Ce que change le texte

Cette proposition de loi finance la recherche sur les cancers et maladies rares de l’enfant par une contribution assise sur le chiffre d’affaires des entreprises du médicament, au taux de 0,10 %.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté le 13 mai 2026 : 98 voix pour, 22 contre, 3 abstentions. Dix groupes ont voté pour et un a voté contre.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
17 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 0 abst.
5 pour, 0 contre, 0 abst.
28 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 1 abst.
16 pour, 0 contre, 0 abst.
8 pour, 0 contre, 0 abst.
13 pour, 0 contre, 0 abst.
2 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 22 contre, 2 abst.
0 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Les avis

Ce que disent les partisans et les opposants du texte, un camp par bande, toujours dans le même ordre. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

2 avis

Défend la création d’« une contribution destinée à financer un fonds public pour la recherche pédiatrique en oncologie et en maladie rares », à un taux fixé en commission « volontairement modéré, pour ne pas déstabiliser la filière pharmaceutique ».

Marie RécaldeSOCauteure de la proposition de loi
L'autre avis

Juge le mécanisme juste : « Les laboratoires bénéficient d’un système solidaire, financé par la sécurité sociale, par l’argent public, par la contribution de toutes et tous », et conclut qu’« Il revient à l’État de rappeler à ses acteurs qu’ils ont le devoir de participer à l’effort national. »

Contre le texte

1 avis

Conteste la méthode plus que l’objectif : « Nous ne contestons pas que l’industrie pharmaceutique doive prendre sa part. Toutefois, nous nous interrogeons sur cette logique qui consiste, une fois encore, à répondre à une difficulté par une taxe supplémentaire. » Elle plaide pour la visibilité, la stabilité et des partenariats plutôt qu’un nouveau prélèvement.

Réserves et nuances

1 réserve

Formule la principale réserve de son groupe : « Pris isolément, un taux de 0,10 % peut paraître modeste, mais il faut regarder l’ensemble de l’édifice. Or les entreprises du médicament sont déjà soumises à une pression fiscale, réglementaire et économique considérable. » Son groupe a annoncé qu’il ne s’opposerait pas au texte.

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • ProgrammeLe texte crée un programme de soutien à l’innovation thérapeutique contre les cancers et les maladies rares de l’enfant (article 1er).
  • ContributionIl institue une nouvelle contribution pour financer ce programme, inscrite au code de la sécurité sociale (article 1er).
  • RedevablesLa contribution est due par les entreprises pharmaceutiques exploitant en France des spécialités remboursées par l’assurance maladie ou agréées aux collectivités (article 1er).
  • TauxLe taux de la contribution est fixé à 0,10 % du chiffre d’affaires (article 2).
  • AssietteElle porte sur le chiffre d’affaires hors taxes réalisé en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer sur les médicaments sous autorisation de mise sur le marché (article 2).
  • ExonérationLes médicaments orphelins désignés au titre du règlement (CE) n° 141/2000 sont exclus de l’assiette (article 2).
Les 10 mesures (4 de plus)
  • ContrôleUn rapport annuel est remis au Parlement sur l’affectation et l’utilisation du produit de la contribution (article 2).
  • Essais cliniquesLe Gouvernement doit remettre dans les six mois un rapport sur l’âge minimal pour participer aux essais cliniques en cancérologie, évaluant l’opportunité de l’abaisser de dix-huit à douze ans (article 2 bis).
  • DécretLes modalités d’application sont renvoyées à un décret en Conseil d’État (article 2).
  • GageLa charge pour l’État est compensée par une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs (article 3).

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Soutien à l’innovation thérapeutique contre les cancers, les maladies rares et les maladies orphelines de l’enfant), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Marie Récalde (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« La proposition de loi que nous examinons se situe au croisement de préoccupations de santé publique et de questions éthiques qui revêtent une intensité particulière. »
Mme Camille Galliard-Minier (ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées)
« En son absence, que je vous prie d’excuser, Mme la ministre de la santé m’a chargée de défendre la position du gouvernement sur ce texte. Lorsque la maladie frappe, un profond sentiment d’injustice surgit ; il est particulièrement vif et insupportable quand il s’agit d’enfants. »
M. Olivier Fayssat UDDPLR
« Cette proposition de loi touche la réalité douloureuse des cancers pédiatriques et des maladies rares ou orphelines affectant les enfants. Derrière les statistiques, il y a des familles, des parcours de soins interminables et des parents très inquiets du sort de leurs enfants. »
Mme Christine Loir RN
« Certains sujets ne s’abordent pas comme les autres parce qu’ils touchent à ce qu’il y a de plus fragile et de plus précieux – la vie d’un enfant malade. Derrière les termes de cancer pédiatrique, de maladie rare ou de maladie orpheline, il y a des visages, des familles, des combats quotidiens. »
M. Michel Lauzzana EPR
« Je tiens tout d’abord à remercier Mme la rapporteure pour son travail. Il trouve son origine dans un constat que nous partageons tous : les cancers, maladies rares et orphelines de l’enfant restent trop souvent sans réponse thérapeutique adaptée. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Chaque année, en France, près de 500 enfants décèdent d’un cancer. Quant aux maladies rares, elles sont responsables de 10 % des décès chez les enfants entre 1 et 5 ans. »
M. Jérôme End DR
« Certains sujets, dans cette assemblée que j’ai rejointe récemment, transcendent les clivages politiques. Ce sont des thèmes pour lesquels le mot consensus prend tout son sens parce que l’intérêt général est en jeu. L’un d’eux nous réunit aujourd’hui : la lutte contre les cancers pédiatriques. »
M. Boris Tavernier ECOS
« « Pas assez rentable. » Trois mots pour mesurer toutes les limites d’un système qui fait reposer le développement de traitements sur quelques industriels du médicament. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Chaque année, en France, 450 enfants meurent d’un cancer. Ce chiffre suffit à justifier que nous nous saisissions du sujet avec sérieux. Malgré les progrès de la médecine, le cancer demeure la première cause de décès par maladie chez les enfants de plus de 1 an. »
Mme Karine Lebon GDR
« Dans notre pays, les cancers constituent la deuxième cause de mortalité chez les enfants de plus de 1 an. Chaque année, plus de 400 enfants ou adolescents y meurent d’un cancer, quand les maladies rares sont responsables de 10 % des décès d’enfants entre 1 et 5 ans. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

2 amendements adoptés en commission sur 29 déposés, 2 articles modifiés. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 29 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 24 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés15 rejetés12 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 6 0%
  • EcoS aucun sur 2 0%
  • EPR 2 sur 5 40%
  • DR aucun sur 2 0%
  • RN aucun sur 14 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

4 articles, 7 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2190 ↗

Les 4 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 7 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix Crée une contribution des laboratoires exploitant des médicaments remboursés, pour financer un programme de soutien à l'innovation contre les cancers et les maladies rares de l'enfant. 1911 com. / 8 séance

    Crée une contribution des laboratoires exploitant des médicaments remboursés, pour financer un programme de soutien à l'innovation contre les cancers et les maladies rares de l'enfant.

    19 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, puis 8 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 1 Mme Belouassa-Cherifi LFI-NFP rejeté Les sociétés bénéficiant des fonds issus de la contribution auraient dû, selon cet amendement, maintenir leurs dépenses de personnel de recherche pendant deux ans, sous peine de rembourser les sommes reçues majorées de 100 %.
  • Article 2art. adopté Fixe cette contribution à 0,10 % du chiffre d'affaires hors taxes réalisé en France sur les médicaments remboursés. 208 com. / 12 séance

    Fixe cette contribution à 0,10 % du chiffre d'affaires hors taxes réalisé en France sur les médicaments remboursés.

    20 amendements déposés sur cet article : 8 en commission, dont 1 adopté, puis 12 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(71 pour, 9 contre, 26 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 19 M. Bernhardt RN rejeté Plutôt qu’une taxe uniforme, cet amendement proposait de diviser par deux le taux de contribution pour les laboratoires menant des essais cliniques pédiatriques, son auteur préférant l’incitation à une mesure jugée purement coercitive.
    • n° 24 M. Lauzzana EPR rejeté Jugeant le niveau adopté en commission trop lourd pour les entreprises du médicament, cet amendement voulait abaisser le taux de la contribution de 0,10 % à 0,08 %, son auteur invoquant le contexte économique.
    • n° 3 Mme Belouassa-Cherifi LFI-NFP rejeté Le taux inscrit à l’article 2 serait passé de 0,10 % à 0,3 %, son autrice souhaitant accroître les moyens de la recherche sur les cancers pédiatriques et les maladies rares touchant les enfants.
    • n° 7 Mme Belouassa-Cherifi LFI-NFP rejeté Le taux de la contribution des laboratoires, ramené à 0,10 %, aurait été relevé à 0,15 % par cet amendement de repli, afin, selon son autrice, de rétablir le financement initialement prévu pour la recherche pédiatrique.
    • n° 18 Mme Loir RN rejeté Les laboratoires investissant fortement en recherche sur les cancers et maladies rares de l’enfant auraient vu leur contribution réduite de moitié, cet amendement voulant récompenser l’effort réel de recherche pédiatrique selon des critères fixés par décret.
    • n° 23 M. Lauzzana EPR rejeté Les laboratoires fabriquant plus de la moitié des médicaments concernés en France ou dans l’Union européenne auraient été exonérés de la contribution, l’amendement cherchant à encourager la production locale et la souveraineté sanitaire.
  • Article 2 bisart. adopté Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 6 mois sur l'opportunité d'abaisser de 18 à 12 ans l'âge minimal d'accès aux essais cliniques en cancérologie. 10 com. / 1 séance

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 6 mois sur l'opportunité d'abaisser de 18 à 12 ans l'âge minimal d'accès aux essais cliniques en cancérologie.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(71 pour, 9 contre, 26 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 19 M. Bernhardt RN rejeté Plutôt qu’une taxe uniforme, cet amendement proposait de diviser par deux le taux de contribution pour les laboratoires menant des essais cliniques pédiatriques, son auteur préférant l’incitation à une mesure jugée purement coercitive.
    • n° 24 M. Lauzzana EPR rejeté Jugeant le niveau adopté en commission trop lourd pour les entreprises du médicament, cet amendement voulait abaisser le taux de la contribution de 0,10 % à 0,08 %, son auteur invoquant le contexte économique.
    • n° 3 Mme Belouassa-Cherifi LFI-NFP rejeté Le taux inscrit à l’article 2 serait passé de 0,10 % à 0,3 %, son autrice souhaitant accroître les moyens de la recherche sur les cancers pédiatriques et les maladies rares touchant les enfants.
    • n° 7 Mme Belouassa-Cherifi LFI-NFP rejeté Le taux de la contribution des laboratoires, ramené à 0,10 %, aurait été relevé à 0,15 % par cet amendement de repli, afin, selon son autrice, de rétablir le financement initialement prévu pour la recherche pédiatrique.
    • n° 18 Mme Loir RN rejeté Les laboratoires investissant fortement en recherche sur les cancers et maladies rares de l’enfant auraient vu leur contribution réduite de moitié, cet amendement voulant récompenser l’effort réel de recherche pédiatrique selon des critères fixés par décret.
    • n° 23 M. Lauzzana EPR rejeté Les laboratoires fabriquant plus de la moitié des médicaments concernés en France ou dans l’Union européenne auraient été exonérés de la contribution, l’amendement cherchant à encourager la production locale et la souveraineté sanitaire.
  • Article 3non mis aux voix Compense la charge pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.

    Compense la charge pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue