Amendement du Gouvernement · après art. 1ER C

97 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 20 voix franchi. 1 abstention.
Quasi unanime
Participation 7 %

Amendement n° 3587 · APRÈS ART. 1ER C, déposé par le Gouvernement.

L'essentiel : Le financement de grandes infrastructures de transport terrestre, celles dépassant un milliard d’euros, pourra reposer sur des établissements publics locaux que le Gouvernement est habilité à créer par ordonnance dans un délai de vingt-quatre mois.

Texte exact de l'amendement

I. – Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance, dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la promulgation de la présente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi afin de créer un ou plusieurs établissements publics locaux ayant pour mission le financement, sur un périmètre géographique déterminé, d’un ensemble cohérent d’infrastructures de transport terrestre dont la réalisation représente un coût prévisionnel excédant 1 Md€ hors taxe. Ces établissements peuvent également avoir pour mission de concevoir et d’exploiter ces infrastructures ou de mettre en place les services complémentaires ou connexes à ces infrastructures. L’État peut être représenté au sein des organes dirigeants de ces établissements. Les ressources de ces établissements comprennent des ressources fiscales créées à cet effet. II. – Ne peuvent donner lieu à la création d’un établissement public dans les conditions prévues au I du présent article que les projets d’infrastructures ayant fait l’objet : 1° d’une déclaration d’utilité publique en application de l’article L. 121‑1 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique, d’une déclaration de projet en application de l’article L. 126‑1 du code de l’environnement ou d’une décision de l’autorité administrative d’engager l’enquête publique et d’une contre-expertise à…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet article vise à formaliser une échéance de concrétisation de l’engagement inscrit dans le rapport annexé relatif à l’accompagnement par l’État de la mise en œuvre de sociétés de financements sur le modèle de la Société du Grand Paris. Les sociétés de projet dont la création est prévue par le présent article seraient en toute hypothèse considérées comme des administrations publiques au sens de la comptabilité nationale qui est utilisée pour la mesure de la dette et du déficit maastrichtiens. Cet article vise à habiliter le Gouvernement à légiférer par ordonnance en vue de la création de tels établissements. Il établit les conditions minimales nécessaires associées aux projets qui pourraient être concernés à savoir : - une rentabilité socio-économique positive ; - la disponibilité d’une déclaration d’utilité publique ou la décision de l’engager ; - l’existence d’un plan de financement dûment validé par l’État et les collectivités concernées. Les projets concernés devront en outre disposer de ressources composées de taxes affectées et d’emprunts. Les établissements ainsi créés n’ont en effet pas vocation à bénéficier de ressources budgétaires de l’État au-delà des ressources votées dans la présente loi. Ces ressources devront donc être complétées notamment par des ressources fiscales créées à cet effet. Le Gouvernement souhaite que l’entrée en vigueur des ordonnances soient su…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 26 novembre 2018 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 2 avril 2019 1re lecture Sénat Adopté
  3. 11 juillet 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 5 novembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 20 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi fixe la stratégie et la programmation financière et opérationnelle des investissements de l'État dans les systèmes de transports pour la période 2019-2037, autour de quatre objectifs dont la réduction des inégalités territoriales. Il arrête la trajectoire de dépenses de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France pour 2019 à 2023, en crédits de paiement et en millions d'euros courants : 2 683, puis 2 982, 2 687, 2 580 et 2 780. Il réécrit les dispositions du code des transports relatives au Conseil d'orientation des infrastructures, dont les membres comprennent trois députés, et substitue la notion de mobilité à celle de transport dans l'intitulé et plusieurs articles de ce code. Il ajoute la création ou l'aménagement de pôles d'échanges multimodaux dimensionnés aux flux de passagers parmi les orientations de la politique des transports, et demande au Gouvernement un rapport au Parlement, au plus tard le 1er octobre 2019, sur les niveaux de fiscalité du secteur aérien en France et leur comparaison. Le texte est dépourvu d'exposé des motifs et l'extrait ne porte que sur ses premiers articles.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM305LREM28UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise000
Gauche démocrate et républicaine001
Socialistes et apparentés100
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate et apparentés300
La République en Marche2800
UDI et Indépendants100
Les Républicains300
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 3587 en séance (Mobilités), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Élisabeth Borne (ministre)
« J’ai déjà fait référence à plusieurs reprises à cet amendement, qui tend à habiliter le Gouvernement à légiférer par ordonnance pour créer des sociétés de projets, ce qui peut être nécessaire afin d’accélérer la réalisation de certaines infrastructures. Cette disposition, que je crois attendue, répond notamment à des demandes formulées dans plusieurs amendements, relativement aux lignes Bordeaux-Toulouse, Montpellier-Perpignan et à d’autres projets défendus par des collectivités, tels que l’Anneau des sciences à Lyon et, peut-être, la troisième ligne du métro toulousain, sans oublier tous les enjeux de mobilité qui se posent dans la métropole d’Aix-Marseille. »
Mme Bérangère Abba (rapporteure)
« Il est favorable. Cet amendement, annoncé par le Gouvernement dès l’examen en commission, était en gestation, si je puis dire, dans le rapport annexé, lequel dispose, dans son dernier alinéa, que « l’État accompagne la mise en œuvre de sociétés de financements permettant l’identification de ressources territoriales nouvelles et de financements innovants ». L’amendement met en œuvre cette disposition en la précisant. »
M. Jean-Marc Zulesi LREM
« Je veux dire un petit mot sur cet excellent amendement, pour en remercier Mme la ministre, qui engage ainsi, de façon concrète, la réflexion sur la création d’établissements publics de la mobilité. Ce faisant, madame la ministre, vous réaffirmez notre confiance dans l’expertise et l’intelligence des territoires pour organiser les déplacements et les réseaux de transport. Vous l’avez dit, vous donnez à la métropole Aix-Marseille-Provence – j’insiste sur ce dernier nom, qui me tient à cœur – les outils de développement d’une politique de mobilité à la hauteur de son potentiel économique, écologique et, surtout, humain. »
M. Christophe Bouillon SOC
« Je fais miennes les louanges de Jean-Marc Zulesi, pour dire que nous soutiendrons bien entendu l’amendement. En commission, nous avions déposé des amendements d’appel sur le même thème, l’amendement du Gouvernement étant alors en gestation, comme vient de le rappeler Mme la rapporteure. Faire confiance à l’intelligence territoriale, qui est réelle, me paraît être la bonne méthode. Cet amendement nous offre aussi une sorte de guide, ou nous montre le chemin, pour réaliser, à un horizon raisonnable, les infrastructures attendues sur les territoires. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« L’amendement est intéressant, madame la ministre, mais il serait recevable à mes yeux si l’on en élargissait la portée à d’autres sujets. Ces établissements, en particulier, pourraient-ils prendre la main sur les sociétés d’autoroutes, dès lors que le Gouvernement n’a pas voulu le faire ? Ils pourraient les racheter dans le cadre d’une « régionalisation » ou d’une « territorialisation », de manière à financer d’autres projets. »
Mme Sophie Auconie UDI
« Le groupe UDI et indépendants votera cet amendement, qui a une grande vertu à ses yeux : celle de donner une suite concrète, à brefs délais, à la réflexion pragmatique que vous dites mener sur les territoires et les moyens de les associer. Les territoires souffrent ; ils ont besoin d’actions concrètes. L’amendement va dans ce sens, et je vous en remercie. »

4 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue