L'article premier de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone

62 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 44 voix franchi. 53 abstentions.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 24 %

Le parcours du texte

  1. 16 janvier 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 29 février 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 12 juin 2025 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

Le texte de loi reconnaît la responsabilité de l'État dans les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par les territoires de Guadeloupe et de Martinique, ainsi que leurs populations, liés à l'autorisation de mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques contenant du chlordécone. Il prévoit une indemnisation des victimes en chargeant l'État, dont le coût sera compensé par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs, conforme au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Les moyens du texte, et leur sort

  • Reconnaissance de la responsabilité de l'État Adopté

    L'article 1er affirme solennellement la responsabilité de l'État dans les dommages causés par l'usage du chlordécone aux territoires et aux populations de Guadeloupe et de Martinique (étendue précisée par le Sénat).

  • Objectif de décontamination des sols et des eaux Adopté

    Le texte fixe l'objectif de dépollution des terres et des eaux contaminées dans les deux territoires (renforcé par le Sénat), sans échéancier ni moyens financiers chiffrés inscrits dans la loi.

  • Principe d'indemnisation des victimes Adopté

    La loi ouvre un principe d'indemnisation sans créer de mécanisme nouveau détaillé : l'indemnisation forfaitaire existante passe par le Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides (FIVP, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020), d'abord conçu pour les professionnel·les dont la maladie est reconnue liée à une exposition professionnelle.

  • Recherche et suivi sanitaire Adopté

    Intensification de la recherche sur les liens entre exposition et pathologies (notamment cancer de la prostate, troubles du développement cognitif, fertilité), avec une attention particulière aux pathologies féminines (ajout du Sénat).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale2600
Gauche démocrate et républicaine - NUPES1000
Écologiste - NUPES1000
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)2200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires400
Démocrate (MoDem et Indépendants)1013
Renaissance1036
Horizons et apparentés003
Les Républicains001
Rassemblement National1200
Non inscrit100

Les avis des experts indépendants

Cour des comptes ↗ Sujet connexe

Lancés en 2008 pour réduire de moitié l'usage des produits phytopharmaceutiques, les plans Écophyto n'ont pas atteint leurs objectifs malgré des fonds publics importants : la réduction visée est restée hors d'atteinte (7,5 % de la surface agricole en bio en 2018 pour une cible de 20 % en 2020, et de l'ordre de 12 % des exploitations engagées dans des démarches économes en intrants). La Cour estime que l'État devrait davantage recourir à ses leviers normatifs et de régulation.

Le bilan des plans Écophyto, 2020

Les lois interdisant de fumer dans les lieux publics réduisent l'exposition au tabagisme passif et, selon la plupart des études recensées, font baisser les hospitalisations pour infarctus et accidents coronariens (ainsi que les AVC) ; les effets sur la santé respiratoire et périnatale sont moins constants.

revue systématique, 77 études dans 21 pays

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 6 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Responsabilité de l’État et indemnisation des victimes du chlordécone), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Elie Califer (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Le chlordécone est un insecticide de la famille des organophosphorés qui a été utilisé entre 1972 et 1993 dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique. Cela fait trente ans que ce pesticide a été définitivement interdit sur le territoire national. »
Mme Marie Guévenoux (ministre déléguée chargée des outre-mer)
« Pour pouvoir se projeter dans l’avenir avec confiance, encore faut-il savoir regarder le passé avec lucidité. C’est l’honneur d’une nation et, en tant que responsables politiques, c’est ce que nous devons à nos concitoyens. »
M. Johnny Hajjar SOC
« Le chlordécone, appelé aussi kepone ou curlone, est un insecticide, un polluant et aussi un poison dont la toxicité et la rémanence sont connues depuis 1969. »
M. Paul Christophe HOR
« Je tiens avant tout à saluer votre engagement constant pour la reconnaissance des victimes du chlordécone, monsieur le rapporteur. Je vous remercie d’avoir inscrit cette proposition de loi en troisième position de la journée d’initiative parlementaire du groupe Socialistes et apparentés. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« « Pendant plus de vingt ans, nos sols de Guadeloupe et de Martinique ont été sciemment empoisonnés – sciemment, car l’impact du chlordécone sur la santé humaine, tout comme sa rémanence, étaient connus des pouvoirs publics. »
M. Marcellin Nadeau GDR
« Nous examinons enfin cette proposition de loi tant attendue par les victimes contaminées par le chlordécone, soit près de 90 % des habitantes et habitants de Martinique et de Guadeloupe – excusez du peu ! »

Le passage en commission

43 amendements examinés en commission, dont 2 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 43 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 42 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés20 rejetés19 retirés2 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 9 0 %
  • LFI-NUPES aucun sur 3 0 %
  • GDR-NUPES aucun sur 4 0 %
  • EcoS aucun sur 7 0 %
  • SOC-A 1 sur 2 50 %
  • LIOT aucun sur 1 0 %
  • RE aucun sur 2 0 %
  • RN aucun sur 11 0 %
  • ECOLO 1 sur 4 25 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

19 mai 2026 Affaires sociales Examen du texte Compte rendu ↗
27 mai 2026 Affaires sociales Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2206 ↗le rapport de commission n° 2837 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Reconnaît la responsabilité de la République dans les préjudices du chlordécone en Guadeloupe et Martinique, lui assigne des objectifs, dont dépollution et indemnisation, avec rapports d'évaluation au Parlement. 6532 com. / 33 séance

    Reconnaît la responsabilité de la République dans les préjudices du chlordécone en Guadeloupe et Martinique, lui assigne des objectifs, dont dépollution et indemnisation, avec rapports d'évaluation au Parlement.

    65 amendements déposés sur cet article : 32 en commission, dont 2 adoptés, puis 33 en séance, dont 12 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er bis Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, au plus tard le 1er janvier 2025, sur la présence de chlordécone dans les sols français et sur son commerce.

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, au plus tard le 1er janvier 2025, sur la présence de chlordécone dans les sols français et sur son commerce.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Gage la charge pour l'État sur une taxe de 15 % des bénéfices phytosanitaires des sociétés dépassant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, et sur les tabacs. 54 com. / 1 séance

    Gage la charge pour l'État sur une taxe de 15 % des bénéfices phytosanitaires des sociétés dépassant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, et sur les tabacs.

    5 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, puis 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue