Amendement de Mme Hamdane (LFI-NFP) · art. 18

20 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 22 voix non atteint. 68 abstentions.
Très serré
Participation 19 %

Amendement n° 1644 · ART. 18, déposé par Mme Hamdane LFI-NFP +69 cosignataires.

L'essentiel : Le recours de l’Acoss au marché des « Euro Medium Term Notes », prévu selon les auteurs aux alinéas 3 à 5 de l’article 18, aurait été écarté, La France insoumise refusant d’exposer davantage sa trésorerie aux marchés.

Texte exact de l'amendement

Supprimer les alinéas 3 à 5.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement du groupe La France insoumise vise à empêcher la financiarisation de la Sécurité sociale en s'opposant à ce que l'Acoss emprunte sur le marché des "Euro Medium Term Notes". Depuis 2021, l'Acoss se finance exclusivement sur les marchés financiers et n'emprunte plus à la Caisse des dépôts et consignations. Ainsi les recettes de la Sécurité sociale sont détournées et servent à rémunérer des acteurs financiers. 52,3 milliards d'euros sont déjà dans leurs portefeuilles. Nous refusons de mettre la caisse de trésorerie de la Sécurité sociale à la merci des spéculateurs internationaux via les places financières de Paris et de Luxembourg. La macronie souhaite pourtant exposer toujours plus l'Acoss à la volatilité des "marchés". L'étude d'impact du présent PLFSS est éloquente à cet égard : "L'impact financier pour 2027 et les années suivantes dépendra de l'évolution de ces paramètres [le solde entre produits financiers et charges financières de l'Acoss], fortement dépendants des variations des taux directeurs ainsi que des soldes journaliers des branches". C'est pourquoi le groupe parlementaire La France Insoumise propose de ne pas permettre à l'Acoss de financer sur le marché des EMTN.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 23 octobre 2026 1re lecture Assemblée Rejeté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1400
Gauche Démocrate et Républicaine100
Écologiste et Social601
Socialistes et apparentés007
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Les Démocrates090
Ensemble pour la République050
Horizons & Indépendants040
Droite Républicaine040
Union des droites pour la République003
Rassemblement National0057
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1644 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Ces amendements ont été adoptés en commission mais j’y reste très défavorable. Il faut laisser à l’Urssaf Caisse nationale la possibilité d’emprunter dans les meilleures conditions. Ne la fragilisons pas ! »
M. David Amiel (ministre)
« J’abonderai dans le sens de M. le rapporteur général. L’Urssaf Caisse nationale joue un rôle essentiel pour garantir le versement des prestations des différentes branches de la sécurité sociale. Pour cela, elle a besoin d’emprunter. Il est proposé de lui donner la possibilité de bénéficier de la base d’investisseurs la plus large et la plus diversifiée possible afin de réduire le coût de l’emprunt. Les titres émis resteront limités à vingt-quatre mois ; la règle fixée par la LFSS continuera de s’appliquer, avec une durée moyenne de financements inférieure à un an. Vous le savez, l’Urssaf Caisse nationale est aujourd’hui l’un des tout premiers émetteurs de titres à court terme. »
Mme Joëlle Mélin RN
« Ces derniers articles soulèvent de nouveau le problème des plafonds d’emprunt de l’Urssaf Caisse nationale – 85 milliards –, de la CNRACL – 15,3 milliards –, ainsi que de la SNCF et de la Caisse des mines – un peu plus de 1 milliard. Tout cela est un scandale ! Comment a-t-on pu en arriver là ? C’est une deuxième Cades ! Les projections établissent qu’en 2030, le plafond d’emprunt sera de 130 milliards ! On ne peut plus continuer comme ça. Cette dette, nous ne pouvons plus la rembourser. Vous affirmez qu’elle a encore la cote ; nous en reparlerons ce soir quand la note de la France aura été dégradée ! »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Il est un peu technique. La clause de sauvegarde a été conçue comme un mécanisme de régulation exceptionnel, destiné à intervenir lorsque la dépense de médicaments excède la trajectoire fixée par le législateur. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Votre amendement et celui de Mme Ronceret posent cependant plusieurs problèmes, car les choses ont évolué depuis l’an dernier. Avec la contribution supplémentaire, la clause de sauvegarde n’a plus vocation à se déclencher. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Joyeux anniversaire à notre collègue Gruet. Pour l’occasion, je propose que nous nous opposions à l’augmentation du montant M et que nous maintenions le rendement de la clause de sauvegarde en votant cet amendement. »
M. Hendrik Davi ECOS
« Nous rencontrons un vrai problème avec l’industrie pharmaceutique. D’un côté, nous faisons face à des pénuries de médicaments – tous les pharmaciens que je rencontre disent que c’est un scandale. De l’autre, les prix des médicaments ont explosé – nous en avons discuté hier. »
Mme Stéphanie Rist (ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées)
« Je souhaite également un joyeux anniversaire à Mme Gruet. Dans le cadre de ce PLFSS, l’économie de 3 milliards d’euros demandée aux industriels pharmaceutiques est équivalente à celle déjà demandée l’année dernière. »
M. Michel Lauzzana EPR
« Si on ne paye pas le paquet de pâtes assez cher, les fabricants finiront par arrêter d’en produire. C’est bien là tout l’enjeu. Votre argumentation est contradictoire. Mme Belouassa-Cherifi nous a indiqué que le Zoladex avait été retiré du marché. Mais pourquoi ? »
M. Cyrille Isaac-Sibille DEM
« Effectivement, le marché du médicament est un marché particulier, et je rejoins M. Davi sur ce point. Nous devons faire face à deux enjeux. Le premier, c’est celui de la régulation. Le marché est plutôt bien régulé. »
M. Olivier Fayssat AD
« Cet amendement de coordination dû au président Ciotti concerne également l’exclusion de la clause de sauvegarde, à compter de 2025, des médicaments biologiques similaires et des spécialités hybrides. M. »
Mme Mereana Reid Arbelot GDR
« Les députés du groupe GDR avaient voté contre cette contribution en 2025. Les cotisations aux mutuelles ont augmenté de plus de 6 % en moyenne en 2025 et de plus de 25 % en trois ans. »
M. Christophe Bentz RN
« Madame la ministre, avec cet article, vous proposez de proroger la taxe de 2 % sur les complémentaires santé, que vous nous avez pourtant présentée, dans le PLFSS pour 2026, comme exceptionnelle. Vous nous avez donc menti. »
Mme Sandrine Runel SOC
« La couverture des maladies chroniques, des maladies cardiovasculaires et des autres pathologies de ce genre, qui affectent lourdement la qualité de vie des patients, représente environ 60 % des dépenses de santé. »

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Pour aller plus loin

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