La motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat (texte de la commission mixte paritaire)

72 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 161 voix non atteint. 2 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 56 %

Le parcours du texte

  1. 2 décembre 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 20 mai 2026 1re lecture Sénat Modifié
  3. 15 juin 2026 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 16 juin 2026 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 23 juillet 2026 Conseil constitutionnel Conforme avec réserve

Ce que change ce texte

Ce texte de loi propose de modifier plusieurs codes pour renforcer la rétention administrative de personnes jugées dangereuses, notamment celles présentant des signes de radicalisation ou des troubles psychiatriques, en élargissant les conditions de leur détention. Il introduit une mesure de rétention de sûreté terroriste, applicable après un réexamen de leur situation, et étend le champ des personnes concernées par ces mesures, notamment celles condamnées à des peines longues. Il prévoit également des obligations d'information des autorités compétentes avant la sortie non accompagnée d'étrangers, ainsi que des modifications des procédures liées à l'expulsion et à la gestion des dossiers administratifs.

Les moyens du texte, et leur sort

  • Allongement de la rétention administrative Adopté

    La durée maximale de rétention administrative passe de 90 jours à 210 jours (sept mois) pour des étrangers sous mesure d'éloignement représentant une menace grave pour l'ordre public.

    Retenu par la commission mixte paritaire ; texte non encore promulgué.

  • Rétention de sûreté pour terrorisme Adopté

    Création d'une mesure de rétention de sûreté pour des personnes condamnées pour terrorisme présentant un trouble grave de la personnalité et une probabilité élevée de récidive, avec réexamen périodique.

    Texte non définitif.

  • Examen psychiatrique ordonné par le préfet Adopté

    Le préfet peut ordonner un examen psychiatrique d'une personne menaçant l'ordre public en lien avec une radicalisation et des troubles mentaux ; en cas de refus, des soins sans consentement peuvent être autorisés par le juge.

    Texte non définitif.

  • Information avant une sortie Adopté

    Les établissements psychiatriques doivent informer le préfet des décisions modifiant la prise en charge et de la levée d'une mesure.

    Texte non définitif.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS68SOC23LIOT37DEM91EPR35HOR48DR17UDDPLR122RN10NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire4300
Gauche Démocrate et Républicaine400
Écologiste et Social1600
Socialistes et apparentés2601
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires081
Les Démocrates0210
Ensemble pour la République0540
Horizons & Indépendants0220
Droite Républicaine0360
Union des droites pour la République0110
Rassemblement National0760
Non inscrit030

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

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Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécurité, rétention administrative et prévention des risques d’attentat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Charles Rodwell (rapporteur de la commission mixte paritaire)
« Permettez-moi tout d’abord de rendre hommage à la famille de Philippine Le Noir de Carlan. Un soir de septembre 2024, il y a près de deux ans, Philippine a été enlevée et assassinée dans le bois de Boulogne. Elle habitait ma circonscription ; sa famille y habite toujours. »
M. Laurent Nuñez (ministre de l’intérieur)
« Je me réjouis, au nom du gouvernement, de l’accord trouvé en commission mixte paritaire. Il permet d’aboutir à un texte à la hauteur des menaces opérationnelles et respectueux de l’État de droit. Je remercie le président de la commission des lois et M. »
M. Andy Kerbrat LFI
« Avant d’en venir au fond du texte, je répondrai à M. le rapporteur, qui a affirmé ailleurs et ici même que nous ne respections pas la mémoire des victimes. »
Mme Marie Lebec EPR
« En première lecture, vous aviez fait le même choix ; sans conséquence, puisque le texte avait été adopté, avant que le Sénat ne fasse de même. Puis la commission mixte paritaire a trouvé un accord, et le Sénat a adopté le texte qui en est issu. »
M. Romain Eskenazi SOC
« Le groupe Socialistes et apparentés soutiendra la motion de rejet de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat. En effet, rien dans le texte ne correspond à ce titre. »
M. Michel Barnier DR
« Nous arrivons au bout d’un long processus démocratique, républicain et parlementaire. J’ai à cet instant trois pensées. L’une pour la famille de Philippine, que je salue respectueusement, ainsi que pour toutes les autres victimes. »
Mme Léa Balage El Mariky ECOS
« Souffrez, madame Lebec, que nous utilisions la motion de rejet préalable à bon escient – contrairement à votre groupe, qui l’a utilisée pour imposer la loi Duplomb. »
Mme Anne Bergantz DEM
« Nous le ferons tout d’abord par conviction démocratique, car nous préférons toujours le débat au blocage. Nous considérons que le Parlement est le lieu de la confrontation des idées, des arguments, de la recherche de solutions – puis le lieu du vote d’un texte. »
M. Sylvain Berrios HOR
« Pourtant, ce texte qui vise à protéger les Français en renforçant la sécurité et la prévention des risques d’attentats a connu un long chemin législatif, qui a permis à chacun de s’exprimer. »
M. Laurent Mazaury LIOT
« Sur les sujets de sécurité, il y a deux façons de faire la politique. Soit on se confronte au réel, soit on l’esquive. Malheureusement, mais sans surprise, une partie de l’hémicycle choisit systématiquement et immanquablement la seconde option – nous le regrettons. »
M. Marcellin Nadeau GDR
« La logique du texte de la CMP est en effet la même que celle de la proposition initiale : contrôler plus, étendre les pouvoirs de l’administration, enfermer plus longtemps. Cette logique est à la fois inefficace – des mesures similaires l’ont prouvé par le passé – et dangereusement liberticide. »
M. Matthieu Bloch AD
« Que l’on se rende compte où nous en sommes rendus. Nous voilà en train de discuter d’une motion de rejet préalable des Insoumis – encore une – en opposition à un texte qui entend, modestement, étendre la durée de la rétention d’individus dangereux dans l’attente d’un retour – logique – vers leur pay… »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

74 amendements examinés en commission, dont 26 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 74 amendements y ont été déposés, dont 26 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 26 adoptions qui est arrivé en séance, où 295 amendements de plus ont été discutés.

26 adoptés39 rejetés2 tombés1 retirés6 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 8 0 %
  • GDR aucun sur 8 0 %
  • EcoS aucun sur 10 0 %
  • SOC aucun sur 15 0 %
  • EPR 26 sur 28 93 %
  • DR aucun sur 1 0 %
  • RN aucun sur 4 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

11 février 2026 Lois Examen du texte Amendements article 88 PPL 2424 Amendements article 88 PPL 2428 Amendements article 88 PPL 2431 nomination rapporteur ppl 2258 Compte rendu ↗
13 avril 2026 Lois Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

12 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2468 ↗

Les 12 articles du texte adopté lors d’une autre lecture, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1erSous réserve Description : Permet au préfet, contre le terrorisme et sur avis d'un psychiatre, d'imposer un examen psychiatrique à une personne gravement menaçante, et, sur refus, une visite domiciliaire autorisée judiciairement. 7417 com. / 57 séance

    Description : Permet au préfet, contre le terrorisme et sur avis d'un psychiatre, d'imposer un examen psychiatrique à une personne gravement menaçante, et, sur refus, une visite domiciliaire autorisée judiciairement.

    74 amendements déposés sur cet article : 17 en commission, dont 8 adoptés, puis 57 en séance, dont 2 adoptés.

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  • Article 2 Étend à l'injonction d'examen psychiatrique l'obligation d'informer sans délai l'Assemblée nationale et le Sénat des mesures prises et de leur transmettre copie des actes. 4111 com. / 30 séance

    Étend à l'injonction d'examen psychiatrique l'obligation d'informer sans délai l'Assemblée nationale et le Sénat des mesures prises et de leur transmettre copie des actes.

    41 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, dont 6 adoptés, puis 30 en séance, dont 1 adopté.

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  • Article 3Sous réserve Description : Crée une rétention de sûreté terroriste exceptionnelle pour certains condamnés à 15 ans de réclusion au moins, particulièrement dangereux et atteints d'un trouble grave de la personnalité. 316 com. / 25 séance

    Description : Crée une rétention de sûreté terroriste exceptionnelle pour certains condamnés à 15 ans de réclusion au moins, particulièrement dangereux et atteints d'un trouble grave de la personnalité.

    31 amendements déposés sur cet article : 6 en commission, puis 25 en séance, dont 1 adopté.

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  • Article 4 Crée une mesure judiciaire de prévention pour les condamnés de droit commun radicalisés, à partir de 10 ans de peine. 285 com. / 23 séance

    Crée une mesure judiciaire de prévention pour les condamnés de droit commun radicalisés, à partir de 10 ans de peine.

    28 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, dont 1 adopté, puis 23 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 5Sous réserve Fait informer le préfet 48 heures avant une sortie non accompagnée en soins psychiatriques, de tout changement de prise en charge et, sous 24 heures, de sa levée. 206 com. / 14 séance

    Fait informer le préfet 48 heures avant une sortie non accompagnée en soins psychiatriques, de tout changement de prise en charge et, sous 24 heures, de sa levée.

    20 amendements déposés sur cet article : 6 en commission, dont 2 adoptés, puis 14 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 6 Description : Fait statuer la juridiction dans les 72 heures sur un sursis à exécution demandé en appel sous 48 heures contre l'annulation de certaines mesures, maintenues en vigueur jusque-là. 4012 com. / 28 séance

    Description : Fait statuer la juridiction dans les 72 heures sur un sursis à exécution demandé en appel sous 48 heures contre l'annulation de certaines mesures, maintenues en vigueur jusque-là.

    40 amendements déposés sur cet article : 12 en commission, dont 7 adoptés, puis 28 en séance, dont 1 adopté.

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  • Article 7 Description : Encadre les changements de prénom et nom (état civil, bulletin n° 3, fichiers judiciaires, opposition du procureur, recours), leur déclaration par les personnes fichées et une action d'office. 254 com. / 21 séance

    Description : Encadre les changements de prénom et nom (état civil, bulletin n° 3, fichiers judiciaires, opposition du procureur, recours), leur déclaration par les personnes fichées et une action d'office.

    25 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, puis 21 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 8 Permet au juge, dans les cas des 2° et 3° de l'article L. 742-4, de prolonger la rétention d'au plus 30 jours, dans la limite de 210 jours. 4610 com. / 36 séance

    Permet au juge, dans les cas des 2° et 3° de l'article L. 742-4, de prolonger la rétention d'au plus 30 jours, dans la limite de 210 jours.

    46 amendements déposés sur cet article : 10 en commission, dont 1 adopté, puis 36 en séance, dont 4 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 9 Description : Porte de 30 à 90 jours une durée de rétention de l'article L. 742-6, exceptionnellement prolongeable au-delà pour un étranger gravement menaçant condamné pour certains crimes ou délits. 20 com. / 2 séance

    Description : Porte de 30 à 90 jours une durée de rétention de l'article L. 742-6, exceptionnellement prolongeable au-delà pour un étranger gravement menaçant condamné pour certains crimes ou délits.

    2 amendements déposés sur cet article : 2 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 10 Permet une nouvelle décision de placement en rétention si le comportement de l'étranger menace toujours l'ordre public. 450 com. / 45 séance

    Permet une nouvelle décision de placement en rétention si le comportement de l'étranger menace toujours l'ordre public.

    45 amendements déposés sur cet article : 45 en séance, dont 5 adoptés. Ils ont été déposés sur l'article 8 BIS d'un état antérieur du texte, devenu celui-ci au fil de la navette.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 11 Ramène de 24 à 10 un délai prévu par le code de l'entrée et du séjour des étrangers.

    Ramène de 24 à 10 un délai prévu par le code de l'entrée et du séjour des étrangers.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 12 Rend applicables dans certaines collectivités d'outre-mer des dispositions des codes de la sécurité intérieure, de la santé publique, de procédure pénale et des étrangers modifiées par la loi.

    Rend applicables dans certaines collectivités d'outre-mer des dispositions des codes de la sécurité intérieure, de la santé publique, de procédure pénale et des étrangers modifiées par la loi.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue