Amendement de Mme Runel (SOC) · après art. 8

62 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 65 voix non atteint. 2 abstentions.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 23 %

Amendement n° 87 · APRÈS ART. 8, déposé par Mme Runel SOC +67 cosignataires.

L'essentiel : Une contribution sur les aliments pour nourrissons et jeunes enfants contenant des sucres ajoutés aurait été instaurée, de 4 à 28 euros par quintal selon la quantité de sucre ajouté.

Texte exact de l'amendement

La section III du chapitre II du titre III de la deuxième partie du livre premier du code général des impôts est complétée par un article 1613 ter A ainsi rédigé : « Art. 1613 ter A . – I. – Est instituée une contribution perçue sur les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge contenant des sucres ajoutés. « II. – La contribution est due par la personne qui réalise la première livraison des produits mentionnés au I, à titre gratuit ou onéreux, en France, en dehors des collectivités régies par l’article 74 de la Constitution, de la Nouvelle-Calédonie, des Terres australes et antarctiques françaises et de l’île de Clipperton, à raison de cette première livraison. « Est assimilée à une livraison la consommation de ces produits dans le cadre d’une activité économique. La contribution est exigible lors de cette livraison. « III. – Le tarif de la contribution mentionnée au I est le suivant : « QUANTITÉ DE SUCRE (en kg de sucre ajouté par quintal de produits transformés) TARIF APPLICABLE (en euros par quintal de produits transformés) Inférieure à 5 4 Entre 5 et 8 21 Au-delà de 8 28 « Pour le calcul de la quantité en kilogrammes de sucres ajoutés, celle-ci est arrondie à l’entier le plus proche. La fraction de sucre ajouté égale à 0,5 est comptée pour 1. « Les tarifs mentionnés dans le tableau du deuxième alinéa du III sont relevés au 1er janvier de chaque année, à…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à instaurer une taxe sur les sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants âgés de un à trois ans. Il ne s’agit pas de taxer les ingrédients naturellement sucrants, comme le miel ou les fruits (dont la consommation doit néanmoins rester limitée chez les enfants en bas âge, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé), mais uniquement les sucres ajoutés, qui n’ont aucune raison d’être présents dans l’alimentation des tout-petits. Selon une enquête du CLCV publiée en octobre 2023, de nombreux produits infantiles contiennent trop de sucres ajoutés ou d’ingrédients sucrés. Ainsi, 22 % des préparations céréalières et 14 % des produits à base de fruits destinés aux jeunes enfants en contiennent. Certains affichent même des allégations nutritionnelles vantant une faible teneur en sucre, au risque d’induire le consommateur en erreur. Les exemples sont nombreux : ● des yaourts dès 12 mois contiennent 6,1 g de sucre pour 100 g ; ● certains yaourts dès 8 mois montent à 10 g pour 100 g ; ● des poudres cacaotées ou biscuits dès 10 mois atteignent plus de 30 g pour 100 g. Tous sont enrichis en sucres ajoutés, alors même que des alternatives sans sucre existent déjà sur le marché. Or, dès 2022, l’OMS rappelait dans ses recommandations que les produits destinés à l’ali…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1500
Gauche Démocrate et Républicaine000
Écologiste et Social1000
Socialistes et apparentés1000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires101
Les Démocrates910
Ensemble pour la République371
Horizons & Indépendants030
Droite Républicaine070
Union des droites pour la République030
Rassemblement National0600
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 87 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Sandrine Runel SOC
« Je ne bouderai pas mon plaisir à la perspective de faire hurler nos collègues d’en face, puisqu’il s’agit d’une nouvelle taxe … […] …sur le sucre ajouté dans les produits pour nourrissons. Je pense que, dans cet hémicycle, tout le monde a des enfants ou des petits-enfants et que personne, même ceux qui défendent la betterave, n’a envie d’avoir des produits sur-sucrés pour les nourrissons. Cet amendement vise à inciter les fabricants à diminuer les doses de sucre, qui sont néfastes pour les enfants. J’en profite pour saluer le travail de notre collègue Cyrille Isaac-Sibille sur la question du sucre. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Vous avez raison,… […] …c’est effectivement une nouvelle taxe. Sur le reste, vous avez moins raison. Vous vous inspirez de l’amendement du sénateur Iacovelli adopté l’année dernière, à la différence que votre version taxerait aussi les denrées alimentaires aux fins médicales spéciales dont certains enfants ont besoin. Je ne suis pas sûr que cette taxe incite les industriels à changer leurs recettes. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’elle sera répercutée sur les prix, au détriment des consommateurs, et donc, ici, des parents. »
Mme Stéphanie Rist (ministre)
« Même si la taxe proposée l’année dernière, que l’Assemblée n’avait pas adoptée, englobait certains produits pour enfants, celle que vous proposez porte sur les sucres ajoutés. Or il est impossible de les distinguer des autres puisqu’ils ne sont pas précisés dans la composition. D’autre part, les aliments destinés aux nourrissons relèvent d’un cadre réglementaire spécifique sur lequel nous devons avancer. L’amendement ne serait pas opératoire. Avis défavorable. »
M. Cyrille Isaac-Sibille DEM
« Je remercie Mme Runel d’avoir déposé cet amendement. Je rappelle cependant qu’une proposition de loi visant à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons a été adoptée lors de la niche du Modem. Elle est en cours de navette et j’espère qu’elle pourra être définitivement adoptée avant la fin du mandat. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Madame la présidente, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, chers collègues, ce dont notre société a besoin, c’est d’ordre – nous l’avons vu – mais aussi de liberté. Il faut notamment que chacun soit valorisé à sa juste mesure lorsqu’il fait l’effort de travailler. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Il me semble que les ministres vont rarement jusqu’au terme de la minute qui leur est impartie depuis le début de nos débats. Madame Gruet, vous souhaitez revenir sur le régime socio-fiscal du cumul emploi-retraite. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Je suis très gêné par cet amendement, et même par le sous-amendement, d’abord en raison de leurs conséquences financières. Nous essayons de construire un budget de la sécurité sociale aussi équilibré que possible. »
M. Vincent Rolland DR
« Cet amendement prévoit que la location d’un meublé par un retraité d’un bien issu de son propre patrimoine, situé en station classée de tourisme, n’entraîne plus son affiliation au régime des travailleurs indépendants. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« Il vise à compenser la réforme des retraites adoptée en 2023 sans jamais avoir été votée dans cet hémicycle. Le dispositif proposé est particulier, mais il nous a permis de franchir l’obstacle de la recevabilité financière définie par l’article 40 de la Constitution. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Nous, députés du groupe La France insoumise, sommes pour l’abrogation de la réforme injuste des retraites. Nous soutenons donc l’amendement de la camarade Rousseau. Cette réforme a fait souffrir les gens et il faudra l’abroger. »
Mme Annie Vidal EPR
« Nous commençons la journée très fort, avec une forme d’abrogation de la réforme des retraites, qui pèserait sur les entreprises et qui ne mènerait à rien, la disposition prévue n’étant pas opérationnelle. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Ce débat est symptomatique des discussions menées depuis le début de l’examen du PLF et du PLFSS. On regrette qu’il faille faire des efforts mais on ne s’attaque pas aux causes structurelles, laissant la prise en charge des problèmes à l’État. »
M. Gaëtan Dussausaye RN
« L’article 7 symbolise la défaite idéologique du gouvernement : après dix années de macronisme qui ont mis l’intégralité de nos comptes, y compris ceux de la sécurité sociale, dans le rouge, la seule solution qu’il nous propose est de faire payer les entreprises et les acteurs économiques, c’est-à-di… »
Mme Océane Godard SOC
« Il vise à intégrer à l’assiette de calcul des allègements généraux des cotisations patronales certains compléments de salaire versés aux salariés gagnant plus de 2,5 fois le smic. »
M. Olivier Fayssat AD
« L’article 7 tend à augmenter les prélèvements imposés aux employeurs de 3,7 milliards d’euros. Il intègre, dans le calcul des allègements généraux, les sommes versées au titre de l’épargne salariale et du partage de la valeur ; il crée une nouvelle contribution sur les compléments de salaire exclus… »
M. Laurent Marcangeli HOR
« Ce débat est intéressant car il montre un vrai clivage, que nous assumons. Nous ne voterons évidemment pas en faveur de ces amendements, qui porteraient une atteinte terrible à la liberté des salariés et à leur pouvoir d’achat. Oui, monsieur Monnet, nous assumons pleinement notre position. »

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Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue