Ce que change le texte

  • Supprime la récupération sur succession de l’ASPA.
  • Applique un forfait logement aux propriétaires et logés gratuitement.
  • Laisse aux allocataires actuels un droit d’option.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté le 11 juin 2026 : 165 voix pour, aucune contre, 3 abstentions. Onze groupes ont voté pour.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
30 pour, 0 contre, 0 abst.
15 pour, 0 contre, 0 abst.
15 pour, 0 contre, 0 abst.
21 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.
9 pour, 0 contre, 0 abst.
16 pour, 0 contre, 0 abst.
9 pour, 0 contre, 3 abst.
4 pour, 0 contre, 0 abst.
4 pour, 0 contre, 0 abst.
41 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Les avis

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

7 avis

Ramène le non-recours à sa cause principale : « 67 % des non-recourants interrogés par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) le citent comme la raison principale de leur renoncement », et résume le mécanisme ainsi : « La récupération sur succession, c’est demander à nos aînés de choisir entre une vie digne et la transmission du fruit de leur travail à leurs enfants ».

Émeline K/BidiGDRrapporteure et auteure
Les 6 autres avis

Oppose à la suppression sèche un « forfait logement sur l’Aspa, inspiré du modèle applicable au RSA », qui réduirait l’allocation versée aux propriétaires, et le justifie ainsi : « Cette solution permet de concilier, d’une part, justice sociale et amélioration de l’accès aux droits et, d’autre part, responsabilité en matière de finances publiques ».

Jean-Pierre Farandouministre du Travail et des Solidaritéssans étiquette

Soutient le texte mais refuse l’amendement du Gouvernement : « ce minimum vieillesse est inférieur de 19 % au seuil de pauvreté, soit un écart de 244 euros qui manquent chaque mois à une personne seule », et demande de « revaloriser l’Aspa au minimum au niveau du seuil de pauvreté ».

Situe qui paie aujourd’hui : « Ce système pénalise les classes moyennes, notamment les petits propriétaires, très nombreux dans le monde rural, ceux qui ont économisé toute leur vie pour acquérir leur résidence », et relève que les auditions ont montré « les difficultés administratives que pose la récupération des sommes versées au titre de l’Aspa ».

Explique un revirement : « En commission, le groupe EPR s’est vivement opposé à ce texte », pour son coût et parce qu’il visait les successions les plus élevées. Le forfait logement change ce vote, « la solution la plus juste, la plus intelligente, la plus lisible et la plus efficace du point de vue de l’action publique ».

Refuse une « abrogation sèche » au nom de l’égalité entre retraités, la suppression ne profitant « qu’aux propriétaires alors que les retraités locataires, souvent les plus modestes, n’en tireraient rien », puis se rallie au forfait logement : « Nous avons modifié notre position après avoir entendu les prises de parole de Mme la rapporteure et de M. le ministre en début de séance ».

Soutient le texte en posant une condition, « la solidarité nationale doit rester nationale » : le groupe défend un amendement visant « à réserver cette protection aux bénéficiaires de la nationalité française ou justifiant d’une activité professionnelle exercée pendant au moins cinq années équivalent temps plein sur le territoire français ».

Contre le texte

0 avis

Aucun avis contraire au texte n'est relevé dans les sources de cette fiche.

Réserves et nuances

3 réserves

Conditionne le vote du groupe aux chiffres : « notre position dépendra des réponses apportées par le gouvernement et par vous-même sur les conséquences financières », et rappelle la logique du mécanisme, « l’Aspa n’est pas une prestation contributive mais une prestation de solidarité financée par la collectivité ».

Les 2 autres réserves

Chiffre qui profiterait de la suppression : « 85 % des successions en France sont inférieures à 100 000 euros », si bien que l’abrogation avantagerait « les 15 % de Français les mieux dotés en patrimoine », quand « les retraités qui ne possèdent rien, et ils sont nombreux, ne bénéficieraient, quant à eux, de rien ».

Conteste jusqu’au titre du texte : « cette proposition de loi ne traite pas des retraités pauvres en général ; elle cible très spécifiquement ceux des territoires d’outre-mer ». Juge la réécriture en commission « franchement inacceptable » et rappelle que, dans le mécanisme actuel, « ce n’est jamais au retraité de rembourser, mais à ses héritiers, et uniquement sur la succession ».

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • ASPAAbroge la section du code de la sécurité sociale qui organise la récupération sur succession des sommes versées au titre de l’ASPA (art. L. 815-13).
  • SuccessionEn contrepartie, l’allocation est réduite d’un montant forfaitaire lorsque le bénéficiaire occupe un logement dont il est propriétaire ou un logement à titre gratuit ; les allocataires antérieurs peuvent opter pour l’ancienne récupération sur succession.
  • FinancementCompense la perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale par la majoration de l’accise sur les tabacs.

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Conseil d'orientation des retraites Sujet connexe
Rapport annuel, juin 2025 (12e édition) ↗

Selon le Conseil d'orientation des retraites (rapport de juin 2025), le système de retraite est déficitaire de 0,1 % du PIB en 2024 ; à réglementation inchangée et dans le scénario de référence, le déficit atteindrait 0,2 point de PIB en 2030 puis 1,4 point en 2070. Le COR souligne que ces projections sont très sensibles aux hypothèses : selon la croissance de la productivité, le solde de 2070 se situerait entre -2,2 % et -0,7 % du PIB, le système restant durablement en besoin de financement dans tous les scénarios.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Solidarité envers les retraités pauvres), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Émeline K/Bidi (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« Il est temps de clore un chapitre injuste de l’histoire de notre protection sociale. Chaque année, plus de 300 000 personnes âgées éligibles à l’allocation de solidarité aux personnes âgées, l’Aspa, renoncent à la demander. »
Mme Karine Lebon GDR
« Parfois, les débats relatifs à nos droits sociaux finissent par nous détourner de l’essentiel : la réalité de celles et ceux qui se retrouvent démunis en raison de critères restrictifs pensés avant tout pour réaliser des économies. Cette logique, certains l’appliquent à tout. »
M. Matthieu Bloch UDDPLR
« Le texte porte un titre généreux : « Renforcer la solidarité envers les retraités pauvres ». Permettez-moi de préciser d’emblée que cette proposition de loi ne traite pas des retraités pauvres en général ; elle cible très spécifiquement ceux des territoires d’outre-mer. »
M. Guillaume Florquin RN
« Le texte que nous examinons part d’une situation très simple, presque ordinaire : celle d’un retraité modeste qui hésite à demander une aide pourtant nécessaire. »
M. Pierre Cazeneuve EPR
« Tous les ingrédients étaient réunis pour que notre discussion ne se passe pas bien ce matin : un amendement de réécriture générale déposé par le gouvernement à 8 heures, une consultation des groupes politiques à la dernière minute. »
M. Jean-Hugues Ratenon LFI
« L’Aspa est une aide différentielle qui s’adresse aux personnes âgées de plus de 65 ans percevant des revenus inférieurs à certains plafonds. Elle ne suffit pour autant pas à sortir de la pauvreté, notamment parce qu’elle reste conjugalisée. »
M. Joël Aviragnet SOC
« C’est la première fois que notre assemblée examine cette proposition de loi en séance publique après son adoption il y a un an en commission. »
M. Nicolas Ray DR
« Nous examinons une proposition de loi qui touche à une réalité sociale que personne ne peut nier : celle de nos concitoyens âgés qui vivent avec des ressources extrêmement modestes et qui peinent parfois à terminer leur vie dans des conditions dignes. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« Aujourd’hui, 2 millions de personnes de plus de 60 ans vivent sous le seuil de pauvreté. C’est aussi cela le bilan de dix ans d’Emmanuel Macron au pouvoir : outre la scandaleuse réforme des retraites, la précarité des seniors augmente depuis de nombreuses années. »
M. Nicolas Turquois DEM
« Je commencerai par reconnaître les faits : le problème du non-recours à l’Aspa est réel. Il est documenté : environ une personne éligible sur deux ne demande pas l’allocation de solidarité aux personnes âgées. »
M. Pierre Marle HOR
« L’allocation de solidarité aux personnes âgées est l’héritière du minimum vieillesse créé en 1956. Elle garantit aujourd’hui à 700 000 de nos concitoyens un socle de ressources de près de 1 000 euros par mois pour une personne seule. »
M. Jean Bodart LIOT
« La présente proposition de loi nous conduit à nous pencher sur la situation des retraités les plus modestes. Le groupe LIOT remercie le groupe GDR d’avoir inscrit ce sujet à l’ordre du jour de l’Assemblée. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

2 amendements adoptés en commission sur 15 déposés, 2 articles modifiés ; 1 réunion de commission. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 15 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 15 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés9 tombés4 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 2 0%
  • GDR 2 sur 4 50%
  • DR aucun sur 7 0%
  • RN aucun sur 2 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

28 mai 2025 Affaires sociales Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

2 articles, 2 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1478 ↗

Les 2 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 2 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix Réduit d'un montant forfaitaire l'allocation des bénéficiaires propriétaires de leur logement ou logés gratuitement, et abroge la récupération sur succession, que les bénéficiaires actuels peuvent choisir de conserver. 2012 com. / 8 séance

    Réduit d'un montant forfaitaire l'allocation des bénéficiaires propriétaires de leur logement ou logés gratuitement, et abroge la récupération sur succession, que les bénéficiaires actuels peuvent choisir de conserver.

    20 amendements déposés sur cet article : 12 en commission, dont 1 adopté, puis 8 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (2)

    • n° 14 adopté Cet amendement du Gouvernement instaure un « forfait logement » réduisant l’allocation de solidarité aux personnes âgées quand le bénéficiaire est propriétaire ou logé gratuitement, en remplacement de la récupération sur succession.
    • n° 10 M. Muller RN rejeté La fin de la récupération sur succession de l’allocation de solidarité aux personnes âgées aurait, avec cet amendement, été réservée aux personnes françaises ou justifiant de cinq ans de travail en France.
  • Article 2supprimé 21 com. / 1 séance

    Texte de l'article

    (Supprimé)

    2 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, dont 1 adopté, puis 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue