Proposition de loi prenant des mesures d'urgence pour protéger nos enfants accueillis en crèches privées à but lucratif

100 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 42 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 14 %

Le parcours du texte

  1. 29 octobre 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 23 janvier 2025 1re lecture Assemblée Adopté
  3. à venir Sénat examen
  4. à venir Adoption définitive
  5. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  6. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Ce que change ce texte

En clair

Cette proposition de loi soumet l’entrée de fonds d’investissement au capital des groupes de crèches à une autorisation préalable, renforce les sanctions financières contre les gestionnaires en infraction et encadre les qualifications du personnel.

  • Fonds d’investissementSoumet à l’autorisation préalable des ministres des affaires sociales et de l’économie toute acquisition, par un organisme de placement collectif ou un fonds d’investissement français ou étranger, de parts, d’actions, de titres de créance ou de contrats financiers d’une entreprise gérant une crèche.
  • CritèresL’autorisation est subordonnée à des critères fixés par décret en Conseil d’État, visant l’adéquation entre la stratégie d’investissement et la spécificité de l’accueil des jeunes enfants. Les ministres sollicitent l’avis de l’AMF, de la Caisse nationale des allocations familiales et des services de l’État.
  • Contrôle périodiqueLe respect de ces critères est revérifié tous les deux ans.
  • SanctionsPorte de 5 % à 15 % le plafond de la sanction financière encourue par un gestionnaire de crèche, et de 100 000 euros à 1 000 000 euros son montant maximal.
  • Signalements répétésLorsqu’un même gestionnaire a fait l’objet de plusieurs signalements, alertes ou avertissements en deux ans, le cas échéant dans des départements différents, les contrôles de l’inspection générale des affaires sociales et de l’inspection générale des finances sont engagés sans délai.
  • Taux d’encadrementLa charte nationale de l’accueil du jeune enfant devra définir le taux d’encadrement garantissant un nombre de professionnels suffisant pour répondre aux besoins fondamentaux des enfants.
  • Formation à distanceLes crèches ne pourront plus recruter des professionnel·les formés, après le 1er janvier 2026, par un cursus exclusivement à distance sans période en milieu professionnel ni stage dans la petite enfance.
  • FinancementLe Gouvernement doit remettre dans les six mois un rapport sur la prestation d’accueil du jeune enfant et la prestation de service unique, évaluant notamment l’opportunité de supprimer le taux de facturation comme critère de financement des crèches.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 23 janvier 2025 : 82 voix pour, aucune contre. Dix groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM94EPR34HOR47DR16UDR124RN10NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire700
Gauche Démocrate et Républicaine100
Écologiste et Social200
Socialistes et apparentés5500
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Les Démocrates300
Ensemble pour la République200
Horizons & Indépendants400
Droite Républicaine200
UDR000
Rassemblement National500
Non inscrit000
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 2

Autrice et rapporteure du texte, elle le présente comme une réponse d'urgence aux dérives révélées par la commission d'enquête, pour que l'accueil des tout-petits ne soit plus soumis à une logique de rentabilité au détriment de leur sécurité.

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Catherine Vautrinministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles

Au nom du gouvernement, elle affirme que « protéger les enfants ne devrait jamais être un enjeu de rentabilité » et se déclare favorable à la proposition de loi telle qu'issue de la commission des affaires sociales, appelant à un engagement transpartisan.

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Réserves et nuances, 3

Elle relativise le ciblage des investisseurs par le texte, estimant que « ce n’est pas la nature des fonds » qui permet de faire fonctionner les crèches qui pose problème, mais les infractions à la réglementation.

Elle reproche à l'inverse à la rapporteure d'avoir « capitulé » face aux compromis successifs, estimant que le texte final a perdu une partie de sa portée initiale.

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Fédération française des entreprises de crèchesFFEC

La fédération professionnelle juge la démarche « idéologique et discriminatoire » car ciblant uniquement les crèches privées à but lucratif, et estime que le texte se concentre sur le statut juridique des recettes plutôt que sur le contrôle effectif de la qualité, plaidant pour des règles communes à toutes les structures.

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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Protéger les enfants accueillis en crèches privées à but lucratif), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Céline Hervieu (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« Rationnement des couches et des produits alimentaires, non-respect des taux d’encadrement et suroccupation structurelle, risques de maltraitance et de mauvais traitements, manque de transparence financière et pratiques commerciales frauduleuses : le 18 septembre dernier, Victor Castanet, journaliste… »
Mme Catherine Vautrin (ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles)
« Rien n’est plus important pour les parents que la sécurité et la qualité de l’accueil de leurs enfants. Une responsabilité immense nous incombe : derrière nos échanges, il y a des enfants, des familles, des professionnels de la petite enfance. »
M. Thibault Bazin DR
« …dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches que j’avais eu l’honneur de présider, la rapporteure Sarah Tanzilli estimait que si les crèches privées étaient tout particulièrement pointées du doigt, « la dégradation de la qualité d’accueil concerne en r… »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« Cette proposition de loi vise à mettre en place des mesures d’urgence pour protéger les enfants accueillis dans les crèches privées à but lucratif. »
Mme Béatrice Piron HOR
« Les premières années de la vie sont déterminantes à la fois pour le développement de l’enfant et pour l’équilibre de sa famille. Les crèches, en tant que structure d’accueil collectif, jouent un rôle fondamental dans cette période cruciale. »
M. Laurent Panifous LIOT
« Je tiens à remercier le groupe socialiste et la rapporteure Céline Hervieu d’avoir placé au cœur de nos travaux la question des crèches, sujet éminemment important. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Le groupe GDR soutiendra bien sûr fortement ce texte, non sans émettre le vœu que les crèches publiques puissent à nouveau se développer et que les communes en aient les moyens, et non sans rappeler à Mme la ministre, qui a évoqué les possibilités de garde des enfants, que, plus nous reculerons l’âg… »
M. Thierry Frappé RN
« L’accueil de la petite enfance n’est pas une simple prestation de services : c’est un engagement sociétal majeur. Les premières années conditionnent le développement affectif, psychologique et social de chaque enfant, ce qui nécessite un cadre stable et bienveillant, avec des professionnels compéten… »
Mme Annie Vidal EPR
« Il nous appartient de protéger les tout-petits, les enfants et les personnes très âgées en situation de handicap qui, en raison de leur vulnérabilité potentielle, sont plus exposés que d’autres au risque de la maltraitance. »
Mme Sophia Chikirou LFI
« Nous savons tous ici ce qui se passe dans les crèches privées à but lucratif. Nous savons tous qu’il y a urgence à protéger les enfants, les tout-petits, ceux qui ne parlent pas, ne marchent pas encore, ne mangent pas seuls, ceux dont l’intégrité physique et psychique est totalement dépendante des a… »

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Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

37 amendements examinés en commission, dont 13 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 37 amendements y ont été déposés, dont 13 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 13 adoptions qui est arrivé en séance, où 61 amendements de plus ont été discutés.

13 adoptés2 rejetés13 retirés9 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 3 sur 12 25 %
  • EcoS aucun sur 1 0 %
  • SOC 9 sur 9 100 %
  • LIOT aucun sur 3 0 %
  • DR 1 sur 6 17 %
  • RN aucun sur 6 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

4 décembre 2024 Affaires sociales Examen du texte Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

5 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 702 ↗

Les 5 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Description : Soumet à autorisation ministérielle préalable l'achat par un fonds de titres d'une entreprise gérant des établissements d'accueil d'enfants, sous sanction jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires du fonds. 1711 com. / 6 séance

    Description : Soumet à autorisation ministérielle préalable l'achat par un fonds de titres d'une entreprise gérant des établissements d'accueil d'enfants, sous sanction jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires du fonds.

    17 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, dont 8 adoptés, puis 6 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Relève à 15 % du chiffre d'affaires, et à défaut à 1 million d'euros, le plafond de la sanction financière des gestionnaires d'accueil du jeune enfant. 72 com. / 5 séance

    Relève à 15 % du chiffre d'affaires, et à défaut à 1 million d'euros, le plafond de la sanction financière des gestionnaires d'accueil du jeune enfant.

    7 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 2 adoptés, puis 5 en séance.

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  • Article 2 bis Accélère les contrôles en cas de multiples signalements contre un gestionnaire.

    Accélère les contrôles en cas de multiples signalements contre un gestionnaire.

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  • Article 3 Prévoit un taux d'encadrement suffisant et interdit à des établissements de petite enfance de recruter des professionnels formés depuis 2026 exclusivement à distance, sans stage ni période pratique. 142 com. / 12 séance

    Prévoit un taux d'encadrement suffisant et interdit à des établissements de petite enfance de recruter des professionnels formés depuis 2026 exclusivement à distance, sans stage ni période pratique.

    14 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 1 adopté, puis 12 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4 Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, sous 6 mois, sur la prestation d'accueil du jeune enfant et sur la prestation de service unique. 40 com. / 4 séance

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, sous 6 mois, sur la prestation d'accueil du jeune enfant et sur la prestation de service unique.

    4 amendements déposés sur cet article : 4 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue