Amendement de M. Clouet (LFI-NUPES) · après art. 12

68 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 41 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 14 %

Amendement n° 1454 · APRÈS ART. 12, déposé par M. Clouet LFI-NFP +69 cosignataires.

L'essentiel : Hôpitaux publics et Ehpad publics auraient été exonérés de la taxe sur les salaires à partir de 2027, les auteurs jugeant cette charge, qu’ils évaluent à 4 milliards d’euros par an, trop lourde pour eux.

Texte exact de l'amendement

I. – À la quatrième phrase du premier alinéa du 1 de l’article 231 du code général des impôts, après le mot : « communaux, », sont insérés les mots : « des établissements publics de santé et des établissements publics d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ». II. – Le I s’applique à la taxe sur les salaires due à raison des rémunérations versées à compter du 1 er janvier 2027. III. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, nous souhaitons alerter sur les problèmes posés par la taxe sur les salaires pour les hôpitaux publics. En 2018, la Cour des comptes estimait que le recouvrement de la taxe sur les salaires était peu performant et qu’elle présentait une circularité importante. Elle proposait ainsi « une piste de simplification » qui « pourrait être explorée en excluant du champ les établissements publics nationaux sans activité lucrative et les organismes de sécurité sociale ». En effet, cette taxe représente chaque année pour les hôpitaux un montant de 4 milliards d’euros. Ce montant est extrêmement lourd et impossible à acquitter pour des hôpitaux publics déjà exsangues après des années de cures de coupes budgétaires imposées par les gouvernements macronistes. Le déficit des hôpitaux publics dépasse chaque année les 2 milliards d’euros (près de 3 milliards d’euros en 2024). L’IGAS juge la situation comme étant d’une « gravité inédite ». Les difficultés financières des hôpitaux sont si importantes qu’ils peinent déjà à payer leurs fournisseurs et prestataires dans les temps. Les délais de paiement des hôpitaux sont compris entre 60 et 70 jours, alors que le plafond légal est à 50 jours. De plus en plus d’hôpitaux ont cessé de s’acquitter de cette taxe, ainsi que d’une part des cotisations dues, puisqu’ils ne disposent pas des moyens de fonctionner. Selon l’IGAS, la dette f…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 23 octobre 2026 1re lecture Assemblée Rejeté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1000
Gauche Démocrate et Républicaine100
Écologiste et Social400
Socialistes et apparentés800
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Les Démocrates050
Ensemble pour la République010
Horizons & Indépendants020
Droite Républicaine040
Union des droites pour la République000
Rassemblement National1430
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1454 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Damien Maudet LFI
« Alors qu’on nous accuse à tout va de vouloir créer des taxes, voilà que nous vous proposons d’en supprimer une. Il s’agit de la taxe sur les salaires que paient les hôpitaux publics. Ceux-ci s’acquittent de 7 milliards d’euros par an ; ce sont autant d’euros qui ne sont pas consacrés à la rénovation thermique des hôpitaux, pourtant nécessaire, à l’augmentation du salaire des soignants ou encore au renforcement de la capacité hospitalière. La taxe sur les salaires constitue presque une distorsion de concurrence pour les hôpitaux publics. Nous souhaitons la supprimer pour permettre aux hôpitaux de respirer, sachant qu’une grande partie d’entre eux sont en déficit. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Il est un peu technique. La clause de sauvegarde a été conçue comme un mécanisme de régulation exceptionnel, destiné à intervenir lorsque la dépense de médicaments excède la trajectoire fixée par le législateur. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Votre amendement et celui de Mme Ronceret posent cependant plusieurs problèmes, car les choses ont évolué depuis l’an dernier. Avec la contribution supplémentaire, la clause de sauvegarde n’a plus vocation à se déclencher. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Joyeux anniversaire à notre collègue Gruet. Pour l’occasion, je propose que nous nous opposions à l’augmentation du montant M et que nous maintenions le rendement de la clause de sauvegarde en votant cet amendement. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Nous rencontrons un vrai problème avec l’industrie pharmaceutique. D’un côté, nous faisons face à des pénuries de médicaments – tous les pharmaciens que je rencontre disent que c’est un scandale. De l’autre, les prix des médicaments ont explosé – nous en avons discuté hier. »
Mme Stéphanie Rist (ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées)
« Je souhaite également un joyeux anniversaire à Mme Gruet. Dans le cadre de ce PLFSS, l’économie de 3 milliards d’euros demandée aux industriels pharmaceutiques est équivalente à celle déjà demandée l’année dernière. »
M. David Taupiac LIOT
« Le II de l’article L. 245-2 du code de la sécurité sociale prévoit notamment deux abattements, calculés à hauteur de 30 % du chiffre d’affaires de certaines spécialités, qui répondent à une logique d’incitation. »
Mme Nathalie Colin-Oesterlé HOR
« Il vise à exclure de l’assiette de la contribution supplémentaire les ventes de médicaments destinés à la constitution et au renouvellement des stocks stratégiques de l’État nécessaires à la protection de la population face aux menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC). »
Mme Mereana Reid Arbelot GDR
« Les députés du groupe GDR avaient voté contre cette contribution en 2025. Les cotisations aux mutuelles ont augmenté de plus de 6 % en moyenne en 2025 et de plus de 25 % en trois ans. »
M. Hubert Ott DEM
« La fiscalité spécifique pesant sur les contrats des complémentaires santé dépasse déjà les 6,3 milliards d’euros par an ce qui représente, avec la contribution exceptionnelle instaurée en 2026, une fiscalité de 16,12 % sur les cotisations santé. Qui paiera finalement cette accumulation de taxes ? »
M. Christophe Bentz RN
« Madame la ministre, avec cet article, vous proposez de proroger la taxe de 2 % sur les complémentaires santé, que vous nous avez pourtant présentée, dans le PLFSS pour 2026, comme exceptionnelle. Vous nous avez donc menti. »
Mme Sandrine Runel SOC
« La couverture des maladies chroniques, des maladies cardiovasculaires et des autres pathologies de ce genre, qui affectent lourdement la qualité de vie des patients, représente environ 60 % des dépenses de santé. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue