou à l'intégrité morale de l'enfant, elle peut justifier une délégation de l'autorité parentale.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 6 février 2024 : 195 voix pour, aucune contre. Dix groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC22LIOT51DEM170RE28HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale2600
Gauche démocrate et républicaine - NUPES300
Écologiste - NUPES300
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)600
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires400
Démocrate (MoDem et Indépendants)2200
Renaissance6000
Horizons et apparentés800
Les Républicains3300
Rassemblement National2900
Non inscrit100
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 2
Bruno StuderRErapporteur

Situe, en première lecture, l’enjeu par des chiffres d’exposition : sur le seul Facebook, « plus de 70 milliards de photos sont publiées annuellement ». Il ajoute qu’à 13 ans, « âge à partir duquel l’enfant a le droit, avec l’autorisation de ses parents, de s’inscrire sur un ou plusieurs réseaux sociaux », celui-ci « apparaît déjà sur 1 300 photographies publiées en ligne, sur ses comptes propres, ceux de ses parents ou de ses proches ».

Votent tous pour : le scrutin ne compte aucune voix contre ni aucune abstention, sur 195 voix pour.

lire le passage ↗

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Garantir le respect du droit à l’image des enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Marie Lebec (ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement)
« Je vous prie tout d’abord d’excuser l’absence de M. Éric Dupond-Moretti, retenu en séance au Sénat. Il y a près d’un an, la présente proposition de loi, défendue avec conviction par Bruno Studer et soutenue avec force et détermination par le garde des sceaux, était débattue ici, pour la première foi… »
M. Bruno Studer (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Merci pour vos propos, madame la ministre. Après deux propositions de loi dont j’étais déjà le rapporteur et qui visaient, pour la première, votée en 2020, à réglementer le travail des enfants youtubeurs ou influenceurs et, pour la seconde, plus technique, votée en 2022, à imposer la préinstallation… »
Mme Marie-France Lorho RN
« C’est un nouveau fléau qui touche les sociétés contemporaines, droguées à la tyrannie de l’immédiateté. Apparemment anodine, la diffusion d’images de nos enfants, en particulier sur les réseaux sociaux, comporte son lot de dangers. »
M. Andy Kerbrat LFI
« Déjà, lors de la première lecture, nous avions voté pour l’adoption de ce texte, qui vient combler un vide juridique et protéger les plus jeunes en s’attachant à un aspect de leur identité qui était jusqu’alors ignoré par nos textes de loi et qui est désormais incontournable : leur image en ligne. »
Mme Émilie Bonnivard LR
« Peut-être avez-vous lu le roman de Delphine de Vigan intitulé Les Enfants sont rois : cet ouvrage, qui m’a beaucoup marquée, décrit de manière visionnaire ce qu’en toute innocence, des parents peuvent faire de leurs enfants en les exposant sur les réseaux sociaux. »
Mme Mathilde Desjonquères DEM
« Plus de 300 millions de photographies sont diffusées chaque jour sur les réseaux sociaux. Parmi celles-ci figurent de nombreux clichés d’enfants. »
Mme Naïma Moutchou HOR
« Je répéterai ce que j’ai déjà dit – la pédagogie est aussi l’art de la répétition –, et en particulier ce chiffre : 1 300. Avant l’âge de 13 ans, un enfant apparaît en moyenne 1 300 fois sur les réseaux sociaux. Pour ceux qui aiment les albums photos à l’ancienne, 1 300 images, cela fait beaucoup. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« Il y a une urgence absolue à légiférer en matière de droit à l’image des enfants. Quelques chiffres déjà cités le confirment : en moyenne, un enfant apparaît sur 1 300 photographies publiées en ligne avant d’avoir atteint l’âge de 13 ans ; 50 % des photos qui s’échangent sur les sites pédopornograph… »
M. Nicolas Sansu GDR
« Nous examinons en lecture définitive la proposition de loi visant à garantir le respect du droit à l’image des enfants, texte qui aurait dû aboutir à un accord en commission mixte paritaire tant il semble possible de nous accorder sur la nécessité et l’opportunité de mieux protéger nos enfants des d… »
Mme Béatrice Descamps LIOT
« C’est presque devenu un réflexe : à chaque moment familial, tout parent a envie de garder un souvenir, de prendre une photo ou d’enregistrer une vidéo de son enfant puis, bien souvent, de diffuser ce contenu. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Il s’agit d’un amendement de suppression de l’article 1 er – mais, en réalité, c’est plutôt un amendement d’appel. Comme tout le monde, je suis sensible au respect du droit à l’image des enfants. »

Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

35 amendements examinés en commission, dont 8 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République · Commission mixte paritaire

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 35 amendements y ont été déposés, dont 8 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 8 adoptions qui est arrivé en séance, où 49 amendements de plus ont été discutés.

8 adoptés5 rejetés6 retirés3 non soutenus13 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI-NUPES aucun sur 7 0 %
  • LIOT aucun sur 2 0 %
  • DEM aucun sur 5 0 %
  • RE 8 sur 14 57 %
  • RN aucun sur 5 0 %
  • ECOLO aucun sur 2 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

5 articles · 2 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 908 ↗le rapport de commission n° 1693 ↗le rapport de commission n° 2148 ↗

Les 5 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 2 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix 127 com. / 5 séance

    Texte de l'article

    Au deuxième alinéa de l’article 371-1 du code civil, après le mot : « santé », sont insérés les mots : «, sa vie privée ».

    12 amendements déposés sur cet article : 7 en commission, dont 1 adopté, puis 5 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2art. adopté Oblige les parents à protéger ensemble le droit à l'image de leur enfant mineur en l'y associant, règle qu'un alinéa de l'article 226-1 du code pénal doit respecter. 105 com. / 5 séance

    Oblige les parents à protéger ensemble le droit à l'image de leur enfant mineur en l'y associant, règle qu'un alinéa de l'article 226-1 du code pénal doit respecter.

    10 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, dont 1 adopté, puis 5 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(84 pour, 0 contre).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 14 M. Cinieri rejeté Cet amendement proposait de remplacer, à l’article 2, la référence au droit à la vie privée par la protection de la sécurité, de l’intégrité et de la réputation de l’enfant.
  • Article 3art. adopté Permet au juge, si les parents s'opposent sur le droit à l'image de l'enfant, d'interdire à l'un d'eux de diffuser tout contenu sur lui sans l'accord de l'autre. 93 com. / 6 séance

    Permet au juge, si les parents s'opposent sur le droit à l'image de l'enfant, d'interdire à l'un d'eux de diffuser tout contenu sur lui sans l'accord de l'autre.

    9 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 2 adoptés, puis 6 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(87 pour, 0 contre).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 8 Mme Amiot LFI-NUPES rejeté Les plateformes en ligne auraient eu, avec cet amendement, l’obligation de lutter contre la diffusion d’images d’enfants par des tiers, via un dispositif de signalement pour les parents et un outil d’information.
  • Article 4non mis aux voix Ouvre la délégation judiciaire du droit à l'image de l'enfant à qui l'a recueilli ou sa famille, si sa diffusion parentale atteint gravement sa dignité ou intégrité morale. 239 com. / 14 séance

    Ouvre la délégation judiciaire du droit à l'image de l'enfant à qui l'a recueilli ou sa famille, si sa diffusion parentale atteint gravement sa dignité ou intégrité morale.

    23 amendements déposés sur cet article : 9 en commission, dont 3 adoptés, puis 14 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 5non mis aux voix Permet au président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés d'agir en référé quand la demande d'effacement des données d'un mineur reste inexécutée ou sans réponse. 72 com. / 5 séance

    Permet au président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés d'agir en référé quand la demande d'effacement des données d'un mineur reste inexécutée ou sans réponse.

    7 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 1 adopté, puis 5 en séance, dont 5 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue