L'article 7 de la proposition de loi visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d'une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive

62 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 57 voix franchi.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 19 %

Le parcours du texte

  1. 3 février 2025 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 mars 2025 1re lecture Sénat Adopté
  3. 9 juillet 2025 2e lecture Sénat Modifié
  4. 7 août 2025 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte modifie le code de l’entrée et du séjour des étrangers pour étendre les critères de rétention des personnes condamnées, notamment en incluant des faits graves ou un comportement risquant une récidive. Il permet une prolongation unique de la rétention dans les mêmes conditions. Des précisions sont ajoutées sur les modalités de détention, notamment le suivi des heures d’alimentation. Des ajustements sont également apportés à des articles concernant les procédures et les conditions de rétention. Les dispositions entreront en vigueur à une date fixée par décret.

Les moyens du texte, et leur sort

  • Porter la rétention à 180, voire 210 jours Censuré

    La mesure centrale du texte : allonger la durée maximale de rétention administrative (90 jours en droit commun) jusqu'à 180 jours, voire 210 jours, pour les étrangers condamnés pour certaines infractions graves ou visés par une mesure d'éloignement liée à ces infractions.

    Censuré par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-895 DC du 7 août 2025) : atteinte non proportionnée à la liberté individuelle.

  • Maintenir en rétention pendant les appels Censuré

    Donner un effet suspensif élargi aux appels du parquet ou de l'administration contre les décisions de remise en liberté : l'étranger serait resté en rétention le temps que l'appel soit jugé.

    Censuré par la même décision n° 2025-895 DC.

  • Relever les empreintes sans consentement Adopté

    En cas de refus caractérisé, les empreintes digitales et photographies peuvent être prises sans le consentement de l'intéressé, sur autorisation du procureur et en présence de l'avocat.

  • Étendre la rétention de demandeurs d'asile Adopté

    Un demandeur d'asile sans garanties de représentation suffisantes peut être placé en rétention s'il présente une menace pour l'ordre public.

    Validé sous réserve d'interprétation : la menace doit être réelle, actuelle et suffisamment grave, appréciée au cas par cas.

  • Sécuriser les délais de procédure Adopté

    Plusieurs délais de la procédure de rétention sont convertis de jours en heures (96, 120, 144 heures) pour fiabiliser leur décompte, et la traçabilité en rétention est renforcée (registre des horaires, fouilles, opérations d'identification).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM93EPR34HOR49DR16UDR123RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0220
Gauche Démocrate et Républicaine020
Écologiste et Social070
Socialistes et apparentés0110
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Les Démocrates800
Ensemble pour la République1300
Horizons & Indépendants800
Droite Républicaine800
UDR000
Rassemblement National3200
Non inscrit010

Les avis des experts indépendants

Au 1er juin 2025, 84 447 personnes étaient détenues en France pour 62 566 places opérationnelles, soit un taux d'occupation d'environ 135%, un niveau record. Sur un an, le nombre de personnes détenues a augmenté de plus de 6%. Cette saturation des prisons pèse sur toute mesure qui alourdit le recours à l'emprisonnement ou allonge les peines, faute de places disponibles pour les exécuter dans des conditions dignes.

Statistique mensuelle de la population écrouée et détenue, 2025

C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.

synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d’une particulière gravité), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Olivier Marleix (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Cet amendement tend à préciser le champ d’application de l’article L. 742-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) dans la rédaction retenue par la commission des lois, en mentionnant explicitement les décisions d’expulsion et d’interdiction administrative du ter… »
M. Ugo Bernalicis LFI
« Il ne s’agit pas simplement d’une petite modification du champ d’application de l’article, qui était déjà très problématique, puisque vous supprimez la mention des « activités à caractère terroriste pénalement constatées » – formule étrange, j’en conviens. »
M. Mathieu Lefèvre EPR
« Je n’imagine pas que cet amendement ne soit pas consensuel. Parmi les délits qui doivent conduire à un allongement de la durée de présence en centre de rétention administrative figurent les intimidations, les menaces et, a fortiori , les violences à l’endroit des personnes dépositaires de l’autorité… »
M. Florent Boudié (président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Monsieur Taverne, l’efficacité des peines planchers fait débat. C’est d’ailleurs pour cette raison que le groupe Ensemble pour la République – qui n’est lui-même pas tout à fait uni sur cette question – a refusé de voter pour les propositions de loi en la matière soumises par votre groupe, ou par d’… »
Mme Céline Hervieu SOC
« Il vise à garantir le droit, pour les personnes placées en centre de rétention, de demander l’assistance d’un psychologue. Si l’article L. 744-4 du Ceseda prévoit la possibilité de demander l’assistance d’un médecin, il apparaît nécessaire de faire de même pour les psychologues. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« L’amendement de repli de Mme Hervieu est utile parce qu’il prévoit que, lorsqu’une personne apprend que son maintien en rétention est prolongé, elle se voit proposer une consultation en soins psychologiques. »
Mme Stella Dupont NI
« Je soutiens l’amendement de notre collègue Céline Hervieu. Pour avoir visité, régulièrement, de très nombreux centres de rétention administrative depuis 2017, je sais que le cadre de vie y est particulièrement pénible, que la souffrance psychique et psychiatrique y est très importante, tout comme d’… »
M. Jérémie Iordanoff ECOS
« Nous souhaitons la suppression de cet article parce qu’il remet en cause l’indépendance de l’autorité judiciaire, telle qu’elle est garantie par l’article 66 de la Constitution, qui dispose : « Nul ne peut être arbitrairement détenu. »
M. Michaël Taverne RN
« Ne vous inquiétez pas, monsieur Bernalicis, nous nous opposerons à tous les amendements de suppression que vous avez déposés sur chaque article. »
M. Laurent Croizier DEM
« Je préciserai simplement que la disposition que nos collègues du groupe La France insoumise veulent abroger est issue de la transposition d’une directive européenne qui autorise les États membres à restreindre la liberté de circulation des demandeurs d’asile, notamment par l’assignation à résidence… »
M. Charles Rodwell EPR
« Je répondrai très brièvement au collègue Léaument qui nous a interpellés collectivement : je vous confirme que non, nous ne partagerons jamais le même le socle de valeurs. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

54 amendements examinés en commission, dont 8 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 54 amendements y ont été déposés, dont 8 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 8 adoptions qui est arrivé en séance, où 61 amendements de plus ont été discutés.

8 adoptés24 rejetés5 tombés5 retirés12 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 7 0 %
  • GDR aucun sur 6 0 %
  • EcoS aucun sur 7 0 %
  • SOC aucun sur 11 0 %
  • DEM aucun sur 1 0 %
  • EPR aucun sur 2 0 %
  • HOR aucun sur 1 0 %
  • DR 8 sur 15 53 %
  • RN aucun sur 4 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

25 juin 2025 Lois Examen du texte Amendements (art. 88) Amendements (art. 88) Amendements (art. 88) Amendements (art. 88) Nomination de 2 rapporteurs pour avis sur le PLF 2026 Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

10 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1640 ↗

Les 10 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

Le texte reproduit ici est celui que l’Assemblée a adopté le 8 juillet 2025, en première lecture, c’est-à-dire lors d’une séance postérieure à ce vote. Son contenu peut donc différer de la version soumise aux députés ce jour-là.

  • Article 1er Ouvre la prolongation de rétention réservée au terrorisme aux étrangers expulsés ou interdits du territoire, condamnés pour certains crimes et délits graves, ou menaçant gravement l'ordre public. 2211 com. / 11 séance

    Ouvre la prolongation de rétention réservée au terrorisme aux étrangers expulsés ou interdits du territoire, condamnés pour certains crimes et délits graves, ou menaçant gravement l'ordre public.

    22 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, dont 1 adopté, puis 11 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Rend suspensif l'appel contre la fin de rétention de l'étranger interdit du territoire, visé par une expulsion, condamné pour certains crimes ou délits ou menaçant gravement l'ordre public. 136 com. / 7 séance

    Rend suspensif l'appel contre la fin de rétention de l'étranger interdit du territoire, visé par une expulsion, condamné pour certains crimes ou délits ou menaçant gravement l'ordre public.

    13 amendements déposés sur cet article : 6 en commission, dont 1 adopté, puis 7 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 bis Permet de relever sans son consentement, sur autorisation du procureur et devant son avocat, les empreintes d'un étranger retenu qui refuse, si c'est l'unique moyen de l'identifier. 50 com. / 5 séance

    Permet de relever sans son consentement, sur autorisation du procureur et devant son avocat, les empreintes d'un étranger retenu qui refuse, si c'est l'unique moyen de l'identifier.

    5 amendements déposés sur cet article : 5 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3conforme 125 com. / 7 séance

    Adopté conforme. Les deux chambres l'ont voté dans les mêmes termes lors d'une lecture précédente : il est acquis, et le texte soumis à ce vote ne le réimprime pas.

    12 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, puis 7 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 bis Autorise, faute d'assignation suffisante, la rétention du demandeur d'asile sans titre menaçant gravement et actuellement l'ordre public ou risquant de fuir, et resserre la présomption de fuite. 50 com. / 5 séance

    Autorise, faute d'assignation suffisante, la rétention du demandeur d'asile sans titre menaçant gravement et actuellement l'ordre public ou risquant de fuir, et resserre la présomption de fuite.

    5 amendements déposés sur cet article : 5 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 tersupprimé 40 com. / 4 séance

    Texte de l'article

    (nouveau) (Supprimé)

    4 amendements déposés sur cet article : 4 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4conforme 94 com. / 5 séance

    Adopté conforme. Les deux chambres l'ont voté dans les mêmes termes lors d'une lecture précédente : il est acquis, et le texte soumis à ce vote ne le réimprime pas.

    9 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, puis 5 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 5 Impose de mentionner au procès-verbal les heures de début et de fin de la retenue, les repas, les prises d'empreintes ou de photographies et les fouilles effectuées. 75 com. / 2 séance

    Impose de mentionner au procès-verbal les heures de début et de fin de la retenue, les repas, les prises d'empreintes ou de photographies et les fouilles effectuées.

    7 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, dont 1 adopté, puis 2 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 6 Modifie des délais de l'article L. 761-8 du code des étrangers et habilite le Gouvernement à étendre la loi sous 3 mois dans certaines collectivités d'outre-mer, avec ratification. 73 com. / 4 séance

    Modifie des délais de l'article L. 761-8 du code des étrangers et habilite le Gouvernement à étendre la loi sous 3 mois dans certaines collectivités d'outre-mer, avec ratification.

    7 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 1 adopté, puis 4 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 7 Renvoie à un décret en Conseil d'État l'entrée en vigueur des articles 1er à 4 et 6, au plus tard 3 mois après la promulgation. 43 com. / 1 séance

    Renvoie à un décret en Conseil d'État l'entrée en vigueur des articles 1er à 4 et 6, au plus tard 3 mois après la promulgation.

    4 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 1 adopté, puis 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue