Amendement de Mme Hamdane (LFI-NFP) · après art. 4

66 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 74 voix non atteint. 4 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 26 %

Amendement n° 736 · APRÈS ART. 4, déposé par Mme Hamdane LFI-NFP +69 cosignataires.

L'essentiel : Proposition rejetée : la rémunération des apprentis aurait de nouveau été exclue de l’assiette de la CSG, ses auteurs visant la suppression de la CSG et de la CRDS sur les revenus de ces jeunes.

Texte exact de l'amendement

I. – Le a du 1° du III de l’article L. 136‑1‑1 du code de la sécurité sociale est ainsi rétabli : « a) La rémunération des apprentis mentionnée à l’article L. 6221‑1 du code du travail ; ». II. – La perte de recettes pour la sécurité sociale est compensée, à due concurrence, par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, le groupe parlementaire La France insoumise souhaite supprimer la CSG/CRDS sur les revenus des apprentis. La jeunesse est devenue une condition sociale dont la caractéristique première est la précarité. Les jeunes subissent le délabrement de l’enseignement professionnel et/ou l’accès impossible aux études supérieures, la privation de revenus et la pauvreté qui l’accompagne, l’explosion des loyers sous l’effet de la spéculation immobilière. Une fois en activité, ils sont cantonnés à des emplois précaires et à des rémunérations faibles. Les apprentis sont évidemment concernés, eux qui sont rémunérés entre 25 % et 100 % du SMIC et sont âgés de 16 à 29 ans. Le nombre de contrats d’apprentissage a explosé en conséquence de la politique menée depuis 2018, qui consiste à arroser d’argent public les employeurs sans condition, pour qu’ils substituent des contrats d’apprentissage sous le SMIC à des emplois stables et mieux rémunérés, autrefois accessibles aux jeunes en sortie de formation. Il y a donc d’un côté des employeurs qui bénéficient de la réduction générale des cotisations, de l’ordre de 40 % du montant du salaire, pour leurs apprentis. Et de l’autre côté des apprentis qui depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, imposée par 49 al 3, doivent payer la CSG/CRDS sur l’intégralité de leur revenu. La macronie a ainsi prélevé 360 millions d’e…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire2100
Gauche Démocrate et Républicaine500
Écologiste et Social1100
Socialistes et apparentés1104
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires020
Les Démocrates060
Ensemble pour la République0160
Horizons & Indépendants070
Droite Républicaine0120
Union des droites pour la République040
Rassemblement National0500
Non inscrit020

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 736 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Louis Boyard LFI
« Il n’y a que vous pour croire que l’alternance a une bonne image auprès des jeunes ! Quand vous parlez d’alternance à un jeune, il pense directement au fait qu’il va galérer à en trouver une – surtout avec un taux de chômage des jeunes qui s’élève à 20 %. Pas une journée ne passe sans qu’un jeune vienne me supplier de lui donner une alternance. S’il n’en trouve pas, il ne pourra pas valider son année et aura perdu des années d’études pour rien. […] Vous parlez d’égalité en disant que les apprentis doivent payer des taxes comme les autres. Mais pourquoi sont-ils payés moins que les autres ? Simplement parce qu’ils sont jeunes ? Et vous venez nous parler d’égalité ? »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Les étudiants qui travaillent, ce n’est pas la même chose que les apprentis. Sur ce point, je suis d’accord avec M. Monnet, qui n’a pas pu le dire au micro mais dont j’ai entendu les exclamations tout à l’heure. Nous avons toutefois un problème de parité. Nous avons adopté tout à l’heure votre amendement – pour un coût d’environ 350 millions d’euros. […] Vous revenez à présent avec un autre amendement, qui est en quelque sorte déjà satisfait. […] Il vise simplement un autre code. Ce ne serait pas du tout cohérent. À un moment donné, il faut que nous travaillions sérieusement. Je vous invite à le retirer ; à défaut, avis défavorable. »
M. Louis Boyard LFI
« Vous comparez un apprenti et un étudiant salarié qui, lui, paie des cotisations. Mais le problème de fond, c’est qu’un étudiant salarié est payé moins que le smic. Et je prends le smic comme un revenu qui permet de vivre, alors qu’en vérité, ce n’est même pas le cas. Pour un apprenti, c’est exactement la même chose ! C’est pourquoi des millions de jeunes vivent dans la pauvreté : quand ils font des études, ils ne perçoivent que la moitié d’un salaire ; quand ils sont apprentis, ils perçoivent beaucoup moins qu’un salaire. S’ils ne peuvent pas compter sur la solidarité de leur famille, ces jeunes vivent dans la misère. Ce sont eux que vous voyez dans les distributions alimentaires. »
Mme Prisca Thevenot EPR
« Monsieur Boyard, j’écoute avec beaucoup d’attention votre argumentaire, qui revient finalement à pleurer sur les conséquences des causes que vous chérissez. Vous dites qu’il faut mieux rémunérer les salariés, lutter contre le chômage des jeunes, augmenter le montant des indemnités des apprentis, instaurer un revenu universel – peu importe. J’ai envie de vous dire « OK », mais à ce moment-là, commencez par arrêter de taper matin, midi et soir sur les entreprises françaises, sur celles et ceux qui prennent des risques et qui entreprennent, qui permettent de créer des emplois, de la valeur et de la richesse, et de dégager des marges pour faire précisément ce que vous réclamez. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Arnaud Simion SOC
« Il vise à mettre à contribution les superprofits, c’est-à-dire les profits exceptionnels réalisés par les très grandes entreprises. Cette contribution serait progressive, avec des taux de 20, 25 et 33 %, et toucherait les entreprises réalisant plus 750 millions de chiffre d’affaires. »
M. Édouard Bénard GDR
« La somme globale des bénéfices nets du SBF 120, un indice qui recense les 120 plus grosses capitalisations françaises, est estimée pour 2025 aux alentours de 89 milliards d’euros – oui, 89 milliards d’euros ! »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Cet amendement propose une taxe sur les superprofits des entreprises pharmaceutiques qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions d’euros – cela ne fait pas pleurer dans les chaumières ! Pour donner un ordre de grandeur, Sanofi a dégagé en 2025 un bénéfice de 8 milliards d’euros. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Décidément, aujourd’hui est le jour le plus long pour les taxes et les cotisations. Monsieur Simion, monsieur Bénard, vos amendements avaient été rejetés en commission et pour les raisons déjà évoquées précédemment, mon avis sera défavorable. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Cet amendement a été déposé par ma collègue Sandrine Rousseau. Dans les quinze années à venir, la France connaîtra le plus grand transfert de richesse de son histoire. La génération du baby-boom arrive malheureusement en fin de vie et transmettra près de 9 000 milliards d’euros à ses descendants. »
M. Christophe Bentz RN
« Nous rebondissons peu sur ces nombreux amendements de la gauche, dont les marottes reviennent tous les ans. Vous nous proposez là une litanie de contributions, c’est-à-dire de taxes, sur les établissements privés en tout genre, établissements de santé et Ehpad. »
M. Jean-François Rousset EPR
« Je fais partie des quatre membres de la commission qui auditionne les experts en intelligence artificielle, et dans le cadre de nos travaux je ne crois pas avoir entendu ce que vous rapportez, monsieur Davi ; j’ai plutôt entendu que cela allait bouleverser le marché de l’emploi. »
Mme Océane Godard SOC
« Eh bien, oui, à gauche, la justice fiscale et la justice sociale sont des marottes que nous ne lâcherons pas ! Je vais prendre un exemple un peu trivial. Vous fêtez votre anniversaire et vous êtes six à table. »
M. Maxime Michelet UDR
« Sans surprise, l’Union des droites pour la République ne votera en faveur d’aucune de ces augmentations de taxe. Dans le pays le plus taxé d’Europe, vous avez toujours cette lubie : taxer, taxer, taxer ! (Mme Ségolène Amiot s’exclame.) Rien ne vous étonnera. »
M. Laurent Mazaury LIOT
« Fermer une maternité privée ou un service de maternité au sein d’un hôpital lui-même privé, ne fait disparaître ni les besoins des familles ni ceux des parturientes : les accouchements, donc les contraintes et les dépenses, sont reportés sur les hôpitaux publics. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Nous assistons à une séquence incroyable. Nous parlons de salariés dont l’indemnité de départ est supérieure à 50 000 euros : il ne s’agit pas du licencié lambda. »

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Pour aller plus loin

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