Déposé, non adopté à ce jour Ce texte a été déposé le 22 avril 2025. Il n'a pas été adopté à ce jour : ce n'est pas la loi.
Voir le vote sur ce texte 11 juin 2026 · adopté · 165 pour, 0 contre, 3 abstentionsAdoptée le 11 juin 2026. Transmise au Sénat (navette en cours).
Proposition de loi ordinaireCe que change ce texte
L'enjeu en clair
Ce résumé décrit ce que le texte propose. Ce n'est pas le droit en vigueur.
La proposition de loi, déposée le 22 avril 2025 par Émeline K/Bidi (GDR) et des cosignataires, porte sur l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, minimum vieillesse). Le texte initial supprimait la récupération de l'ASPA sur la succession de l'allocataire (article L815-13 du code de la sécurité sociale, seuil d'actif net successoral fixé à 100 000 € en métropole et 150 000 € en outre-mer). En séance publique le 11 juin 2026, un amendement du gouvernement a remplacé cette suppression sèche par un dispositif alternatif : un « forfait logement » réduisant l'ASPA d'environ 40 € par mois pour un allocataire seul propriétaire ou logé à titre gratuit, avec en contrepartie la suppression de la récupération sur succession pour les personnes basculant dans ce régime. Un droit d'option est prévu pour les allocataires actuels, entre l'ancien régime (allocation pleine et récupération) et le nouveau. L'entrée en vigueur est annoncée neuf mois après la promulgation. Le texte, adopté (T.A. n° 308), a été transmis au Sénat le jour même (n° 734), commission des affaires sociales saisie au fond.
Résumé rédigé hors ligne par un modèle de langage (en local). Il peut contenir des approximations : à recouper avec le texte officiel. Aucun modèle n'est appelé à l'affichage de la page.
Le vote : Adopté le 11 juin 2026 : 165 voix pour, aucune contre, 3 abstentions. Onze groupes ont voté pour.
Objectif affiché et moyens Solidarité envers les retraités pauvres
Voici l'objectif de ce texte tel qu'affiché par ses auteurs et ses principaux leviers.
« Proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres » (intitulé du texte)
Selon son autrice, renforcer la solidarité envers les retraités les plus pauvres, soit 1,6 million de bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées. L'exposé des motifs souligne que la pauvreté des retraités est bien plus élevée outre-mer selon l'Insee (11 % en Guadeloupe et à La Réunion, 9 % en Martinique, 15 % en Guyane, contre 1 % dans l'Hexagone) et rappelle que la pension moyenne des agriculteurs est de 710 euros dans l'Hexagone et de 375 euros pour les agriculteurs réunionnais.
- Exclure le domicile principal de la récupération sur succession
Le troisième alinéa de l'article L. 815-13 du code de la sécurité sociale est complété : le domicile principal du bénéficiaire de l'allocation de solidarité aux personnes âgées est exclu du champ d'application du deuxième alinéa, qui organise la récupération des sommes versées sur la succession.
Proposition de loi d'Émeline K/Bidi, déposée le 22 avril 2025. L'Assemblée nationale l'a adoptée en première lecture le 11 juin 2026.
L'objectif réel d'une loi ne se décrète pas : il se lit dans l'écart entre ces moyens et les constats des travaux d'experts.
Où en est ce texte ?
Le parcours du texte
- 22 avril 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 11 juin 2026 1re lecture Assemblée Adopté
- à venir Sénat examen
- à venir Adoption définitive
- à venir Conseil constitutionnel saisine possible
- à venir Promulgation
La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.
Comprendre les votes
3 votesVotes de l'Assemblée sur ce texte (3)
Comment les groupes ont voté sur le scrutin décisif (l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres (première lecture).). Cliquez une barre pour le détail nominatif.
- 11 juin 2026 l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres (première lecture). 165 pour · 0 contre · 3 abst. Adopté
- 11 juin 2026 l'amendement n° 14 du Gouvernement à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres (première lecture). 104 pour · 30 contre · 18 abst. Adopté
- 11 juin 2026 l'amendement n° 10 de M. Muller à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres (première lecture). 51 pour · 114 contre · 2 abst. Rejeté
Les avis, pour et contre
Les avis, pour et contre
Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.
Pour le texte, 7
Ramène le non-recours à sa cause principale : « 67 % des non-recourants interrogés par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) le citent comme la raison principale de leur renoncement », et résume le mécanisme ainsi : « La récupération sur succession, c’est demander à nos aînés de choisir entre une vie digne et la transmission du fruit de leur travail à leurs enfants ».
Oppose à la suppression sèche un « forfait logement sur l’Aspa, inspiré du modèle applicable au RSA », qui réduirait l’allocation versée aux propriétaires, et le justifie ainsi : « Cette solution permet de concilier, d’une part, justice sociale et amélioration de l’accès aux droits et, d’autre part, responsabilité en matière de finances publiques ».
Soutient le texte mais refuse l’amendement du Gouvernement : « ce minimum vieillesse est inférieur de 19 % au seuil de pauvreté, soit un écart de 244 euros qui manquent chaque mois à une personne seule », et demande de « revaloriser l’Aspa au minimum au niveau du seuil de pauvreté ».
Situe qui paie aujourd’hui : « Ce système pénalise les classes moyennes, notamment les petits propriétaires, très nombreux dans le monde rural, ceux qui ont économisé toute leur vie pour acquérir leur résidence », et relève que les auditions ont montré « les difficultés administratives que pose la récupération des sommes versées au titre de l’Aspa ».
Explique un revirement : « En commission, le groupe EPR s’est vivement opposé à ce texte », pour son coût et parce qu’il visait les successions les plus élevées. Le forfait logement change ce vote, « la solution la plus juste, la plus intelligente, la plus lisible et la plus efficace du point de vue de l’action publique ».
Refuse une « abrogation sèche » au nom de l’égalité entre retraités, la suppression ne profitant « qu’aux propriétaires alors que les retraités locataires, souvent les plus modestes, n’en tireraient rien », puis se rallie au forfait logement : « Nous avons modifié notre position après avoir entendu les prises de parole de Mme la rapporteure et de M. le ministre en début de séance ».
Soutient le texte en posant une condition, « la solidarité nationale doit rester nationale » : le groupe défend un amendement visant « à réserver cette protection aux bénéficiaires de la nationalité française ou justifiant d’une activité professionnelle exercée pendant au moins cinq années équivalent temps plein sur le territoire français ».
Réserves et nuances, 3
Conditionne le vote du groupe aux chiffres : « notre position dépendra des réponses apportées par le gouvernement et par vous-même sur les conséquences financières », et rappelle la logique du mécanisme, « l’Aspa n’est pas une prestation contributive mais une prestation de solidarité financée par la collectivité ».
Chiffre qui profiterait de la suppression : « 85 % des successions en France sont inférieures à 100 000 euros », si bien que l’abrogation avantagerait « les 15 % de Français les mieux dotés en patrimoine », quand « les retraités qui ne possèdent rien, et ils sont nombreux, ne bénéficieraient, quant à eux, de rien ».
Conteste jusqu’au titre du texte : « cette proposition de loi ne traite pas des retraités pauvres en général ; elle cible très spécifiquement ceux des territoires d’outre-mer ». Juge la réécriture en commission « franchement inacceptable » et rappelle que, dans le mécanisme actuel, « ce n’est jamais au retraité de rembourser, mais à ses héritiers, et uniquement sur la succession ».
Comprendre le vote
L'Assemblée nationale a adopté, le 11 juin 2026, une proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres. Le texte, examiné en première lecture, a reçu l'appui de la majorité des groupes parlementaires, avec 165 députés pour, 0 contre et 3 abstentions. Les principaux clivages se sont manifestés entre les groupes qui ont voté pour (RN, EPR, LFI-NFP, SOC, ECOS, DEM, HOR, GDR) et ceux qui ont abstenu. Le vote reflète un consensus large sur l'objectif de mieux soutenir les retraités en difficulté.
Le texte en détails
Dispositions du texte
Exposé des motifs (extrait du PDF officiel)
MESDAMES, MESSIEURS, L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) a été instaurée par l’ordonnance n° 2004-605 du 24 juin 2004 simplifiant le minimum vieillesse. Elle est applicable depuis 1 er janvier 2006. Cette ordonnance a été adoptée conformément à l’article 15, 6° de la loi n° 2003-591 du 2 juillet d003 habilitant le Gouvernement à simplifier le droit. L’ASPA est ainsi venue remplacer le minimum vieillesse. Il s’agit d’une allocation différentielle versée à partir de 65 ans et destinée à compléter les pensions des retraités disposant de faibles revenus ou d’aucun revenu, dans la limite de 961,08 euros par mois pour une personne seule, et de 1 492,08 euros pour un couple. Le dispositif de l’ASPA s’adresse donc aux retraités les plus pauvres, soit 1,6 million de personnes en France, et particulièrement en Outre-mer. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), 11 % des retraités sont pauvres en Guadeloupe et à la Réunion, 9 % en Martinique et 15 % en Guyane ; contre 1 % dans l’hexagone. À la Réunion en 2023, près de 23 % des ménages pauvres étaient des ménages retraités selon un panorama de la pauvreté menée par l’INSEE. Parmi les retraités les plus modestes, on retrouve notamment les agriculteurs dont la pension moyenne est de 710 euros en France hexagonale et 375 euros pour les agriculteurs réunionnais. 10 % de ces derniers touchaient moins de 100 euros nets par mois avant l’entrée en vigueur de la loi 2020-839 du 3 juillet 202…
Articles (2 extrait·s du texte)
- Article 1er Le troisième alinéa de l’article L. 815-13 du code de la sécurité sociale est complété par une phrase ainsi rédigée : « Le domicile principal du bénéficiaire de l’allocation de solidarité aux personnes âgées est également exclu du champ d’application du deuxième alinéa. »
- Article 2 La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Source : PDF officiel AN ↗ · extraction automatique, peut contenir des artefacts de mise en page.
Le travail en commission
Rapporteur·e de ce texte, désigné·e par la commission pour l'examiner et le présenter :
Commission : Commission des affaires sociales
En amont de la séance publique, ce texte a fait l'objet de 15 amendements examinés en commission (Affaires sociales), dont 2 adoptés. C'est l'étape, souvent décisive, où le texte est retravaillé avant les votes en séance.
Les amendements déposés
30 amendements ont été déposés sur ce texte (15 en commission, 15 en séance publique). C'est là que le texte se façonne, avant les votes solennels.
- 4 Adoptés
- 1 Rejetés
- 13 Devenus sans objet
- 7 Retirés
- 2 Irrecevables (article 40)
- 3 Irrecevables (autres motifs)
Seuls les amendements adoptés et rejetés ont été mis aux voix. Les autres ont été retirés, déclarés irrecevables, rendus sans objet par une adoption antérieure, non défendus, ou pas encore examinés.
Examinés par : Séance publique · Commission des affaires sociales
Article premier 20 amendements 2 adoptés
- n° AS1 M. Serge Muller RN Devenu sans objet
- n° AS3 M. Thibault Bazin DR Devenu sans objet
- n° AS4 M. Thibault Bazin DR Devenu sans objet
- n° AS5 M. Thibault Bazin DR Devenu sans objet
- n° 5 Mme Émeline K/Bidi GDR Devenu sans objet
- n° AS6 M. Jean-Hugues Ratenon LFI Devenu sans objet
- n° 6 M. Elie Califer SOC Devenu sans objet
- n° 7 M. Elie Califer SOC Devenu sans objet
- n° AS8 Mme Sylvie Dezarnaud DR Déclaré irrecevable (article 40)
- n° 8 M. Antoine Vermorel-Marques DR Devenu sans objet
- n° AS9 Mme Sylvie Dezarnaud DR Déclaré irrecevable (article 40)
- n° AS10 Mme Sylvie Dezarnaud DR Devenu sans objet
- n° 10 M. Serge Muller RN Rejeté scrutin public
- n° AS11 Mme Sylvie Dezarnaud DR Devenu sans objet
- n° 11 Mme Joséphine Missoffe EPR Retiré
- n° AS12 Mme Émeline K/Bidi GDR Adopté
- n° 12 Mme Joséphine Missoffe EPR Retiré
- n° AS13 Mme Émeline K/Bidi GDR Devenu sans objet
- n° 14 Le Gouvernement Adopté scrutin public
- n° AS15 Mme Émeline K/Bidi GDR Devenu sans objet
Après l'article premier 6 amendements
Article 2 2 amendements 2 adoptés
Source : open data de l'Assemblée nationale (jeu « Amendements »). Chaque amendement a sa fiche, qui dit s'il a été mis aux voix et par quel organe.
Votes sur les amendements (2)
- 11 juin 2026 l'amendement n° 14 du Gouvernement à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres (première lecture). 104 pour · 30 contre Adopté
- 11 juin 2026 l'amendement n° 10 de M. Muller à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités pauvres (première lecture). 51 pour · 114 contre Rejeté
Pour aller plus loin
Cosignataires (14)
Voir aussi
Fiche officielle sur assemblee-nationale.fr ↗ (texte intégral, amendements, comptes-rendus de commission)