Amendement de M. Bouillon · art. 1ER A

69 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 22 voix non atteint.
Majoritaire
Participation 7 %

Amendement n° 3239 · ART. 1ER A, déposé par M. Bouillon +28 cosignataires.

L'essentiel : Un moratoire sur la fermeture des gares et le maintien des petites lignes ferroviaires ouvertes aux voyageurs étaient réclamés par cet amendement de M. Bouillon, au nom de l’attachement des Français à leur réseau.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 37, insérer l’alinéa suivant : « En cohérence, l’État mettra en œuvre durant cette période, un moratoire sur la fermeture des gares ferroviaires et garantira le maintien en activité des lignes de catégorie UIC 7 à 9 avec voyageurs. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Tant la mobilisation des gilets jaunes que les conclusions du Grand Débat National ont fait ressortir le fort attachement des français à leur réseau ferroviaire. Cet attachement n’est pas que sentimental, il correspond à l’importance que ceux-ci accordent à ce mode de transport et au rôle qu’il joue dans le maillage du territoire. Les « petites lignes » ont été présentées dans le rapport Spinetta comme un héritage désuet, unique en Europe, qui trouvaient leur sens dans les besoins de mobilité du début du XXe siècle mais qui ont été supplantés sur l’essentiel du territoire par la voiture. Il faudrait donc abandonner ces lignes ferroviaires pour concentrer les moyens publics sur les lignes les plus fréquentées. Cette analyse part du postulat que la voiture individuelle, dont l’impact environnemental est incommensurablement plus élevé que le train, est une solution satisfaisante en matière de mobilité. C’est pourtant faire abstraction de l’urgence écologique d’une part, et des leçons tirées de la mobilisation des gilets jaunes d’autre part. Cette mobilisation c’est d’abord celle d’une France qui en est réduite à payer pour aller travailler. Un français qui doit faire 100km aller-retour par jour pour se rendre sur son lieu de travail va consommer en moyenne 6,07 litres de carburant soit, pour un diésel, une dépense moyenne de 9,04 €. S’il est payé au SMIC, il consacre donc 1h10 de…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 26 novembre 2018 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 2 avril 2019 1re lecture Sénat Adopté
  3. 11 juillet 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 5 novembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 20 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi fixe la stratégie et la programmation financière et opérationnelle des investissements de l'État dans les systèmes de transports pour la période 2019-2037, autour de quatre objectifs dont la réduction des inégalités territoriales. Il arrête la trajectoire de dépenses de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France pour 2019 à 2023, en crédits de paiement et en millions d'euros courants : 2 683, puis 2 982, 2 687, 2 580 et 2 780. Il réécrit les dispositions du code des transports relatives au Conseil d'orientation des infrastructures, dont les membres comprennent trois députés, et substitue la notion de mobilité à celle de transport dans l'intitulé et plusieurs articles de ce code. Il ajoute la création ou l'aménagement de pôles d'échanges multimodaux dimensionnés aux flux de passagers parmi les orientations de la politique des transports, et demande au Gouvernement un rapport au Parlement, au plus tard le 1er octobre 2019, sur les niveaux de fiscalité du secteur aérien en France et leur comparaison. Le texte est dépourvu d'exposé des motifs et l'extrait ne porte que sur ses premiers articles.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM305LREM28UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés200
Libertés et Territoires200
Mouvement Démocrate et apparentés010
La République en Marche1280
UDI et Indépendants000
Les Républicains300
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 3239 en séance (Mobilités), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Dominique Potier SOC
« Il s’agit d’un amendement important, sur le vote duquel nous allons demander un scrutin public. En cohérence avec les discours tenus autour de ce texte, nous proposons un moratoire sur la fermeture des « petites lignes » et des gares ferroviaires. À la suite du mouvement des gilets jaunes, une des réponses du Président de la République avait été de mettre un terme à la fermeture des écoles dans les communes – sous réserve, bien entendu, que le maire soit d’accord. Un acte a été accompli, et une forme de moratoire a été décidée afin de réorganiser l’école et de calmer les tensions sur le terrain. »
Mme Bérangère Abba (rapporteure)
« Avis défavorable : au-delà du fait que les dispositions prévues par cet amendement relèvent de SNCF Réseau et que les régions sont compétentes pour les lignes de TER, quand on est obligé de suspendre un service du fait de difficultés techniques, de questions de sécurité ou de problèmes de signalisation – bref, en raison d’un problème d’infrastructure –, c’est un événement que l’on subit plutôt qu’on ne le choisit. »
Mme Élisabeth Borne (ministre)
« Monsieur Potier, vous semblez en effet ignorer que ces fermetures ne relèvent pas de décisions, mais qu’elles découlent d’un constat que la sécurité sur ces lignes n’est plus assurée. Bien souvent, comme on ne disposait pas des diagnostics nécessaires, on n’a pas inscrit la réfection de certaines lignes dans les contrats de plan, et l’on découvre à la dernière minute que des problèmes de sécurité se posent et que la ligne doit fermer. Il ne s’agit pas d’une démarche cynique qui viserait à fermer les petites lignes. »
M. Jean-Marie Sermier LR
« Cet amendement est frappé au coin du bon sens, madame la ministre ! Il ne s’agit pas d’un investissement lourd, vous l’avez dit vous-même, et la question fait l’objet d’un quasi-consensus entre les différents bancs de cette assemblée ainsi qu’avec le Gouvernement. Vous dites que vous souhaitez traiter la question des petites lignes et des gares au cas par cas. Pour ce faire, vous allez commander une étude, et nous comprenons que cela puisse avoir un intérêt. Mais ce que l’amendement proposé par Christophe Bouillon prévoit, c’est que, pendant la durée de cette étude, il y ait un moratoire. Pourquoi ne pas tous nous retrouver autour de cet amendement ? »
Mme Valérie Rabault NG
« J’entends votre argument relatif à la sécurité, madame la ministre, et j’ai pris bonne note de ce que vous avez demandé à SNCF Réseau. Toutefois, ce que nous demandons, pour notre part, c’est un moratoire sur les fermetures de lignes. […] Un moratoire, c’est pour une période temporaire ! […] J’entends bien, madame la ministre, qu’il y a des impératifs liés à la sécurité, mais on parle là de fermetures de lignes. On peut très bien prendre acte d’un problème de sécurité et l’examiner. En revanche, vous savez très bien que, si une ligne ferme, elle ne rouvrira pas – sauf exception. »
M. Hubert Wulfranc GDR
« Loin de nous, bien évidemment, l’idée de nous opposer à l’argument relatif à la sécurité – et c’est précisément parce que nous ne nous opposons pas à cet argument que nous pouvons nous permettre de le contester. Toutes choses égales par ailleurs, le même argument a été employé, de manière tout à fait politique, pour fermer des maternités. […] Eh oui, madame la ministre : on nous a dit que l’on devait fermer ces maternités parce que la sécurité des accouchements n’y était plus assurée. D’où les contestations que Mme Buzyn connaît concernant les conditions de sécurité pour les personnes reçues dans ces services. Il en va de même en l’occurrence. »

7 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue