Amendement de M. Clouet (LFI-NUPES) · après art. 7

70 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 70 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 24 %

Amendement n° 1379 · APRÈS ART. 7, déposé par M. Clouet LFI-NFP +69 cosignataires.

L'essentiel : Chaque nouvelle exonération de cotisations sociales créée à partir de 2027, hors règle de compensation par l’État, aurait dû être financée par la réduction d’exonérations existantes, afin selon ses auteurs d’en stopper la prolifération.

Texte exact de l'amendement

Après l’article L. 131‑7 du code de la sécurité sociale, il est inséré un article L. 131‑7‑1 ainsi rédigé : « Art. L. 131‑7‑1 . – Lorsque l’article L. 131‑7 n’est pas applicable, toute nouvelle mesure de réduction ou d’exonération de cotisations de sécurité sociale, instituée à compter du 1 er janvier 2027, est compensée par la diminution, à due concurrence, d’une ou de plusieurs réductions ou exonérations de cotisations de sécurité sociale existantes. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à créer un principe de non-prolifération des dispositifs d’exonération de cotisations sociales en prévoyant que chaque nouveau dispositif fait l’objet de la suppression d’un dispositif existant pour un montant équivalent. En 1993, les cotisations représentaient 82 % des recettes des régimes obligatoires de la sécurité sociale. Aujourd’hui, elles ne représentent que 49 % de leurs recettes. La prolifération des exonérations de cotisation dévoie le modèle assurantiel de la sécurité sociale, initialement construit sur les cotisations des travailleurs afin de couvrir les risques auxquels ces derniers sont exposés. La multiplication de ces dispositifs conduit à assécher le budget général de l’État, essentiellement par l’augmentation massive des transferts de TVA (54,8 milliards d’euros en 2026), un impôt indirect et régressif payé par l’ensemble des ménages, et, dans une moindre mesure, par le transfert de la taxe sur les salaires. Les classes populaires et moyennes se retrouvent donc à payer, par une taxe sur la consommation, les cadeaux faits aux entreprises. La France insoumise s’oppose fortement à cette « TVA sociale » déguisée mise en place par la macronie. L’affectation de TVA à la Sécurité sociale a augmenté de 44 milliards d’euros depuis 2017. Il convient a minima de plafonner le volume global d’exonérations pes…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOTdivisé37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1500
Gauche Démocrate et Républicaine200
Écologiste et Social1000
Socialistes et apparentés1300
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires220
Les Démocrates0130
Ensemble pour la République0160
Horizons & Indépendants070
Droite Républicaine060
Union des droites pour la République030
Rassemblement National0490
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1379 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Élisa Martin LFI
« Par cet amendement de repli, nous proposons un mécanisme visant à garantir que toute nouvelle mesure d’exonération sociale est compensée par la suppression d’une autre niche sociale. Ces exonérations assèchent le financement de la protection sociale, qui par conséquent repose davantage sur la TVA, dont nous savons qu’elle est un impôt très injuste : comme elle est payée de la même manière par l’ensemble des Français indépendamment de leurs revenus, cette taxe pèse davantage sur le pouvoir d’achat des plus modestes. »
M. Hadrien Clouet LFI
« Il me semble que cet amendement pourrait être soutenu et adopté par des collègues de droite. Nous avons eu un grand nombre d’échanges l’année dernière pour défendre le principe de compensation à la sécurité sociale des exonérations, et certaines dispositions en ce sens ont été adoptées. Nous sommes d’accord avec M. Bazin, les exonérations ne doivent rien coûter aux caisses de sécurité sociale, même si ce principe n’est pas totalement appliqué. Nous proposons ici de créer un principe de non-prolifération des dispositifs d’exonération de cotisations sociales afin de mettre fin à l’augmentation, année après année, des frais imputés à la sécurité sociale au titre de l’activité macroéconomique. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Madame la présidente, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, chers collègues, ce dont notre société a besoin, c’est d’ordre – nous l’avons vu – mais aussi de liberté. Il faut notamment que chacun soit valorisé à sa juste mesure lorsqu’il fait l’effort de travailler. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Il me semble que les ministres vont rarement jusqu’au terme de la minute qui leur est impartie depuis le début de nos débats. Madame Gruet, vous souhaitez revenir sur le régime socio-fiscal du cumul emploi-retraite. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Je suis très gêné par cet amendement, et même par le sous-amendement, d’abord en raison de leurs conséquences financières. Nous essayons de construire un budget de la sécurité sociale aussi équilibré que possible. »
M. Vincent Rolland DR
« Cet amendement prévoit que la location d’un meublé par un retraité d’un bien issu de son propre patrimoine, situé en station classée de tourisme, n’entraîne plus son affiliation au régime des travailleurs indépendants. »
Mme Annie Vidal EPR
« Nous commençons la journée très fort, avec une forme d’abrogation de la réforme des retraites, qui pèserait sur les entreprises et qui ne mènerait à rien, la disposition prévue n’étant pas opérationnelle. »
M. Édouard Bénard GDR
« En janvier 2025, vous avez unilatéralement décidé, par voie de décret, d’augmenter le taux de cotisation des employeurs territoriaux de 12 points, par relèvements successifs de 3 points par an entre 2025 et 2028. »
Mme Valérie Rossi SOC
« Il vise à mettre fin à une hausse brutale et, surtout, non concertée des cotisations vieillesse, qui fait peser sur les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers une charge financière considérable, non compensée par l’État. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Les hôpitaux publics et les collectivités territoriales doivent faire face à une forte hausse de leurs dépenses : les rémunérations, l’énergie, le fonctionnement des services et des investissements. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Ce débat est symptomatique des discussions menées depuis le début de l’examen du PLF et du PLFSS. On regrette qu’il faille faire des efforts mais on ne s’attaque pas aux causes structurelles, laissant la prise en charge des problèmes à l’État. »
M. Hadrien Clouet LFI
« La CNRACL est la toute première caisse de retraite créée en France en 1945 : nous parlons donc du patrimoine historique ! Ce patrimoine, il faut le défendre car vous essayez de le démanteler en faisant reposer le redressement de la situation de la CNRACL sur une seule variable d’ajustement : le taux… »
M. Gaëtan Dussausaye RN
« L’article 7 symbolise la défaite idéologique du gouvernement : après dix années de macronisme qui ont mis l’intégralité de nos comptes, y compris ceux de la sécurité sociale, dans le rouge, la seule solution qu’il nous propose est de faire payer les entreprises et les acteurs économiques, c’est-à-di… »
M. Olivier Fayssat AD
« L’article 7 tend à augmenter les prélèvements imposés aux employeurs de 3,7 milliards d’euros. Il intègre, dans le calcul des allègements généraux, les sommes versées au titre de l’épargne salariale et du partage de la valeur ; il crée une nouvelle contribution sur les compléments de salaire exclus… »

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Pour aller plus loin

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