Amendement de Mme Hamdane (LFI-NFP) · art. 7

75 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 55 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 19 %

Amendement n° 1293 · ART. 7, déposé par Mme Hamdane LFI-NFP +69 cosignataires.

L'essentiel : Heures supplémentaires : l’amendement proposait d’abroger l’article L. 241-18 du code de la sécurité sociale, qui porte selon ses auteurs une exonération de cotisations sur ces heures, jugée par eux nocive pour la santé des salariés.

Texte exact de l'amendement

I. – Au début de l’alinéa 31, supprimer les mots : « Au II de l’article L. 241‑18 et ». II. – En conséquence, substituer aux alinéas 36 et 37 l’alinéa suivant : « F – L’article L. 241‑18 est abrogé ; ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à abroger les exonérations de cotisations salariales sur les heures supplémentaires. En 2025, 54 % des salariés du secteur privé (hors contrats d’intérim et hors agriculture et particuliers employeurs), 54 % des salariés à temps complet dont le travail est décompté en heures effectuent au moins une heure supplémentaire, soit 4 points de plus qu’en 2019. Parmi ceux qui en réalisent, le nombre moyen d’heures supplémentaires atteint 103 heures par salarié, selon la Dares. Selon le rapport d’expertise collective de l’Anses publié en septembre 2026, la réalisation d’heures supplémentaires engendre une dégradation de l’état de santé mentale qui se manifeste par l’épuisement professionnel, la dépersonnalisation, le risque élevé de symptôme d’anxiété, les troubles du sommeil. Bien plus, la réalisation d’heures supplémentaires entraîne mécaniquement une hausse des risques d’accidents du travail. Mais depuis son arrivée au pouvoir et dans la continuité de la loi Travail de 2016, E. Macron a fait le choix d’encourager le recours aux heures supplémentaires. À compter de 2019, les heures supplémentaires ont fait l’objet d’une exonération totale des cotisations salariales d’assurance vieillesse et d’une déduction forfaitaire des cotisations patronales : il a réintroduit le dispositif phare du « travailler plus pour gagner plus…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1100
Gauche Démocrate et Républicaine200
Écologiste et Social400
Socialistes et apparentés1000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Les Démocrates0100
Ensemble pour la République0140
Horizons & Indépendants040
Droite Républicaine040
Union des droites pour la République000
Rassemblement National0490
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1293 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Après le vote qui vient d’avoir lieu, nous voilà en grande difficulté. Tout au long des débats, nous avons souligné, de façon assez unanime, que la sécurité sociale manquait de recettes. Nous proposions donc de supprimer des exonérations de cotisations sociales, pour alléger la charge que votre budget faisait sans cela peser sur les retraités et, entre autres, sur les familles touchées par le gel de l’allocation de rentrée scolaire. Il s’agissait de réintroduire un peu de justice sociale. Cette fois, le débat porte sur la réduction du temps de travail. »
M. Thibault Bazin (rapporteur)
« Le désaccord entre la droite et la gauche sur les heures supplémentaires n’est pas nouveau. Les auteurs de ces amendements entendent supprimer un dispositif que j’avais moi-même défendu l’année dernière, dans le cadre du PLFSS pour 2026. Cependant, j’avais obtenu sa compensation intégrale à compter du 1 er janvier 2026, ce qui témoigne d’un changement d’approche : si vous aviez raison, par le passé, de souligner que les exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires n’étaient pas compensées pour la sécurité sociale, c’est désormais le cas. Avis défavorable. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre)
« Nous avons beaucoup parlé du pouvoir d’achat ce matin comme hier ; or que sont les heures supplémentaires sinon du pouvoir d’achat ? Et ça marche : en 2024, 6,5 millions de salariés du secteur privé et 600 000 agents du secteur public ont bénéficié du dispositif. Combiné à l’exonération de l’impôt sur le revenu, il représente un gain annuel moyen estimé à 455 euros par salarié. Je ne crois pas qu’il faille opposer la protection des salariés à leur liberté de travailler davantage pour améliorer leur rémunération. (M. Hendrik Davi s’exclame.) Nous avons choisi de mieux rémunérer les heures supplémentaires, tout en réduisant leur coût pour les employeurs. »
M. Yannick Monnet GDR
« Monsieur le ministre, vous évoquez le coût du travail pour les employeurs ; mais quel est le coût, pour un salarié, de ne plus avoir de sécurité sociale ? Il faut aussi le prendre en compte ! Vous êtes en train de vous faire avoir : depuis le début de l’examen du texte, l’extrême droite et la droite vous aident à maintenir un cap libéral. Et dès qu’il s’agit de mettre la barre encore un peu plus à droite, ils s’allient pour droitiser votre texte. Mais, à la fin, ils ne le voteront pas ! […] Je ne vous dirai pas le mot, mais savez-vous comment cela s’appelle, dans la vraie vie, ce que vous êtes en train de vivre ? »
M. Laurent Marcangeli HOR
« Ce débat est intéressant car il montre un vrai clivage, que nous assumons. Nous ne voterons évidemment pas en faveur de ces amendements, qui porteraient une atteinte terrible à la liberté des salariés et à leur pouvoir d’achat. Oui, monsieur Monnet, nous assumons pleinement notre position. Est-ce qu’elle est libérale ? […] Si c’est cela, être libéral, alors j’assume entièrement de l’être et de donner la possibilité à quelqu’un qui veut travailler davantage de gagner plus,… […] …et à une entreprise d’améliorer sa productivité parce que ses salariés travaillent et gagnent plus. Il est donc hors de question de supprimer ce dispositif. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Madame la présidente, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, chers collègues, ce dont notre société a besoin, c’est d’ordre – nous l’avons vu – mais aussi de liberté. Il faut notamment que chacun soit valorisé à sa juste mesure lorsqu’il fait l’effort de travailler. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Il me semble que les ministres vont rarement jusqu’au terme de la minute qui leur est impartie depuis le début de nos débats. Madame Gruet, vous souhaitez revenir sur le régime socio-fiscal du cumul emploi-retraite. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Je suis très gêné par cet amendement, et même par le sous-amendement, d’abord en raison de leurs conséquences financières. Nous essayons de construire un budget de la sécurité sociale aussi équilibré que possible. »
M. Vincent Rolland DR
« Cet amendement prévoit que la location d’un meublé par un retraité d’un bien issu de son propre patrimoine, situé en station classée de tourisme, n’entraîne plus son affiliation au régime des travailleurs indépendants. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Nous, députés du groupe La France insoumise, sommes pour l’abrogation de la réforme injuste des retraites. Nous soutenons donc l’amendement de la camarade Rousseau. Cette réforme a fait souffrir les gens et il faudra l’abroger. »
Mme Annie Vidal EPR
« Nous commençons la journée très fort, avec une forme d’abrogation de la réforme des retraites, qui pèserait sur les entreprises et qui ne mènerait à rien, la disposition prévue n’étant pas opérationnelle. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Les hôpitaux publics et les collectivités territoriales doivent faire face à une forte hausse de leurs dépenses : les rémunérations, l’énergie, le fonctionnement des services et des investissements. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Ce débat est symptomatique des discussions menées depuis le début de l’examen du PLF et du PLFSS. On regrette qu’il faille faire des efforts mais on ne s’attaque pas aux causes structurelles, laissant la prise en charge des problèmes à l’État. »
M. Sébastien Saint-Pasteur SOC
« Tout n’est pas prévisible, mais le mur démographique l’est au moins un peu. Le vieillissement de la population va accroître les besoins d’accompagnement et les rendre plus complexes, notamment dans le cas des maladies neurodégénératives, alors que les métiers du social et du médico-social peinent dé… »
M. Yannick Monnet GDR
« Cet amendement de suppression est incompréhensible. Madame Corneloup, comment pouvez-vous prétendre défendre la sécurité sociale si vous lui supprimez des ressources ? Vous êtes même en contradiction avec votre collègue Justine Gruet, qui a déclaré hier que ce qui n’a pas de coût n’a pas de valeur. »
M. Gaëtan Dussausaye RN
« L’article 7 symbolise la défaite idéologique du gouvernement : après dix années de macronisme qui ont mis l’intégralité de nos comptes, y compris ceux de la sécurité sociale, dans le rouge, la seule solution qu’il nous propose est de faire payer les entreprises et les acteurs économiques, c’est-à-di… »
M. Laurent Marcangeli HOR
« Ce débat est intéressant car il montre un vrai clivage, que nous assumons. Nous ne voterons évidemment pas en faveur de ces amendements, qui porteraient une atteinte terrible à la liberté des salariés et à leur pouvoir d’achat. Oui, monsieur Monnet, nous assumons pleinement notre position. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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