Amendement de Mme Bellay (SOC) · après art. 8

54 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 59 voix non atteint. 1 abstention.
Très serréClivage gauche-droite
Participation 20 %

Amendement n° 525 · APRÈS ART. 8, déposé par Mme Bellay SOC +12 cosignataires.

L'essentiel : Outre-mer, les publicités pour des denrées préemballées auraient dû comporter une information de prévention sur les sucres ajoutés et le sel, sous peine d’une contribution de 2 % des dépenses de diffusion.

Texte exact de l'amendement

I. – Après l’article L. 2133‑1 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 2133‑1‑1 ainsi rédigé : « Art. L. 2133‑1‑1 . – Dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution ainsi qu’à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon, les messages publicitaires destinés au public en faveur de denrées alimentaires préemballées comportent une information de prévention nutritionnelle adaptée aux enjeux sanitaires des populations concernées. « Cette information porte notamment sur les risques associés à une consommation excessive de sucres ajoutés et de sel. Elle est distincte de toute allégation nutritionnelle ou de santé relative aux produits promus. « Pour les denrées dont l’emballage comporte la présentation complémentaire mentionnée à l’article L. 3232‑8, les messages publicitaires peuvent reproduire cette présentation dans les conditions prévues par la réglementation applicable. « Le non-respect de l’obligation prévue au premier alinéa du présent article entraîne le versement d’une contribution égale à 2 % des dépenses hors taxes consacrées à la diffusion des messages publicitaires concernés. « Le produit de cette contribution est affecté à la Caisse nationale de l’assurance maladie. « Les conditions de présentation de l’information, les modalités de détermination de l’assiette et les règles de recouvrement de la contribution sont dé…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Renforcer la prévention nutritionnelle dans les publicités alimentaires ultramarines Le présent amendement a pour objet de renforcer l’information nutritionnelle dans les communications commerciales relatives aux produits alimentaires commercialisés dans les collectivités ultramarines. Il prend en compte les spécificités épidémiologiques de ces territoires et les enseignements de la loi du 3 juin 2013 relative à la qualité de l’offre alimentaire outre-mer. Les données sanitaires révèlent une exposition particulièrement importante des populations ultramarines aux maladies métaboliques et cardiovasculaires. Selon Santé publique France, en 2024, le diabète déclaré concernait 13,5 % des adultes en Guadeloupe, 12,6 % à La Réunion et 12 % en Martinique, contre 7,1 % dans l’ensemble de la France. L’hypertension artérielle touchait quant à elle 30,5 % des adultes martiniquais et 27,7 % des adultes guadeloupéens. Ces indicateurs démontrent la nécessité d’une prévention renforcée tenant compte des réalités sociales, économiques et sanitaires des territoires. La loi du 3 juin 2013 a consacré le principe selon lequel les consommateurs ultramarins ne doivent pas se voir proposer des produits contenant davantage de sucres ajoutés que les produits comparables commercialisés dans l’Hexagone. Le présent amendement prolonge cet objectif en renforçant la prévention au moment de l’exposition publ…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1500
Gauche Démocrate et Républicaine100
Écologiste et Social1100
Socialistes et apparentés1000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Les Démocrates720
Ensemble pour la République620
Horizons & Indépendants141
Droite Républicaine060
Union des droites pour la République030
Rassemblement National0470
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 525 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Béatrice Bellay SOC
« En France, 7,1 % de personnes souffrent de diabète. La proportion est presque le double en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion. Il en va de même pour la tension artérielle. Nous vous l’avons déjà dit : chez nous, les produits sont plus sucrés et plus salés, et l’information commerciale est manquante. Cette situation conduit à des pratiques alimentaires à risque chez les enfants comme chez les adultes, à des amputations liées au diabète, dix fois plus fréquentes à La Réunion que dans l’Hexagone, ou encore à des greffes de rein beaucoup plus nombreuses. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« La semaine dernière, vous avez déjà sensibilisé la commission à cette spécificité des territoires ultramarins. Je suis très attaché à la liberté d’entreprendre, mais je reconnais que, dans les territoires ultramarins, des mesures plus contraignantes, à l’instar de la loi Lurel, pourraient être pertinentes. Toutefois, ce type de mesure ne relève pas du PLFSS – je sais que cet argument vous agace, mais je suis dans mon rôle de rapporteur général en vous le rappelant. Il s’agit d’une mesure de régulation du commerce, qui ne concerne pas directement le budget de la sécurité sociale. C’est pourquoi j’émets un avis défavorable à titre personnel, même si la commission a adopté cet amendement. »
Mme Béatrice Bellay SOC
« Je ne vois pas comment on peut soutenir que cette question n’a rien à voir avec le PLFSS, alors qu’il faut financer des transports sanitaires journaliers pour permettre aux patients de se rendre à leurs séances de dialyse et que, sur de petits territoires, de nombreuses personnes souffrent de troubles oculaires nécessitant des consultations médicales. Ce sont là des coûts humains, mais aussi des coûts financiers importants pour la sécurité sociale. La prévention vaut toujours mieux que la réparation, surtout lorsqu’il s’agit des corps, parce que ces corps-là ne se réparent pas. »
Mme Geneviève Darrieussecq DEM
« Notre collègue a raison et soulève une vraie question de santé publique dans les départements d’outre-mer, à La Réunion en particulier. La prévention et l’information sont essentielles. C’est Santé publique France, sous la responsabilité du ministère de la santé, qui doit en être le pilote, en délivrant des messages différenciés entre les départements d’outre-mer et l’Hexagone. […] Eh bien, il faut le faire ! »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Madame la présidente, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, chers collègues, ce dont notre société a besoin, c’est d’ordre – nous l’avons vu – mais aussi de liberté. Il faut notamment que chacun soit valorisé à sa juste mesure lorsqu’il fait l’effort de travailler. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Il me semble que les ministres vont rarement jusqu’au terme de la minute qui leur est impartie depuis le début de nos débats. Madame Gruet, vous souhaitez revenir sur le régime socio-fiscal du cumul emploi-retraite. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Je suis très gêné par cet amendement, et même par le sous-amendement, d’abord en raison de leurs conséquences financières. Nous essayons de construire un budget de la sécurité sociale aussi équilibré que possible. »
M. Vincent Rolland DR
« Cet amendement prévoit que la location d’un meublé par un retraité d’un bien issu de son propre patrimoine, situé en station classée de tourisme, n’entraîne plus son affiliation au régime des travailleurs indépendants. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Nous, députés du groupe La France insoumise, sommes pour l’abrogation de la réforme injuste des retraites. Nous soutenons donc l’amendement de la camarade Rousseau. Cette réforme a fait souffrir les gens et il faudra l’abroger. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Les hôpitaux publics et les collectivités territoriales doivent faire face à une forte hausse de leurs dépenses : les rémunérations, l’énergie, le fonctionnement des services et des investissements. »
Mme Océane Godard SOC
« Il vise à intégrer à l’assiette de calcul des allègements généraux des cotisations patronales certains compléments de salaire versés aux salariés gagnant plus de 2,5 fois le smic. »
M. Olivier Fayssat AD
« L’article 7 tend à augmenter les prélèvements imposés aux employeurs de 3,7 milliards d’euros. Il intègre, dans le calcul des allègements généraux, les sommes versées au titre de l’épargne salariale et du partage de la valeur ; il crée une nouvelle contribution sur les compléments de salaire exclus… »
Mme Nathalie Colin-Oesterlé HOR
« L’article 7 vise à réintégrer l’intéressement, la participation et la prime de partage de la valeur dans la rémunération servant au calcul des allégements généraux. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue