La motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, de la proposition de loi visant à renforcer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (texte de la commission mixte paritaire)

63 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 140 voix non atteint.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 48 %

Le parcours du texte

  1. 15 octobre 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 26 mars 2025 1re lecture Sénat Modifié
  3. 6 mai 2025 Commission mixte paritaire Accord
  4. 13 mai 2025 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 19 mai 2025 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 19 juin 2025 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte de loi modifie plusieurs dispositions du code de la justice pénale des mineurs et du code civil, notamment en ajustant des seuils financiers, en renforçant les obligations des parents et en introduisant de nouveaux articles relatifs aux procédures de saisine du tribunal pour enfants. Il prévoit également des modifications aux règles de responsabilité civile des représentants légaux des mineurs et des conditions d’instruction des affaires pénales impliquant des mineurs. Certaines dispositions visent à clarifier les modalités de transmission d’informations entre les autorités et à préciser les obligations des parents dans les cas de saisine judiciaire.

Les moyens du texte, et leur sort

  • Fin de l'atténuation automatique de peine (« excuse de minorité ») pour les 16-18 ans récidivistes Censuré

    L'article 7 écartait par principe, pour les mineurs de 16 à 18 ans en récidive encourant au moins 5 ans d'emprisonnement, le bénéfice de l'atténuation de responsabilité pénale, faisant de la non-atténuation la règle et non plus l'exception.

    Censuré par le Conseil constitutionnel, décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025 : le Conseil juge que l'atténuation de responsabilité pénale des mineurs selon leur âge est une exigence constitutionnelle, que l'inversion opérée par l'article 7 méconnaît.

  • Procédures accélérées de jugement (comparution rapide, audience unique) élargies aux mineurs Censuré

    Les articles 4 et 5 créaient ou élargissaient des procédures accélérées (comparution fondée sur des antécédents dans l'année, abaissement des seuils pour juger en audience unique) applicables aux mineurs de 16 ans et plus.

    Déclarés non conformes, décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025 : le Conseil estime que ces procédures ne garantissaient pas des modalités appropriées à la recherche du relèvement éducatif et moral du mineur.

  • Allongement de la détention provisoire des mineurs de moins de 16 ans Censuré

    Une disposition de l'article 6 portait la durée maximale de détention provisoire de deux mois à un an pour des mineurs de moins de 16 ans dans certaines affaires graves.

    Déclarée non conforme, décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025, comme contraire à l'exigence d'une justice pénale des mineurs adaptée à leur âge.

  • Responsabilité renforcée des parents défaillants Adopté

    L'article 1er aggrave la peine encourue par un parent lorsque son défaut d'exercice de l'autorité parentale ou de comparution aux convocations du juge des enfants a favorisé une infraction commise par son enfant, sans le rendre pénalement responsable du délit de l'enfant.

    Déclaré conforme à la Constitution, décision n° 2025-886 DC du 19 juin 2025 ; disposition en vigueur dans la loi n° 2025-568.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM94EPR33HOR48DR16UDR123RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire4300
Gauche Démocrate et Républicaine400
Écologiste et Social1700
Socialistes et apparentés3600
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires240
Les Démocrates0180
Ensemble pour la République0530
Horizons & Indépendants0150
Droite Républicaine0220
UDR060
Rassemblement National0570
Non inscrit110

Les avis des experts indépendants

Le Défenseur des droits relève qu'en matière d'assistance éducative, des décisions de justice concernant des enfants sont encore prises sans que le mineur capable de discernement ait été entendu au préalable, alors que la loi le prévoit ; l'institution recommande la désignation systématique d'un avocat pour l'enfant capable de discernement afin de mieux garantir ses droits.

« Le droit des enfants à une justice adaptée », rapport annuel consacré aux droits de l'enfant, novembre 2025

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean Terlier (rapporteur de la commission mixte paritaire)
« Le texte que nous présentons aujourd’hui à la suite de la commission mixte paritaire (CMP) fructueuse qui s’est tenue le 6 mai dernier est l’aboutissement d’un travail parlementaire riche et constructif. Je remercie notre président, Gabriel Attal,… »
M. Patrick Mignola (ministre délégué chargé des relations avec le Parlement)
« En vous priant d’excuser le garde des sceaux, en déplacement à l’étranger, je porterai la voix du gouvernement en soutien de la proposition de la loi. »
M. Jean-François Coulomme LFI
« Nous votons aujourd’hui un énième texte initialement très répressif, encore durci tout au long de son chemin législatif. Parce qu’il a la particularité de concerner les enfants de notre pays, il permet à ses rédacteurs et inspirateurs d’atteindre un niveau de cynisme rarement égalé. »
M. Yoann Gillet RN
« J’ai vu ces derniers jours la vidéo d’un youtubeur montrant des trafiquants opérant à ciel ouvert, à Nîmes, dans ma circonscription. Armés, ils bloquent des rues, installent des points de contrôle et pourrissent la vie des honnêtes gens. Beaucoup d’entre eux sont mineurs : telle est la réalité. (M. »
Mme Colette Capdevielle SOC
« Les professionnels de l’enfance sont unanimes pour condamner la proposition de loi Attal, jugée populiste, simpliste, régressive, répressive – bref, très dangereuse. Traiter un mineur comme un adulte est une maltraitance supplémentaire que nous infligerions aux enfants. »
Mme Alexandra Martin
« En déposant une motion de rejet préalable contre le texte examiné, la France insoumise a, comme souvent, choisi de dire non à une réalité qu’elle refuse de voir, aux Français qui attendent des réponses concrètes pour leur sécurité et à l’idée même que l’État puisse faire face, avec lucidité et ferme… »
Mme Sandra Regol ECOS
« Tout le monde ici cherche à assurer la plus grande sécurité et à notre jeunesse et à tout le pays. Ce n’est ni l’objet de ce vote ni celui de cette motion de rejet préalable. »
Mme Blandine Brocard DEM
« Cette proposition de loi visant à restaurer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents est attendue. Elle traite d’un sujet concret. »
M. Jean Moulliere HOR
« Le groupe Horizons & indépendants votera évidemment contre la motion de rejet préalable déposée par le groupe La France insoumise – une énième motion de rejet qui bafoue l’accord trouvé entre sénateurs et députés ; une énième motion de rejet contre l’autorité de l’État. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Le groupe GDR votera la motion de rejet. Je souhaite cependant réagir à quelques éléments évoqués dans le débat. D’abord, il est bien joli de dire que la jeunesse d’aujourd’hui n’est pas la même que celle de 1945, mais la vérité, c’est qu’en 1945, la jeunesse criminelle était bien plus nombreuse qu’… »
M. Olivier Fayssat AD
« La motion de rejet préalable que nous examinons n’a qu’un seul objectif : faire taire le débat. Ce n’est pas une surprise, venant d’un courant politique qui a toujours préféré les slogans aux échanges, les dogmes aux arguments et les décisions autoritaires à la délibération démocratique. »
Mme Martine Froger LIOT
« Les récentes violences ont révélé une délinquance juvénile plus visible, parfois plus violente, suscitant une réelle inquiétude dans la société. Face à cette situation, il est naturel de réagir. On ne peut ni banaliser, ni rester passif. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

111 amendements examinés en commission, dont 17 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 111 amendements y ont été déposés, dont 17 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 17 adoptions qui est arrivé en séance, où 66 amendements de plus ont été discutés.

17 adoptés52 rejetés15 tombés8 retirés8 non soutenus11 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 1 sur 6 17 %
  • GDR 1 sur 4 25 %
  • EcoS 1 sur 4 25 %
  • SOC 1 sur 8 13 %
  • LIOT aucun sur 10 0 %
  • DEM aucun sur 9 0 %
  • EPR 6 sur 25 24 %
  • HOR 1 sur 4 25 %
  • DR aucun sur 15 0 %
  • RN aucun sur 15 0 %
  • NI 6 sur 11 55 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 223 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 4 réunions, dont 1 audition

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

13 novembre 2024 Lois Audition Nomination rapporteur pour avis Nomination rapporteur PPL 448 Nomination rapporteur pour avis Examen du texte Compte rendu ↗
26 novembre 2024 Lois Examen du texte Compte rendu ↗
26 novembre 2024 Lois Examen du texte Compte rendu ↗
2 décembre 2024 Lois Amendements (art. 88) Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

16 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 628 ↗

Les 16 articles du texte adopté lors d’une autre lecture, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Punit de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende la soustraction parentale ayant directement conduit un mineur à une condamnation définitive pour crime ou plusieurs délits. 4120 com. / 21 séance

    Punit de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende la soustraction parentale ayant directement conduit un mineur à une condamnation définitive pour crime ou plusieurs délits.

    41 amendements déposés sur cet article : 20 en commission, dont 2 adoptés, puis 21 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Oblige les parents à déférer aux convocations du juge des enfants, qui peut prononcer une amende civile, alourdit une autre amende et diffère l'application d'au plus 6 mois. 1811 com. / 7 séance

    Oblige les parents à déférer aux convocations du juge des enfants, qui peut prononcer une amende civile, alourdit une autre amende et diffère l'application d'au plus 6 mois.

    18 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, dont 3 adoptés, puis 7 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 Rend les parents responsables sans cohabitation, sauf enfant confié à un tiers, ouvre à l'assureur un recours plafonné contre celui définitivement condamné pour manquement parental lié au dommage. 64 com. / 2 séance

    Rend les parents responsables sans cohabitation, sauf enfant confié à un tiers, ouvre à l'assureur un recours plafonné contre celui définitivement condamné pour manquement parental lié au dommage.

    6 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, puis 2 en séance, dont 1 adopté.

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  • Article 4 Permet de juger en audience unique un mineur d'au moins 16 ans déjà suivi par la justice, encourant au moins 3 ans de prison, s'il y consent. 3629 com. / 7 séance

    Permet de juger en audience unique un mineur d'au moins 16 ans déjà suivi par la justice, encourant au moins 3 ans de prison, s'il y consent.

    36 amendements déposés sur cet article : 29 en commission, dont 2 adoptés, puis 7 en séance, dont 2 adoptés.

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  • Article 4 bis A

    Texte de l'article

    Au 1° de l’article L. 423-4 du code de la justice pénale des mineurs, le mot : « cinq » est remplacé par le mot : « trois » et le mot : « trois » est remplacé par le mot : « un ».

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  • Article 4 bis Durcit les contraintes visant les mineurs poursuivis pour terrorisme ou bande organisée, permet une assignation à résidence dès 13 ans, un placement prolongé après la majorité sans accord. 10 com. / 1 séance

    Durcit les contraintes visant les mineurs poursuivis pour terrorisme ou bande organisée, permet une assignation à résidence dès 13 ans, un placement prolongé après la majorité sans accord.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance, dont 1 adopté.

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  • Article 4 tersupprimé

    Texte de l'article

    (Supprimé)

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  • Article 5 Facilite une exclusion de l'atténuation des peines des mineurs et l'impose, sauf décision motivée, aux plus de 16 ans récidivistes d'infractions punies d'au moins 5 ans. 2520 com. / 5 séance

    Facilite une exclusion de l'atténuation des peines des mineurs et l'impose, sauf décision motivée, aux plus de 16 ans récidivistes d'infractions punies d'au moins 5 ans.

    25 amendements déposés sur cet article : 20 en commission, dont 5 adoptés, puis 5 en séance, dont 2 adoptés.

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  • Article 6 Inscrit au recueil de renseignements socio-éducatifs l'assureur des représentants légaux et permet d'y substituer une note actualisée pour le mineur sous mesure éducative, de sûreté ou sous peine.

    Inscrit au recueil de renseignements socio-éducatifs l'assureur des représentants légaux et permet d'y substituer une note actualisée pour le mineur sous mesure éducative, de sûreté ou sous peine.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 7 Rend obligatoire un rapport avant toute réquisition ou décision de placement en détention provisoire d'un mineur déféré. 10 com. / 1 séance

    Rend obligatoire un rapport avant toute réquisition ou décision de placement en détention provisoire d'un mineur déféré.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 10 bis Permet d'imposer à un mineur sous mesure éducative provisoire de se présenter périodiquement, pendant 6 mois au plus, aux services désignés par le juge.

    Permet d'imposer à un mineur sous mesure éducative provisoire de se présenter périodiquement, pendant 6 mois au plus, aux services désignés par le juge.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 10 ter Description : Oblige les enquêteurs à aviser le juge des enfants quand un mineur viole les interdictions de sa mesure éducative, ses représentants légaux informés, le juge pouvant les convoquer.

    Description : Oblige les enquêteurs à aviser le juge des enfants quand un mineur viole les interdictions de sa mesure éducative, ses représentants légaux informés, le juge pouvant les convoquer.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 10 quater Permet de retenir jusqu'à 12 heures un mineur soupçonné d'avoir violé les interdictions de sa mesure éducative.

    Permet de retenir jusqu'à 12 heures un mineur soupçonné d'avoir violé les interdictions de sa mesure éducative.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 10 quinquies Permet au procureur de demander à un mineur de ne pas circuler seul sur la voie publique, pendant 6 mois au plus.

    Permet au procureur de demander à un mineur de ne pas circuler seul sur la voie publique, pendant 6 mois au plus.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 10 sexies Permet à la juridiction d'interdire à un mineur de circuler seul sur la voie publique aux horaires qu'elle fixe, pendant 6 mois au plus.

    Permet à la juridiction d'interdire à un mineur de circuler seul sur la voie publique aux horaires qu'elle fixe, pendant 6 mois au plus.

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  • Article 10 septies Expérimente pendant 18 mois, dans 2 tribunaux, un tribunal pour enfants à 4 assesseurs pour juger les crimes commis par des mineurs de moins de 16 ans.

    Expérimente pendant 18 mois, dans 2 tribunaux, un tribunal pour enfants à 4 assesseurs pour juger les crimes commis par des mineurs de moins de 16 ans.

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Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue