Amendement de Mme Legrain (LFI-NUPES) · art. 2

75 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 64 voix non atteint. 1 abstention.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 22 %

Amendement n° 354 · ART. 2, déposé par Mme Legrain LFI-NFP +70 cosignataires.

L'essentiel : Les moyens et l’action d’instances comme le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes auraient été évalués par l’Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales, résultats inclus dans son rapport annuel.

Texte exact de l'amendement

I. – Compléter l’alinéa 2 par la phrase suivante : « Elle évalue à ce même titre les moyens humains et financiers ainsi que l’action des instances qui concourent à la prévention des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales et à la lutte contre celles-ci. » II. – En conséquence , après l’alinéa 6, insérer l'alinéa suivant : « Elle évalue les moyens humains et financiers ainsi que l’action des instances dont l’objet est la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales, telles que le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains, au regard de l’effectivité de leurs missions respectives. Les résultats de cette évaluation sont intégrés au rapport mentionné au quatrième alinéa du présent article. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, le groupe de la France Insoumise souhaite élargir la mission de l’Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales créée à l’article 2 de cette proposition de loi. L’évaluation de l'efficacité des politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et intrafamiliales ne saurait se limiter aux dispositifs législatifs et réglementaires : elle doit aussi porter sur les instances qui concourent à leur mise en œuvre, notamment le HCE ou la MIPROF. L’Autorité doit notamment pouvoir évaluer si les moyens humains et financiers alloués à ces instances sont suffisants pour leur permettre d’assurer pleinement leurs missions respectives. Le présent amendement prévoit que les résultats de cette évaluation soient intégrés au rapport annuel prévu par l’article.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 11 août 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. à venir Adoption définitive
  3. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  4. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte propose de modifier le code pénal pour définir plus précisément les violences intrafamiliales. Il crée une Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales, chargée d’évaluer les dispositifs de prévention et de lutte. Il renforce les règles de procédure pénale pour garantir une enquête minimale dans les affaires de violences sexuelles, sexistes ou intrafamiliales. Un tribunal correctionnel spécifique est institué pour traiter ces types de crimes. Enfin, des dispositions sont prises pour assurer une expertise adaptée dans les cas de danger liés à ces violences.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS67SOC23LIOT37DEM90EPR34HOR47DR17UDDPLR118RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire2100
Gauche Démocrate et Républicaine201
Écologiste et Social800
Socialistes et apparentés0220
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires040
Les Démocrates050
Ensemble pour la République0230
Horizons & Indépendants070
Droite Républicaine0100
Union des droites pour la République020
Rassemblement National0220
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 354 en séance (Réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Sarah Legrain LFI
« Il s’agit d’ajouter aux missions de l’Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales l’évaluation des autorités existantes, comme le HCE ou la Miprof, dont le lien avec l’autorité que nous créons est un peu flou, et dont nous soulignons le manque de moyens – en particulier pour le HCE. Madame la ministre, vous avez fini par répondre à nos nombreuses interpellations relatives aux questions budgétaires en nous disant que vous feriez une évaluation à la fin de l’examen du texte, mais j’aimerais vous entendre maintenant au sujet du budget du HCE. Vous avez peut-être quelque chose à nous dire à ce sujet ! Y a-t-il, oui ou non, une crise au sein du HCE ? »
Mme Céline Thiébault-Martinez (rapporteure générale)
« L’évaluation de la Miprof et du HCE ne peut pas être faite par une autorité indépendante puisque ce sont des structures qui sont rattachées au gouvernement. […] Ce sont des corps d’inspection qui procèdent à leur évaluation. Avis défavorable. »
Mme Aurore Bergé (ministre déléguée)
« Je crois qu’on est chez Kafka, mais je préfère le lire que le voter ! Vous proposez qu’une autorité évalue d’autres autorités : c’est ce qui est écrit noir sur blanc dans votre amendement. Honnêtement, j’avoue ne pas comprendre l’efficacité du dispositif que vous proposez. Je tiens par ailleurs à rendre hommage à l’ensemble des membres du HCE, qui ont été renouvelés récemment et qui font un travail exemplaire et utile. Vous savez d’ailleurs que les partenaires sociaux nomment en toute liberté les membres qui leur sont rattachés et que les parlementaires qui y siègent représentent la diversité de cet hémicycle – la preuve, c’est que vous en faites vous-même partie, madame Legrain. »
Mme Sarah Legrain LFI
« Vous nous dites que Bérangère Couillard mène ses missions « dans les meilleures conditions possibles ». Ce n’est pas son avis : quels que soient les désaccords que je peux avoir, et que j’ai effectivement, avec Mme Couillard et sa façon de gérer le HCE, je peux vous dire qu’elle a d’énormes problèmes de budget et qu’elle justifie elle-même la fusion de certaines commissions par ces problèmes budgétaires. Vous dites qu’il faut rendre hommage à tous les membres du HCE : je n’ai aucun problème à le faire, étant moi-même membre de cette instance. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Pouria Amirshahi ECOS
« Je me réjouis que les dispositions de l’article 4 figurent dans le texte. Il s’agit de donner corps à ce qui manquait jusque-là, la précision des actes d’enquête nécessaires pour engager, conduire et conclure les investigations concourant à l’établissement de la vérité, mais aussi pour protéger les… »
Mme Caroline Parmentier RN
« Le Rassemblement national partage l’objectif de l’article 4 : nous devons armer notre droit d’un socle d’actes d’enquête adapté à la réalité des violences sexuelles, afin de mieux répondre aux plaintes et d’éviter tant de classements sans suite. »
Mme Isabelle Rauch HOR
« Le groupe Horizons & indépendants soutient pleinement l’article 4, qui vise à se réapproprier le temps et à mobiliser les moyens de la justice au service d’un message simple : « Nous vous écoutons, nous vous croyons, nous nous en occupons. »
Mme Gabrielle Cathala LFI
« Certains ont découvert, après l’infanticide de Lyhanna, que 70 % des plaintes pour viol sur mineur n’étaient suivies d’aucun acte d’enquête – aucune audition, aucun prélèvement, aucune confrontation, aucune enquête d’entourage, rien. »
Mme Florence Herouin-Léautey SOC
« Je voudrais dire tout l’attachement des députés du groupe Socialistes et apparentés à cet article. Ce n’est qu’à condition de créer un socle minimal d’actes d’enquête que nous mettrons fin à tous ces classements sans suite qui sont un calvaire pour les victimes et contribuent à la reproduction des v… »
Mme Marie-Charlotte Garin (rapporteure de la commission spéciale)
« J’en profite pour rappeler le contenu de l’article et ce que nous avons voté en commission. L’article 4 tend à créer un socle minimal d’actes d’enquête auxquels procéder à chaque fois qu’une affaire de violences sexistes, sexuelles ou intrafamiliales se présente. »
Mme Émilie Bonnivard DR
« Cet amendement me pose un vrai problème. Dans un territoire de montagne comme le mien, où l’on trouve plusieurs salles Mélanie mais une seule Uaped, cela signifierait que des enfants habitant au fin fond de la vallée de la Maurienne – la plus grande des Alpes – devraient faire 120 kilomètres pour êt… »
Mme Karine Lebon GDR
« Une perquisition obligatoire sauf quand les enquêteurs ne la jugent pas nécessaire : facultative, donc ! Quel sens pensez-vous qu’il faille donner aux mots « socle minimal d’actes d’enquête » ? On voudrait protéger les agresseurs qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! »
Mme Caroline Yadan EPR
« Si vous voulez que l’on parle du budget, parlons-en. Dans la loi de finances pour 2025, 50 millions d’euros étaient prévus en faveur des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance, ainsi que 100 millions d’euros pour les mineurs non accompagnés – financement exceptionnel. »
Mme Constance de Pélichy LIOT
« L’article 4 bis permet aux militaires victimes de violences sexuelles de pouvoir voir leurs plaintes instruites directement par le procureur, sans avoir besoin d’un avis du ministre des armées. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

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