Ce que change le texte

  • Permet aux avocats honoraires de siéger en cours criminelles.
  • Les forme au préalable à l’École nationale de la magistrature.
  • Forme les magistrats aux violences sexuelles et à l’emprise.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté par 363 voix contre 177, avec 2 abstentions.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
0 pour, 66 contre, 0 abst.
0 pour, 17 contre, 0 abst.
0 pour, 37 contre, 0 abst.
0 pour, 56 contre, 0 abst.
22 pour, 0 contre, 0 abst.
37 pour, 0 contre, 0 abst.
80 pour, 1 contre, 1 abst.
32 pour, 0 contre, 0 abst.
47 pour, 0 contre, 0 abst.
17 pour, 0 contre, 0 abst.
121 pour, 0 contre, 0 abst.
7 pour, 0 contre, 1 abst.
Mises au point de vote 3

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

3 autres mises au point émanent de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Comprendre les votes

Les avis

Ce que disent les partisans et les opposants du texte, un camp par bande, toujours dans le même ordre. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

4 avis

Il justifie le recours à des juges non professionnels par les délais de recrutement : « Même si j'avais (le budget pour) 5 000 magistrats supplémentaires, il faudrait ouvrir des concours, les recruter. » Il présente le texte comme un moyen d'accélérer la justice, dans un contexte où il faut en moyenne 6 ans en première instance pour attendre le jugement d'un viol.

Gérald Darmaningarde des Sceaux, ministre de la Justice
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Les 3 autres avis

Défend en première lecture, dans la présentation commune des deux textes, le but du projet de loi ordinaire sur la justice criminelle : « simplifier les procédures dans le respect des droits de la défense et d’un procès équitable, afin de réduire les délais de jugement ». Elle ajoute que les efforts budgétaires « doivent être poursuivis, mais ils ne nous exonèrent pas du débat sur la modernisation de nos procédures ».

Anne BergantzDEMrapporteure à l'Assemblée nationale

Elle défend l'élargissement des cours criminelles départementales : « Voilà une mesure qui devrait permettre de traiter plus vite les affaires dont je rappelle que la grande majorité concerne les crimes sexuels. »

Dominique Vériensénatrice de l'Yonne , co-rapporteureUnion centriste, au Sénat
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La pérennisation des avocats honoraires exerçant des fonctions juridictionnelles est justifiée par un rapport d'évaluation de l'expérimentation, jugée concluante : elle aurait amélioré le fonctionnement des juridictions concernées et utilement renforcé l'effectif des cours criminelles départementales.

Gouvernementexposé des motifs du projet de loi organique
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Contre le texte

4 avis

Dans les explications de vote communes aux deux textes, juge que le projet de loi ordinaire « a été annoncé à grand tambour et trompette comme une grande réforme de la justice criminelle » mais que « la copie rendue est bien différente » : le garde des sceaux a « renoncé à la procédure de jugement des crimes reconnus » sans assumer, selon elle, « politiquement ce recul », dont il a « laissé la charge aux deux rapporteures ».

Les 3 autres avis

Ils dénoncent une gestion de la pénurie : selon eux le texte adapte les procédures et la composition des juridictions au manque de moyens au lieu d'augmenter ces moyens, et ils affirment leur attachement à la cour d'assises et au jury populaire, dont les cours criminelles départementales s'écartent.

Sur les assesseurs citoyens alors prévus, elle relève qu'ils ne sont pas désignés par tirage au sort, contrairement aux jurés populaires, et que « la présence des citoyens assesseurs répond à un souci pur et simple d'économie ». Elle « appelle à doter la justice de personnels en nombre suffisant et dûment formés, plutôt que de recourir à des assesseurs contractuels ». Ces assesseurs ne figurent pas dans le texte adopté.

Claire HédonDéfenseure des droitsavis n° 26-03 du 1er avril 2026, sur les assesseurs citoyens finalement RETIRÉS
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Elle conteste le diagnostic qui fonde la réforme : la difficulté de la justice criminelle « recoupe essentiellement des enjeux de moyens, humains et budgétaires », et non d'organisation des juridictions.

Julie Couturierprésidente du Conseil national des barreaux
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Réserves et nuances

4 réserves

Il estime que le projet comporte « des garanties de capacité et d'indépendance conformes aux exigences constitutionnelles » et ne formule pas d'objection de principe, mais rappelle les limites posées par la jurisprudence du Conseil constitutionnel : les juges non professionnels ne peuvent exercer qu'une part limitée de la compétence et ne peuvent pas composer majoritairement une formation collégiale.

Conseil d'Étatavis du 12 mars 2026
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Les 3 autres réserves

Il se dit « favorable aux dispositions visant à assouplir les règles de composition, de compétence et de fonctionnement des juridictions criminelles, notamment la pérennisation des avocats honoraires », et ne s'oppose pas à l'intégration de citoyens assesseurs, sous condition.

Syndicat Unité Magistrats SNM FOpublication du 23 mars 2026
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Il signale un défaut de rédaction rattrapé en commission mixte paritaire : « une erreur de renvoi, qui rendait les formations aux violences intrafamiliales et aux violences sexuelles et sexistes inapplicables aux magistrats professionnels, a été corrigée ».

Louis VogelsénateurLes Indépendants, au Sénat
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Elle décrit l'ensemble comme « un assemblage de mesures ponctuelles dont certaines sont utiles mais sans cohérence suffisante ».

Sophie Briante GuillemontsénatriceRDSE, au Sénat
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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • AssesseursPermet de nommer des avocats honoraires comme juges assesseurs des cours criminelles départementales, pour cinq ans jusqu’à soixante-quinze ans, après une formation à l’ENM.
  • FormationOblige les magistrats jugeant les violences intrafamiliales et les cours criminelles départementales à suivre une formation sur les violences sexuelles et sexistes, la psychotraumatologie et les mécanismes d’emprise.
  • CalendrierLes avocats honoraires déjà en poste peuvent obtenir un second mandat de cinq ans, et les magistrats en fonction doivent suivre la formation avant le 31 décembre 2028.

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?

Le passage en commission

17 amendements adoptés en commission sur 39 déposés, 3 articles modifiés. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire, Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 39 amendements y ont été déposés, dont 17 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 17 adoptions qui est arrivé en séance, où 35 amendements de plus ont été discutés.

17 adoptés11 rejetés1 tombés1 retirés9 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 9 0%
  • GDR aucun sur 1 0%
  • EcoS aucun sur 3 0%
  • SOC 3 sur 8 38%
  • LIOT aucun sur 1 0%
  • EPR 14 sur 14 100%
  • RN aucun sur 3 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles, 2 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2908 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 2 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Ouvre aux avocats honoraires les fonctions d'assesseur en cour criminelle départementale, pour 5 ans renouvelables une fois et jusqu'à 75 ans au plus. 4625 com. / 21 séance

    Ouvre aux avocats honoraires les fonctions d'assesseur en cour criminelle départementale, pour 5 ans renouvelables une fois et jusqu'à 75 ans au plus.

    46 amendements déposés sur cet article : 25 en commission, dont 13 adoptés, puis 21 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(55 pour, 27 contre).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 8 Mme Thiébault-Martinez SOC adopté Précise que la formation prévue à l'article 1er bis porte obligatoirement sur les violences sexuelles et sexistes, la psychotraumatologie et les mécanismes d'emprise et de violences intrafamiliales.
  • Article 1er bisart. adopté Impose une formation, dans l'année, aux magistrats traitant habituellement de violences intrafamiliales et, avant de siéger, aux membres des cours criminelles départementales, et en fixe un contenu obligatoire. 167 com. / 9 séance

    Impose une formation, dans l'année, aux magistrats traitant habituellement de violences intrafamiliales et, avant de siéger, aux membres des cours criminelles départementales, et en fixe un contenu obligatoire.

    16 amendements déposés sur cet article : 7 en commission, dont 1 adopté, puis 9 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(55 pour, 27 contre).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 8 Mme Thiébault-Martinez SOC adopté Précise que la formation prévue à l'article 1er bis porte obligatoirement sur les violences sexuelles et sexistes, la psychotraumatologie et les mécanismes d'emprise et de violences intrafamiliales.
  • Article 2art. adopté Laisse aux magistrats déjà en poste jusqu'au 31 décembre 2028 pour suivre cette formation, les nouvelles obligations s'appliquant à partir du sixième mois suivant la promulgation. 64 com. / 2 séance

    Laisse aux magistrats déjà en poste jusqu'au 31 décembre 2028 pour suivre cette formation, les nouvelles obligations s'appliquant à partir du sixième mois suivant la promulgation.

    6 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, dont 3 adoptés, puis 2 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(62 pour, 24 contre).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 22 M. Coulomme de suppression de l'article 2 du projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles (première lecture). LFI-NFP rejeté Propose de supprimer l'article 2.

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue