Amendement du Gouvernement · art. 10

82 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 77 voix non atteint. 6 abstentions.
MajoritaireBloc fracturé
Participation 28 %

Amendement n° 1273 · ART. 10, déposé par le Gouvernement.

L'essentiel : Pour sécuriser juridiquement l’article 10, selon l’exposé, le Gouvernement proposait que l’office anti-cybercriminalité agisse sur la base d’une décision judiciaire contre les sites miroirs reprenant des contenus intimes diffusés sans consentement.

Texte exact de l'amendement

I. – Supprimer les alinéas 5 à 18. II. – En conséquence, compléter cet article par les trois alinéas suivants : « 3° Le premier alinéa de l’article 6‑4 est ainsi modifié : « a) après le mot : « propre », sont insérés les mots : « à suspendre l’accès à un contenu ou à » ; « b) il est complété par les mots : « , en dépit de l’information qui lui est donnée de l’existence de ladite décision judiciaire exécutoire. ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Pour sécuriser juridiquement l’article 10, le présent amendement vise à modifier les modalités d’intervention de l’office anti-cybercriminalité (OFAC) dans la lutte contre les contenus intimes diffusés en ligne. Une personne victime de la diffusion d’images, de paroles ou de montages à caractère sexuel peut saisir le juge aux fins d’obtenir le blocage d’un site ou son déréférencement. Toutefois, lorsqu’un site est bloqué, il arrive que des sites miroirs soient créés, ce qui multiplie les possibilités d’accès au contenu. À partir d’une décision judiciaire, l’OFAC aura désormais la possibilité d’empêcher l’accès aux sites qui reprennent les images et les paroles à caractère sexuel diffusées sans consentement (article 226-2-1 du code pénal) ainsi que les montages à caractère sexuel diffusés sans consentement (article 226-8-1 du code pénal). En l’état, l’article 10 de la proposition de loi prévoit l’extension de la procédure administrative prévue à l’article 6-1 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) aux contenus relevant des articles 226-2-1 et 226-8-1 du code pénal. Cette procédure permet à l’office anti-cybercriminalité (OFAC) de prononcer une injonction de déréférencement ou de blocage de site en cas de diffusion de contenus pédopornographiques ou terroristes, d’images de torture ou d’actes de barbarie, ou de contenus relatifs…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 11 août 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. à venir Adoption définitive
  3. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  4. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte propose de modifier le code pénal pour définir plus précisément les violences intrafamiliales. Il crée une Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales, chargée d’évaluer les dispositifs de prévention et de lutte. Il renforce les règles de procédure pénale pour garantir une enquête minimale dans les affaires de violences sexuelles, sexistes ou intrafamiliales. Un tribunal correctionnel spécifique est institué pour traiter ces types de crimes. Enfin, des dispositions sont prises pour assurer une expertise adaptée dans les cas de danger liés à ces violences.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS67SOC23LIOT37DEM90EPRdivisé34HOR47DR17UDDPLR118RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0110
Gauche Démocrate et Républicaine030
Écologiste et Social070
Socialistes et apparentés0330
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires130
Les Démocrates120
Ensemble pour la République1693
Horizons & Indépendants302
Droite Républicaine0121
Union des droites pour la République040
Rassemblement National0460
Non inscrit110
Mises au point de vote 3

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1273 en séance (Réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Didier Berger (ministre délégué)
« Je veux réagir aux propos de Mme Legrain. La question des moyens de Pharos est posée car nous n’avons cessé d’accroître nos demandes envers cette structure devenue très efficace. Au début, elle ne traitait que les contenus pédopornographiques. S’y sont ajoutés les contenus terroristes, puis les actes de barbarie ou de torture et, dernièrement, la cession ou l’offre de stupéfiants. »
Mme Marie-Charlotte Garin (rapporteure)
« Nous abordons un point important de nos débats, sur lequel ma collègue Émilie Bonnivard – qui sera rapporteure des articles sur la cyberviolence – et moi-même avons beaucoup travaillé. Nous faisons face à un fléau, l’augmentation des violences numériques, auquel nous ne sommes pas prêts. Je n’ai pas d’autres mots pour le dire : nous avons un immense trou dans la raquette. De nombreux contenus sont diffusés sans consentement, de sorte que vous pouvez retrouver sur internet des images de vous, nu, en train d’avoir des rapports sexuels, voire de vous faire violer. Il n’est pas donc pas acceptable que la mise en œuvre de la seule réponse dont nous disposons aujourd’hui prenne si longtemps. »
Mme Émilie Bonnivard DR
« Mme la rapporteure a parfaitement répondu, monsieur le ministre. Nous changeons de paradigme : l’illicéité est fondée sur le signalement que la personne adresse à Pharos, sachant qu’il est aujourd’hui interdit de diffuser à des tiers des contenus à caractère sexuel sans le consentement de la personne. Le dispositif proposé diffère de ce qui existe actuellement, certes, mais en quoi serait-il inconstitutionnel ? En revanche, la question des moyens alloués à cette plateforme se pose. Nous devons agir très rapidement car ce sont la sécurité, la santé physique, l’intégrité physique et morale de nos enfants qui sont en jeu. »
M. Éric Bothorel EPR
« Je crains que le gouvernement ait raison et que nous risquions d’être confrontés à des problèmes de conciliation avec le droit européen, notamment avec le règlement sur les services numériques (DSA). Je partage en tous points ce qui a été dit touchant les limites qui sont aujourd’hui atteintes en matière de modération. On s’en est aperçu en début d’année lorsque Twitter nous a invités à pratiquer le « sport national » consistant à déshabiller virtuellement des jeunes femmes, laissées en bikini : des millions de contenus ont été produits en quelques jours. Le système de modération a posteriori atteint ici ses limites. »
M. Jean-Didier Berger (ministre délégué)
« Que nous adoptions la rédaction de la commission ou celle du gouvernement, nous ne serons pas en état de bloquer de très grandes plateformes, X par exemple. Nous ne proposons pas de ne rien faire. Au contraire, notre objectif est de permettre à Pharos de retirer des contenus et d’éviter que son action ne tombe sous le coup d’une accusation d’inconstitutionnalité, ce qui se produirait en cas de saisine directe de cette plateforme et nous ramènerait au point où nous en sommes aujourd’hui. La disposition envisagée risque fort d’être censurée par le Conseil constitutionnel ou de tomber à la suite d’une question prioritaire de constitutionnalité postérieure. »
Mme Marie-Charlotte Garin (rapporteure)
« Pour répondre aux objections qui ont été soulevées, je rappelle que l’article 9 du DSA laisse une marge de manœuvre aux États quant au choix des autorités administratives émettant l’injonction de retrait. Qui plus est, nous avons repris une procédure déjà validée par ce règlement. Nous nous sommes vraiment efforcées de proposer une écriture qui diffère de la première version et nous sommes appuyées sur deux infractions bien définies dans le code pénal, afin de répondre à toutes les difficultés relatives à la jurisprudence du Conseil constitutionnel qu’avait soulevées le Conseil d’État. En tant que législateurs, nous ne pouvons pas faire mieux. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Perrine Goulet DEM
« Pour qu’un enfant parle des violences qu’il subit, il faut dans un premier temps qu’il ait conscience d’être victime de violences. La généralisation des programmes Evar et Evars d’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité, devrait nous y aider. »
Mme Constance de Pélichy LIOT
« Avec cet article 30, nous cherchons à mieux repérer les 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, en nous appuyant sur le fait qu’ils sont tous scolarisés dans nos écoles pour mieux détecter les violences subies et pouvoir ensuite les accompagner. »
Mme Karine Lebon GDR
« Monsieur le ministre, vous êtes particulièrement attendu sur cet article. Lors de nos travaux d’écriture, nous avions tenté de trouver une solution pour protéger un enfant qui ne sait pas encore dire qu’il est victime. »
Mme Violette Spillebout EPR
« Je tiens d’abord à saluer les amendements du rapporteur, de la rapporteure générale et de plusieurs de nos collègues qui proposent de rétablir le caractère obligatoire de l’entretien individuel annuel avec l’enfant dans le cadre scolaire. »
Mme Gabrielle Cathala LFI
« Nous en arrivons à l’article 30, qui constitue la mesure centrale du texte en matière de détection et de prévention. Cet entretien individuel a vocation à être obligatoire pour tous les élèves, de la maternelle jusqu’à la terminale ; il doit être mené par des adultes formés. »
M. Arnaud Bonnet ECOS
« L’article 30 est sans doute l’un des plus concrets et des plus attendus de ce texte, parce qu’il nous met face à nos responsabilités et à la réalité de l’engagement que nous affirmons prendre avec ce texte. »
Mme Florence Herouin-Léautey SOC
« Cet article constitue la mesure phare de prévention de cette proposition de loi intégrale. Il traduit dans la loi l’une des principales recommandations formulées par la Ciivise depuis 2022. Toutes les trois minutes, dans notre pays, un enfant est victime d’un viol ou d’une agression sexuelle. »
Mme Christine Loir RN
« Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Cela représente en moyenne trois enfants par classe. Face à ces chiffres, personne ne peut contester l’urgence d’agir. »
Mme Stella Dupont NI
« L’article 30 est très important. Nous sommes nombreux à défendre la proposition visant à prévoir un entretien annuel pour chaque enfant. Je propose un amendement de compromis. Il ne s’agit pas d’abandonner l’entretien annuel, car il est légitime d’aspirer à sa mise en œuvre immédiate. »
Mme Émilie Bonnivard DR
« L’article 30 est d’une importance vitale, pour reprendre les mots de M. le ministre, que je remercie de son engagement. Il constitue selon moi la pierre angulaire du texte, parce qu’il s’attaque au problème de la prévention, en vue d’empêcher les agressions – ou de s’en donner les moyens. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

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