Proposition de loi constitutionnelle visant à protéger et à garantir le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse

87 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 185 voix franchi. 18 abstentions.
NetVote transpartisanBloc fracturé
Participation 67 %

Le parcours du texte

  1. 7 octobre 2022 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 24 novembre 2022 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 1er février 2023 1re lecture Sénat Modifié
  4. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Ce que change ce texte

Le 24 novembre 2022, l’Assemblée adopte en première lecture la proposition de loi constitutionnelle visant à protéger et à garantir le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse, par 337 voix contre 32 et 18 abstentions.

  • ConstitutionComplète le titre VIII de la Constitution par un article 66-2 disposant que « la loi garantit l'effectivité et l'égal accès au droit à l'interruption volontaire de grossesse ». art. unique

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 24 novembre 2022 : 337 voix pour, 32 contre, 18 abstentions. Dix groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE30HOR62LRdivisé89RNdivisé4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale7100
Gauche démocrate et républicaine - NUPES1600
Écologiste - NUPES2000
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)1901
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires1010
Démocrate (MoDem et Indépendants)3101
Renaissance9801
Horizons et apparentés2000
Les Républicains1372
Rassemblement National382313
Non inscrit110
Mises au point de vote 7

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

  • Mathilde Paris RN Vote enregistré Pour Position déclarée voter contre
  • Marine Le Pen RN Vote enregistré Pour Position déclarée ne pas prendre part au vote

5 autres mises au point émanent de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 2

Objecte que la clause de conscience figure déjà dans le droit : « Dès 1975, la loi Veil a prévu la possibilité pour un médecin de refuser de pratiquer une IVG. La clause de conscience est également mentionnée à l’article R. 4127-47 du code de la santé publique ». Il répond à Patrick Hetzel, qui juge asymétrique le raisonnement du garde des sceaux : « Monsieur Hetzel, les arguments qui vous sont opposés ne sont pas asymétriques ! »

Ont tous une position majoritaire favorable : aucun groupe ne s’oppose au texte. Les 32 voix contre du scrutin viennent de membres de trois d’entre eux, le Rassemblement national (23 voix), Les Républicains (7) et LIOT (1), et d’un député non inscrit.

lire le passage ↗
Contre le texte, 1
Patrick HetzelLRqui vote contre quand son groupe vote pour

Reproche au garde des sceaux, après son avis défavorable, de tenir deux raisonnements opposés : « D’un côté, vous affirmez qu’il est nécessaire de constitutionnaliser le droit à l’IVG parce qu’il pourrait être menacé ; de l’autre, vous jugez qu’il n’est pas besoin de constitutionnaliser la clause de conscience car elle est garantie par les décisions du Conseil constitutionnel. » Il juge cet argumentaire « pour le moins paradoxal et étonnant ».

Réserves et nuances, 1
Fabien Di FilippoLRqui s’abstient

Défend un amendement complétant la Constitution par un article 66-3 : « Nul ne peut porter atteinte à la clause d’objection de conscience des personnels de santé ne souhaitant pas pratiquer une interruption volontaire de grossesse ou concourir à une interruption volontaire de grossesse. » Faute de quoi, avertit-il, « nous risquons de voir diminuer le nombre de professionnels de santé prêts à procéder à des IVG ». L’amendement n’est pas adopté.

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Les lois interdisant de fumer dans les lieux publics réduisent l'exposition au tabagisme passif et, selon la plupart des études recensées, font baisser les hospitalisations pour infarctus et accidents coronariens (ainsi que les AVC) ; les effets sur la santé respiratoire et périnatale sont moins constants.

revue systématique, 77 études dans 21 pays

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Protéger et garantir le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Éric Dupond-Moretti (garde des sceaux, ministre de la justice)
« Les explications arrivent, monsieur Le Fur ! « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » Le Conseil constitutionnel rattache de longue date la liberté de conscience à l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. »
M. Patrick Hetzel LR
« Je m’étonne de votre asymétrie argumentative, monsieur le garde des sceaux ! Lorsque nous nous inquiétons pour la liberté de conscience des soignants, vous nous répondez qu’elle est garantie par la jurisprudence du Conseil constitutionnel. »
M. Fabien Di Filippo LR
« Il s’inscrit dans la continuité de l’amendement précédent, mais il propose une rédaction différente, en complétant le titre VIII de la Constitution par un article 66-3 ainsi rédigé : « Nul ne peut porter atteinte à la clause d’objection de conscience des personnels de santé ne souhaitant pas pratiqu… »
M. Philippe Vigier DEM
« Permettez-moi de rappeler quelques éléments sur la clause de conscience, un sujet que je connais bien. Dès 1975, la loi Veil a prévu la possibilité pour un médecin de refuser de pratiquer une IVG. La clause de conscience est également mentionnée à l’article R. »
Mme Mathilde Panot (rapporteure)
« Monsieur Hetzel, je vous félicite pour votre lecture attentive du programme de Jean-Luc Mélenchon, dont vous devriez plus souvent vous inspirer ! La GPA n’est pas le sujet de cette proposition de loi constitutionnelle. Avis défavorable. »
M. Sébastien Chenu RN
« Je dirai deux choses. D’abord, on entend sans arrêt le garde des sceaux faire référence aux pays étrangers ; par conséquent, j’aimerais savoir s’il s’est posé autant de questions lorsqu’il a accompagné la Première ministre en Algérie , alors que ce pays est le plus restrictif du Maghreb en matière d… »
M. Sylvain Maillard RE
« Sur le fondement de l’article 70, alinéas 1, 2 et 3, de notre règlement. J’aime beaucoup mon collègue Le Fur, mais cette mise en cause personnelle de la présidente de notre groupe est insupportable. »
M. Benjamin Saint-Huile LIOT
« Au nom du groupe LIOT, je répète ce que nous avons dit ce matin : quel triste spectacle ! Les oppositions ont une journée pour présenter les textes sur lesquels nos concitoyens veulent nous voir travailler ensemble. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Rassurez-vous : ils concernent bien l’introduction du droit à l’IVG dans la Constitution. J’en profite tout de même pour souligner qu’il est assez cocasse de s’entendre faire, tout au long du débat, un procès en obstruction parlementaire par un groupe qui, je le rappelle, a déposé 19 000 amendements… »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Je tiens à exprimer la pleine satisfaction du groupe Socialistes et apparentés de voir cette proposition de loi bientôt adoptée. C’est un grand jour pour le droit des femmes. »
Mme Anne-Cécile Violland HOR
« La rédaction que nous avons adoptée a recueilli en effet des voix venues de tous les groupes politiques. C’est d’abord et avant tout une victoire pour toutes les femmes de France. »
M. Jérémie Iordanoff ECOS
« Je suis vraiment affligé par l’attitude et le niveau des débats sur une partie des bancs. Nos concitoyens jugeront. Nous, écologistes, aurions bien sûr préféré inscrire le dispositif à l’article 1 er de la Constitution et y inclure le droit à la contraception. »

Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

56 amendements examinés en commission, dont 0 adopté.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 56 amendements y ont été déposés, aucun n'a été adopté. En séance, 629 amendements ont été discutés sur ce texte.

5 rejetés3 retirés48 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

6 groupes ont déposé des amendements en commission, et aucun n'a été adopté. Le détail des dépôts est ci-dessous.

La commission n'a adopté aucun amendement : le texte est arrivé en séance tel qu'elle l'avait reçu.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article · 4 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 488 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 4 amendements au total.

  • Article unique Inscrit dans la Constitution que la loi garantit l'effectivité et l'égal accès au droit à l'interruption volontaire de grossesse. 61651 com. / 565 séance

    Inscrit dans la Constitution que la loi garantit l'effectivité et l'égal accès au droit à l'interruption volontaire de grossesse.

    616 amendements déposés sur cet article : 51 en commission, puis 565 en séance, dont 4 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

Hors article Sous-amendements et votes non rattachés à un article 4votes

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue