Amendement de Mme Runel (SOC) · après art. 8

67 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 64 voix non atteint. 3 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 22 %

Amendement n° 73 · APRÈS ART. 8, déposé par Mme Runel SOC +64 cosignataires.

L'essentiel : Bières aromatisées sucrées ou édulcorées : une contribution au profit de l’Assurance maladie, au tarif fixé par décret, aurait visé ces boissons, que ses auteurs jugent conçues pour attirer les jeunes.

Texte exact de l'amendement

La section III du chapitre II du titre III de la deuxième partie du livre premier du code général des impôts est complétée par un article 1613 ter A ainsi rédigé : « Art. 1613 ter A . – I. – Est instituée une contribution perçue par la Caisse nationale d’assurance maladie sur les boissons alcooliques qui répondent cumulativement aux conditions suivantes : « 1° Définies par la catégorie « Autres bières » à l’article L. 313‑15 du code des impositions sur les biens et services ; « 2° Conditionnées dans des récipients destinés à la vente au détail, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un professionnel, ou préalablement assemblées et présentées dans des récipients non destinés à la vente au détail afin d’être consommables en l’état ; « 3° Contenant un ou plusieurs arômes naturels ou artificiels, notamment ceux reproduisant le goût de boissons spiritueuses, et contenant : « a) Soit au moins 15 grammes de sucres ajoutés ou une édulcoration équivalente par litre exprimée en sucre inverti ; « b) Soit une édulcoration destinée à masquer le goût de l’alcool, quelle qu’en soit la teneur. « II – Le tarif de la contribution mentionnée au I est déterminé par décret. Il est relevé le 1 er janvier de chaque année dans une proportion égale au taux de croissance de l’indice des prix à la consommation hors tabac de l’avant-dernière année. Il est exprimé avec deux chiffres significatifs ap…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à créer une taxe sur les bières aromatisées sucrées ou édulcorées (sans impact sur les bières artisanales). Les bières aromatisées sucrées ou édulcorées produites par l’industrie ciblent principalement les 18‑25 ans et peuvent également attirer les mineurs. Elles cumulent plusieurs caractéristiques problématiques : – Un goût sucré ou aromatisé masquant l’alcool, à l’instar des prémix ; – Un emballage conçu pour séduire les jeunes consommateurs. Or, plus la consommation d’alcool débute tôt, plus les risques sanitaires et sociaux sont élevés. Cet amendement vise donc à prévenir ces risques et à affecter la contribution correspondante à l’Assurance maladie. Les bières issues de brasseries artisanales, dont la production annuelle n’excède pas 200 000 hectolitres sont exemptées de cette taxe. Nous tenons ici à saluer la mobilisation du Président de la Commission des Affaires sociales Frédéric Valletoux sur ce sujet essentiel.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er octobre 2026 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale rectifie les prévisions, les tableaux d’équilibre et l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2026, puis fixe le cadre pour 2027. Selon son exposé, le solde des administrations de sécurité sociale serait déficitaire en 2026 et excédentaire en 2027, notamment sous l’effet des mesures de rétablissement des comptes prévues par le texte. Il supprime à compter du 1er janvier 2027 les exonérations sociales des ateliers et chantiers d’insertion publics et prévoit une aide aux cotisants touchés par les incendies et le cyclone Chido. Il modifie aussi le régime social des indemnités de rupture du contrat de travail et l’assiette des allègements généraux de cotisations, et étend la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
70LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM90EPR35HOR47DR17UDDPLR121RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1401
Gauche Démocrate et Républicaine000
Écologiste et Social1100
Socialistes et apparentés800
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires101
Les Démocrates370
Ensemble pour la République0110
Horizons & Indépendants041
Droite Républicaine050
Union des droites pour la République030
Rassemblement National2570
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 73 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Sandrine Runel SOC
« Il vise à créer une taxe spécifique sur les bières aromatisées , en épargnant les bières artisanales. J’entends déjà le Rassemblement national qui crie à la taxe, mais c’est important. Notre collègue parlait tout à l’heure des pouches au goût de fraise Tagada… […] Il ne m’a pas semblé que je parlais trop fort. Mais, si vous voulez, on peut se mettre à crier ; comme ça, vous pourrez faire des remarques sexistes. Vous les faites déjà, de toute manière. […] Il s’agit de créer une taxe spécifique sur les bières sucrées et aromatisées, qui sont un fléau pour notre jeunesse. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général)
« Cet amendement a été rejeté par la commission. Vous ne l’avez pas retravaillé alors que j’avais évoqué un problème sur le plan technique. Vous prévoyez la formule d’indexation annuelle du tarif de cette contribution, mais pas son tarif de départ pour la première année. Le dispositif ne produirait donc aucun effet : soit il sera censuré pour incompétence négative du législateur, soit il survivra, mais il n’aura pas de barème car le tarif initial doit être fixé par la loi. Sur le fond, je suis en désaccord, ce qui ne vous étonnera pas. »
M. David Amiel (ministre)
« En complément de ce qu’a dit le rapporteur général, je rappellerai le cadre européen. Les directives européennes du 19 octobre 1992 et du 29 juillet 2020 encadrent strictement ce qu’il est possible de faire. Il ne peut y avoir que deux taux pour les bières : un taux réduit pour les bières titrant moins de 3,5 % d’alcool en volume et un taux normal au-dessus de 3,5 % vol. Or, l’amendement ne me paraissant pas conforme à ces directives, j’en demande le retrait ou, à défaut, j’émettrai un avis défavorable. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Justine Gruet DR
« Madame la présidente, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, chers collègues, ce dont notre société a besoin, c’est d’ordre – nous l’avons vu – mais aussi de liberté. Il faut notamment que chacun soit valorisé à sa juste mesure lorsqu’il fait l’effort de travailler. »
M. Thibault Bazin (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« Il me semble que les ministres vont rarement jusqu’au terme de la minute qui leur est impartie depuis le début de nos débats. Madame Gruet, vous souhaitez revenir sur le régime socio-fiscal du cumul emploi-retraite. »
M. Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
« Je suis très gêné par cet amendement, et même par le sous-amendement, d’abord en raison de leurs conséquences financières. Nous essayons de construire un budget de la sécurité sociale aussi équilibré que possible. »
M. Vincent Rolland DR
« Cet amendement prévoit que la location d’un meublé par un retraité d’un bien issu de son propre patrimoine, situé en station classée de tourisme, n’entraîne plus son affiliation au régime des travailleurs indépendants. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« Il vise à compenser la réforme des retraites adoptée en 2023 sans jamais avoir été votée dans cet hémicycle. Le dispositif proposé est particulier, mais il nous a permis de franchir l’obstacle de la recevabilité financière définie par l’article 40 de la Constitution. »
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi LFI
« Nous, députés du groupe La France insoumise, sommes pour l’abrogation de la réforme injuste des retraites. Nous soutenons donc l’amendement de la camarade Rousseau. Cette réforme a fait souffrir les gens et il faudra l’abroger. »
Mme Annie Vidal EPR
« Nous commençons la journée très fort, avec une forme d’abrogation de la réforme des retraites, qui pèserait sur les entreprises et qui ne mènerait à rien, la disposition prévue n’étant pas opérationnelle. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Ce débat est symptomatique des discussions menées depuis le début de l’examen du PLF et du PLFSS. On regrette qu’il faille faire des efforts mais on ne s’attaque pas aux causes structurelles, laissant la prise en charge des problèmes à l’État. »
M. Gaëtan Dussausaye RN
« L’article 7 symbolise la défaite idéologique du gouvernement : après dix années de macronisme qui ont mis l’intégralité de nos comptes, y compris ceux de la sécurité sociale, dans le rouge, la seule solution qu’il nous propose est de faire payer les entreprises et les acteurs économiques, c’est-à-di… »
Mme Martine Froger LIOT
« Avec cet amendement, nous proposons de maintenir le malus de cotisations sociales infligé aux entreprises de plus de 300 salariés qui ne prennent aucune mesure en faveur de l’emploi et de l’amélioration des conditions de travail. »
M. Olivier Fayssat AD
« L’article 7 tend à augmenter les prélèvements imposés aux employeurs de 3,7 milliards d’euros. Il intègre, dans le calcul des allègements généraux, les sommes versées au titre de l’épargne salariale et du partage de la valeur ; il crée une nouvelle contribution sur les compléments de salaire exclus… »
Mme Nathalie Colin-Oesterlé HOR
« L’article 7 vise à réintégrer l’intéressement, la participation et la prime de partage de la valeur dans la rémunération servant au calcul des allégements généraux. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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