Amendement de Mme Capdevielle (SOC) · après art. 1er

68 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 53 voix non atteint. 2 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 19 %

Amendement n° 2 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par Mme Capdevielle SOC +65 cosignataires.

L'essentiel : L’obligation de fidélité entre époux aurait disparu de la liste des devoirs du mariage, ses auteurs estimant que la fidélité relève de la morale de chacun ; l’amendement a été rejeté.

Texte exact de l'amendement

À l’article 212 du code civil, le mot : « fidélité, » est supprimé.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés entend supprimer la mention de la fidélité dans l'article énumérant les obligations résultant du mariage. Une telle obligation légale n'existe ni dans le cadre du Pacs, ni dans le cadre du concubinage. L'évolution de notre société tend à faire de la fidélité une question morale appartenant à chacun et non une obligation légale imposée à tous. L'article 212 du code civil serait ainsi rédigé : "Les époux se doivent mutuellement respect, secours, assistance".

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 2 décembre 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 28 janvier 2026 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 9 avril 2026 1re lecture Sénat Modifié
  4. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  5. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Ce que change ce texte

Le texte propose de modifier le code civil pour renforcer le respect du consentement dans les relations conjugales et supprimer une disposition qui permettait de prononcer un divorce pour faute en raison de l’absence ou du refus de relations sexuelles. Il ajoute un alinéa à l’article 212 du code civil, affirmant que « chacun respecte le consentement de l’autre ». Il modifie également l’article 242 du code civil pour interdire que le divorce pour faute soit fondé sur l’absence ou le refus de relations sexuelles. Ces changements visent à aligner le droit français sur les principes de dignité humaine, de liberté sexuelle et de lutte contre les violences domestiques, conformément aux recommandations de la Cour européenne des droits de l’homme.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensemble
  • Inscrire le respect du consentement dans les devoirs des époux

    L'article 212 du code civil est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Chacun respecte le consentement de l'autre. »

  • Interdire le divorce pour faute fondé sur le refus de relations sexuelles

    L'article 242 du code civil est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Le divorce pour faute ne peut être fondé sur l'absence ou le refus de relations sexuelles. »

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM91EPR34HOR49DR16UDDPLR122RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire2000
Gauche Démocrate et Républicaine040
Écologiste et Social180
Socialistes et apparentés1142
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires010
Les Démocrates0100
Ensemble pour la République0130
Horizons & Indépendants070
Droite Républicaine080
Union des droites pour la République030
Rassemblement National0150
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2 en séance (Mettre fin au devoir conjugal), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jiovanny William SOC
« Il s’agit de supprimer la mention de la fidélité dans cet article qui énumère les obligations résultant du mariage, dans la mesure où elle ne figure pas dans le cadre juridique du pacs ni du concubinage. La fidélité est une notion purement morale, qui appartient à chaque individu. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Mettre fin au devoir conjugal), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jiovanny William SOC
« Le devoir conjugal est une notion juridique désuète. Elle évoque une obligation physique dépassée selon laquelle le corps est considéré comme un bien. Dans la société actuelle, où l’individualité et le consentement sont primordiaux, cette idée remet en question nos relations. »
Mme Alix Fruchon NI
« Notre assemblée ne fait pas face aujourd’hui à un simple ajustement juridique. Elle fait face à une réalité violente, longtemps niée, minimisée, contournée : le viol au sein du couple. Depuis 1990, le droit pénal reconnaît le viol conjugal. »
Mme Julie Laernoes ECOS
« Permettez-moi d’abord de rappeler d’où nous venons. Depuis le début de cette législature, notre assemblée a fait progresser de manière décisive les droits des femmes et la reconnaissance que le consentement est un principe fondamental. »
Mme Maud Petit DEM
« Dans notre droit, le mariage repose sur des engagements simples et essentiels : le respect, la fidélité, le secours, l’assistance. Ces engagements ne sont pas des formules figées ; ils traduisent une vision du couple fondée sur la dignité et l’égalité. »
Mme Anne-Cécile Violland HOR
« Permettez-moi tout d’abord de partager mon sentiment de gêne et d’incrédulité de me trouver face à vous ce soir. Nous sommes le 28 janvier 2026 et nous débattons d’un sujet qui ne devrait plus exister. »
Mme Karine Lebon GDR
« Il ne prévaut pas sur le droit inaliénable de chacun à pouvoir disposer librement de son corps. Il n’ouvre aucun droit sur le corps de l’autre. »
M. Olivier Fayssat AD
« Nous débattons ce soir d’un sujet sensible, parfois inconfortable, qui touche à ce qu’il y a de plus intime : le corps, l’engagement, la vie familiale. »
Mme Pascale Bordes RN
« Le texte issu des travaux en commission des lois, et que nous nous apprêtons à adopter ce soir, vise à mettre un terme à toute interprétation du mariage qui ferait naître une obligation sexuelle entre époux. »
Mme Véronique Riotton EPR
« Je remercie les rapporteurs pour les travaux qu’ils ont conduits. Imaginez un instant : vous refusez des rapports sexuels ; votre mari vous harcèle, encore et encore, jusqu’à un point insupportable ; vous trouvez le courage de déposer une main courante et de demander le divorce ; vous pensez que la… »
Mme Aurore Bergé (ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations)
« Un sur quatre : un homme sur quatre considère, en France, en 2025, qu’une femme doit avoir des relations sexuelles par devoir – un sur quatre au moins, car on peut supposer que cette conviction fait l’objet d’une sous-déclaration. »
Mme Élise Leboucher LFI
« Nous proposons de préciser, à l’article 212 du code civil, que les époux s’engagent à vivre leur union sans aucune forme de violence. Le mariage, loin d’être un simple contrat, reste une institution patriarcale où s’exercent de nombreuses violences. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue