L'article premier de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux

Proposition de loi Protection de l'enfance Initiative parlementaire
79 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 70 voix franchi. 8 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 25 %

Le parcours du texte

  1. 18 novembre 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 26 janvier 2026 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 31 mars 2026 1re lecture Sénat Modifié
  4. 21 juillet 2026 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Accord
  5. 14 août 2026 Conseil constitutionnel Non conforme

Ce que change ce texte

Le texte prévoit l'insertion d'une section dédiée à la protection des mineurs en ligne dans une loi existante, obligeant les fournisseurs de réseaux sociaux à respecter des obligations spécifiques. Il modifie les peines pénales pour certaines infractions liées à la protection des mineurs, renforce les dispositions sur la sensibilisation à l'interdiction du harcèlement numérique dans les établissements scolaires, et impose au gouvernement de rendre un rapport sur le respect des obligations réglementaires par les plateformes. Enfin, il introduit une nouvelle infraction pénale liée à la négligence parentale en cas d'utilisation inadaptée des outils numériques par les mineurs.

Les principaux moyens du texte

  • Interdire l'inscription des moins de quinze ans aux réseaux sociaux

    Les fournisseurs de services de réseaux sociaux exerçant en France refusent l'inscription des mineurs de quinze ans et suspendent dans les meilleurs délais les comptes déjà détenus par eux, l'âge des utilisateurs étant vérifié par des solutions conformes à un référentiel de l'Arcom établi après consultation de la Cnil (nouvel article 6-9 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique).

  • Alourdir la peine d'interdiction d'utiliser un réseau social

    À l'article 131-35-1 du code pénal, la durée de cette peine complémentaire passe de six mois à un an et d'un an à deux ans, et le montant de 75 000 euros mentionné à l'avant-dernier alinéa est porté à 150 000 euros.

  • Imposer une information sanitaire dans les publicités pour les réseaux sociaux

    Deux nouveaux articles L. 2133-3 et L. 2133-4 du code de la santé publique imposent aux messages publicitaires en faveur des réseaux sociaux de contenir une information à caractère sanitaire.

  • Étendre aux lycées l'encadrement du téléphone portable

    À l'article L. 511-5 du code de l'éducation, la mention des écoles et des collèges est remplacée par une rédaction qui vise aussi les lycées, et le deuxième alinéa est supprimé.

  • Élargir la sensibilisation scolaire au numérique

    La formation prévue au deuxième alinéa de l'article L. 312-9 du code de l'éducation comporte une sensibilisation au harcèlement commis dans l'espace numérique, à la sobriété numérique et aux enjeux de santé mentale liés à l'usage des outils numériques.

  • Faire de la négligence numérique des parents un délit

    L'article 227-17 du code pénal est complété : une négligence grave dans la protection de la santé et de la sécurité de son enfant liée à un usage excessif, inadapté ou non surveillé des outils numériques devient constitutive du délit qu'il prévoit, trois ans après la promulgation.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM91EPR34HOR49DR16UDDPLR122RN10NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0220
Gauche Démocrate et Républicaine200
Écologiste et Social611
Socialistes et apparentés307
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Les Démocrates600
Ensemble pour la République5500
Horizons & Indépendants900
Droite Républicaine800
Union des droites pour la République400
Rassemblement National1900
Non inscrit200

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

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Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Laure Miller (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Elles s’appelaient Marie, Charlize, Emma, Pénélope, Lilou et il y en a tant d’autres. Ces jeunes filles – et ces jeunes garçons aussi – avaient la vie devant eux. Pourtant, ils se sont donné la mort dans leur chambre, après avoir vu un tutoriel morbide sur TikTok. »
M. Édouard Geffray (ministre de l’éducation nationale)
« Je me concentrerai sur la deuxième partie de la proposition de loi, à savoir l’interdiction du téléphone portable au lycée. L’école a deux missions fondamentales : instruire et protéger. »
Mme Anne Le Hénanff (ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique)
« Lorsque la puissance publique a connaissance d’un risque avéré pour les enfants, elle n’a pas le droit d’attendre ; il nous appartient d’agir pour les générations présentes et à venir. »
M. Alexandre Portier (président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Nous sommes au cœur d’une bataille ou plutôt, devrais-je dire, d’une guerre, celle de l’attention. Dans cette guerre, nos enfants, depuis trop d’années, sont devenus des proies pour les géants du numérique, les plateformes, les réseaux sociaux, les fabricants de téléphones portables. »
M. Thierry Perez RN
« Rejeter ce texte avant même d’en débattre, ce serait refuser à la représentation nationale de poser les vrais mots sur les vrais blocages. Sur ce sujet, il y a un problème de souveraineté. »
M. Rodrigo Arenas LFI
« Il semblerait que nous soyons d’accord sur un constat global. Oui, l’arrivée des smartphones a bouleversé notre quotidien, nous rendant toutes et tous addicts à leur usage. Oui, l’overdose d’écrans est toxique pour les enfants comme pour les adultes. »
M. Thierry Sother SOC
« Depuis des années, les effets délétères des réseaux sociaux sur la santé mentale, en particulier celle des plus jeunes, sont établis, documentés, démontrés par les professionnels de santé comme par les chercheurs. Le diagnostic est clair et le consensus large. »
Mme Lisa Belluco ECOS
« Oui, la surexposition de nos enfants aux écrans est un problème sanitaire majeur, que nous devons prendre au sérieux. Oui, la santé mentale de nos enfants devrait être un sujet central de nos débats et je déplore qu’on n’en débatte pas plus souvent. »
M. Erwan Balanant DEM
« Je viens d’écouter M. Boyard avec beaucoup d’attention et un peu d’amusement. Pendant quinze minutes, vous avez à peine parlé du sujet et à peine évoqué les jeunes de 15 ans ou moins. C’est pourtant d’eux qu’il est question. »
M. Laurent Marcangeli HOR
« Or ses constats et ses conclusions étaient proches de ceux du texte que nous avons à débattre aujourd’hui. Peut-être avez-vous changé d’avis ; si c’est le cas, j’espère que vous nous expliquerez pourquoi. »
M. Joël Bruneau LIOT
« La proposition de loi tend à répondre à une préoccupation majeure, devenue même centrale : l’usage des réseaux sociaux par les enfants et les adolescents. Le problème n’épargne personne. »
Mme Soumya Bourouaha GDR
« Cette proposition de loi se voulait plus ambitieuse que le projet de loi rédigé et soutenu par le gouvernement. Il ressort cependant de nos travaux en commission une grande déception : cinq des sept articles ont été supprimés, au point de vider largement le texte de sa substance. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

134 amendements examinés en commission, dont 15 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires culturelles et éducation. 134 amendements y ont été déposés, dont 15 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 15 adoptions qui est arrivé en séance, où 131 amendements de plus ont été discutés.

15 adoptés22 rejetés48 tombés7 retirés11 non soutenus31 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 1 sur 11 9 %
  • GDR aucun sur 6 0 %
  • EcoS 2 sur 33 6 %
  • SOC 1 sur 15 7 %
  • LIOT aucun sur 5 0 %
  • DEM 2 sur 6 33 %
  • EPR 9 sur 22 41 %
  • HOR aucun sur 10 0 %
  • DR aucun sur 23 0 %
  • RN aucun sur 3 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

17 décembre 2025 Affaires culturelles et éducation Table ronde nomination rapporteur PPL 217 Compte rendu ↗
13 janvier 2026 Affaires culturelles et éducation Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

10 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2341 ↗

Les 10 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Description : Interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sauf exceptions, avec dates d'effet dont une pour les comptes existants, contrôle d'un régulateur et restrictions commerciales. 8736 com. / 51 séance

    Description : Interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans sauf exceptions, avec dates d'effet dont une pour les comptes existants, contrôle d'un régulateur et restrictions commerciales.

    87 amendements déposés sur cet article : 36 en commission, dont 1 adopté, puis 51 en séance, dont 6 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 1er bis Répute éditeurs les réseaux sociaux pour les contenus qu'ils recommandent par profilage à un compte identifié comme mineur, hors affichage strictement chronologique, et permet d'engager leur responsabilité.

    Répute éditeurs les réseaux sociaux pour les contenus qu'ils recommandent par profilage à un compte identifié comme mineur, hors affichage strictement chronologique, et permet d'engager leur responsabilité.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 bis A Interdit la publicité, directe ou indirecte, en faveur des réseaux sociaux en ligne destinée spécifiquement aux mineurs, y compris par des influenceurs ou des partenariats commerciaux.

    Interdit la publicité, directe ou indirecte, en faveur des réseaux sociaux en ligne destinée spécifiquement aux mineurs, y compris par des influenceurs ou des partenariats commerciaux.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 bis B Impose, dans la loi sur l'influence commerciale, que la promotion de services comme les réseaux sociaux porte une mention les disant dangereux pour les moins de 15 ans.

    Impose, dans la loi sur l'influence commerciale, que la promotion de services comme les réseaux sociaux porte une mention les disant dangereux pour les moins de 15 ans.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 bissupprimé 10 com. / 1 séance

    Texte de l'article

    (nouveau) (Supprimé)

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4supprimé 118 com. / 3 séance

    Texte de l'article

    (Supprimé)

    11 amendements déposés sur cet article : 8 en commission, dont 1 adopté, puis 3 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4 bissupprimé 60 com. / 6 séance

    Texte de l'article

    (nouveau) (Supprimé)

    6 amendements déposés sur cet article : 6 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 5supprimé 33 com. / 0 séance

    Texte de l'article

    (Supprimé)

    3 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 6 Oblige le règlement des lycées à fixer l'usage du téléphone, sinon interdit en cours sauf demande de l'enseignant et dans les couloirs, permis dans une zone de cour. 3114 com. / 17 séance

    Oblige le règlement des lycées à fixer l'usage du téléphone, sinon interdit en cours sauf demande de l'enseignant et dans les couloirs, permis dans une zone de cour.

    31 amendements déposés sur cet article : 14 en commission, dont 3 adoptés, puis 17 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 7supprimé 1616 com. / 0 séance

    Texte de l'article

    (Supprimé)

    16 amendements déposés sur cet article : 16 en commission, dont 5 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue