Ce que change le texte

  • Interdit les engrais phosphatés trop riches en cadmium.
  • Plafonne le cadmium à 40 mg par kilogramme dès 2027.
  • Abaisse ce plafond à 20 mg dès 2030.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté le 3 juin 2026 : 144 voix pour, 22 contre, 4 abstentions. Huit groupes ont voté pour, deux ont voté contre et un s’est partagé à égalité.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
44 pour, 0 contre, 0 abst.
4 pour, 0 contre, 0 abst.
32 pour, 0 contre, 0 abst.
21 pour, 0 contre, 0 abst.
2 pour, 0 contre, 0 abst.
11 pour, 0 contre, 1 abst.
20 pour, 0 contre, 1 abst.
8 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 1 contre, 1 abst.
0 pour, 2 contre, 0 abst.
0 pour, 19 contre, 1 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Les avis

Ce que disent les partisans et les opposants du texte, un camp par bande, toujours dans le même ordre. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

4 avis

Il soutient que des solutions existent, gisements pauvres en cadmium ou décadmiation, et que la décadmiation retenue par l'Office chérifien des phosphates entraînerait un surcoût de 2 euros par hectare et par an pour l'agriculteur ; il en conclut que l'argument d'une mise sous tension de l'approvisionnement en engrais phosphatés et celui de la compétitivité de l'agriculture française ne tiennent pas.

Les 3 autres avis

Elle présente le texte comme un bon compromis, avec un seuil de 40 milligrammes par kilogramme d'engrais phosphaté en 2027 puis de 20 milligrammes dès 2030, et conclut : « si cette victoire est politique, c’est d’abord une victoire de la société ».

Clémentine Autainco-auteureL'Après

Il rapporte que, selon l'étude Esteban de Santé publique France et le rapport de l'Anses publié le 25 mars, la concentration moyenne de cadmium dans l'organisme des Français double environ tous les dix ans, et que 47 % des adultes résidant en France présentent une contamination supérieure à la valeur recommandée.

Elle reproche à l'amendement de suppression défendu en séance de s'inscrire dans la même logique que la loi Duplomb et la loi d'urgence agricole, et rappelle que l'Anses alerte depuis 2011, que le cadmium est classé cancérogène depuis 2012 et que plus de 18 000 publications scientifiques établissent un lien entre ce produit et les cancers, les maladies rénales, les maladies cardiovasculaires ou l'infertilité.

Contre le texte

3 avis

Dénonce une nouvelle surtransposition française : les députés ont retenu des seuils purement français de 40 mg/kg dès 2027 puis de 20 mg/kg à partir de 2030, quand la réglementation européenne fixe 60 mg de cadmium par kilogramme de pentoxyde de phosphore. Pour le collectif, ce vote n'est ni une victoire de la science, ni une victoire de la santé publique, mais une victoire politique des tenants de la décroissance agricole. Il cite, pour la pomme de terre, plus de 2 600 analyses réalisées entre 2009 et 2024, montrant une teneur moyenne de 0,026 mg/kg dans les tubercules, près de quatre fois inférieure à la limite réglementaire européenne.

Collectif des producteurs de grandes culturesAGPB, AGPM, CGB, FOP, UNPT
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Les 2 autres avis

Estime que la santé doit être prioritaire sur toutes les mesures prises, mais qu'il vaudrait mieux viser dans un premier temps le niveau européen de 60 mg/kg, afin de ne pas créer de distorsion de concurrence avec les autres pays européens. Il rappelle que ce sont les producteurs d'engrais phosphatés, et non les agriculteurs, qui sont à l'origine de ces teneurs, et demande qu'ils les abaissent au plus vite.

Yohann Barbevice-président de la FNSEA
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Il expose le calendrier du gouvernement : 60 milligrammes par kilogramme de phosphate au 1er janvier 2027, 40 milligrammes au 1er janvier 2030, puis une diminution jusqu'à 20 milligrammes dont la date d'application, comprise entre 2032 et 2038, serait fixée par une étude dédiée en 2032 ; il juge qu'une trajectoire prématurée alourdirait les coûts des filières agricoles et fragiliserait la souveraineté alimentaire.

Mathieu LefèvreEPRministre délégué chargé de la Transition écologique

Réserves et nuances

1 réserve

Dans son expertise collective publiée le 25 mars 2026, l'agence indique que 47 % des adultes et environ un enfant sur cinq dépassent les seuils critiques d'imprégnation, les principales sources alimentaires étant le pain, les pâtes, les céréales du petit-déjeuner, les biscuits, le riz et les pommes de terre, la contamination des sols provenant notamment d'engrais phosphatés minéraux importés. L'ANSES réclame depuis 2019 (avis n° 2015-SA-0140 du 17 juin 2019) un abaissement du seuil à 20 mg de cadmium par kilogramme de pentoxyde de phosphore.

ANSESAgence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail
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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • Nouvel articleCrée un article L. 255-2-1 dans le code rural et de la pêche maritime encadrant le cadmium des engrais phosphatés.
  • Engrais visésCible les engrais inorganiques ou organo-minéraux phosphatés au sens du règlement (UE) 2019/1009 sur les fertilisants.
  • InterdictionInterdit ces engrais dès que les valeurs limites de teneur en cadmium fixées par la loi sont dépassées.
  • ImportationL’importation des engrais phosphatés trop chargés en cadmium est interdite.
  • CommercialisationInterdit la détention en vue de la mise sur le marché, la vente et la distribution à titre gratuit de ces engrais.
  • UtilisationL’utilisation de ces engrais dépassant les seuils est également prohibée.
Les 10 mesures (4 de plus)
  • Seuil 2027Fixe une limite de 40 milligrammes de cadmium par kilogramme d’anhydride phosphorique (P2O5) à compter du 1er janvier 2027.
  • Seuil 2030Abaisse le plafond à 20 milligrammes par kilogramme de P2O5 à compter du 1er janvier 2030.
  • Enjeu sanitaireVise à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation.
  • DécretRenvoie à la voie réglementaire le soin de définir les conditions d’application du dispositif.

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Cochrane (Frazer et al.) Sujet connexe
revue systématique, 77 études dans 21 pays ↗

Les lois interdisant de fumer dans les lieux publics réduisent l'exposition au tabagisme passif et, selon la plupart des études recensées, font baisser les hospitalisations pour infarctus et accidents coronariens (ainsi que les AVC) ; les effets sur la santé respiratoire et périnatale sont moins constants.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 5 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Benoît Biteau (rapporteur de la commission des affaires économiques)
« Nous abordons un texte majeur pour la santé publique, puisqu’il porte sur la contamination au cadmium. Vous avez pu constater l’importance de ce sujet en lisant le rapport que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié le 25 mars. »
M. Mathieu Lefèvre (ministre délégué)
« La question qui nous réunit aujourd’hui, celle de l’abaissement des teneurs en cadmium dans les sols, s’y rattache directement, et je me réjouis que nous puissions en débattre avec le sérieux et la rationalité qu’elle exige. »
M. Stéphane Travert (président de la commission des affaires économiques)
« Notre assemblée examine aujourd’hui en séance publique une proposition de loi abordant un sujet sensible : celui de la présence de résidus de cadmium dans notre alimentation et du lien entre ces résidus et l’utilisation de certains engrais. »
M. Julien Brugerolles GDR
« Après l’alerte lancée par les médecins libéraux en juin 2025, dans une lettre adressée au gouvernement, et celle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire en mars, notre assemblée se saisit enfin, grâce à la ténacité de nos collègues Benoît Biteau et Clémentine Autain, de la problématique majeure… »
M. Olivier Fayssat UDDPLR
« Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans certains sols, notamment ceux qui sont calcaires. Cette molécule est très toxique pour le corps humain, qui ne l’élimine que très lentement. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

1 amendement adopté en commission sur 12 déposés, 1 article modifié ; 2 réunions de commission. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires économiques

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires économiques. 12 amendements y ont été déposés, dont 1 adopté (qui a modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de cette adoption qui est arrivé en séance, où 30 amendements de plus ont été discutés.

1 adoptés6 rejetés3 tombés2 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 2 0%
  • EcoS 1 sur 1 100%
  • DEM aucun sur 1 0%
  • EPR aucun sur 2 0%
  • HOR aucun sur 1 0%
  • DR aucun sur 4 0%
  • RN aucun sur 1 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

27 mai 2026 Affaires économiques Examen du texte Compte rendu ↗
2 juin 2026 Affaires économiques Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article, 7 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2839 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 7 amendements au total.

  • Article unique Interdit les engrais inorganiques ou organo-minéraux phosphatés dépassant 40 milligrammes de cadmium par kilogramme d'anhydride phosphorique à partir de 2027, puis 20 milligrammes à partir de 2030. 3810 com. / 28 séance

    Interdit les engrais inorganiques ou organo-minéraux phosphatés dépassant 40 milligrammes de cadmium par kilogramme d'anhydride phosphorique à partir de 2027, puis 20 milligrammes à partir de 2030.

    38 amendements déposés sur cet article : 10 en commission, dont 1 adopté, puis 28 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Hors article Sous-amendements et votes non rattachés à un article 8votes

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue