Proposition de loi visant à lutter contre la pédocriminalité

100 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 29 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 10 %

Le parcours du texte

  1. 15 octobre 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 15 mai 2025 1re lecture Assemblée Adopté
  3. à venir Sénat examen
  4. à venir Adoption définitive
  5. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  6. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Ce que change ce texte

En clair

Cette proposition de loi étend trois délits sexuels visant les mineurs aux cas où la victime est un adulte se présentant comme mineur, afin de permettre les poursuites lors d’enquêtes policières menées sous pseudonyme.

  • ChampModifie l’article 227-22 du code pénal, relatif à la corruption de mineur.
  • ExtensionÉtend l’infraction aux faits visant une personne se présentant comme mineur, et non le seul mineur réel.
  • AlinéasInsère cette précision au premier alinéa (ses deux phrases) et au deuxième alinéa de l’article.
  • ObjetS’inscrit dans un texte présenté comme visant à lutter contre la pédocriminalité.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 15 mai 2025 : 56 voix pour, aucune contre. Onze groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM94EPR33HOR48DR16UDR123RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire500
Gauche Démocrate et Républicaine300
Écologiste et Social300
Socialistes et apparentés600
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires1300
Les Démocrates700
Ensemble pour la République200
Horizons & Indépendants400
Droite Républicaine100
UDR200
Rassemblement National1000
Non inscrit000

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3

Il explique que le texte comble un vide identifié par des enquêteurs de terrain : les délits de corruption de mineur, d'incitation d'un mineur à un acte de nature sexuelle et de sollicitation d'images pornographiques auprès d'un mineur ne sont aujourd'hui caractérisés que si la victime est réellement mineure, ce qui empêche de poursuivre les auteurs démasqués lors d'enquêtes sous pseudonyme menées par des policiers majeurs se faisant passer pour des enfants. Il rappelle qu'en 2023 l'Office des mineurs (Ofmin) a reçu 318 000 signalements de faits pédocriminels et présente le texte comme un ajustement pragmatique et modeste.

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Annonce, lors des explications de vote, que le groupe Ensemble pour la République « votera pour ce texte, comme il l’a fait en commission », y voyant des avancées majeures qui comblent un vide juridique et permettront de poursuivre les pédocriminels en s’appuyant sur de nouvelles techniques d’enquête.

Elle annonce que son groupe soutiendra le texte, décrivant le vide juridique comblé comme un frein à la pleine efficacité de l'action des forces de l'ordre, et appelle plus largement à mieux protéger les enfants sur internet.

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Réserves et nuances, 2

Elle vote le texte mais le juge trop modeste (elle dit qu'il n'apporte qu'un complément de rédaction au code pénal) au regard de l'ampleur des violences sexuelles sur mineurs recensées par la Ciivise. Elle dénonce des coupes budgétaires touchant la justice et la police judiciaire ainsi qu'un manque de juges des enfants, d'éducateurs, de psychologues et de places d'hébergement pour les enfants victimes.

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Son groupe vote le texte, mais elle prévient que la lutte contre la pédocriminalité ne saurait se cantonner à une légère modification de l'arsenal législatif et doit devenir une priorité nationale sans se limiter à une réponse pénale. Elle appelle à développer l'éducation à la vie affective et sexuelle et les entretiens de repérage des violences prévus par la loi mais rarement mis en oeuvre faute de moyens.

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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Les programmes de type « Scared Straight » (confronter des mineurs à la dureté de la prison pour les dissuader) ont un effet contre-productif : cette revue systématique de neuf études conclut qu'ils augmentent la récidive au lieu de la réduire, au point de ne pas pouvoir être recommandés comme stratégie de prévention.

Petrosino et al., 2013 (revue systématique)

C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.

synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutter contre la pédocriminalité), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Stéphane Viry (suppléant M. Christophe Naegelen, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Je suis chargé de rapporter cette proposition de loi au nom de notre collègue Christophe Naegelen. Elle porte sur un sujet important et grave. La pédocriminalité en ligne est devenue un phénomène massif dans notre pays. »
Mme Clara Chappaz (ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique)
« Je souhaite vous assurer du soutien plein et entier du gouvernement à ce texte, qui entend mieux réprimer les actes de pédocriminalité. Je tiens à saluer le député Naegelen et l’ensemble des députés qui ont conduit à faire avancer la réflexion sur ce sujet. »
Mme Soumya Bourouaha GDR
« Je serai brève pour que nous puissions voter. Bien entendu, le groupe GDR soutient pleinement l’objectif de cette proposition de loi, qui va permettre que les infractions soient constituées, même lorsque la victime est un enquêteur se faisant passer pour un mineur. »
M. Pierre Cazeneuve EPR
« Le groupe Ensemble pour la République votera pour ce texte, comme il l’a fait en commission. Il contient des avancées majeures et comble un vide juridique, ce qui nous permettra de poursuivre les pédocriminels en nous appuyant sur le développement de nouvelles techniques d’enquête. »
Mme Catherine Hervieu ECOS
« Pour compléter ce qui vient d’être dit par les uns et les autres, la lutte contre la pédocriminalité doit devenir une vraie priorité nationale. »
M. Éric Martineau DEM
« Inutile de vous dire que le groupe Les Démocrates votera en faveur de ce texte. En effet, cette proposition de loi va permettre de combler un vide juridique et de nous assurer que les pédocriminels soient bien condamnés pour leurs actes. »
Mme Agnès Firmin Le Bodo HOR
« Protéger les enfants et lutter contre la pédocriminalité est une lutte de tous les instants. Cette proposition de loi vise à apporter un complément de rédaction au code pénal, afin de combler un vide juridique auquel font actuellement face les policiers et les gendarmes, dans le cadre des enquêtes s… »
M. Paul Molac LIOT
« Je remercie tous les collègues de nous avoir soutenus lors de cette niche parlementaire, où nous aurons fait adopter quatre propositions de loi, ce qui n’est pas rien. »

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Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

6 amendements examinés en commission, dont 3 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 6 amendements y ont été déposés, dont 3 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote).

3 adoptés1 rejetés2 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

Deux groupes ont déposé des amendements en commission : EcoS (4 déposés, 1 adopté) et LIOT (2 déposés, 2 adoptés).

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

2 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1372 ↗

Les 2 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Étend les peines pour la corruption de mineurs ou de personnes se présentant comme telles via les réseaux électroniques. 33 com. / 0 séance

    Étend les peines pour la corruption de mineurs ou de personnes se présentant comme telles via les réseaux électroniques.

    3 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 6 mois sur les risques de l'intelligence artificielle en pédocriminalité.

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 6 mois sur les risques de l'intelligence artificielle en pédocriminalité.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue