Lecture intermédiaire Ce dossier est devenu la loi, promulguée le 8 mars 2024, mais ce texte n'en est qu'une étape : la loi peut en différer. Voir la dernière lecture de l'Assemblée
Voir le vote sur ce texte 30 janvier 2024 · adopté · 493 pour, 30 contre, 23 abstentionsTexte promulgué le 8 mars 2024. Loi en vigueur.
Projet ou proposition de loi constitutionnelleCe que change ce texte
L'enjeu en clair
Ce résumé décrit cette étape du texte. La loi promulguée peut en différer.
Le texte adopté le 30 janvier 2024 en première lecture tient en un alinéa ajouté à l'article 34 de la Constitution : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. »
Le point qui décide de sa portée est le mot retenu. L'article 34 énumère ce que la loi détermine : y inscrire cette liberté empêche qu'une loi future la supprime, sans pour autant créer un droit opposable ni interdire au législateur d'en fixer les conditions. C'est un verrou constitutionnel, pas une extension du droit existant.
Adopté par 493 voix contre 30, avec 23 abstentions. Tous les groupes qui expriment une voix ont voté pour.
Résumé rédigé hors ligne par un modèle de langage (en local). Il peut contenir des approximations : à recouper avec le texte officiel. Aucun modèle n'est appelé à l'affichage de la page.
Le vote : Adopté le 30 janvier 2024 : 493 voix pour, 30 contre, 23 abstentions. Dix groupes ont voté pour.
Objectif affiché et moyens Loi constitutionnelle sur l'IVG
Voici l'objectif de ce texte tel qu'affiché par ses auteurs et ses principaux leviers avec leur sort.
« Loi constitutionnelle relative à la liberté de recourir à l'interruption volontaire de grossesse » (intitulé du texte)
Selon le Gouvernement, inscrire dans la Constitution la liberté de recourir à l'IVG afin, selon ses termes, d'empêcher à l'avenir une remise en cause de cette liberté par la loi.
- Une liberté inscrite à l'article 34 de la Constitution Adopté
Le texte ajoute à l'article 34 que la loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. Le terme retenu est « liberté garantie », et non « droit ».
- La loi ordinaire continue d'en fixer les conditions Adopté
La Constitution confie à la loi le soin de déterminer les conditions d'exercice de cette liberté ; la portée exacte du terme « liberté » (par rapport à celui de « droit ») est débattue par les juristes.
Projet de loi constitutionnelle du Gouvernement, adopté en termes identiques par l'Assemblée nationale (30 janvier 2024) puis le Sénat (28 février 2024), et approuvé par le Parlement réuni en Congrès à Versailles le 4 mars 2024 (780 voix pour, 72 contre). Promulgué le 8 mars 2024 (loi constitutionnelle n° 2024-200). Une révision constitutionnelle n'est pas soumise au contrôle du Conseil constitutionnel.
L'objectif réel d'une loi ne se décrète pas : il se lit dans l'écart entre ces moyens et les constats des travaux d'experts.
Où en est ce texte ?
Comprendre les votes
4 votesVotes de l'Assemblée sur ce texte (4)
Comment les groupes ont voté sur le scrutin décisif (l’ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture).). Cliquez une barre pour le détail nominatif.
- 24 janvier 2024 l'amendement de suppression n° 1 de M. Breton et les amendements identiques suivants à l'article unique du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture). 27 pour · 198 contre · 5 abst. Rejeté
- 24 janvier 2024 l'article unique du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture). 99 pour · 13 contre · 2 abst. Adopté
- 30 janvier 2024 l’ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture). 493 pour · 30 contre · 23 abst. Adopté
- 4 mars 2024 le projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l'interruption volontaire de grossesse. 780 pour · 72 contre · 50 abst. Adopté
Les avis, pour et contre
Les avis, pour et contre
Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.
Pour le texte, 2
Fonde la révision sur une lacune juridique plutôt que sur un symbole : « le droit de recourir à l’IVG n’est, en l’état du droit, protégé par aucune norme supralégislative », si bien qu’« une simple loi ordinaire pourrait tout à fait venir effacer l’édifice juridique qu’une succession de lois a créé en un demi-siècle ». Elle ajoute que l’inscription dans la Constitution « n’entraînera pas de modifications des modalités actuelles d’exercice de ce droit ».
Situe le risque en Europe plutôt qu’outre-Atlantique : « Inutile d’aller jusqu’aux États-Unis pour trouver des exemples inquiétants : il s’en trouve ici même, parmi les pays membres de l’Union européenne ». Il cite le tribunal constitutionnel polonais, qui « a réduit de manière drastique l’accès à l’avortement », et la décision portugaise de 2015 mettant à la charge des femmes tous les frais liés à l’arrêt de leur grossesse. Il en tire qu’il faut agir avant que le danger n’arrive : « l’improbable n’est pas impossible ».
Contre le texte, 1
Les 30 voix contre viennent de quatre bancs : 15 chez Les Républicains, 12 au Rassemblement national, 1 chez LIOT et 2 parmi les non-inscrits. Tous les groupes qui expriment une voix ont pourtant voté pour à la majorité : l'opposition est ici individuelle, et non portée par une formation.
lire le passage ↗Comprendre le vote
Intitulé du scrutin : l’ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (première lecture). Résultat : adopté (493 pour, 30 contre, 23 abstentions). Le texte portait sur la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Il a été adopté à la majorité absolue. Plusieurs groupes parlementaires se sont prononcés pour, notamment RE, RN, LFI-NUPES, LR, DEM, SOC, HOR, ECOLO, GDR-NUPES, LIOT, NI. NI était divisé sur ce vote.
Le texte en détails
Dispositions du texte
Exposé des motifs (extrait du PDF officiel)
En France, la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse est aujourd’hui garantie par la loi. Depuis la loi fondatrice du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse, le législateur a pleinement pris ses responsabilités, comme l’y invitait Simone Veil dans son discours à l’Assemblée nationale, le 26 novembre 1974. Très récemment encore, avec la loi du 2 mars 2022 qui a élargi et conforté l’ac cès à l’interruption volontaire de grossesse, le Parlement a ajusté l’éq uilibre nécessaire en veillant, comme le disait Simone Veil, à apporter « à ce problème une solution à la fois réaliste, humaine et juste ». Constatant à propos de cette loi (décision n° 74-54 DC du 15 janvier 1975) et, depuis lors, qu’il ne dispo sait pas d’un pouvoir général d’appréciation et de décision identique à celui du Parlement, le Conseil constitutionnel n’a jamais contrarié cette œuvre du législateur. Pour autant, la haute juridiction n’a pas conféré de valeur constitutionnelle à la liberté de la femme de recourir à l’interruption volontaire de grossesse en tant que telle, même s’il l’a rattachée à « la liberté de la femme qui découle de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’ho mme et du citoyen » (décision n° 2001-446 DC du 27 juin 2001). Si, dans notre pays, cette liberté n’est pas aujour d’hui directement menacée ou remise en cause, hormis par quelques courants de l’opinion heureusement très minoritaires, tel n’est pas le cas dans d’autres États et non…
Articles (1 extrait·s du texte)
- Article unique Après le dix-septième alinéa de l’article 34 de la Constitution, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s ’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. » Fait le 12 décembre 2023.
Source : PDF officiel AN ↗ · extraction automatique, peut contenir des artefacts de mise en page.
Le travail en commission
Rapporteur·e de ce texte, désigné·e par la commission pour l'examiner et le présenter :
Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République
En amont de la séance publique, ce texte a fait l'objet de 110 amendements examinés en commission (Lois), dont 0 adopté. C'est l'étape, souvent décisive, où le texte est retravaillé avant les votes en séance.
Les amendements déposés
281 amendements ont été déposés sur ce texte (110 en commission, 171 en séance publique). C'est là que le texte se façonne, avant les votes solennels.
- 173 Rejetés
- 46 Non défendus
- 46 Retirés
- 16 Irrecevables (autres motifs)
Seuls les amendements adoptés et rejetés ont été mis aux voix. Les autres ont été retirés, déclarés irrecevables, rendus sans objet par une adoption antérieure, non défendus, ou pas encore examinés.
Examinés par : Séance publique · Commission des lois
Article UNIQUE 246 amendements
La liste de cette division s'affiche à l'ouverture du repli.
Titre 2 amendements
La liste de cette division s'affiche à l'ouverture du repli.
Après l'article UNIQUE 33 amendements
La liste de cette division s'affiche à l'ouverture du repli.
Source : open data de l'Assemblée nationale (jeu « Amendements »). Chaque amendement a sa fiche, qui dit s'il a été mis aux voix et par quel organe.
Pour aller plus loin
Voir aussi
Fiche officielle sur assemblee-nationale.fr ↗ (texte intégral, amendements, comptes-rendus de commission)
Loi au Journal officiel (Légifrance) ↗ (texte promulgué le 8 mars 2024 ; c'est là que paraissent, au fil du temps, ses décrets d'application)
Décisions de justice citant cette loi ↗ (recherche Judilibre · Cour de cassation · loi n° 2024-200 ; une loi récente ou non contentieuse peut n'en avoir aucune)