Amendement de M. Clouet (LFI-NUPES) · après art. 5

65 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 85 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 29 %

Amendement n° 779 · APRÈS ART. 5, déposé par M. Clouet LFI-NFP +69 cosignataires.

L'essentiel : Les plateformes de mise en relation en ligne auraient acquitté une contribution exceptionnelle de 10 % sur leurs bénéfices, reversée aux caisses de retraite de base, ses auteurs leur reprochant de recourir à de faux indépendants.

Texte exact de l'amendement

Les plateformes de mise en relation par voie électronique définies à l’article 242 bis du code général des impôts sont redevables d’une contribution exceptionnelle. Le taux de cette contribution est fixé à 10 %. Elle est reversée aux caisses de retraite du régime de base obligatoire. Les dispositions relatives à la répartition entre caisses de retraite sont renvoyées à un décret pris en Conseil d’État. La contribution est assise sur l’ensemble des bénéfices réalisés dans les entreprises mentionnées au premier alinéa, réalisés en France ainsi que de ceux dont l’imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions. Un décret en Conseil d’État détermine la date d’application du présent article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, le groupe parlementaire de la France Insoumise entend faire contribuer les plateformes au financement des caisses de retraite. L’émergence de l’économie de plateformes a en réalité favorisé le contournement des garanties attachées au salariat, en recourant à des faux-indépendants, exploités par le retour du travail à la tâche. Privés de protection sociale, ils sont surexposés aux risques professionnels. Selon une étude de la Dares (TraCov2), on dénombrait près de 600 000 travailleurs de plateforme en France, soit environ 2% de la population en emploi. Cependant, une étude de GDPower indique plus de 1,8 millions de travailleurs de plateforme. L’explosion du salariat déguisé est directement liée au modèle économique des plateformes : maximiser leur profit en s’affranchissant des cotisations sociales sur le dos des travailleurs. En ce sens, en septembre 2022, Deliveroo a été condamné à verser 9,7 millions d’euros à l’Urssaf pour avoir dissimulé plus de 2000 emplois de livreurs à vélo entre 2015 et 2016. De même l’administration fiscale évalue à 1,2 milliards d'euros le manque à gagner en cotisations sociales généré par la seule plateforme Uber entre 2019 et 2022 pour 71 000 chauffeurs. Une enquête du journal l’Humanité démontre que l’application d’un barème “normal” de cotisations patronales, soit à 34,06%, pour l’ensemble des travailleurs de plateformes, rapp…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire2400
Gauche Démocrate et Républicaine200
Écologiste et Social1300
Socialistes et apparentés1800
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires110
Les Démocrates060
Ensemble pour la République0190
Horizons & Indépendants090
Droite Républicaine190
Union des droites pour la République060
Rassemblement National0580
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 779 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Ségolène Amiot LFI
« Il vise à faire contribuer les grandes plateformes, telles qu’Uber. […] Celles-ci emploient de 600 000 à 1,8 million de travailleurs et travailleuses – il est impossible d’obtenir un chiffre exact aujourd’hui –, dont la plupart sont hélas de faux indépendants. Elles ont réinventé le travail à la tâche, pourtant interdit dans notre pays, privant ainsi ces travailleurs et ces travailleuses des garanties attachées au salariat, mais aussi l’ensemble de la société des cotisations qui y sont liées. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Il n’est pas question d’ordre, mais de taxes, de taxes et de taxes. […] En l’occurrence, il s’agit d’une contribution exceptionnelle de 10 %. L’économie de plateforme est en train de bouleverser notre rapport au travail et au salariat, je ne le conteste pas. Toutefois, plutôt que d’instaurer une telle contribution, la solution consiste selon moi à transposer les dispositions de la directive européenne de 2024 qui institue une présomption de salariat pour les travailleurs des plateformes – je m’adresse en ce sens au ministre du travail ici présent. […] J’essaie d’être équilibré, madame Simonnet, mais il ne faut pas faire croire que des taxes vont résoudre tous nos problèmes. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre)
« Avant de revenir sur le point soulevé par le rapporteur général, je voudrais rappeler que nous avons engagé une réforme majeure : le précompte des cotisations sociales par les plateformes. Depuis 2026 – ce n’est pas vieux –, les premières plateformes volontaires prélèvent directement les contributions et cotisations sociales dues par les microentrepreneurs sur les rémunérations qu’elles leur versent, avant de reverser ces sommes à l’Urssaf. Cette obligation prévue par la loi de finances pour 2024 sera généralisée à compter du 1 er janvier 2027. »
Mme Ségolène Amiot LFI
« Monsieur le ministre, vous aviez deux ans pour préparer cette transposition mais, alors que nous devons inscrire ces dispositions dans le droit français avant le 2 décembre, c’est seulement il y a quelques semaines que vous vous y êtes mis. Il est évident que rien ne sera prêt pour le 2 décembre. Vous dites qu’en attendant, les plateformes ont la charge de récupérer les cotisations auprès des travailleurs et de les reverser à l’Urssaf. Or, si on constate effectivement qu’elles récupèrent ces cotisations, celles-ci ne sont pas reversées à l’Urssaf ! Et, au bout du compte, qui sera responsable ? C’est le travailleur dit indépendant. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Arnaud Simion SOC
« Il vise à mettre à contribution les superprofits, c’est-à-dire les profits exceptionnels réalisés par les très grandes entreprises. Cette contribution serait progressive, avec des taux de 20, 25 et 33 %, et toucherait les entreprises réalisant plus 750 millions de chiffre d’affaires. »
M. Édouard Bénard GDR
« La somme globale des bénéfices nets du SBF 120, un indice qui recense les 120 plus grosses capitalisations françaises, est estimée pour 2025 aux alentours de 89 milliards d’euros – oui, 89 milliards d’euros ! »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Cet amendement propose une taxe sur les superprofits des entreprises pharmaceutiques qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions d’euros – cela ne fait pas pleurer dans les chaumières ! Pour donner un ordre de grandeur, Sanofi a dégagé en 2025 un bénéfice de 8 milliards d’euros. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Décidément, aujourd’hui est le jour le plus long pour les taxes et les cotisations. Monsieur Simion, monsieur Bénard, vos amendements avaient été rejetés en commission et pour les raisons déjà évoquées précédemment, mon avis sera défavorable. »
M. David Amiel (ministre de l’action et des comptes publics)
« Je rappelle que nous avons déjà une surtaxe pour les grandes entreprises. Cette surtaxe à l’impôt sur les sociétés (IS) n’est pas mince : l’impôt sur les sociétés effectif pour les grandes entreprises assujetties à la surtaxe à l’IS est très supérieur, cette année, à ce qu’il était sous François Hol… »
M. Hendrik Davi ECOS
« Cet amendement a été déposé par ma collègue Sandrine Rousseau. Dans les quinze années à venir, la France connaîtra le plus grand transfert de richesse de son histoire. La génération du baby-boom arrive malheureusement en fin de vie et transmettra près de 9 000 milliards d’euros à ses descendants. »
M. Jordan Guitton RN
« Chaque problème inspire à la gauche une nouvelle idée d’impôt. Nous sommes en désaccord avec la philosophie de l’amendement. Premièrement, les successions sont déjà largement taxées, à hauteur d’environ 45 % : la France est l’un des pays du monde qui les taxe le plus. »
M. Jean-François Rousset EPR
« Je fais partie des quatre membres de la commission qui auditionne les experts en intelligence artificielle, et dans le cadre de nos travaux je ne crois pas avoir entendu ce que vous rapportez, monsieur Davi ; j’ai plutôt entendu que cela allait bouleverser le marché de l’emploi. »
M. Maxime Michelet UDR
« Sans surprise, l’Union des droites pour la République ne votera en faveur d’aucune de ces augmentations de taxe. Dans le pays le plus taxé d’Europe, vous avez toujours cette lubie : taxer, taxer, taxer ! (Mme Ségolène Amiot s’exclame.) Rien ne vous étonnera. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Nous assistons à une séquence incroyable. Nous parlons de salariés dont l’indemnité de départ est supérieure à 50 000 euros : il ne s’agit pas du licencié lambda. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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